Perenco

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Perenco

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Création 1975
Fondateurs Hubert Perrodo
Personnages clés François Perrodo
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Jean-Michel Jacoulot (CEO)
Activité Energie, Pétrochimie
Produits Pétrole
Gaz naturel
Effectif 4000
Site web Site officiel

Perenco est une compagnie pétrolière indépendante[1],[2] franco-britannique. Elle est active en mer du Nord (Royaume-Uni), en Afrique centrale (Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa), en Amérique latine (Guatemala, Colombie, Pérou et Venezuela) sur le pourtour méditerranéen (Tunisie, Égypte et Turquie) et au Vietnam. Elle détient des permis d’exploration en Australie, au Brésil, au Belize et en Irak. Le siège de la société est à Londres.

Son fondateur, Hubert Perrodo (1944-2006), a débuté ses activités à Singapour en 1975, en créant une compagnie de services maritimes pour l'industrie du pétrole. Il se spécialisa ensuite dans les barges de forage, fondant Techfor en 1978. En 1982, l'acquisition de Cosifor lui permit de renforcer sa flotte. A la revente de celle-ci en 1992, l'achat d'actifs en production, commencé dès 1986, faisait accéder son entreprise du statut de compagnie de forage à celui de compagnie d'exploration et de production.

Le modèle initial de Perenco est l’acquisition de champs pétroliers dits "matures", dont l'exploitation n'est plus jugée rentable. Reprenant l'activité, Perenco parvient à ralentir ou stopper le déclin de leur production, l'augmentant même dans certains cas. Des campagnes d'exploration et de délinéation ont permis de consolider la position de l'entreprise.

François Perrodo, fils aîné d’Hubert Perrodo, est désormais à la tête de cette entreprise familiale.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Perenco opère 48 plates-formes offshore en Mer du Nord, ainsi que deux terminaux gaziers onshore, Bacton et Dimlington. La production se monte à 60 000 bep/j.

Les permis de Perenco UK incluent :

East Leman (Block 49/27)

Inde - (Block 49/23)

Trent - (Block 44/24)

Lancelot - (Block 48/17)

Thames (Block 49/28) [3].

Depuis 2011, Perenco est également opérateur des champs onshore de Wytch Farm, Wareham et Kimmeridge situés dans le Dorset, sur la côte anglaise méridionale [4].

Vietnam[modifier | modifier le code]

Participations[5]:

Bloc 15-1 : 23,25 %
Bloc 15-2 : 16,3 %
Pipeline de Nam Con Son : 16,3 %

Turquie[modifier | modifier le code]

Perenco est présent dans le région de Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, ou l'entreprise opère 200 puits et sept stations. La production est acheminée jusqu'au terminal de Pirinclik, point de départ de l'exportation du pétrole brut vers les ports méditerranéens[6].

La production de Perenco en Turquie est de 10 000 barils/j.

Gabon[modifier | modifier le code]

Perenco opère 29 permis offshore et onshore au Gabon. La production opérée est de 65 000 bep/j. La moitié de la production de Perenco au Gabon est acheminée sur les terminaux de Fernan Vaz et Mayumba, aux capacités respectives de stockage de 2 000 000 et 500 000 barils.

Le contrat de vente de gaz naturel signé entre la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG) et Perenco permet, depuis 2008, l'approvisionnement en gaz des centrales thermiques alimentant en énergie électrique les villes de Libreville, Port-Gentil et sa région.

Le 12 mai 2008, le percement d'un pipeline de Perenco a été la cause d'une fuite d'hydrocarbures à l'embouchure de la lagune Fernan Vaz. Selon l'association Coalition Gabonaise, cette fuite aurait provoqué une catastrophe écologique[7].

Tunisie[modifier | modifier le code]

Perenco détient 50 % des permis d’exploitation gaziers d'El Franig, Baguel et Tarfa dans le sud tunisien.

La production de gaz s’élève à près de 4 000 bep/j par jour.

Perenco Tunisie a testé en 2010 la possibilité de produire du gaz de roche-mère (gaz de schiste) en utilisant la facturation hydraulique sur la partie supérieure du réservoir traversé par le puits El Franig 5 et annoncé la réussite du test. Perenco a confirmé depuis que le puits n'a pas été mis en production.

La région se caractérise par la présence d'une réserve d'eau douce souterraine couvrant une grande partie de l'Afrique du Nord.

Le gouvernement Tunisien a annoncé, le 28 Novembre 2013, une actualisation du code des hydrocarbures autorisant l'exploitation non conventionnelle de ressources énergétiques.

République du Congo[modifier | modifier le code]

Permis opérés :

Émeraude : ce champ situé au large de Pointe Noire est connu depuis longtemps ; toutefois ses caractéristiques géologiques et la nature de l’huile en place, particulièrement visqueuse, en font un champ aux réserves abondantes mais difficiles à exploiter et dont les taux de récupération ont été jusqu’à présent très faibles.

Marine I (Yombo) Likouala

République démocratique du Congo[modifier | modifier le code]

Perenco opère en RDC depuis 2001, ou l'entreprise est le seul producteur de pétrole et le plus important contributeur fiscal du pays[8]. Sa zone d'opération est située sur la côte à proximité de Muanda dans la province du Bas-Congo, à l’ouest de la RDC. Perenco opère des champs matures (pour lesquels la production cumulée est supérieure à 90 % des réserves prouvées à un moment donné) et des champs marginaux (recelant des hydrocarbures en petite quantité) dont le potentiel pétrolier est faible et leur valorisation difficile dans des conditions d’opérations classiques[9]. La production journalière (onshore et offshore) est de 22 500 barils[10],[11],[12].

Un représentant de Perenco siège au comité exécutif de l’ITIE (Initiative pour la Transparence des Industries Extractives] en RDC, dont le processus de mise en œuvre vise à en faire un pays membre en 2013[13].

Perenco RDC met en œuvre programme social conventionnel et bénévole, appuyant le développement intégral des communautés locales de Muanda[14],[15],[16].

Critiques faites par l'association CCFD-Terre solidaire[modifier | modifier le code]

Cette association estime que la population ne profite pas du profit engrangé et se plaint également de la pollution causée par l'exploitation[17].

Selon le rapport 2013 de CCFD-Terre solidaire, cette société se distingue par son opacité administrative et financière. L'absence d'organigramme pour visualiser tous les liens entre les sociétés de ce groupe ne permet pas d'établir clairement les responsabilités juridique et fiscale de chacune des entités du groupe. La non cotation en bourse de cette société et son implantation forte aux Bahamas ( classées 35è dans l’indice d’opacité financière de Tax Justice Network avec un score d’opacité de 80%) favorisent une opacité tant sur le plan comptable que structurel de ce groupe. De plus, en RDC, en dépit d’une obligation légale, Perenco est la seule entreprise extractive dont le contrat n’a pas été rendu public. Le volume de production de Perenco n'est pas connu non plus.

Sur le plan du développement économique et social de la région, les impacts positifs de la société sont très limités. Comme le souligne le rapport de CCFD-Terre solidaire, la compagnie franco-britannico-bahaméenne exerce sur le territoire de Muanda, la cité pétrolière toujours la plus pauvre du monde, depuis une dizaine d'années. Le taux de chômage dans la cité est de 95 %. La société a peu recours directement à la main d'oeuvre locale. Selon Perenco, l’exploitation pétrolière, nécessite des compétences et des qualifications qui ne sont pas présentes au niveau local. Elle travaille essentiellement avec des sous-traitants, impliquant un personnel peu qualifié, précaire et peu rémunérés. Les avantages pour la société de la sous-traitance sont la baisse des coûts financiers et l'opacité de la responsabilité juridique, par exemple, en cas d’accident du travail. « Ces sociétés sont officiellement indépendantes et distinctes de la Perenco Rep., simple donneuse d’ordre. Cependant, on peut raisonnablement douter que ces sociétés aient une gestion propre. »[18]

Sur le plan écologique, sont pointés par le rapport de CCFD-Terre solidaire les déversements et les fuites de pétrole brut et de fluides avec des conséquences directes sur les activités agricoles, halieutiques et sur l'accès à l'eau potable pour la population locale. La société se défend en affirmant que ces déversements résultent de sabotages (sans donner les noms des éventuels auteurs). Selon le rapport, la vétusté des installations (souvent non enterrées) sont plus à l'origine de ces anomalies.

Le traitement des déchets composés par différents produits chimiques engendrés par l’exploration et à l’extraction de pétrole ne serait pas non plus assuré. Au vu de l'enquête menée par le CCFD-Terre Solidaire, les preuves de la réalisation d'un traitement des déchets sont rares. La société utilise aussi du chlorure de potassium, un des agents chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique et de la soude caustique qui augmente aussi le PH des cours d’eau (rivière, fleuve, nappe phréatique), mettant en danger la faune et la flore aquatiques. La boue, mélange de terre et des produits chimiques, est un autre déchet issu de l'exploitation pétrolière lors des forages. Elle est recouverte et laissée dans le sol, sans bâche isolante qui empêcherait l’infiltration dans les sols. L’extraction de pétrole entraîne la sortie de gaz associé au gisement. Ce gaz est séparé, brulé au moyen des torchères. Le torchage de gaz pose de graves problèmes de santé, nuit à l’environnement, provoque localement des pluies toxiques ainsi que de fortes émissions de CO2, de composés organiques volatils, de métaux lourds et de gaz à effet de serre. La population locale est affectée sur le plan sanitaire par le torchage du gaz qui dégage dans l’air du dioxyde de soufre, du monoxyde de carbone et d’azote, du fluor, du plomb des particules volatiles en polluant l’atmosphère et en affectant les poumons, la peau et les yeux.

Le rapport souligne la complexité du dossier car plusieurs intervenants sur le plan économique, politique et local sont remis en cause. Les responsabilités des autorités locales sont flagrantes. La pression démographique croissante fait peser une menace sur le Parc Marin des Mangroves, victime de déboisement sauvage et de braconnage. L’Institut congolais pour la conservation de la Nature (ICCN) et Perenco ont signé le 28 novembre 2014 un protocole d’accord sur la protection du Parc Marin [19].

Le positionnement géographique de Muanda entre l'enclave de Kabinda et l'Angola implique aussi une concentration de plusieurs sources de pollutions.

Pérou[modifier | modifier le code]

Développement du Bloc 67[modifier | modifier le code]

Le Bloc 67, situé dans le bassin du Río Marañón dans la Région de Loreto (Pérou) dans la partie péruvienne de l'Amazonie, a été exploré par la compagnie américaine Barett Ressources depuis 1995 et attribué à Perenco en 2008. Il pourrait contenir jusqu'à 300 millions de barils de pétrole. Cela représenterait la plus grande découverte en la matière de ces trente dernières années dans ce pays. Deux autres compagnies pétrolières, Repsol-YPF et ConocoPhillips, espèrent déjà prospecter dans cette région et utiliser les infrastructures du bloc 67.

Le gouvernement péruvien a déclaré le développement de Bloc 67 « projet d'intérêt national »[20],[21],[22].

En juin 2012, Perenco a cédé 52,63 % du Bloc 67 à la société PetroVietnam Exploration and Production (PVEP)[23].

Actions en justice[modifier | modifier le code]

En mai 2008, des organisations de défense des indigènes ont attaqué l'État péruvien en justice au sujet du Bloc 67 au motif que, dans la zone, vivraient au moins deux tribus indiennes isolées "non contactées". L'organisation des Indiens de l'Amazone (AIDESEP) demandait aux juges d'interdire les activités pétrolières sur le Bloc 67, afin d'éviter tout contact avec ces populations vulnérables aux maladies étrangères[24].

Par décision rendue le 1er juillet 2008, le tribunal a jugé les allégations de l'AIDESEP dénuées de fondements[25].

En 2009 le gouvernement péruvien a déclaré le développement de Bloc 67 « projet d'intérêt national »[20],[21],[22].

En juin 2010, la Cour Constitutionnelle péruvienne a, en dernière instance et à l'unanimité, rejeté la plainte de l'AIDESEP, au motif que l'existence d'Indiens en isolement volontaire dans la zone n'a pas été démontrée[26].

Processus administratif[modifier | modifier le code]

L'avis technique du ministère péruvien des affaires indigènes (INDEPA) d'avril 2012 faisait valoir qu'aucune mesure visant à prévenir la transmission de maladies ou d'épidémies n'a été considérée, contrairement à la réglementation de la santé sur les populations autochtones isolées[27]. Ces réserves ayant été levées, le ministère péruvien de l'énergie a approuvé le 8 août 2012 l'étude d'impact environnemental (EIE) présentée par Perenco[28].

Guatemala[modifier | modifier le code]

Perenco est opérateur du champ pétrolier de Xan et de la raffinerie de La Libertad. Le champ de Xan compte une quarantaine de puits en exploitation. Aucun nouveau puits n'a été foré depuis le mois d'octobre 2008. La production est acheminée par oléoduc jusqu'au terminal de Piedas Negras sur la côte est du pays.

Zone protégée de la Laguna del Tigre[modifier | modifier le code]

Le champ de Xan est situé dans parc naturel de la Laguna del Tigre, une zone protégée. Lors du renouvellement du contrat de Perenco en 2011, des organisations environnementales s'y sont opposées, accusant l’activité pétrolière de polluer l’air, les sources d’eau et de provoquer des pluies acides.

Selon Cynthia Benoist, coordinatrice du collectif Guatemala (une association française de soutien à la société civile guatémaltèque) : Beaucoup dénoncent une forte augmentation de la présence militaire dans la Laguna del Tigre, des nouveaux puits de pétrole percés sur des terres cultivées par des paysans sans que ces derniers soient consultés, des menaces d'expulsions et beaucoup d'intimidations[29]. Dans le documentaire de Grégory Lassalle consacré à Perenco et au parc protégé de la Laguna del Tigre, les paysans racontent leur conditions de vie : On nous traite comme des êtres inférieurs qui ne valent rien.[30].

37 communautés villageoises vivent dans le parc naturel Laguna del Tigre (d’une superficie de 337 000 hectares); parmi elles une seule se trouve à proximité de la zone où Perenco opère (qui représente 80 hectares, soit 0,024 % de la surface du parc). Ces communautés n’ont pas d’autre reconnaissance légale qu’un accord de permanence, qui rend précaires leurs conditions de vie. Le statut de parc national, administré par le CONAP (consejo Nacional de Areas Protegidas) et l’Université San Carlos, interdit en effet toute entrée de matériel agricole. Cette situation juridique induit une agriculture à la fois illégale et particulièrement destructive. Aujourd’hui environ 40 % du parc national a été défriché[31]. Perenco verse au CONAP une somme de 10cts par baril produit au pour la reforestation des zones les plus affectées dans le sud du parc.

Cameroun[modifier | modifier le code]

Permis opérés :

Kombe Nsepe
Moudi
Ebome Marine
Rio Del Rey
Sanaga Sud

Le terminal du pipeline Tchad-Cameroun, dont Perenco n'est pas l'opérateur, est installé sur le champ d'Ebome, au large de la ville de Kribi[32].

Le développement du champ gazier de Sanaga permettra la fourniture en gaz de la centrale electrique en construction a Kribi.

Réseau OSRL[modifier | modifier le code]

Perenco est membre du réseau OSRL[33] qui regroupe des moyens logistiques, matériels et humains partagés par les compagnies pétrolières afin de répondre aux alertes à la pollution.

Critiques[modifier | modifier le code]

La société Perenco est lauréate 2011 et 2014 du prix Pinochio des Amis de la Terre, obtenant la deuxième place avec mention « Mains sales, poches pleines » [34]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Independent Producer Oil and Gas Definition
  2. Les différents types de compagnies pétrolières
  3. (en) « Perenco - UK / Presentation », www.perenco.com,‎ 2010-01-01 (consulté le 2010-01-01)
  4. (en) « BP sells Wytch farm asset to Perenco », www.oilvoice.com,‎ 2011-01-01 (consulté le 2011-01-01)
  5. [1]
  6. (en) « Perenco - Turkey / Presentation », www.perenco.com,‎ 2010-01-01 (consulté le 2010-01-01)
  7. [2], RSE et Développement, 27 mai 2008
  8. [3]
  9. [4]
  10. [5]
  11. [6]
  12. [7]
  13. [8]
  14. [9]
  15. [10]
  16. [11]
  17. Pétrole à Muanda : la justice au rabais
  18. Pétrole à Muanda : la justice au rabais, p.54
  19. « Signature d’un protocole d’accord sur la protection du parc marin des mangroves » (consulté le 5 décembre 2014)
  20. a et b « Tensions dans l'Amazonie péruvienne », LeDevoir.com, 13 mai 2009.
  21. a et b « État d’urgence déclaré en Amazonie », Survival, 14 mai 2009.
  22. a et b (en) Perenco take its hunt for black gold in PeruThe Daily Telegraph, 21 décembre 2009
  23. [12]
  24. (en) « French company in legal battle over uncontacted tribes », Survival International, 28 mai 2008.
  25. (es) [PDF] Jugement du procès AIDESP contre ministère de l'Énergie, Perenco, Perupetro et Repsol
  26. (en) « Sentencia Del Tribunal Constitucional »
  27. (en) Oil company Perenco endangering 'uncontacted' indigenous people, says Peru, Mongabay, April 25, 2012
  28. Decision N° 206-2012-MEM/AAE
  29. Commerce de l'or noir et fouilles archéologiques au pays des Mayas, Le Monde du 21 juin 2011
  30. Les Mayas au Quai Branly : sous le « patrimoine », le capitalisme sauvage., regards.fr le 9 juillet 2011
  31. Le Guatemala victime de la course à la terre, Le Monde, 29 juin 2011
  32. « Menace de marée noire au Cameroun », Afrik.com, 18 janvier 2007.
  33. Liste des entreprises membres du réseau OSRL
  34. Les Amis de la Terre : Le Prix Pinocchio

Liens externes[modifier | modifier le code]