Parkia biglobosa

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Parkia biglobosa, ou néré (nɛrɛ en bambara), est une espèce d'arbre de la famille des Mimosaceae, ou des Fabaceae, sous-famille des Mimosoideae selon la classification phylogénétique originaire des zones sahéliennes et soudaniennes.

Synonymes[modifier | modifier le code]

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Arbre à farine, arbre à fauve, caroubier africain (en raison de la ressemblance de sa gousse avec celle du caroubier), mimosa pourpre (en raison de la ressemblance de sa feuille).

Noms scientifiques[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (20 octobre 2014)[2] :

  • Parkia africana R.Br. ;
  • Parkia clappertoniana Keay ;
  • Parkia filicoidea sensu auct. ;
  • Parkia intermedia Oliv. ;
  • Parkia oliveri J.F.Macbr.

Distribution[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition de Parkia biglobosa couvre les savanes soudanaises et guinéennes jusqu'à la limite sud de l'écozone du Sahel le long de l'isohyète des 600 mm. Elle s'étend depuis la côte occidentale de l'Afrique jusqu'au Soudan à travers dix-neuf pays : Sénégal, Gambie, Guinée Bissau, Guinée, Sierra Leone, Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Ghana, Togo, Bénin, Niger, Nigeria, Cameroun, Tchad, République centrafricaine, Zaïre, Soudan et Ouganda[3].

Cette espèce est, avec le karité (Vitellaria paradoxa), caractéristique des zones de transition entre l'écozone sahélienne et l'écozone soudanaise[4].

Description[modifier | modifier le code]

Cet arbre au tronc droit et à l'écorce lisse peut mesurer jusqu'à 25 m de haut.

Son feuillage est caduc et composé de feuilles multi-pennées ressemblant à celle du mimosa.

Ses fruits sont de longues gousses suspendues en grappes, contenant de nombreuses graines noires enrobées de pulpe jaune. Un arbre peut donner jusqu'à 100 kg de graines par an.

Il dispose d'une racine pivot pouvant aller chercher l'eau à 60 mètres de profondeur.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Utilisation alimentaire[modifier | modifier le code]

Soumbala préparé à l'aide de graines du Néré.

Cet arbre nourricier apporte de nombreux nutriments (protides, lipides, glucides, iode, vitamines diverses) de très haute qualité. Il constitue donc pour l'Afrique une source très importante en termes d'alimentation et de nutrition de qualité. La farine de néré apporte la totalité des acides aminés essentiels à l'organisme, du fer (de l'ordre de 15,5 mg/100 g), mais aussi de la vitamine C pour limiter les risques de scorbut.

Le néré produit des fruits pédonculés avec une poudre jaune à forte odeur qui est consommée en pâtes.

Les graines sont bouillies, fermentées, et utilisées, mélangées avec du gombo (Hibiscus esculentus) pour préparer une sauce appréciée appelée « soumbala » au Mali, et au Burkina Faso. Au Sénégal, les graines fermentées de néré, ainsi que le condiment qui est fabriqué en les pilant et les cuisant avec du sel et du piment s'appellent nététou (iru ou dadawa au Nigeria). En zones haoussaphones, un condiment semblable est appelé dawa dawa. Le nététou accompagne principalement au Sénégal les plats à base de riz et de poisson, ainsi que le soupkandia, plat à base de gombo et d'huile de palme.

En Guinée, la poudre produite à partir des graines fermentées de néré est appelée par les Soussous Kenda, Soumbara par les Malinkés et Oddji par les Peulhs. Une sauce (appelée lafidi par les Malinkés, marakhoulèngni par les Soussous, fouttii par les Peulhs) est faite avec cette poudre, du gombo et parfois du piment. Cette sauce accompagne le riz et est souvent recouverte de quelques cuillerées d'huile de palme ou de beurre traditionnel appelé foulaya.

Autres[modifier | modifier le code]

L'écorce est utilisée en ostéopathie. La pulpe peut servir de laxatif. Les cosses peuvent servir d'engrais, de poison pour la pêche ou encore comme crépi pour enduire les murs des cases.

L'application de poudre de cosses de néré dans les champs cultivés permet de réduire, dans une certaine mesure, l'infestation par la plante parasite Striga hermonthica[5].

Plantations[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, une importante campagne de plantation de Parkia biglobosa est en cours au Mali. Plus d'un million de nérés ont été plantés. Cette campagne est réalisée par et pour les populations locales (plus de 12 communes). 2009 devrait voir la plantation du troisième million de nérés dans la même région.

Une association est particulièrement active dans ce domaine, il s'agit de Terra Parkia (France) relayée par l'association Néréton (Mali) créée en 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Plant List, consulté le 20 octobre 2014
  2. Catalogue of Life, consulté le 20 octobre 2014
  3. (en) Margaret Shao, « Parkia biglobosa: Changes in resource allocation in Kandiga, Ghana' », Michigan technological university (consulté le 20 octobre 2014).
  4. (en) « Parkia biglobosa (Jacq.) R.Br. ex G. Don. », FAO (consulté le 20 octobre 2014).
  5. Kambou G., Somé N. et Ouedraogo S., « Effets des cosses de néré, Parkia biglobosa (Jacq.) R.Br. Ex. G. Ddon sur l'émergence du Striga hermonthica (deI) Benth, les propriétés agrochimiques du sol et le rendement du maïs », Bulletin de la recherche agronomique du Bénin, no 29,‎ 2000, p. 16-30 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]