Salle du Jeu de paume

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Salle du Jeu de paume
Image illustrative de l'article Salle du Jeu de paume
Présentation
Architecte Nicolas Creté
Date de construction 1686
Destination initiale Salle de jeu de paume
Propriétaire État français
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1848)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Localité Versailles
Localisation
Coordonnées 48° 48′ 04″ N 2° 07′ 26″ E / 48.801, 2.12389 ()48° 48′ 04″ Nord 2° 07′ 26″ Est / 48.801, 2.12389 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Salle du Jeu de paume
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La salle du Jeu de paume est située rue du Jeu de paume, au cœur du quartier Saint-Louis, à Versailles (Yvelines). Elle est célèbre pour le serment du Jeu de paume qu'y prêtèrent les députés du Tiers état le 20 juin 1789.

Le jeu de Paume à Versailles[modifier | modifier le code]

Jeu de paume à Paris au XVIIe siècle

Cette salle, que l'on nommait à l'époque « tripot », fut construite par Nicolas Creté en 1686. Le roi Louis XIV, ainsi que d'autres personnages de la Cour, y ont joué au jeu de paume, jeu très populaire à l'époque et ancêtre du tennis actuel. À noter qu'il y avait plusieurs salles de ce genre à Paris, et que les roturiers ne pouvaient participer.

Le serment du jeu de paume[modifier | modifier le code]

Article détaillé : serment du Jeu de paume.

Cette salle est restée célèbre dans l'Histoire de France pour le serment qui y fut prononcé le 20 juin 1789 par les députés du Tiers état et qui prendra le nom de serment du Jeu de paume. Le roi Louis XVI, veut empêcher à tout pris le Tiers état et ses alliés du clergé et de la noblesse de se réunir de nouveau, car les États généraux sont en train de faire une révolution juridique. Avec la décision du 17 juin, de dissoudre les ordres et de créer une Assemblée nationale, le roi doit à tout prix reprendre l'avantage et convoque les trois états pour une séance royale, le 23 juin[1]. Sous prétexte de travaux de décoration, l'hôtel des Menus Plaisirs est ainsi fermé par le roi, contre l'avis de son ministre Jacques Necker. le président provisoire de la toute nouvelle Assemblée nationale, Jean-Sylvain Bailly, se présente le matin du 20 juin, devant la salle alors qu’un détachement de Gardes-Françaises en interdit l’accès. Dans la rue, le bruit d’un coup d’état circule, la foule s’agite et les députés cherchent un autre lieu pour poursuivre leurs travaux. Sur proposition du député Joseph Ignace Guillotin, ils investissent la salle du Jeu de Paume, dans le quartier Saint-Louis. Il s’agit d’un bâtiment tout en longueur (29 m x 10 m) appartenant à des particuliers. Les murs sont peints en noir afin d’aider les joueurs à mieux voir les balles et le plafond bleu est parsemé de fleurs de lys. Pour tout mobilier on installe quelques sièges et, en guise de table, une porte sur deux tonneaux[2].

Cette scène a été immortalisée par le grand tableau ésotérique du peintre Jacques-Louis David. La salle devint bien national en 1793. Il fut un moment question de remplacer la Salle du Jeu de Paume par un monument commémoratif durant la Révolution.

Lieu de mémoire de la Révolution Française[modifier | modifier le code]

Après l'Empire et la Restauration, qui ont transformé les victimes de la révolution en héros et en martyrs, la Monarchie de Juillet est un moment de réconciliation de la nation avec la révolution de 1789, et le 20 juin redevient une date importante. La plaque posée sur la salle est rétablie et le peintre Horace Vernet (1789-1863) reçut l'autorisation d'y installer son atelier.

La proclamation de la Deuxième République, le 25 février 1848, fut pour la salle une glorieuse résurrection. Un grand banquet civique eut lieu dans son enceinte le 14 mars 1848.

Le Second Empire allait faire ce que la Restauration n'avait osé faire : la salle fut affermée à un fonctionnaire de la Préfecture de police qui y installa un tripot pour les officiers de la garde. Il fit faillite, du reste, peu de temps après.

Le musée de la Révolution Française[modifier | modifier le code]

La salle du Jeu de paume fut abandonnée sous le second empire, avant d'être transformée par les républicains en musée de la Révolution Française en 1883, avec les commémorations du centenaire de la Révolution. En 1879, Edmond Guillaume l'architecte de Versailles et du Trianon, entreprend la restauration de la salle pour en faire un lieu de mémoire[2]. Il y érige un édicule dorique soutenu par deux colonnes, sur son fronton est posé un coq gaulois en bronze doré, œuvre d'Auguste Cain. Sous cet édicule, il place la statue[3] en marbre de Jean Sylvain Bailly (1736-1793), président du Tiers état et premier à prêter serment le 20 juin 1789[4]. Complétant ce dispositif scénographique d'immersion, des bustes représentant les principaux acteurs du 20 juin sont alignés le long du mur[5]. Autour de la salle, sur une frise sont peints les noms des signataires du serment et sur le mur de fond, l'artiste-peintre Luc-Olivier Merson a reproduit, en camaïeu, Le Serment du jeu de paume de David. Le 20 juin 1883, le musée est inauguré par le président Waldeck-Rousseau et le ministre de l’Instruction et des Beaux-Arts, Jules Ferry[2].

La salle du Jeu de paume est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 22 mars 1848[6]. À noter qu'il s'agit du premier lieu en France faisant l'objet d'un arrêté de protection, et il restera le seul jusqu'en 1886. En effet, jusqu’à cette date la protection des monuments est uniquement faite par des listes officielles, établies par le Ministère de l’Éducation et des Beaux-Arts[6].

L'héritage de 1789[modifier | modifier le code]

Entièrement rénovée en 1988, à l'occasion des célébrations du bicentenaire de la révolution en 1989, la salle du Jeu de paume reçoit le président François Mitterrand pour commémorer l'héritage de Bailly et l'esprit de 1789. Elle est actuellement la propriété de l'Assemblée nationale.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/7da.asp
  2. a, b et c http://www.chateauversailles.fr/resources/pdf/fr/pedagogique/serment-jeudepaume_20090602.pdf
  3. Œuvre du sculpteur René de Saint-Marceaux
  4. Georges Monmarché, Albert Dauzat, Marcel Monmarché, Les environs de Paris, Hachette,‎ 1921, p. 68
  5. Clotilde Brégeau, Le patrimoine du Congrès du Parlement, Éd. Flohic,‎ 1996, p. 16
  6. a et b « Notice no PA00087683 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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