Péroun

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M. Presnyakov (1998). Péroun.
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Péroun est, dans la mythologie slave, le dieu de l'orage et du tonnerre, ainsi que des guerriers. Il a aussi été appelé Piorun (en polonais) ou Perkun (Perkūnas dans la mythologie lituanienne).

Représentation et attributs[modifier | modifier le code]

Son nom viendrait de la racine per- signifiant « frapper », -oun étant un suffixe d'agent[1].

La plus ancienne allusion écrite connue à Péroun remonte au VIe siècle et est due à Procope de Césarée dans De bello gothico, qui mentionne un dieu du tonnerre adoré par les Antes et auquel étaient offert des sacrifices d'animaux, sans le nommer toutefois.

Il est souvent représenté comme un personnage robuste portant une barbe de cuivre ou une moustache d'or, les yeux dardant une volonté inébranlable. Originellement, il était considéré comme le protecteur des agriculteurs, car la gravitation fait tomber la pluie qui arrose les champs[réf. nécessaire]. On le représente parfois se déplaçant dans un chariot attelé à une chèvre. Péroun fait partie du Triglav de Svarog.

Parmi ses attributs figurent la hache[2], le chêne et l'iris (chez les Slaves du sud).

Son équivalent dans la mythologie germanique est Thor.

Attestations dans les traités[modifier | modifier le code]

Péroun était invoqué, au même titre que Volos, comme garant des traités conclus entre les Russes d'une part, les Byzantins et les Grecs d'autre part[3]. Ainsi dans un traité passé en 945, il est dit : « Si quelque prince ou quelqu'un du peuple russe viole ce qui est écrit sur cette feuille, qu'il périsse par ses propres armes, qu'il soit maudit de Dieu et de Péroun, comme ayant violé son serment » (le dieu des chrétiens et celui des païens étant invoqués à égalité). Un autre traité conclu par Sviatoslav Ier avec les Grecs en 971 dit : « Si nous n'observons pas ce que nous avons énoncé plus haut, soyons maudits par le Dieu en qui nous croyons, par Péroun et Volos, dieu des troupeaux. »

La christianisation[modifier | modifier le code]

Statue récente de Péroun érigée à Kiev en 2009 par les ridnoviry ukrainiens

En 980, lorsque le prince Vladimir Ier le Grand monta sur le trône de Kiev, il fit ériger les statues en bois de cinq dieux païens en face de son palais. Péroun était le plus important d'entre eux, représenté avec une tête argentée et une barbe dorée[4]. L'oncle de Vladimir, Dobrinia, avait aussi un sanctuaire dédié à Péroun dans sa ville de Novgorod.

En 988 (ou 989), Vladimir se convertit au christianisme et fait détruire les idoles. Celle de Péroun est attachée à la queue d'un cheval et est traînée jusqu'au Dniepr, tandis que douze hommes la frappent avec des bâtons et que les païens « pleurent sur lui ». Entraînée par le courant, la statue s'échoue sur une grève qui restera longtemps connue sous le nom de la grève de Péroun. À Novgorod, c'est l'évêque Akim qui détruit les lieux de sacrifices et traite de la même manière la statue de Péroun, frappée, traînée dans la boue et jetée dans le fleuve Volkhov[5]. Un monastère est ensuite construit à cet endroit, mais il gardera le nom de monastère de Péroun.

Péroun semble avoir dans une certaine mesure survécu dans la mémoire populaire sous les traits du prophète Élie (Ilia en russe), qui selon la légende fut enlevé au ciel dans un tourbillon et sur un chariot de feu ; parfois, l'image du Dieu chrétien lui-même a pu se substituer à lui.

Au XIXe siècle, une monnaie appelée le perun (Перунъ en cyrillique de l'époque), ainsi nommée en référence à Péroun, avait été projetée par le prince-évêque Petar II Petrović-Njegoš au Monténégro, mais elle ne vit jamais le jour.

Comme les autres divinités slaves anciennes, Péroun fait de nos jours l'objet d'un regain d'intérêt de la part de groupes professant un néo-paganisme slave (rodnoverie), et des statues lui sont parfois à nouveau érigées.

Les Gromoviti znaci (signes du tonnerre) sont les symboles de Péroun. Gravés sur les poutres des maisons de village slaves orientales, ils étaient censés protéger de la foudre.

Littérature et bande-dessinée[modifier | modifier le code]

Ce dieu a inspiré le super-héros Perun (transcription anglophone du russe), de l'univers de Marvel Comics.

Référence et notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme dans koldoun, sorcier, igroun, joueur, etc.
  2. Sabine Jourdain mentionne plutôt l'arc et les flèches, et le coq comme emblème animal.
  3. Chronique de Nestor, traduite par Louis Léger, Paris, Leroux, 1884. Mentionné dans La Mythologie slave de Louis Léger (voir Bibliographie).
  4. Louis Léger (voir Bibliographie).
  5. Chronique de Novgorod, citée par Louis Léger.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Léger, La Mythologie slave, Éd. E.Leroux, Paris, 1901 (réimprimé par Amazon.co.uk)
  • Sabine Jourdain, Les mythologies, Eyrolles, 2006 (ISBN 978-2708135970)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]