Guépéou

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La Guépéou ou GPU (ГПУ) (sigle de Gossoudarstvénnoïe Polititcheskoié Oupravlénié (en russe : Государственное Политическое Управление ; en français : Direction Politique d’État) est la police d'État de l'Union soviétique entre 1922 et 1934.

VCHK/OGPU/KGB 10years - 1927
Insigne de l'OGPU commémorant le dixième anniversaire de la Révolution d'Octobre

Sommaire

[modifier] Histoire

Le GPU est une institution policière soviétique constituée en février 1922 en remplacement de la Tchéka et rattachée au NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures). Elle est dirigée par Félix Dzerjinski du 6 février 1922 au 15 novembre 1923. À cette date, elle est séparée du NKVD et devient l'OGPU (O pour Obiédinionnoïe, "unifié"), placée sous contrôle direct du Conseil des Commissaires du Peuple (Sovnarkom). L'OGPU a pour principale mission de coordonner les activités des GPU de toutes les républiques socialistes de l'Union. Dzerjinski en conserve la direction de novembre 1923 à sa mort, en juillet 1926. Il est alors remplacé par Viatcheslav Menjinski, qui commande l'OGPU jusqu'en mai 1934. En juillet 1934, l'OGPU est de nouveau rattachée au NKVD, et devient le GUGB (Direction principale de la sécurité d'État).

[modifier] Organisation

Comparées aux structures des organes de répression des années 1930, les structures de l'OGPU des années 1920 restent assez simples.

[modifier] Structures administratives[1]

Suite aux réformes administratives de 1923, la structure de l'OGPU se stabilise en quatre grandes Directions ( upravlenija ), elles-mêmes divisées en plusieurs départements ( otdely ):

  • Direction administrative et organisationnelle ( Administrativno-organizacionnoe-upravlenie ) : forte d'un millier d'hommes, supervise le Département des prisons, le Département des liaisons, le Département sanitaire et le Département financier
  • Direction économique ( Ekonomičeskoe-upravlenie ) : un millier d'hommes. Lutte contre la criminalité financière et économique. Rattachée en 1925 à la Direction secrète et opérationnelle
  • Direction secrète et opérationnelle ( Sekretno-operativnoe-upravlenie ) : environ 19 000 hommes. Regroupe huit départements :
    • Département des transports : contrôle des réseaux stratégiques, surveillance des 600 000 cheminots soviétiques
    • Département secret : lutte contre les groupes « anti-soviétiques ˚
    • Département opérationnel : infiltration des milieux criminels, de droit commun ou politiques
    • Département de contre-espionnage (Kontrrazvedotdel) et Département étranger (Inotdel): surveillance des missions diplomatiques, des groupes émigrés, des étrangers
    • Département spécial : surveillance des forces militaires soviétiques
    • Département du contrôle politique : censure et contrôle du courrier
    • Département de l'information : surveillance de l'opinion publique

En mars 1931, le Département de l'information fusionne avec le Département secret pour former le Département secret-politique.

  • Direction des gardes-frontières et troupes spéciales ( Upravlenie pograničnoj ohrany i vojsk OGPU ): supervise 27 000gardes-frontières et 24 000 hommes des troupes spéciales ou « territoriales ».  »

Aux fonctionnaires civils et militaires s'ajoutent 12 000 à 15 000 espions et d'informateurs (qui peuvent être « titulaires » ou « résidents"), faiblement rémunérés, sur fonds secrets, et chargés d'infiltrer tous les milieux, en recrutant si nécessaire des indicateurs ( ozvedomiteli ). On peut estimer à plusieurs dizaines de milliers le nombre total d'informateurs de l'OGPU.

[modifier] Structures géographiques

Aux structures centrales, compétentes sur l'ensemble du territoire de l'URSS, s'ajoutent des divisions territoriales :

  • 13 régions, calquées sur les régions militaires : Moscou (Moskovskij Voennyj Okrug - MVO), Léningrad, Volga, Ouest (Biélorussie), Oural, Crimée, Ukraine, Sud-Est (Nord-Caucase), Transcaucasie, Sibérie, Turkestan, Kirghizie, Extrême-Orient. Chaque région est dirigée par une « représentation plénipotentiaire » (Polnomočnoe predstavitel´stvo), installée dans une capitale régionale
  • à l'échelon inférieur, des Départements provinciaux (Gubotdely)
  • enfin, des Départements de district (Uezdotdely), unités de base de l'OGPU, surtout en milieu rural

Les effectifs de l'OGPU sont répartis en fonction de l'importance stratégique de chaque région et des risques de subversion. La MVO concentre le cinquième des effectifs civils, l'Ukraine le sixième. Mais le Département oriental (l'ensemble formé par les régions de Sibérie, Transcaucasie, Turkestan, Kirghizie et Extrême-Orient) compte pour le tiers des effectifs : dans ces régions vastes, peu peuplées et difficilement pacifiées, l'OGPU peine à établir son emprise, et « évolue en territoire ennemi[2] ».

[modifier] Personnels[3]

[modifier] Liste de dirigeants

[modifier] Directeur du GPU
[modifier] Directeurs de l'OGPU
[modifier] Directions et départements

La mobilité au sein des instances supérieures de l'OGPU étant importante, il est difficile d'établir un organigramme précis et exhaustif. Par exemple, Georgij Jevgeněvič Prokofiev dirige successivement le Département secret (1922), le Département spécial (1924) puis le Département économique (1926), après son rattachement à la Direction secrète et opérationnelle. Quelques noms :

[modifier] Régions et départements provinciaux

[modifier] Missions et activités

Les pouvoirs extrajudiciaires de l'OGPU sont définis le 24 mars 1924 par un décret[6] du Présidium du Comité exécutif central de l'URSS. Il accorde à la Conférence spéciale de l'OGPU - et à ses déclinaisons régionales - le droit d'exiler ou d'enfermer pour trois ans toute personne « socialement dangereuse » (terme vague regroupant les contre-révolutionnaires, trafiquants, personnes « sans occupation déterminée ou productive » et jusqu'aux « joueurs de jeux de hasard »), et ce sur simple décision administrative. En juillet 1934, cette durée légale est portée à cinq ans.

[modifier] Références

  1. Nicolas Werth, « L’OGPU en 1924 », Cahiers du monde russe , 42/2-4 | 2001. Pour l'organisation administrative de l'OGPU, voir en particulier les pages 409 à 420. URL : http://monderusse.revues.org/index95.html. Consulté le 24 avril 2011.
  2. Conclusion du rapport RGASPI, f. 76, op. 3, d. 307, ll. 166-167, cité par N. Werth, op. cit., p. 413
  3. Nikita Petrov, « Les transformations du personnel des organes de sécurité soviétiques, 1922-1953 », Cahiers du monde russe 2/2001 (Vol 22), p. 375-396. URL : www.cairn.info/revue-cahiers-du-monde-russe-2001-2-page-375.htm.
  4. Iurii I. Shapoval , « Vsevolod Balickij, bourreau et victime », Cahiers du monde russe , 44/2-3 | 2003, URL : http://monderusse.revues.org/index143.html. Consulté le 24 avril 2011.
  5. Site officiel du KGB de Biélorussie : http://www.kgb.by/history/biography/ (ru)
  6. . Texte complet du décret du 24 mars 1924 in A. I. Kokurin, N. V. Petrov, Lubianka, 1917- 1960. Spravočnik (La Lubianka, 1917-1960. Guide), Moscou, Iz. MeÂdunarodnyj Fond Demokratija, 1997, pp. 179-181

[modifier] Liens externes

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