Littérature de gare

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections « Roman de gare » redirige ici. Pour les autres significations, voir Roman de gare (film).

La littérature de gare, et plus particulièrement le roman de gare pour le roman, est un genre littéraire se caractérisant par des ouvrages se lisant facilement et rapidement, distrayants mais superficiels, qui tirent leur nom du fait qu'ils sont réputés être achetés dans les gares pour s'occuper en attendant son train ou pendant le voyage. Ce sont généralement des livres peu chers et de petit format, traitant d’histoires policières ou d’espionnage, ou d’histoires d'amour. Ainsi, ce sont souvent les genres paralittéraires qui sont désignés de cette façon.

Pour ses détracteurs, le « "roman de gare" désigne un roman sans intérêt, absurde, vulgaire, un roman commercial. On l'attrape en coup de vent entre les chewing-gums et les mouchoirs, séduits par une couverture bariolée. Le lecteur de "roman de gare" ne recherche alors plus qu'une distraction triviale »[1].

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, cette littérature non légitimée bénéficie d'une relecture. L'étude par la sociologie de la littérature permet de comprendre pourquoi cette littérature n'a jamais été reconnue par l'« institution de la littérature »[2].

L’expression peut également être employée pour désigner de façon péjorative un ouvrage que l’on veut « rabaisser » à ce niveau de lecture facile. Ainsi, certains critiques littéraires, estimant que les livres de Guy des Cars et de son fils Jean des Cars relevaient de cette catégorie, les ont surnommés respectivement « Guy des Gares »[3] et « Jean des Gares »[4], par calembour.

Historique[modifier | modifier le code]

Il faut rechercher l'origine de cette expression dans la disparition des colporteurs suite au développement du réseau ferré dès les années 1850 et au monopole de distribution dans les gares que l'éditeur Hachette avait réussi à obtenir de Napoléon III.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Audrey Bonnemaison et Daniel Fondanèche, Le Polar, éd. le Cavalier bleu, 2009, coll. « Idées reçues », p. 23 (ISBN 978-2-84670-256-0).
  2. Jacques Dubois, L'Institution de la littérature : Introduction à une sociologie, Paris & Bruxelles, éd. Nathan & Labor, coll. « Dossiers media »,‎ 1978, 188 p. (ISBN 2-8259-0067-2), rééd. 1986 (ISBN 2-8040-0172-5).
  3. Michel Nathan, Splendeurs & misères du roman populaire, Presses Universitaires Lyon, 1990, p. 203
  4. L'Express, numéros 1499 à 1511, Presse-Union, 1980, p. 81

Voir aussi[modifier | modifier le code]