Marcel Renault

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Marcel Renault (Paris, [1] - Payré, ), est un industriel et coureur automobile français, cohéritier d'un important commerce de textile et cofondateur de l'empire industriel automobile Renault avec ses frères Louis et Fernand. Il est mort à 31 ans, des suites d'un accident, survenu lors de la course Paris-Madrid de 1903.

La voiture de Marcel Renault dans la course automobile Paris-Madrid en 1903, quelques kilomètres avant l'accident qui lui sera fatal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il naît en 1872 à Paris dans une famille bourgeoise parisienne de cinq enfants (deux sœurs et deux frères). Son père, Alfred Renault a construit une solide fortune dans le commerce de tissus et de boutons, et sa mère Louise est fille de commerçants aisés.

Son frère Louis Renault est un génie de la mécanique. Pionnier de l'automobile, il met au point en 1898 une voiturette dans l'atelier familial de Boulogne-Billancourt.

Fondation de Renault Frères[modifier | modifier le code]

En 1899, alors qu'il gère la firme de textile paternelle « Renault Fils, tissus en gros » avec son frère Fernand, ils fondent la société Renault Frères au 10 avenue du Cours à Boulogne-Billancourt en apportant la moitié d'un capital de 60 000 francs or avec Fernand. Tous deux emploient 60 employés pour lancer la voiture conçue par Louis, sans véritablement y croire. Louis n'est pas associé, mais un simple salarié mis à l'épreuve. Marcel se charge de l'administratif, Fernand de la commercialisation, et Louis se consacre complètement à la conception et la construction des voitures. À la fin de la première année, 76 voiturettes sont produites et vendues.

Courses automobiles[modifier | modifier le code]

Voiturette Renault de 1901 (musée de la voiture, Compiègne.

En août 1899, Marcel s'aligne avec Louis au départ de la course Paris-Trouville et obtient sa première victoire voiturettes (dite Coupe des Chauffeurs Amateurs) d'une série de courses disputées de ville à ville[2],[3]. Dans leur catégorie spécifique, les Renault n’ont désormais pas de rivale. Les frères Renault gagnent dans la foulée Paris-Ostende (Louis 9e au général en 1899), Paris-Rambouillet, Paris-Toulouse-Paris (Louis 10e au général en 1900 *), le second Circuit du Sud-Ouest -ou Grand Prix de Pau- (Louis 5e au général en 1901), Paris-Bordeaux (Louis 12e au général, et Marcel 13e), Paris-Berlin (Louis 8e au général), ainsi que la première étape du Paris-Arras-Paris (par Louis en 1902 au général, et Marcel classé 3e). Leurs succès répétés en courses font la célébrité et le succès de la marque, et des commandes sont même passées à cette époque pour 3 000 franc or. Marcel -et son mécanicien embarqué René Vauthier- gagnent même au classement général cette fois la course Paris-Vienne, en 1902 (Louis 28e).

(*: Marcel et Louis participent à la course Paris-Toulouse-Paris 1900 (de 1 448 km) durant l'année des Jeux olympiques d'été de 1900. Renault domine ainsi la catégorie des voiturettes (- de 400 kg) dans le cadre des Sports de l'Exposition Universelle de 1900 non reconnus officiellement par le comité olympique, et impose de fait ce nouveau concept -1er toutes catégories confondues: Alfred Velghe-[4]. Les deux frères Renault obtiennent alors une Médaille de vermeil Voiturettes et le prix de 4 000 francs allant avec, ainsi qu'une plaquette d'or en Voiturettes de 250 à 400 kilogrammes)

Disparition[modifier | modifier le code]

Marcel Renault est victime d'un accident mortel le à Couhé-Vérac, près de Poitiers, lors de l'unique édition de la course Paris-Madrid: alors qu'il double un autre concurrent avec son mécanicien habituel Vauthier, il est aveuglé par un nuage de poussière, ce qui l'empêche de voir à temps un virage qu'il ne peut négocier. Leur voiture, une Renault 40 cv portant le numéro 63, sort de la route à plus de 100 km/h : précipitée dans la saillie d'un fossé, elle effectue un violent tête-à-queue au cours duquel Marcel Renault et Vauthier sont éjectés à plusieurs mètres. Grièvement blessé, le mécanicien s'en sort avec plusieurs fractures, mais -touché à la moëlle épinière et plongé dans le coma- Marcel décède 48 heures plus tard sans avoir repris connaissance, dans la ferme où des spectateurs l'avaient transporté. Louis termine deuxième de cette course qui n'ira pas à son terme, étant stoppée à Bordeaux. Les courses sur routes sont alors un temps interdites en France, et bannies de façon ouverte de villes en villes. Louis ne recourra plus, et Ferenc Szisz essentiellemnt prendra le relais avec le modèle AK à partir de 1905.

Un modeste monument en forme d'obélisque a été érigé quelque temps après sur les lieux de l'accident tragique de Marcel. Il existe toujours, mais, la route nationale ayant subi d'importants aménagements à cet endroit, il se trouve désormais sur une petite aire de repos.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Louis Renault (industriel).

Remarque[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]