Moshe Feldenkrais

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Moshé Feldenkrais, né le 6 mai 1904 en Ukraine et mort le 1er juillet 1984 à Tel-Aviv) est un physicien israélien d'origine ukrainienne, qui fut l'un des introducteurs du judo en France dans les années 1930. À la suite d'une blessure au genou, il se tourna progressivement vers la mise au point, à partir des années 1950, d'une méthode de soins non-conventionnelle inspirée des neurosciences — qu'il appellera « méthode Feldenkrais ».

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'âge de 14 ans, il quitte sa famille pour traverser l'Europe jusqu'en Palestine pour y émigrer. De 18 à 28 ans il vit à Tel-Aviv où il travaille comme maçon, poursuit ses études au lycée et pratique le football. Il se blesse alors au genou. Membre de la jeune Haganah, il suit également des cours de jujutsu[1].

Moshe Feldenkrais arrive à Paris en 1928 où il étudie la physique, les mathématiques, la mécanique et l'électricité. Il obtient un diplôme de Docteur en sciences physiques et un diplôme d'ingénieur en mécanique et électricité. Il rejoint rapidement au laboratoire du professeur Paul Langevin. En 1938, il travaille avec Frédéric Joliot-Curie, dont il est assistant.

Moshe Feldenkrais rencontre Jigorō Kanō à l'occasion de conférences données par le fondateur du judo lors de deux séjours en France en 1933 et 1934. Il se met à pratiquer ce sport, qu'il contribue à introduire en France, et devient la première ceinture noire de judo en France[2].

A son invitation, Mikinosuke Kawaishi quitte Londres pour venir enseigner le judo en France. Passionné par ce sport, Feldenkrais fonde en septembre 1936 le Jiu-Jitsu Club de France, dont Jigorō Kanō est le président d'honneur. Il écrit deux livres sur le judo. Les premières ceintures noires nommées par Mikinosuke Kawaishi seront: Maurice Cottreau, Jean de Herdt, Henri Birnbaum, Paul Bonet-Maury, Charles Malaisé, Jean Andrivet[3].

En 1940 quand les allemands envahissent Paris, Moshe Feldenkrais prend un bateau pour l'Angleterre. Il travaille alors pour l'amirauté britannique. Il aurait fait partie de l'équipe qui met au point le sonar.

Il continue en même temps la pratique et l'enseignement du judo. Il commence à s'intéresser très fortement au développement humain et au mode d'apprentissage des enfants, inspiré en partie par l'observation des enfants dans le cabinet pédiatrique de sa femme, Yona Rubenstein.

Après un accident grave sur son genou déjà blessé, Moshe Feldenkrais se voit proposer une intervention dont les chances de succès sont évaluées à 50 %.

Il préfère éviter l'intervention et étudie tout ce qui a trait à la santé et à la guérison : anatomie physiologie, neurophysiologie, psychothérapie, exercices de rééducation, pratiques spirituelles, yoga, hypnose, acupuncture. Feldenkrais réussit à marcher de nouveau sans avoir besoin d'opération. Il reprend même sa pratique du judo. Après des mois d'observation minutieuse et d'exploration de très petits mouvements, il aurait redécouvert et affiné le processus d'apprentissage utilisé par les jeunes enfants pour acquérir la marche. Selon lui, le fait de prendre conscience de comment l'on bouge peut être une clé pour se soigner voire fonctionner mieux.

Plus tard, un ami qui souffre du dos lui demande si le même processus ne pourrait pas l'aider. C'est ainsi que Feldenkrais aurait découvert l'efficacité de sa méthode. Il développe ainsi une méthode, à travers le toucher et le mouvement, pour faciliter le retour à la santé et l'apprentissage qu'il appellera plus tard : Intégration FonctionnelleMéthode Feldenkrais. Dans un deuxième temps, afin de permettre à un plus grand nombre de bénéficier de sa méthode, il invente une forme de pratique collective, qu'il nomme Prise de Conscience à travers le MouvementMéthode Feldenkrais.

En 1950 Feldenkrais se rend à Tel-Aviv. Il devient le premier directeur du département d'électronique de l'armée israélienne. Peu de temps après il aurait été sollicité pour s'occuper du Premier ministre Ben Gourion qui souffre de mal de dos chronique et de problèmes respiratoires. La santé de Ben Gourion se serait améliorée de façon étonnante et aurait fait la réputation de Moshe Feldenkrais. Après une leçon avec Feldenkrais, Ben Gourion est sorti en courant vers la plage pour montrer ce qu'il venait d'accomplir, et a permis à Paul Goldman de prendre une photo qui fit sensation[1]. Il commence à enseigner sa méthode pendant les années 1950 et 60.

Il continue ensuite aux États-Unis pendant 11 ans. Il forme ainsi un grand nombre de praticiens à San Francisco puis à Amherst, dans le Massachusetts.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jiu-jitsu. Paris: Étienne Chiron (1934).
  • Manuel pratique du Jiu-jitsu : la défense du faible contre l'agresseur. Paris: Étienne Chiron (1939).
  • Judo. London: Frederick Warne. En français : ABC du Judo. Paris: Étienne Chiron (1941).
  • L’être et la maturité du comportement : une étude sur l’anxiété, le sexe, la gravitation et l’apprentissage. Paris : Espace du Temps présent. Existe aussi en anglais. Body and Mature Behaviour. New-York : International Universities. (1949).
  • Higher Judo. London : Frederick Warne (1952)
  • La conscience du corps. Paris : Robert Laffont. Paru également chez Dangles sous le titre : L’Énergie par le mouvement. Existe aussi en anglais sous le titre : Awareness Through Movement. New-York : Harper and Row.(1967).
  • Le cas Doris. Paris : Espace du temps présent. Paru également en anglais sous le titre : Adventures in the Jungle of the Brain : The case of Nora. New-York : Harper and Row.(1978).
  • L’évidence en question. Paris : L’inhabituel. Existe aussi en anglais : The Elusive Obvious. Cupertino, CA : Meta Publications. (1981).

The Master Moves. Cupertino, CA : Meta Publications. (1984).

  • La puissance du moi. Paris : Laffont. Existe aussi en anglais sous le titre : The Potent Self. San Francisco : Harper and Row. (1985).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Michel Brousse, Les Racines du judo français, p. 204 et 222
  2. D'après un article de Masterfight http://www.masterfight.net/2011/10/27/le-judo-en-france-de-jigoro-kano-a-moshe-feldenkrais/
  3. Source: Les Pionniers du Judo Français de Claude Thibault, Editions Budo, 2011, 494 pages ISBN 978-2-84617-281-3

Liens externes[modifier | modifier le code]