Ilya Mouromets

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Les Bogatyrs (1898) par Victor Vasnetsov (Ilya Mouromets figure au centre)

Ilya Mouromets, ou Ilia Mouromets (Russe: Илья́ Му́ромец, littéralement, « Élie de Mourom », est un héros slave de la Rus' de Kiev. Il est célébré dans de nombreuses bylines (poèmes épiques folkloriques), et figure aussi dans les Contes populaires russes recueillis par Alexandre Afanassiev[1]. Avec Dobrynia Nikititch et Aliocha Popovitch, il est considéré comme le plus grand des légendaires Bogatyrs (chevalier russe nomade du Moyen Âge). Ces trois chevaliers sont représentés sur la célèbre toile de Vasnetsov intitulée Богатыри.

Ilya dans les bylines[modifier | modifier le code]

D'après les légendes, Ilya, fils d'un fermier, naquit dans le village de Karatcharovo, près de Mourom. Il fut très malade durant sa jeunesse et ne put marcher avant l'âge de 33 ans, âge auquel il fut miraculeusement soigné par deux pèlerins. Un chevalier agonisant, Sviatogor, lui conféra ensuite une force surhumaine, et il se mit en route pour délivrer la ville de Kiev d'Idolichtche pour servir le prince Vladimir Ier (Vladimir Krasnoïe Solnytchko). Sur son chemin, il défendit seul la ville de Tchernihiv d'une invasion tatare, et fut fait chevalier par le chef local, mais Ilya refusa cependant de rester. Dans les forêts de Briansk, il tua le légendaire Soloveï Odikhmantievitch[2], monstre voleur capable de tuer les voyageurs par son sifflement magique.

À Kiev, Ilya fut nommé chef bogatyr par le prince Vladimir et défendit Kiev de plusieurs attaques de tribus de la steppe, dont l'une menée par Kaline, tsar mythique de la Horde d'or. Généreux et simple, mais aussi impétueux, Ilya détruisit un jour tous les clochers des églises de Kiev parce que Vladimir ne l'avait pas invité à une célébration. Il s'apaisa rapidement lorsque Vladimir le fit amener à la fête.

Ilya dans les contes[modifier | modifier le code]

La légende d'Ilya de Mourom apparaît également sous forme de contes traditionnels inspirés de l'épopée[3], dont certaines versions ont été recensées par Afanassiev dans ses Contes populaires russes : Histoire du glorieux Ilia de Mourome et du Brigand Rossignol (numéros 174a / 308 et 174b / 309) ; Ilia de Mourome et le dragon (numéro 175 / 310)[4].

Statut légendaire[modifier | modifier le code]

relique de saint Ilya Mouromets

Le nom d'Ilya Mouromets devint synonyme d'une incroyable force physique et morale, ainsi que d'intégrité, de dévouement à la protection de la Patrie et du Peuple, et devint à travers le temps le héros de nombreux films, tableaux, monuments, dessins animés et anecdotes[5]. Il est le seul héros épique à avoir été canonisé par l'Église orthodoxe.

Même si les restes d'Ilya Mouromets sont supposés conservés dans la Laure des Grottes de Kiev, son personnage ne représente probablement pas une seule et unique personne historique, mais plutôt une fusion de multiples héros, réels ou fictifs, issus de diverses époques. Ainsi, on suppose qu'Ilya a bien servi le prince Vladimir de Kiev (années de règne : 980-1015); il combattit Batu, fondateur de la Horde d'or (1205-1255); il sauva Constantin, le tsar de Constantinople d'un monstre – mais un nombre important d'empereurs s'appelaient Constantin, et aucun d'entre eux ne fut le contemporain de Vladimir ou de Batu Khan ; le Constantin dont il est fait allusion semblerait être Constantin XI (1404-1453).

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

Dessins, peintures ou gravures[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Afanassiev, Contes populaires russes, choix, traduction et notes de Lise Gruel-Apert, Imago, tome 3 (ISBN 978-2-84952-093-2) : contes 237 et 238 (Histoire du glorieux Ilia de Mourome et du Brigand Rossignol ; Ilia de Mourome et le Dragon : n°s 174a et 175 dans l'édition russe d'Afanassiev de 1873). La traductrice note qu'il s'agit bien dans ce cas de contes en prose, et donc que la classification d'Afanassiev est justifiée sur ce point.
  2. Le « Rossignol-Brigand », ou « Brigand-Rossignol » selon les traductions (en russe : Соловей-разбойник).
  3. Les contes sont en prose, tandis que le chant épique est scandé, et ordinairement accompagné par les gousli. Le style diffère également.
  4. Les titres français sont ceux de Lise Gruel-Apert.
  5. Il a même donné son nom à l'un des premiers avions bombardiers au monde, le Sikorsky Ilia Mouromets, construit de 1913 à 1918.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Viktoriya et Patrice Lajoye, Ilya Mouromets et autres héros de la Russie ancienne, 2009, Toulouse, Anacharsis (traduction française des principales bylines sur Ilya Mouromets).
  • Afanassiev, Contes populaires russes (tome III), traduits et présentés par Lise Gruel-Apert, Imago (ISBN 978-2-84952-093-2)
  • (ru) Русские былины, составил Н.А. Надеждин, Белый Город, 2009