Nyiragongo

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Nyiragongo
Vue du Nyiragongo en 1994.
Vue du Nyiragongo en 1994.
Géographie
Altitude 3 470 m[1]
Massif Montagnes des Virunga
Coordonnées 1° 31′ 07″ S 29° 15′ 14″ E / -1.51852, 29.253981° 31′ 07″ Sud 29° 15′ 14″ Est / -1.51852, 29.25398  [1]
Administration
Pays Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Province Nord-Kivu
Géologie
Roches Foïdite
Type Volcan rouge
Activité En éruption
Dernière éruption Depuis le 17 mai 2002
Code 0203-03=
Observatoire Goma Volcano Observatory

Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo

(Voir situation sur carte : République démocratique du Congo)
Nyiragongo

Le Nyiragongo est un stratovolcan[1] des montagnes des Virunga qui font partie de la vallée du grand rift. Il est situé en République démocratique du Congo[1], à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Goma et du lac Kivu et à l'ouest de la frontière avec le Rwanda. De par sa proximité avec des zones densément peuplées, ses éruptions fréquentes dont la dernière débutée le 17 mai 2002[2] et la présence d'un lac de lave pouvant se déverser sur ses pentes en de longues coulées de lave, considérées comme les plus rapides au monde[3], le Nyiragongo est un des volcans les plus actifs[1] et dangereux d'Afrique.

Toponymie et étymologie[modifier | modifier le code]

Le Nyiragongo est également appelé Graf Gotzen Krater, Kirunga Cha Nina Gongo, Kirunge Cha Niragongo, Kirunge Ya Gongo, Kirungo Cha Gongo, Kirungu Tscha Gongo, Kirungu Tscha Gongwe, Ninagongo, Niragonwe ou encore Revire Nganga[4].

Nyiragongo signifie en français « Celui qui fume ».[réf. nécessaire]

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le Nyiragongo est situé en Afrique de l'Est, à l'extrême est de la République démocratique du Congo, à proximité de la frontière rwandaise située au sud-est[5]. Faisant partie des montagnes des Virunga, il est l'un des volcans de la branche occidentale de la vallée du grand rift et est inclus dans le parc national des Virunga[6],[5]. Il est entouré par le lac Kivu, la ville congolaise de Goma et la ville rwandaise de Gisenyi au sud, par le volcan Nyamuragira au nord-nord-ouest et par les volcans Karisimbi et Mikeno à l'est-nord-est[5].

Topographie[modifier | modifier le code]

Vue du sommet du Nyiragongo depuis ses pentes.

La montagne culmine à 3 470 mètres d'altitude au sommet formé par un cratère de 1,2 kilomètre de diamètre[1]. Ses pentes prononcées caractéristiques d'un stratovolcan sont interrompues par la présence de deux anciens volcans, le Baruta au nord et le Shaheru au sud, ainsi que par une chaîne de bouches éruptives ayant formé une centaine de cônes volcaniques s'étirant selon un axe nord-est-sud-ouest depuis l'est du sommet jusqu'au lac Kivu[1].

Géologie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Nuvola apps kweather.png Relevés météorologiques à Goma (altitude 1 530 m)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 14,4 15 12,2 15 14,4 13,9 12,8 14,4 13,9 13,9 13,9 14,4 14,03
Température maximale moyenne (°C) 26,1 25,6 25,6 25 25 25 25,6 26,1 25,6 26,1 25 25,6 25,5
Précipitations (mm) 117 71 102 155 142 51 20 66 140 157 124 112 1 257
Source : www.weatherbase.com[7]


Faune et flore[modifier | modifier le code]

Histoire éruptive[modifier | modifier le code]

Vue du lac de lave du Nyiragongo en 2011.

Découverte scientifique[modifier | modifier le code]

La première éruption du Nyiragongo observée par des Occidentaux date de 1884[2].

Depuis le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le caractère explosif des éruptions des XVIIIe et XIXe siècles est remplacé par l'émission de laves très fluides sous forme de longues coulées, à partir de l'éruption de 1927 qui se termine en 1977[2]. Au cours de cette éruption d'un demi-siècle, un lac de lave se met progressivement en place dans le cratère sommital du volcan.

Haroun Tazieff (université de Bruxelles) le découvre en 1948, ce qui en fait le seul connu à l'époque[réf. nécessaire] après la disparition en 1924 de celui du Kīlauea à Hawaï. C'est au Nyiragongo que, en 1958, Haroun Tazieff conduit une expédition scientifique pluridisciplinaire sur un volcan actif. C'est une première et c'est à l'occasion de celle-ci que des échantillons de gaz éruptifs captés à 1 000 °C à leur sortie du lac de magma prouvent que celui-ci contient de l'eau et des métaux, découvrant par là le rôle joué par les volcans dans la formation des gisements métallifères. Cette découverte est aussi une première grâce à deux spectrogrammes nocturnes de flammes volcaniques réalisées par l'astronome Armand Delsemme (université de Liège) qui fait partie de l'expédition.

Le lac de lave se vide brutalement le 10 janvier 1977 en moins d'une heure en donnant naissance à une coulée de lave qui se dirige vers la ville de Goma en s'arrêtant à proximité de l'aéroport, non sans avoir provoqué la mort de 600 personnes, des dégâts matériels[réf. nécessaire]. Le volume de 22 millions de mètres cubes de lave du lac[2] laisse alors la place à un cratère de 900 mètres de profondeur[réf. nécessaire].

Le lac de lave réapparaît dans le cratère principal du 21 juin à octobre 1982, du 23 juin 1994 à mars 1996 lorsqu'il se fige à 245 mètres[réf. nécessaire] sous le sommet du cratère et le 17 janvier 2002 lors d'une éruption terminée le 3 février qui voit à nouveau le lac de lave d'un volume de 25 millions de mètres cubes se vider sur les pentes du volcan[2] par trois failles en traversant la ville congolaise de Goma située à dix kilomètres au sud du volcan. La cité de 250 000 habitants est traversée par deux coulées de lave très fluide d'une soixantaine de mètres de largeur qui détruisent, outre quatorze villages, 18 % de la ville, 80 % de son économie et font 70 morts[8]. Une des deux coulées atteint le lac Kivu[5] ce qui fait craindre l'arrivée d'une autre catastrophe avec le déclenchement d'une éruption limnique par déstabilisation de ses couches d'eau du lac[réf. nécessaire].

Le 17 mai 2002, un nouveau lac de lave se met en place dans le cratère de 760 mètres de profondeur[réf. nécessaire] au cours d'une éruption encore en cours au début de l'année 2011[2]. Ce lac de 200 mètres de diamètre est continuellement brassé et maintenu liquide par la remontée quotidienne de 12 000 à 20 000 tonnes de dioxyde de soufre qui forme un panache s'échappant du cratère sommital du volcan[réf. nécessaire].

Activités[modifier | modifier le code]

Économie locale[modifier | modifier le code]

La ville de Goma se trouve sur les pentes du volcan. Deux millions de personnes vivent sous la menace de ce volcan actif.

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Le parc national des Virunga comprend une partie du volcan[9].

Évaluation et prévention des risques[modifier | modifier le code]

L'ascension de ce volcan est particulièrement dangereuse, les émanations gazeuses de dioxyde de carbone sur ses flancs pouvant asphyxier une personne ou un animal[réf. nécessaire]. Tout autour de ce volcan se trouvent de nombreux mazukus qui occasionnent régulièrement des décès, notamment d'enfants s'enfonçant dans ces cuvettes à l'allure inoffensive[réf. nécessaire].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Au Rwanda, dans le culte traditionnel du kubandwa (culte des ancêtres), les esprits des ancêtres non-initiés seraient jetés dans le Nyiragongo[10].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) « Nyiragongo », Global Volcanism Program (consulté le 6 mai 2011)
  2. a, b, c, d, e et f (en) « Histoire éruptive », Global Volcanism Program (consulté le 6 mai 2011)
  3. (fr) « Nyiragongo », ACTIV (consulté le 6 mai 2011)
  4. (en) « Synonymes et sous-éléments », Global Volcanism Program (consulté le 6 mai 2011)
  5. a, b, c et d (en) « National imagery and mapping agency - Nyiragongo Volcano Reference Map »
  6. (en) « Acacia Safari - Democratic Republic of Congo National Parks »
  7. (en) (en) « weatherbase Goma, Democratic Republic of the Congo », sur www.weatherbase.com (consulté le 11 novembre 2012)
  8. (en) « Rapport mensuel de mars 1977 », Global Volcanism Program (consulté le 6 mai 2011)
  9. (en) « Rapports mensuels », Global Volcanism Program (consulté le 6 mai 2011)
  10. (fr) Luc de Heush, « Mythe et société féodale : Le culte du kubandwa dans le Rwanda traditionnel », Archives des sciences sociales des religions, Paris, CNRS, vol. 18,‎ juillet–décembre 1964, p. 133–146 (DOI 10.3406/assr.1964.1775, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) « Nyiragongo », Global Volcanism Program
  • (fr) « Nyiragongo », fiche du Niyragongo sur le site A.C.T.I.V.
  • (fr) M. Detay, « Le Nyiragongo : volcan de tous les dangers et maîtrise des risques », LAVE, revue de l’association de volcanologie européenne, no 153,‎ 2011, p. 16-29