Le Serment du jeu de paume

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le tableau de David. Pour l'évènement de la Révolution, voir Serment du jeu de paume.
Le Serment du jeu de Paume
Image illustrative de l'article Le Serment du jeu de paume
Artiste Jacques-Louis David
Date 1790
Type Peinture d'histoire
Technique peinture à l'huile sur toile
Dimensions (H × L) 88 × 101,2 cm
Localisation Musée Carnavalet, Paris (France)


Le Serment du jeu de paume est un tableau inachevé de Jacques-Louis David peint entre 1790 et 1794. Cette œuvre ambitieuse devait immortaliser l'évènement qui s'était déroulé dans la salle du jeu de paume à Versailles. À la suite des bouleversements politiques qui ponctuèrent la Révolution et des difficultés de financement du projet, le peintre ne put jamais terminer sa toile qui demeure à l'état d'ébauche.

Historique[modifier | modifier le code]

David, étude du visage de Barère pour le Serment du jeu de paume.

Les premières gravures représentant Le Serment du jeu de paume n’apparaissent qu’en 1790, date qui voit Jacques-Louis David convaincre la Société des Amis de la constitution, dite club des Jacobins de lancer une souscription nationale pour financer la réalisation d'un tableau sur cet événement fondateur de la Révolution française. Le peintre expose un dessin à la plume et encre brune de son futur tableau dans son atelier du Louvre en 1791 mais ne peut poursuivre, faute d'argent car la souscription ne recueille que 10 % de la somme attendue. La Constituante décide alors de financer son œuvre aux frais du « Trésor Public », somme complétée par la vente de gravures tirées du tableau[1]. David installe son atelier dans l'ancienne église conventuelle des Feuillants de la rue Saint-Honoré afin de pouvoir faire poser les députés siégeant à la toute proche salle du Manège mais en 1793, pris par ses travaux de député, il n’a achevé que l’esquisse de son gigantesque tableau. Or en 1793, la vie politique française ne correspond plus du tout au tableau. Mirabeau, un des héros de l’année 1789, est devenu l’ennemi de la Révolution. Sa correspondance secrète avec le roi a été découverte. Aux yeux de l'opinion publique, il est devenu un traître. Un grand nombre des députés de l’Assemblée nationale constituante sont identifiés aux factions ennemies du Gouvernement de Salut Public. David abandonne le travail et laisse la toile inachevée, les souscripteurs lui réclamant alors leurs gravures[2].

Ses tableaux La Distribution des aigles en 1810 et Léonidas aux Thermopyles en 1814 s'inspireront directement du Serment du Jeu de paume[3]. En 1820, David cède à Daniel Isoard de Martouret le droit de graver son Jeu de Paume, gravure réalisée par Jean Pierre Marie Jazet[4]. L'ébauche de la toile est finalement acquise en 1836 par les musées royaux pour le musée du Louvre où elle est exposée à partir de 1880[5].

Depuis la fin du XVIIIe siècle, ce tableau intégré dans la propagande républicaine est repris et adapté par de nombreux artistes, tel Auguste Couder en 1848 ou Luc-Olivier Merson en 1883[6].

Description[modifier | modifier le code]

Le peintre s’attache à traduire le mouvement d’unanimité en faisant converger vers Bailly le regard de tous les députés présents. L’attitude figée du seul opposant au serment, Martin-Dauch, en bas à droite, vient en contrepoint de l’enthousiasme général. David prend soin aussi de dessiner les visages pour que chaque protagoniste puisse être reconnu individuellement. Le peintre a dessiné des fenêtres larges et placées en hauteur. Sur la partie supérieure de la scène, la présence du peuple aux fenêtres, les rideaux sont soulevés par des bourrasques de vent.

Interprétation symbolique[modifier | modifier le code]

Le Serment du jeu de paume d'Auguste Couder, 1848.

Au XVIIIe siècle, le serment a une valeur sacrée. Il apporte une garantie de fidélité à la parole donnée. Jacques-Louis David s’était fait connaître par la toile Le Serment des Horaces. Les serments collectifs sont considérés pendant la Révolution française comme facteur d’unité nationale, voire d’unanimité nationale. Ceci explique pourquoi les révolutionnaires ont voulu mettre en avant cet épisode. Effusion pré-romantique, unanimité – seul un député a refusé de prêter serment –, ferveur des députés, presque tous des bourgeois, absence de violence populaire, tout était réuni pour faire de cette journée le porte-drapeau de la révolution de 1789. Il montre aussi que c’est la volonté particulière de chaque individu qui fait la souveraineté nationale.

Le tableau de David comporte une scène de fraternisation entre le moine chartreux, Dom Gerle, et le pasteur protestant, Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne, ce qui symbolise une ère nouvelle, celle de la tolérance religieuse.

Il montre également, grâce au rideau qui vole, qu'un nouveau vent se lève sur la France : le vent de la révolution.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Bordes, Le Serment du jeu de paume de Jacques-Louis David. Le peintre, son milieu et son temps de 1789 à 1792, Réunion des musées nationaux,‎ 1983, p. 50
  2. Philippe Bordes, op. cité, p. 57
  3. Le néo-classicisme français: dessins des musées de province, Éditions des musées nationaux,‎ 1974, p. 144
  4. Philippe Bordes, op. cité, p. 88
  5. Philippe Bordes, op. cité, p.182
  6. Albert Mathiez, Annales révolutionnaires : organe de la Société des études robespierristes, volume 2, Dawson-France, 1965,p. 222

Liens externes[modifier | modifier le code]

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