Mycoplasma

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Mycoplasma

Description de cette image, également commentée ci-après

Mycoplasma (Spiroplasma,
bactérie motile caractérisée
par une forme hélicoïdale)

Classification
Règne Bacteria
Division Firmicutes
Classe Mollicutes
Ordre Mycoplasmatales
Famille Mycoplasmataceae

Genre

Mycoplasma
?Nowak, 1929

Mycoplasma est un genre de bactérie caractérisé par l'absence de paroi cellulaire[1] Les espèces de ce genre sont donc insensibles aux familles d'antibiotiques ciblant les parois cellulaires (polypeptides ou bêta-lactamines).

Ce genre contient plus de 100 espèces qui sont parasites ou saprotrophes (commensales chez certaines espèces) appartenant à la famille des Mycoplasmataceae.
Cependant, le mot « mycoplasme » a autrefois été improprement employé pour désigner des espèces d'autre familles de Mollicutes ; c'est une source possible de confusion dans la littérature. L'étude de ce genre est la mycoplasmologie.

Les maladies sexuellement transmissibles bactériennes à Mycoplasma (dues à Mycoplasma genitalium ou Ureaplasma urealyticum) n'ont été que relativement récemment identifiées, dans les années 1980. Elles semblent en plein développement chez l'humain. Mycoplasma a surpassé Neisseria gonorrhoeae comme cause de MST chez les jeunes adultes nord-américains et Ureaplasma est la première cause d'uréthrites non induites par gonocoques ou chlamydia. Comme les mycoplasmes étaient autrefois difficiles à identifier ou non-identifiés, il reste difficile de savoir s'il s'agit d'une maladie émergente.

Les petites tailles de cette bactérie (moins de 1 µm) et de son génome intéressent les généticiens. C'est à partir de Mycoplasma genitalium qu'a été fabriquée, en 2007, Mycoplasma laboratorium, la première bactérie construite par génie génétique autour d'un chromosome de synthèse (chromosome artificiel bactérien)[2].

Histoire de leur classification[modifier | modifier le code]

Le classement des Mollicutes a toujours été difficile. Ces bactéries sont minuscules, parasites, et ne peuvent être cultivées que sur des substrats spéciaux. Pendant longtemps, on n'a pas même su isoler la plupart de ces espèces. De plus, la première classification générale proposée pour les bactéries (Gram + ou Gram -) était basée sur la réaction de la paroi cellulaire à un colorant. Or, ces bactéries ne produisent pas de vraie paroi et ne réagissent donc pas à ce colorant.

C'est ce qui explique qu'initialement on ignorait s'il s'agissait de champignons, de bactéries, voire de virus. Leur ressemblance avec des L-formes est source de confusion. Les progrès de la phylogénétique ont permis d'éclaircir leur classification, qui ne fait toujours pas l'objet d'un consensus.
Au début, tous les membres de la classe des Mollicutes étaient généralement nommée « mycoplasmes » ou « péripneumonie-Like organisme » (PPLO) pour les anglophones, puis on a découvert de nouvelles bactéries appartenant aux Mollicutes, autres que celles du genre Mycoplasma.

  • En 1898, une première espèce de Mycoplasma/Mollicutes est isolée et cultivée par Nocard et Roux[3].
  • En 1956 D.G. Edward et É.A. Freundt font une première proposition pour la classification, avec la désignation PPLO, mais ils sont encore indécis su l'appartenance aux procaryotes (en 1956, dites « schizomycètes ») ou aux eucaryotes. Comme nom d'espèce de la PPLOs/mycoplasmes Edward et Freundt ont proposé Mycoplasma mycoides, reconnu comme responsable de la péripneumonie bovine et réfèrent cette bactérie à des organismes causant des maladie péripneumonie-like. Jusqu'alors, Mycoplasma mycoides mycoides était connu sous le nom Asterococcus qui sera ensuite invalidé.
  • En 1956, Edward et Freundt décrivent 15 espèces de Mycoplasma dans une publication[4].
  • Mi-1967, le sous-comité sur la taxinomie de Mycoplasmata propose la création d'une classe des Mollicutes, contenant l'ordre Mycoplasmatales[5].
  • À la fin des années 1980, la phylogénie de l'espèce se précise[6].

Désormais, le nom Mycoplasma doit être utilisé exclusivement pour les membres du genre Mycoplasma, et non pour désigner n'importe quelle Mollicutes. Comme ce ne fut pas le cas dans la littérature pendant une longue période, des confusions peuvent persister.

Taxonomie actuelle[modifier | modifier le code]

La classification et la nomenclature des espèces sont régies par des règles spéciales produites et révisées par le Comité international sur la systématique des procaryotes (en anglais : International Committee on Systematics of Prokaryotes, ICSP), et plus précisément par le Sous-comité sur la taxonomie des Mollicutes (Subcommittee on the Taxonomy of Mollicutes). Autrefois, il s'agissait du Sous-comité sur les taxonomies des Mycoplasmatales de l’International Committee on Systematic Bacteriology (ICSB) Subcommittee on taxonomy of Mycoplasmatales)[7].

La taxonomie actuelle des Mollicutes est basée sur :

  1. l'analyse moléculaire, en particulier des 16S
  2. la sérologie (réactions sur antisérum)
  3. la morphologie du phénotype
  4. et éventuellement les exigences en matière de croissance.

Description, caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le génome de Mycoplasma genitalium serait l'un des plus petits au monde (hors-virus), après la bactérie endosymbiote Carsonella ruddii récemment découverte.

Génome[modifier | modifier le code]

Selon les espèces, leur génome a une taille comprise entre 0,6 et 1,35 Mpb (méga-paires de bases), et un faible coefficient de Chargaff (contenu en G+C, de 18 à 40 mol%).

Apparence en microscopie[modifier | modifier le code]

Ils n'ont pas de paroi cellulaire rigide.

Apparence en culture[modifier | modifier le code]

En boîte de Petri, sur milieux gélosé, les colonies sont petites (visibles seulement au microscope à faible grossissement) et ont un aspect typique en œuf sur le plat.

Taille et masse[modifier | modifier le code]

Les mycoplasmes sont les plus petits organismes non-endosymbiotes (Carsonella ruddii possède un génome encore plus léger) connus capables de se multiplier en dehors d'une cellule vivante et donc doués d'une vie indépendante.

Habitat, besoins[modifier | modifier le code]

Les mycoplasmes peuvent infecter de nombreuses espèces, mais ont des exigences en cholestérol ou stérol pour leur croissance[8].

Ce sont des commensaux de l'humain et des animaux, et présentent un intérêt pour les médecines humaine et vétérinaire.
L'habitat des Mycoplasma est la surface muqueuse du tractus respiratoire ou génital, les yeux, les glandes mammaires, les articulations des animaux ou de l'humain.

Quelques espèces[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://www.microbes-edu.org/etudiant/mycoplasma/Mycoplasma.html http://www.esculape.com/infectio/mycoplasmgynec.html

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ryan KJ, Ray CG (editors) (2004). Sherris Medical Microbiology (4th ed.). McGraw Hill. pp. 409–12. ISBN 0-8385-8529-9
  2. (en) Daniel G. Gibson, John I. Glass, Carole Lartigue, Vladimir N. Noskov, Ray-Yuan Chuang, Mikkel A. Algire, Gwynedd A. Benders, Michael G. Montague, Li Ma, Monzia M. Moodie, Chuck Merryman, Sanjay Vashee, Radha Krishnakumar, Nacyra Assad-Garcia, Cynthia Andrews-Pfannkoch, Evgeniya A. Denisova, Lei Young, Zhi-Qing Qi, Thomas H. Segall-Shapiro, Christopher H. Calvey, Prashanth P. Parmar, Clyde A. Hutchison, III, Hamilton O. Smith, J. Craig Venter (2010) « Creation of a Bacterial Cell Controlled by a Chemically Synthesized Genome » Science (sciencemag.org) 329 (5987): 52–6. DOI:10.1126/science.1190719 PMID 20488990 (Résumé
  3. (en) Hayflick L. & Chanock, R.M. « Mycoplasma Species of Man » Bacteriol. Reviews 1965;29(2):185–221.
  4. (en) [PDF] Edward DG, Freundt EA ; « The classification and nomenclature of organisms of the pleuropneumonia group » J. Gen. Microbiol. 1956;14(1):197–207. PMID 13306904
  5. (en) [PDF] D.G. Edward et F.A. Freundt format=pdf « Proposal for Mollicutes as name of the class established for the order Mycoplasmatales » Int J Syst Bacteriol. 1967;17(3):267–268. DOI:10.1099/00207713-17-3-267
  6. (en) [PDF] W.G. Weisburg, J. G. Tully, D. L. Rose, J. P. Petzel, H. Oyaizu, D. Yang, L. Mandelco, J. Sechrist, T. G. Lawrence, J. Van Etten, J. Maniloff, and C. R. Woese « A phylogenetic analysis of the mycoplasmas: basis for their classification » J. Bacteriol. 1989;171(12):6455-6467. PMID 2592342
  7. (en) [PDF]Revised minimal standards for description of new species of the class Mollicutes (division Tenericutes) (Normes minimales révisées pour la description de nouvelles espèces de la classe Mollicutes (Tenericutes division) ; (en) International Union of Microbiological Societies ; Revised Minimum Standards for Description of New Species of the Class Mollicutes (Division Tenericutes), International Journal of Systematic bacteriology 1995;45(3):605-612 ; (en) Daniel R. Brown, Robert F. Whitcomb et Janet M. Bradbury Int J Syst Evol Microbiol. 57 (2007), 2703-2719; DOI:10.1099/ijs.0.64722-0
  8. (en) Whitcomb R. F. « Culture media for spiroplasmas » Methods Mycoplasmol. 1983;1:147-158.