Méthode Feldenkrais

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La Méthode Feldenkrais est une pédagogie qui, selon ses promoteurs, amènerait les élèves à prendre conscience de leur mouvement dans l’espace et dans leur environnement, et des sensations kinesthésiques qui y sont reliées.

Du fait de ce spectre assez large et des prétentions assez floues, la population pratiquant en France est elle aussi assez variée. Deux groupes sont fortement représentés : les danseurs et danseuses, et les personnes du troisième âge. Selon les centres d’intérêt du praticien, parmi les élèves on trouvera aussi des pratiquants d’arts martiaux, des sportifs, des musiciens, des comédiens, des handicapés…

La plupart des partisans de la méthode Feldenkrais considèrent qu'il s'agit d'une forme d'auto-éducation et de développement corps-esprit, plutôt que d'une thérapie manuelle.

Présentation[modifier | modifier le code]

La Méthode Feldenkrais a été créée par le Dr Moshe Feldenkrais (1904-1984), né en Ukraine et émigré en Palestine dans les années 1920, puis en France dans les années 1930. Durant cette période, il obtient un diplôme d'ingénieur de l'ESTP, puis une thèse de doctorat en physique dans le laboratoire des physiciens Paul Langevin et Frédéric Joliot-Curie. Dans le même temps, il fait la rencontre de Jigoro Kano, le fondateur du Judo, lors d’une visite de celui-ci à Paris. Feldenkrais apprend le Judo. Il devient Ceinture Noire et participe à la création du Jiu-jitsu club de France, embryon de la future fédération Française de Judo[réf. nécessaire].

Durant la guerre, Moshe Feldenkrais travaille dans les services secrets de la marine britannique. C’est là qu’il aggrave une blessure au genou[réf. nécessaire].

Refusant une opération chirurgicale dont les résultats sont incertains, il décide d’explorer lui-même comment se déplacer sans douleur. C’est alors que sa passion pour ce qu’on appelle aujourd’hui les neurosciences jointe à sa passion pour les arts martiaux et à sa rigueur de physicien le mènent à ébaucher les premières esquisses de sa méthode[réf. nécessaire].

À partir de 1950, Feldenkrais développe sa méthode qu’il enseigne et il commence à former des praticiens. Certains des facteurs influant sur le travail de Feldenkrais comprennent Myriam Pfeffer, Gustav Fechner, Gerda Alexander, Elsa Gindler (en), Jigorō Kanō, Georges Gurdjieff, Émile Coué, William Bates, Heinrich Jacoby (en), Peter Goss et Mabel Todd (en), qui ont tous été plus préoccupés par la prise de conscience et le fonctionnement du système nerveux que par de simples exercices physiques[réf. nécessaire].

Il écrit un ouvrage datant de 1949 s'intitulant L'être et la maturité du comportement : une étude sur l'anxiété, le sexe, la gravitation et l'apprentissage. Il n'existe cependant pas de publication connue du fondateur[1].

À la fin des années 1970, deux pôles d’activités importants existent pour la pratique de la méthode : Israël et la Californie. La diffusion s’est faite une dizaine d’années plus tard sur le continent européen[réf. nécessaire].

Moshe Feldenkrais meurt à Tel-Aviv en 1984[réf. nécessaire].

Prétentions[modifier | modifier le code]

Les apprentissages qu’elle permettrait de stimuler sont variés :

  • la recherche d’une organisation plus aisée et efficace pour ses actions, tant dans la vie quotidienne que dans la pratique d’un sport ou d’un art,
  • la recherche de souplesse des articulations, de coordination des mouvements, de mobilité de la cage thoracique et du bassin, de flexibilité de la colonne vertébrale,
  • l’étude des tensions inutiles et de leur influence sur la respiration, la réflexion…[réf. nécessaire]

Pratique[modifier | modifier le code]

La Méthode Feldenkrais se pratique :

  • en séances collectives : « Prise de conscience par le mouvement » (PCM)
  • en séances individuelles : « Intégration fonctionnelle » (IF)[réf. nécessaire]

Leçons de Prise de conscience par le mouvement (leçons collectives)[modifier | modifier le code]

Lors d’une séance collective, le praticien ne fait pas la démonstration des mouvements à exécuter. Il propose oralement aux participants d’explorer des mouvements habituels ou inhabituels. Il les invite à focaliser leur attention sur leurs sensations et sur les relations entre les différentes parties de leur squelette[réf. nécessaire].

Les mouvements sont effectués lentement, sans efforts musculaires inutiles, sans esprit de compétition. Chacun agit à son propre rythme et expérimente pour lui-même la solution la mieux adaptée à ses schémas de comportement.[réf. nécessaire]

L'intégration fonctionnelle (leçon individuelle)[modifier | modifier le code]

Dans une séance individuelle, le praticien guide, par le toucher, la personne dans sa prise de conscience et dans son apprentissage. Il ne s’agit pas de manipulations au sens thérapeutique du terme. Le praticien invite manuellement la personne à être à l’écoute d’elle-même et lui suggère de façon douce, précise et non intrusive de nouvelles possibilités d’organisation[réf. nécessaire].

Liens avec les autres méthodes d'éducation somatique[modifier | modifier le code]

Pour parler de la méthode Feldenkrais et de méthodes « cousines », telles que la technique Alexander (Frederick Matthias Alexander), l’Eutonie (Gerda Alexander), le Body-Mind Centering (Bonnie Bainbridge Cohen), l'ismakogie ou la gymnastique holistique (Lily Ehrenfried), des praticiens québécois ont proposé le concept « d’éducation somatique[2] ».

D'autres disciplines somatiques influencées par Feldenkrais comprennent[réf. nécessaire] : Hanna Somatics, Synergie Rubenfeld, Tellington Touch (pour les animaux), la méthode Anat Baniel, System Sounder Sleep, Bones for Life

Évaluation scientifique[modifier | modifier le code]

Les études cherchant à mettre en évidence l'efficacité de la méthode Feldenkrais sur les symptômes de certaines maladies comme la sclérose en plaque[3] ou l'asthme[4] souffrent de nombreux biais méthodologiques[Lesquels ?]. Une revue Cochrane de 1999 concluait qu'il n'y avait aucune étude rigoureuse permettant de tester l'efficacité de la méthode sur l'asthme[4]. Il existe une étude datant de 2005 qui a réalisé une revue des différents essais cliniques randomisés portant sur la méthode Feldenkrais. Seuls six ont pu être inclus, les autres ne respectant pas les standards de rigueur méthodologique. Les auteurs concluent qu'il est impossible d'étayer l'efficacité de la méthode au vue des faiblesses méthodologiques des essais[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monvoisin et Pinsault 2014, p. 103-104
  2. « L'éducation somatique | Description », sur education-somatique.ca
  3. (en) Huntley A, Ernst E. « Complementary and alternative therapies for treating multiple sclerosis symptoms: a systematic review » Complement Ther Med.. 2000 Jun;8(2):97-105. PMID 10859602
  4. a et b (en) Dennis J, « Alexander technique for chronic asthma » Cochrane Database Syst Rev.. 2000;(2):CD000995. PMID 10796574
  5. (de) Ernst E, Canter P H. « Die Feldenkrais-Therapie - Ein systematisches Review randomisierter Studien [The Feldenkrais method: a systematic review of randomised clinical trials] » Phys Rehab Kur Med. 2005;15(3):151-156. DOI:10.1055/s-2004-834763

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Moshé Feldenkrais, The Elusive Obvious, Cupertino, Calif., Meta Publications,‎ 1981 (ISBN 978-0-916990-09-1, LCCN 81082159), p. 7-9
  • (en) Moshé Feldenkrais, The Potent Self: A Study of Spontaneity and Compulsion, Berkeley, Frog Publications,‎ 2002, poche (ISBN 978-1-58394-068-6, LCCN 2002010651)
  • Moshé Feldenkrais, Énergie et bien-être par le mouvement, Dangles,‎ 2009 (ISBN 978-2-7033-0813-3)
  • Richard Monvoisin et Nicolas Pinsault, Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur les thérapies manuelles, Saint-Martin-d'Hères (Isère), Presses universitaires de Grenoble (PUG), coll. « Points de vue et débats scientifiques »,‎ 2014 (OCLC 880268020)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]