Michael Sweerts

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Michael Sweerts

Description de cette image, également commentée ci-après

Autoportrait (1656), Allen Memorial Art Museum

Naissance
Bruxelles, Pays-Bas méridionaux
Décès (à 45 ans)
Goa (Inde portugaise)
Nationalité flamande
Activités Peintre
Mouvement artistique Baroque

Michael Sweerts (1618-1664) est un peintre et graveur flamand de la période baroque. Ses portraits, notamment ceux de jeunes filles et d'adolescents, sont comparés à Vermeer par la délicatesse de leurs tons[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La première étude à propos de Michael Sweerts n'est publiée qu'en 1907, ce qui explique le silence à son égard des grandes biographies consacrées auparavant aux peintres flamands[2]. Né à Bruxelles, il est baptisé à l'église Saint-Nicolas, le 29 septembre 1618. Le registre paroissial indique qu'il est fils de David Sweerts, marchand, et de son épouse Martine Balliel. Rien n'est connu de sa prime jeunesse et l'on ne sait de qui il fut l'élève.

Il arrive à Rome au moins au début[3] des années 1640 et y travaille huit ou dix ans (de 1646 à 1654 ou 1656) sous l'influence des Bamboccianti, groupe de peintres flamands installés à Rome et réunis autour de Pieter van Laer,. Ils étaient spécialisés dans les scènes de genre, ayant pour sujet des scènes champêtres ou citadines représentant la vie quotidienne du peuple, et leurs tableaux étaient appréciées des collectionneurs romains. Ils résidaient près de l'église Sainte-Marie-du-Peuple et lui-même est inscrit aux registres de cette paroisse de 1646 à 1651. Le commanditaire principal de Michael Sweerts à Rome est le prince Pamphili (1622-1666), mécène éclairé et poète, pour lequel il sert également d'acheteur d'art. Il peint pour le prince des décors de théâtre et au moins La Peste dans une cité antique est considérée comme étant une commande du prince. Grâce au prince, il compte l'aristocratie romaine dans sa clientèle, comme le prince Chigi qui lui achète deux toiles. Sweerts obtient le titre de chevalier (cavaliere) de la part du pape Innocent X, oncle du prince Pamphili. Sweerts sert également de portraitiste pour les Flamands en séjour à Rome, c'est notamment le cas des frères Deutz pendant leur Grand Tour. Sweerts est aussi leur acheteur d'art (antiquités, statues, tableaux, etc.) qu'il expédie ensuite aux Pays-Bas[4]. C'est à eux qu'est destiné le cycle de tableaux des Sept actes de miséricorde, tels qu'ils sont mentionnés dans l'Évangile selon saint Matthieu. En 1647, il assiste à des rencontres de l'Accademia di San Luca bien qu'il n'en fût pas membre, mais « agrégé » collectant parmi ses compatriotes des dons en espèces au profit de cette Académie[5].

L'Atelier de dessin (1656-1658) (sans doute l'académie de dessin ouverte par Sweerts à Bruxelles), musée Frans Hals.

Il retourne à Bruxelles dans le courant de l'année 1655 et entre dans la guilde de Saint-Luc, fameuse corporation de peintres. Il ouvre un atelier de dessin, dont la plupart des élèves sont destinés au dessin de cartons de tapisserie[6]. Il estimait que l'étude des classiques était indispensable, comme tous ses contemporains, et il insistait particulièrement sur le nu académique et sur l'étude des visages en faisant travailler ses élèves d'après des moulages d'œuvres antiques[5]. Un recueil de gravures d'après les visages qu'il a dessinés paraît en tirage limité en 1656 à Bruxelles, sous le titre Diversæ facies in usum juvenum et aliorum delineatæ per Michaelem Sweerts equit., pict., etc. Il est destiné à l'étude des visages selon certains modèles[7]. Il semble que Sweerts ait eu pendant toute sa carrière la passion d'enseigner le dessin.

Il passe un certain temps en France dont l'atmosphère religieuse vit un renouveau avec la compagnie du Saint-Sacrement et l'action de saint Vincent de Paul. Les tableaux de Sweerts reflètent un changement de style avec une influence des frères Le Nain. Il entre à la Société des missions étrangères de Paris, qui vient d'être fondée, en tant que « familier laïque », puis s'installe à Amsterdam[8] en juillet 1661, où il surveille avec un confrère le chantier du bateau qui doit transporter l'expédition prochaine d'un groupe de missionnaires de la Société des missions étrangères de Paris. Celui-ci est formé autour de Mgr Pallu qui vient d'être nommé évêque in partibus d'Héliopolis et dont la destination est la Chine (l'évêque met plus de deux ans à rejoindre le Siam par la route. Tout son récit de voyage est relaté dans sa correspondance). Avant de partir, Sweerts laisse un autoportrait en souvenir pour la guilde de Saint-Luc, aujourd'hui conservé au Allen Memorial Art Museum. Sweerts prend la mer en janvier 1662 pour l'orient à Marseille avec le groupe des missionnaires et tout leur chargement. Ils arrivent à Alexandrette et passent en caravane par la Syrie, l'Arménie, puis Tabriz[9], mais Sweerts est renvoyé avant juillet 1662 de la Société des missions étrangères à cause de son caractère instable et de son irascibilité.

Un prêtre du groupe, M.[10] Brunel, écrit à la duchesse d'Aiguillon, protectrice de la Société et nièce de Richelieu: « je vous ai mandé (...) comme Monseigneur estoit venu à bout de Monsr. Svets, peintre. Je ne sçay si le grand cas qu'on fit de luy à Alep à cause des tableaux qu'il y fit. Il devint si insupportable, qu'il faisoit leçon à tous. Il se mesloit du sacerdoce, enfin de toutes choses; en compagnie il contredisoit tout le monde, et particulièrement Monseigneur luy-même. » Il conclut son paragraphe en précisant « je vous assureray que vous n'avez veu en toute votre vie un homme plus soumis » [à cette décision] « , qui aye moins de langue ny plus humilé; quelquefois il me fait compassion.[11] »

Le groupe continue sans lui vers Ispahan; Sweerts quant à lui se rend à Goa, colonie portugaise tenue par les jésuites, où il meurt deux ans plus tard.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Portrait de jeune femme (1661), Mauritshuis (La Haye).
  1. Dictionnaire de la peinture, op. cité
  2. Elle est publiée par W. Martin dans Oud Holland
  3. Article biographique
  4. Une commande concernant du tissu de soie est notamment répertoriée pour Jean Deutz à Amsterdam de la part de Sweerts, en 1651
  5. a et b Vitale Bloch, op. cité, p. 12
  6. D'après une lettre de Willem van der Borcht du 26 février 1656 demandant aux autorités l'exemption de certaines taxes pour Sweerts
  7. Un certain nombre de ces gravures sont conservées au Rijksmuseum
  8. Il reprend contact avec la famille Deutz et peint au moins le portrait de Gédéon Deutz à cette occasion
  9. C'est à Tabriz que Mgr Pallu écrit à Paris à la Société le 2 juillet 1662: il semble que notre bon Monsieur Svert (sic) ne soit plus maître de son esprit; je nai pas cru que la Mission lui fût propre, ni qu'il fût propre à la Mission. Je crois avoir fait en cela ce que j'ai dû. Tout s'est terminé de la bonne façon de part et d'autre., cf Archives des Missions étrangères de Paris, vol. 350, p. 78
  10. Les prêtres des Missions étrangères de Paris se faisaient appeler « Monsieur »
  11. Archives des Missions étrangères, vol. 350, p. 60; passage cité dans Vitale Bloch en appendice.
  12. Fils d'une famille des plus fortunées d'Amsterdam, il se fait portraiturer par Sweerts pendant son séjour à Rome, étape de son Grand Tour avec ses frères.
  13. L'un des trois frères Deutz pendant leur Grand Tour à Rome. Trois (Jean, Jeronimus et Joseph) des cinq frères Deutz y séjournèrent
  14. Donation Hoblitzelle en 1937; autrefois toile attribuée à Karel Du Jardin
  15. Entré en 1933

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (nl) (en) Jonathan Bikker, Michael Sweerts: 1618—1664, in Guido Jansen a.o., Amsterdam, Rijksmuseum, 2002
  • Vitale Bloch, Michael Sweerts, éd. L. J. C. Boucher, 1968, 109 pages
  • Véronique Damian, Sweerts, Tanzio, Magnasco et autres protagonistes du seicento italien, éd. Galerie Canesso, 2009, 59 pages

Liens externes[modifier | modifier le code]