Paternoster

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Un paternoster dans les bâtiments de la Stasi à Normannenstraße, utilisé au moins jusqu'en 2004

Un paternoster est un ascenseur continu. Il se compose d'une chaîne de cabines ouvertes dans lesquelles les passagers montent ou descendent sans que l'ascenseur ne s'arrête. Une fois arrivée en haut de la chaîne, chaque cabine redescend jusqu'en bas pour reprendre son ascension, sans fin dans un mouvement assez lent.

Le nom des paternoster vient de la prière le Notre Père qui s'effectue sur un chapelet. C'est l'analogie avec le chapelet qui a donné le nom.

Sommaire

Utilisation [modifier]

Origine [modifier]

Les paternosters ont été inventés en Angleterre et se sont répandus dans toute l'Europe, plus particulièrement en Europe de l'Est. Leur succès était dû à l'origine au fait qu'ils transportent plus de personnes par unité de temps que les ascenseurs classiques.

Le déclin [modifier]

Ces ascenseurs tendent à disparaître pour plusieurs raisons :

  • La vitesse des paternoster est limitée car il faut que les passagers puissent descendre. À l'inverse, les ascenseurs classiques ont vu leur vitesse fortement augmenter, faisant perdre aux paternoster leur avantage historique.
  • le risque d'accident est plus élevé.

En Europe de l'Est, il y a cependant une tendance à conserver les Paternoster en tant que monuments historiques. On en trouve à Prague dans le bâtiment de la maison de la radio, ainsi que dans l'immeuble Lucerna, au siège de la banque Komerční banka (KB), et au ministère de l'Industrie. On en trouve également un, qui est toujours fonctionnel, dans l'édifice abritant la mairie et la bibliothèque de l’université de Vienne. De même, il en resterait environ 350 fonctionnels en Allemagne[1].

Au siège de la Société Danfoss (Danemark), alors que tout l'accueil du bâtiment a été rénové en y intégrant les technologies les plus modernes, il a été choisi de conserver les Paternoster pour leur aspect pratique.

Le bâtiment du conservatoire de Lausanne, dans le canton de Vaud, en Suisse, possède également un vieux Paternoster, en tant que monument historique. Il n'est plus utilisé depuis la rénovation du bâtiment à la fin des années 80[2]. On en trouve encore un en fonction dans le grand magasin Manor, à Genève (réservé aux employés).

L'avenir ? [modifier]

En avril 2006, Hitachi a annoncé la création d'un système d'ascenseur pour édifices à bureaux, inspiré du paternoster.

Le principal inconvénient d'un ascenseur conventionnel est sa limitation à une seule cabine par cage d'ascenseur. Pour de hautes tours à bureaux, où il est nécessaire de transporter de grandes quantités de passagers, la seule solution est donc de multiplier les cages d'ascenseur, en empiétant sur l'espace au sol disponible, ce qui diminue l'intérêt de construire en hauteur. La caractéristique unique du paternoster de faire se translater les cabines en haut et en bas de leur parcours, permet de multiplier le nombre de cabines dans un encombrement au sol fixé, en fonction du nombre d'étages à desservir[3].

Aspects techniques et légende urbaine [modifier]

Schema animé du paternoster

Ces ascenseurs ont donné naissance à une légende urbaine assez piquante. En effet, que se passe-t-il dans la cabine lorsqu'elle arrive tout en haut du chapelet ? Se retourne-t-elle pour repartir dans l'autre sens ? Va-t-on être écrasé ou pris dans les engrenages de l'engin ?

En fait, les cabines du paternoster ne se retournent jamais. Elles sont indépendantes les unes des autres, reliées à deux chaînes (en rouge et en vert sur le schéma ci-contre) qui parcourent l'immeuble sur toute sa hauteur. Les chaînes sont disposées de façon à ce que la cabine soit toujours maintenue verticale, soit l'une devant et l'autre derrière fixée aux deux arêtes opposées de la cabine. Arrivée en haut de l'immeuble, une cabine montante translate avant de redescendre.

La légende urbaine a donc bel et bien un fondement : aux extrémités de l'ascenseur, en haut et en bas, la cabine laisse entrevoir le mécanisme et les chaînes de traction qui peuvent tenter le voyageur suicidaire.

Notes et références [modifier]

  1. Corinne Delvaux, « Le Paternoster », Arte, 27 juin 2004
  2. voir le site officiel, http://www.hemu.ch/
  3. http://www.fastcompany.com/magazine/106/next-artifact.html

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