Guenrikh Iagoda

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Guenrikh Iagoda en 1936.

Guenrikh Grigorievitch Iagoda (en russe : Генрих Григорьевич Ягода) est né en 1891 à Rybinsk et mort exécuté en 1938 est un révolutionnaire bolchevique russe. Il dirigea le NKVD de 1934 à 1936.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né au sein d'une famille juive, il devient étudiant en pharmacie. Il adhère au parti bolchevik en 1907 et est déporté en Sibérie en 1911. Après la Révolution russe, il devient membre de la Tchéka, dont il est « administrateur » dès décembre 1920 ; en 1934, il est nommé vice-président du Guépéou. Il succède à Viatcheslav Menjinski, qui meurt opportunément — d'un arrêt cardiaque selon certains, empoisonné par Iagoda selon ses déclarations lors du dernier troisième Procès de Moscou.

Il est nommé commissaire du peuple à l'Intérieur (directeur du NKVD) de juillet 1934 à septembre 1936. Pour certains, l'organisation de l'assassinat de Sergueï Kirov le 1er décembre 1934 à Léningrad[1], et dans ce cas, vraisemblablement, sur ordre de Staline, pourrait lui être imputée. Pour d'autres historiens[2], cet assassinat relèverait plutôt d'un acte de vengeance individuel, que Staline a immédiatement exploité pour se débarrasser de certains bolcheviks, déclenchant une importante purge à Léningrad, avant les procès de Moscou.

En août 1936, sur ordre de Staline, il mène de bout en bout l'arrestation, le procès à grand spectacle (premier procès de Moscou), la condamnation et l'exécution de Grigori Zinoviev et Lev Kamenev, qui avaient été parmi les plus proches collaborateurs de Lénine.

Toujours sur ordre de Staline, il est destitué de son poste et nommé brièvement Commissaire du Peuple à la Poste, puis, arrêté le 3 avril 1937 par Nikolaï Iejov, d'abord son adjoint, puis son successeur, jugé au troisième et dernier Procès de Moscou dit « Procès des 21 » et au terme de celui-ci, reconnu coupable, fusillé le 15 mars 1938.

Selon certaines sources (notamment en se basant sur les travaux de l'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne et du juriste polonais Raphael Lemkin), il serait l'un des plus grands meurtriers du XXe siècle. En exécutant les ordres de Staline pendant la collectivisation, Iagoda aurait été responsable de la mort de plusieurs millions de personnes. Ses subordonnés ont, sous son commandement, mis en place et géré le système du Goulag. Son successeur, Nikolaï Iejov, ne se distingua pas non plus par son humanisme et continuera les grandes purges ordonnées par Staline, avant d'être à son tour fusillé en 1940.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Kirov avait succédé à Grigori Zinoviev au Comité de Léningrad, jusqu'alors hier de Zinoviev, et alors qu'une forte opposition de la délégation de Léningrad contre Staline s'était manifestée au XIVe Congrès de décembre 1925, Congrès présenté par Boris Bajanov comme le « coup d'État stalinien » (Bajanov révèle Staline - Souvenirs d'un ancien secrétaire de Staline, Éditions Gallimard, coll. « L'air du Temps ». Paris 1979, 301 p.)
  2. Selon l'historienne et archiviste russe Alla Kirilina, ce n'est pas Staline qui avait orchestré l'assassinat de Kirov, mais il a profité de circonstances favorables (cf. L'Assassinat de Kirov - Destin d'un stalinien, 1888-1934, Éditions du Seuil, coll. « Archives du communisme », Paris, 1995, 282 p.).