Christophe Antoine Gerle
| Antoine Christophe Gerle | |
Dom Gerle (Album du Centenaire).
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| Fonctions | |
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| Assemblée constituante | |
| 11 décembre 1789 – 30 septembre 1791 | |
| Biographie | |
| Date de naissance | 25 octobre 1736 |
| Lieu de naissance | Riom |
| Date de décès | 17 novembre 1801 (à 65 ans) |
| Lieu de décès | Paris |
| Nationalité | française |
| Conjoint | Christine Raffet |
| Profession | Religieux, journaliste, député |
| Religion | Catholique |
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Antoine Christophe Gerle, dit Dom Gerle est un religieux français de l'ordre des Chartreux et un député de l'Assemblée Constituante, lors de la Révolution française, né à Riom, le 25 octobre 1736, mort à Paris, le 17 novembre 1801.
Sommaire |
[modifier] Carrière religieuse
Sous l'Ancien Régime, Christophe Antoine Gerle rejoint tôt dans sa vie l'Ordre des Chartreux. Il est élu coadjuteur, en 1770 et procureur en 1773.
Il est nommé prieur de la chartreuse de Laval Dieu, à Perche, puis moine prieur à la Chartreuse du Port-Sainte-Marie, près de Pontgibaud et Moulins en 1788. Puis le chapitre général le désigne comme visiteur d'Aquitaine, en février 1789.
[modifier] Carrière politique sous la Révolution
La sénéchaussée de Riom l'élit le 21 mars 1789 député suppléant du clergé aux États généraux. Le 11 décembre suivant, il est admis à siéger, suite à la démission de de Labastide. On l'aperçoit sur le tableau de Jacques-Louis David le Serment du Jeu de paume, bien qu'il ait été absent lors du Serment du Jeu de paume, le peintre ayant donné libre cours à son imagination. Dès son arrivée à l'Assemblée, il se fait affilier au club des Jacobins.
Membre du Comité ecclésiastique, il propose le 12 avril 1790 à l'Assemblée Constituante un texte tendant à reconnaître que le catholicisme demeure religion d'État, mais la retire. Elle est reprise par la droite, le lendemain, et repoussée, l'Assemblée considérant que ses pouvoirs ne peuvent s'exercer sur les consciences et sur les opinions religieuses, que la majesté de la religion et le respect qui lui est dû ne permettent pas d'en faire l'objet d'une délibération. Et dans le même élan, l'Assemblée repousse sa motion réclamant une indépendance spirituelle en vertu des dispositions de l'article 10 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Il aurait également proposé la laïcisation des prêtres qui abandonneraient la prêtrise.
En 1791, il est élu évêque de Meaux, mais refuse cet évêché. En novembre 1793, il abjure la prêtrise ; il est compromis dans plusieurs affaires de mysticisme, dans les salons de la duchesse de Bourbon, Bathilde d'Orléans, avec Pierre Pontard, que certains contemporains présentent comme son rival[1].
Il est en particulier proche de Suzette Labrousse, mais surtout en 1793-1794 de Catherine Théot, qui se faisait appeler « la Mère de Dieu ». Il se dit l'« apôtre d'un mysticisme chrétien révolutionnaire ».
[modifier] Scandales ésotériques
Pendant la période révolutionnaire, Gerle développe un goût prononcé pour le mysticisme lié avec des idées réformatrices, appuyant les prophéties de Labrousse. En juin 1790 dom Gerle portera les dires de Suzette Labrousse aux jacobins et voulu la faire présenter à l'Assemblée mais ils s'y ridiculisèrent face aux girondins[2]. Dom Gerle raconte qu'elle aurait prophétisé en 1769, qu'il devra faire partie d'une Assemblée nationale, et il aurait déclaré que la constitution civile du clergé fait partie des plans de Dieu, rapportés par Suzette Labrousse[3]. Il demandera alors à l'Assemblée Constituante d'accorder sa protection à celle-ci. Lui et Labrousse voient en Robespierre un messie.
Gerle est invité dans les salons ésotériques de la duchesse de Bourbon, loge avec un docteur spirite, puis dans la maison d'un ébéniste, où ses tendances au mystique sortent renforcées. Il y entend les délires de Catherine Théot, domestique devenue prophétesse, se réclamant du titre de « mère de Dieu » (la Sainte Vierge) et de « Nouvelle Ève ».
Ses adversaires, désireux de présenter les Jacobins comme déistes non chrétiens, lui reprocheront longtemps ces liens avec des prophétesses et ses conspirations. Voulant atteindre indirectement Maximilien de Robespierre, qui lui a délivré un certificat de civisme, Alexis Vadier l'accuse de fomenter avec Catherine Théot un culte « théotiste », source d'intrigues et de complots contre-révolutionnaires, et le fait arrêter avec ses « complices » le 17 mai 1794 ; mais il est sauvé par Robespierre. Oublié après la chute de Robespierre, il retrouve la liberté grâce à la loi d'amnistie votée le 25 octobre 1795 par la Convention thermidorienne.
[modifier] Carrière sous le Directoire
Catherine Théot meurt en prison, mais Gerle est gracié par le Directoire. Il devient l'un des rédacteurs du Messager du soir. En 1796, il rejoint les bureaux de Pierre Bénézech, au ministère de l'Intérieur, mais n'y demeure que dix-huit mois.
Ayant renoncé à ses vœux de célibat, il est supposé qu'il se soit marié avec sa concubine Christine Raffet, la tante de l'artiste Denis Raffet. Il meurt à Paris le 17 novembre 1801.
[modifier] Notes et références
- Bernard Labrousse de Beauregard.
- Biographie universelle, ancienne et moderne, vol. 65, Joseph-François Michaud, Louis-Gabriel Michaud, 1838 [lire en ligne], p. 299-301
- « Tu survivras, religion sainte que j'adore, à la perte des ministres prévaricateurs ! Aussi c'est avec délices que je parcours les prophéties que contiennent les livres sacrés, et c'est avec effusion de cœur que je publie des prédictions qui m'en font entrevoir l'accomplissement prochain. Non, la religion ne périra pas, au contraire, c'est des débris même du clergé que vont sortir les saints, les hommes de Dieu, les apôtres et les vrais disciples du Sauveur ! » Journal prophétique, première semaine de mars 1792, p. 91.
[modifier] Bibliographie
- Philippe Buchez, Pierre Célestin Roux, Histoire parlementaire de la Révolution française, ou, Journal des Assemblées nationales, t. 33, 1837 [lire en ligne].
- Henri Lamendin, « Dom Gerle et la chute de Robespierre », dans Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts, vol. 104, no 757, 2003, p. 85-104.
- Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français comprenant tous les membres des assemblées françaises et tous les ministres français depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889, avec leurs noms, état civil, états de services, actes politiques, votes parlementaires, etc, t. III, Paris, Edgar Bourloton, 1889 [lire en ligne], p. 161.
- Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition]