Rodéric

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Rodéric
Page de garde de la  Crónica del rey Rodrigo
Page de garde de la Crónica del rey Rodrigo
Titre
Roi des Wisigoths d'Hispanie
702711
Prédécesseur Wittiza
Successeur Agila II
Biographie
Date de décès 19 juillet 711
Lieu de décès embouchure de la rivière Barbate
Nature du décès noyade
Nationalité Espagnole
Père Théodefrède duc de Cordoue
Mère Rekilona
Conjoint Egilone
Enfant(s) Agila II roi des Wisigoths
Ardo
Olmund
Religion christianisme
Résidence Tolède

Rodéric (en gotique 𐌷𐍂𐍉𐌸𐌰𐍂𐌴𐌹𐌺𐍃/Hroþareiks), en français Rodrigue, en espagnol Rodrigo), est le dernier roi Wisigoth d'Hispanie, mort en juillet 711 près de Jerez de la Frontera dans la province de Cadix (Andalousie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu de la noblesse gothique, fils du duc Théodefrède de Cordoue et de Rekilona, il est d'abord duc de Bétique avant de s'emparer du trône wisigothique au début de l'année 710 à Tolède après avoir renversé le roi Wittiza (709), et évincé le fils de ce dernier, Agila qui voulait succéder à son père (guerre civile). Agila et des partisans s'enfuient à Septa Magna (Ceuta) sur la rive nord-africaine. La région voisine du Maghreb avait été récemment conquise par Musa Ibn Nosseyr. Celui-ci nomma un Berbère et dans d`autres sources un MAWLA (servant) d`origine berbère, Tariq ibn Ziyad alors gouverneur de Tanger, et lui donna le commandement d'une armée d'environ 7 000 cavaliers surtout berbères, fraîchement islamisés et très motivés.

Le comte Julien, seigneur (peut-être d'origine byzantine) de Septa (Ceuta), que les Arabes appellent Ilyan ou Youlyân, était vassal de Rodéric mais aussi en bons termes avec Tariq. Ibn Abd-el-Hakem, l'historien égyptien de la conquête arabe, relate un siècle et demi après que Julian avait envoyé une de ses filles à la cour wisigothique de Tolède pour son éducation (et sans doute comme gage de loyauté) et que Rodéric l'avait mise enceinte. Des ballades et chroniques plus tardives grossissent l'importance de cette histoire et lui attribuent l'hostilité de Julian. Mais des raisons politiques peuvent avoir joué un plus grand rôle. Il envoya dire à Tariq « Je t'enlèverai al-Andalus » (Le nom arabe du sud de l'Espagne, les Wisigoths ayant conservé le nom romain de Bétique).

Au printemps 711, tandis que Rodéric était occupé dans le nord à combattre une révolte basque à Pampelune, Tariq informé par Julian qu'il laissa en arrière parmi les marchands, traversa le détroit de Gibraltar avec une armée de reconnaissance de 1 700 hommes, naviguant de nuit et laissant leur débarquement insoupçonné.

« Les gens de al-Andalus ne remarquèrent pas le va-et-vient de bateaux, pensant que c'étaient des bateaux de commerce » rapporte Ibn Abd-el-Hakem. Tariq et ses hommes marchèrent jusqu'à Cartagène sur la côte, puis vers Cordoue, où la garnison locale méprisa d'abord la petite bande mais fut battue à plate couture et repoussée dans les murs de la ville.

« Quand Rodéric fut informé, il vint en renfort de Tolède. Il luttèrent à un endroit du nom de Shedunia, dans une vallée appelée de nos jours Umm-Hakim. La bataille fut rude ; mais Dieu, puissant et grand, tua Rodéric et ses compagnons ».

C'est le rapport du côté musulman. Le nom européen de la bataille du 19 juillet 711 à l'embouchure de la rivière Barbate, dans laquelle Rodéric fut défait est la bataille du Barbate ou du Guadalete, dans la province de Cadix, au sud de la péninsule Ibérique. Rodéric est certainement mort noyé. Les Wisigoths survivants désorganisés s'enfuirent vers le nord.

Envoyant le commandant de sa cavalerie prendre Cordoue, Tariq entra dans la capitale wisigothique, Tolède, où son premier souci fut pour une table, appelée la table de Salomon, fils de David (S(o)uleyman Ben Daoud) :

« al-Andalus ayant été conquise pour Musa Ibn Nosseyr, il prit la table de Suleyman Ibn Dawid, et la couronne. Tariq apprit que la table était dans une citadelle nommé Faras, à deux jours de Tolède, et que le gouverneur était un neveu de Rodéric. Tariq lui écrivit alors, lui promettant la sécurité pour lui et sa famille. Le neveu sorti de la citadelle, et Tariq tint sa promesse (...) Tariq lui dit, livre moi la table, et il lui livra la table. Sur cette table il y avait de l'or de l'argent, comme personne n'en avait vu (...) Il prit les perles, l'armure, l'or, l'argent et les vases qu'il avait avec lui, et quantité de butin, comme personne n'en avait vu. Il rassembla tout ça. Après cela il retourna à Cordoue, et s'y arrêtant, il écrivit à Musa Ibn Nossevr l'informant de la conquête de l'al-Andalus, et du butin qu'il y avait fait ».

L'année suivante en 712, le suzerain de Tariq, Musa Ibn Nosseyr se joignit à l'attaque, et en moins de 6 mois ils eurent soumis plus de la moitié de l'Espagne. En 718, les musulmans occupaient toute l'Espagne à l'exception des montagnes des Asturies dans le nord.