Pieter van Laer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pieter Van Laer

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Pieter Van Laer

Naissance 1599 ou avant
Haarlem
Décès 1642 (?)
Haarlem (?)
Nationalité néerlandaise
Provinces-Unies Provinces-Unies
Activités peintre
Mouvement artistique Baroque
Influencé par Esaias Van de Velde

Pieter Jacobsz. Van Laer ou Van Laar[1], dit il Bamboccio ou, en français, le Bamboche (baptisé à Haarlem, le 15 décembre 1599[2] – mort à Haarlem (?), probablement à l’automne 1642), est un peintre néerlandais (Provinces-unies) appartenant à l’École hollandaise, et qui fut actif durant plus d’une décennie à Rome. Son style fut imité par plusieurs artistes, que l’on a appelés les Bamboccianti.

Biographie[modifier | modifier le code]

Van Laer a peut-être été un élève d’Esaias Van de Velde (1587-1630). Après un voyage d’étude à travers la France, il partit en compagnie de son frère pour l’Italie, où il s’établit en 1625, à Rome. Là, il fit la connaissance de peintres tels que Claude Lorrain, Nicolas Poussin et Joachim von Sandrart. Il se joignit également aux Bentvueghels. Les Italiens, soit à cause de ses sujets de prédilection, soit à cause de son corps difforme, lui collèrent le surnom peu flatteur d’« Il Bamboccio » (Le Bamboche, ou Le Pantin).

Tout comme c’est le cas pour d’autres italianisants, l’influence italienne est clairement visible dans ses décors. Van Laer remplit cependant ceux-ci de scènes de la vie populaire au caractère typiquement néerlandais – scènes de fêtes, de jeu, de chasse, avec des paysans, des bergers, des marchands de foire, etc. Une idée semble-t-il heureuse, qui fut souvent imitée par d’autres italianisants, lesquels furent appelés les Bamboccianti, d’après le surnom italien de Van Laer. Parmi ceux-ci figurent, notamment, Andries Both et son frère Jan, Michelangelo Cerquozzi, le Français Sébastien Bourdon et Jan Miel. Le type même d'œuvres reçut en français le nom de « bambochade ».

Au nombre des autres artistes qui travaillèrent avec ou pour Van Laer, on peut compter John Phillip Lemke[3].

Paysage aux joueurs de mourre, huile sur chêne, 33,3 × 47 cm, date inconnue (Magyar Szépmüvészeti Múzeum, Budapest).

Bien que son style pictural était ouvertement dédaigné par des peintres italiens prééminents de Rome et de Bologne, comme Andrea Sacchi, Francesco Albani, et Guido Reni, les œuvres de Van Laer finirent par être très prisées au fil du temps. Au départ, pour vivre de ses toiles, le peintre a dû dépendre de la vente sur le marché et de revendeurs, plutôt que de commandes ; cependant, en l’espace d’une décennie passée à travailler à Rome, il pouvait réclamer la somme très respectable de 30 à 35 scudi par peinture. Parmi ceux qui possédèrent de ses toiles figurent Pietro Testa, Cassiano dal Pozzo, le marquis Vincenzo Giustiniani et, plus tard, le marchand flamand actif à Naples Gaspar Roomer. Van Laer devait aussi consacrer une série de gravures à Don Ferdinando Afan de Ribera, le vice-roi d’Espagne, à Naples[4].

Aux environs de 1639, Van Laer revint aux Pays-Bas où, jusqu’à sa mort, il fut principalement actif à Amsterdam et à Haarlem. En 1641, un dessin de lui parut dans un livre, le Haarlems liedboek (Chansonnier de Haarlem) ; on ne sait plus rien à son sujet après cette date, si ce n'est que dans le testament de sa sœur, daté de 1654, il est fait mention de sa mort, douze années auparavant[5].

Style pictural[modifier | modifier le code]

Les tableaux de Van Laer sont marqués par une composition et un dessin habiles, avec un souci particulier de la perspective. Ses couleurs, selon Joseph Archer Crowe, sont « généralement d’un ton de brun chaud, parfois très clair, mais plus souvent dense, et sa réalisation est ample et vigoureuse[6] ». On lui attribue également certaines eaux-fortes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Musée du Louvre possède, en plus de quelques dessins, deux de ses tableaux : Le Départ de l'hôtellerie et Les Pâtres
  • Société carnavalesque dans une auberge, Huile sur toile transposée sur bois, 54 × 82 cm, Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Munich.
  • Le Bain, 1636, Galerie des Offices, Florence.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom a également pu être francisé en Pierre de Laar.
  2. Date renseignée par le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie : né en 1599 et baptisé le 15 décembre de cette année, d'après G.H. Kurtz, « Archiefsprokkeling. Nog eens : Bodding (van Laer) », in Oud Holland 73 (1958), p. 231-232. Toutefois, selon un autre auteur, Waller, il serait né le 13 juillet 1582.
  3. J.R. Hobbes, p. 132.
  4. Haskell 135-6.
  5. Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie.
  6. « generally of a warm, brownish tone, sometimes very clear, but oftener heavy, and his execution broad and spirited ».

Sources[modifier | modifier le code]

  • Traduction combinée des pages du Wikipédia en néerlandais et en anglais qui lui sont consacrées, cette dernière citant comme sources :
    • (en) Francis Haskell, Patrons and Painters : Art and Society in Baroque Italy, 1980, rééd. 1993, Yale University Press, p. 135–136.
    • (en) James R. Hobbes, Picture collector's manual ; Dictionary of Painters, T. & W. Boone, Londres, 1849. Numérisé par Googlebooks (2006) de Oxford Library, p. 132.[1].
    • (en) Extraits de Encyclopædia Britannica, 11e édition anglaise.

Lien externe[modifier | modifier le code]