Remi De Puydt

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Remi De Puydt

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Remi De Puydt

Nom de naissance Remi Jean De Puydt
Naissance 3 août 1789
Poperinge, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès 20 septembre 1844 (à 55 ans)
Schaerbeek, Drapeau de la Belgique Belgique
Nationalité Belge
Pays de résidence Belgique
Profession ingénieur,
homme politique (député)
et militaire (colonel)
Distinctions
Famille
demi frère de Paul-Émile De Puydt (botaniste, économiste et écrivain).

Remi De Puydt est un ingénieur, homme politique (député) et militaire (colonel) belge né à Poperinge le 3 août 1789 et décédé à Schaerbeek le 20 septembre 1844 (à 55 ans).

Après ses études il participe à la campagne d'Allemagne des guerres napoléoniennes, puis de retour dans le civil il s'occupe de nombreux projets d'établissement de voies de communication, notamment de canaux. C'est aussi un un élu libéral à la Chambre des Représentants belge de 1833 à 1841.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

C'est le fils de Jean-Ambroise De Puydt (1758-1836), qui fut gouverneur du Hainaut et de Geneviève Thérèse Jacques Jossaer (1764-1796). Il a trois demi-frères, Guillaume, Pierre et Paul-Émile De Puydt (1810 - 1888 ou 1891)[1].

Vie[modifier | modifier le code]

Remi De Puydt naît à Poperinghe en Belgique le 3 août 1789. Il fait ses études à Bruxelles et se rend ensuite à Paris pour y étudier l'architecture et le génie civil. Les guerres napoléoniennes de l'époque le font rentrer dans l'armée où il est nommé lieutenant d'infanterie légère en 1813, puis capitaine en 1814. Il fait la campagne d'Allemagne et est blessé de deux coups de baïonnette à Bautzen, d'un coup de lance dans une rencontre en 1813 et il démissionne en 1815.

Rendu à la vie civile, De Puydt exerce les fonctions de receveur des droits et accises à Wiltz au Luxembourg. Mais bientôt il quitte ces fonctions modestes pour s'adonner exclusivement aux études et aux travaux vers lesquels l'entraînaient ses aptitudes : l'architecture et les travaux publics. De 1819 à 1830, il dote l'arrondissement de Charleroi et la ville de Mons de maisons communales, d'écoles, d'hospices, de prisons, de casernes, de ponts et de routes.

Au début de la révolution qui sépare la Belgique de la Hollande, De Puydt est appelé au commandement de la garde civique de Mons, puis nommé ingénieur en chef des ponts et chaussées, fonctions qu'il échangea contre celles de lieutenant-colonel du génie le 23 juin 1831. Il est investi, en cette qualité, du commandement en chef du génie de l'armée, assiste au siège d'Anvers fait par l'armée française en 1832, puis obtint le grade de colonel en 1837 et siège à la chambre des représentants de 1833 à 1841.

Projets de travaux publics[modifier | modifier le code]

Le nombre des projets de travaux publics conçus, étudiés et en partie exécutés par le colonel De Puydt est considérable et atteste, tout à la fois, sa haute intelligence et son habileté incontestées comme ingénieur, malgré les obstacles à leur réalisation que forment à cette époque la révolution belge de 1830 et le développement du chemin de fer.

En 1825 il dirige tous les travaux d'art et de terrassement de la canalisation de la Sambre sur une étendue de plus de 80 kilomètres.

Il met ensuite au point le projet de canal Meuse et Moselle et de ses embranchements, le plus vaste projet de travaux publics qui ait été entrepris en Belgique à cette époque, devant mettre tout le centre du pays, c'est-à-dire, les vallées de l'Ourthe et de la Sûre, les Flandres, Anvers et les districts industriels de Charleroi en communication avec le Rhin, et donner un essor vigoureux au commerce et à l'industrie en ouvrant une voie facile d'écoulement et d'échange, tout en permettant l'irrigation de la zone immense de sol schisteux qui sépare les terrains calcaires de l'Ourthe inférieure des terrains de gypse de la basse Sûre. Le roi Guillaume se passionne pour cette entreprise et la soutient de son influence royale et des capitaux de sa famille. Malgré tout, les travaux commencés en 1827 sont interrompus par les événements de 1830 qui rendent irréalisable l'exécution des travaux dans leur ensemble du fait du déplacement des intérêts et des frontières et aussi par le développement du chemin de fer. Le projet était considérable : plus de 260 km de long avec un dénivelé de 381 m franchi grâce à 118 écluses puis un bief de partage de 5 km souterrain sur la moitié de son parcours pour enfin redescendre de 306 m avec 97 écluses.

Dès 1826, Remi De Puydt démontre l'immense bienfait qui résulterait pour le commerce et pour l'industrie de la canalisation de la Meuse, qu'il propose de réaliser pour un coût modéré tout en écartant le danger des inondations. Mais ayant à combattre des préjuges invétérés et à lutter contre des intérêts particuliers appuyés par des personnes influentes, il doit ajourner son projet.

En 1829 il propose un projet de canal dans l'Entre-Sambre-et-Meuse consistant en un réseau navigable composé par l'Eau d'Heure et l'Hermeton avec embranchement sur Chimay et Couvin et en diverses branches de chemins de fer par les vallées affluentes, pour rattacher au tronc principal les terrains à minerai et les établissements les plus importants. Malheureusement, la révolution de 1830 arrête les travaux et le projet est remplacé par un chemin de fer en 1837.

Le projet d'un canal de Mons à Alost fait partie du plan d'ensemble conçu par De Puydt, car il ouvre au commerce et à l'industrie de Mons le marché des Flandres, de la Hollande et de la mer, mais diverses circonstances en empêchent la réalisation.

Il met aussi au point le projet de canal de Mons à la Sambre.

D'autres rivalités diverses font également obstacle au projet d'établir des communications pour ouvrir vers Mons et la Sambre des débouchés aux charbons du centre et empêchent sa réalisation. Pour De Puydt, le but était d'appeler les nombreux bassins houillers du Hainaut à exploiter tous les marchés de l'intérieur et de l'extérieur.

Remi De Puydt au Guatemala.

Enfin, la construction des routes dans le Luxembourg est, selon De Puydt, le complément naturel et indispensable du système dont le canal de Meuse et Moselle avec ses embranchements n'est que la principale base. Mais son canal, la première maille du réseau, ne s'achevant pas, il reprend ses projets de routes, après les avoir disposées de manière à leur faire produire le plus grand effet utile, tant au profit de l'agriculture et de l'industrie qu'au profit de l'exécution du canal, dont il ne cesse de presser la construction. Il avait constaté que dans cette la province il n'y avait, par lieue carrée, que 1 150 m de longueur de routes, tandis que la Flandre en avait 3 450 et le Hainaut 3 400. Pour arriver à la réalisation de son projet, il fonde la Société des Ardennes puis présente à la chambre, dont il est membre, un projet de loi autorisant un emprunt de 16 millions de francs belges en 1833. Grâce à ses efforts et à son initiative, à l'époque où l'établissement des chemins de fer est décrété, la législature accorde un subside de 2 millions de francs belges pour dédommager le Luxembourg de se trouver exclu de l'avantage de posséder des voies ferrées, dont la construction paraissait impossible à cette époque.

La réputation de talent dont jouit Remi De Puydt le signale à l'attention du roi Guillaume et le fait charger par celui-ci du projet de percement de l'isthme de Panama, dont la concession avait été accordée à une compagnie hollandaise. Il se rend donc en Amérique pour examiner cette question importante. Les événements de 1830 arrêtent l'exécution de ce projet, mais De Puydt en avait fait des études, et en 1872 son nom réapparaît dans les mémoires techniques et des revues résumant les différents tracés proposés.

En 1841, lorsqu'il est question d'un établissement belge dans l'État du Guatemala, le roi Léopold 1er choisit De Puydt comme négociateur et administrateur de cette importante affaire. Celui-ci obtint du gouvernement de Guatemala un traité autorisant la colonisation projetée et trace dans une série de rapports la ligne de conduite à suivre et les conditions indispensables qui doivent, selon lui, amener la réussite de l'entreprise. Ses conseils ne sont malheureusement pas suivis et l'affaire aboutit à un désastre.

Politique[modifier | modifier le code]

Remi De Puydt est un élu libéral à la Chambre des Représentants, pour l'arrondissement de Mons de 1833 à 1837 et celui de Diekirch de 1837 à 1841[2].

Dans le courant de sa carrière parlementaire, le colonel De Puydt prend une part active aux plus importantes discussions et se montre toujours soucieux du bien-être du soldat et jaloux du prestige et de la dignité de l'officier. Il est chargé de rédiger de nombreux rapports, notamment celui relatif à la création de l'école militaire et ceux qui concernent les lois sur l'avancement et les pensions militaires. C'est à son initiative que l'on doit l'établissement de la carte du pays et l'indemnité de première mise (une sorte de prime d’équipement) allouée aux sous-lieutenants nouvellement nommés. Lorsqu'il fut question de régler la séparation de la Belgique et de la Hollande, il prononce un remarquable discours où il déplore l’abandon des Luxembourgeois et pousse vigoureusement à la résistance en affirmant que, quelles que soient les forces militaires de la Hollande, les Belges défendant leurs foyers et leurs familles en auraient raison.

De Puydt fut décoré de la Croix de fer et de l'ordre de Léopold.

Publications[modifier | modifier le code]

Remi De Puydt a publié de nombreux mémoires, presque tous dans le but de vulgariser ses projets de travaux publics :

  • 1826 : Mémoire sur le déboisement des forêts en Belgique ;
  • 1831 : Mémoire sur le canal de Meuse et Moselle ;
  • 1834 : Mémoire sur la canalisation de la Sambre ;
  • 1836 : Rapport sur l'emploi des troupes aux travaux publics ;
  • 1837 : Mémoire sur le chemin de fer de Charleroi à la Meuse ;
  • 1837 : Mémoire sur le chemin de fer de l'Entre-Sambre et Meuse ;
  • 1837 : Mémoire sur la Société des Ardennes; Considérations sur différentes communications dans la province de Luxembourg ;
  • 1840 : Rapport sur le canal de Mons à la Sambre ;
  • 1841 : Mémorial de l'officier du génie.

Références[modifier | modifier le code]

Sauf indication contraire, cet article est tiré de « De Puydt (Remi) » dans Biographie nationale de Belgique (Guillaume 1876, p. 641-649).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]