Le Rêve dans le pavillon rouge

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红楼梦 / 紅樓夢, Hóng lóu mèng

Le Rêve dans le pavillon rouge
Image illustrative de l'article Le Rêve dans le pavillon rouge
Une scène du roman, par Xu Baozhuan

Auteur 曹雪芹, Cáo Xuěqín
Genre Roman
Version originale
Titre original 红楼梦 / 紅樓夢, Hóng lóu mèng
Langue originale Chinois
Pays d'origine Chine
Date de parution originale XVIIIe siècle
Version française
Date de parution 1981
Type de média Copies manuscrites

Le Rêve dans le pavillon rouge (chinois simplifié : 红楼梦 ; chinois traditionnel : 紅樓夢 ; pinyin : Hóng lóu mèng ; Wade : Hung Lou Meng ; EFEO : Hong-leou mong ; littéralement : « Le Rêve dans le pavillon à étage rouge »), écrit par Cao Xueqin (曹雪芹, Cáo Xuěqín, Wade : Ts'ao Hsueh-ch'in, EFEO : Ts'ao Siuekin, 1723-1763) en dix ans, est le dernier en date des quatre grands romans de la littérature classique chinoise, considéré par Mao Zedong comme l'une des fiertés de la Chine[1]. Il fut écrit au milieu du XVIIIe siècle durant la dynastie Qing. Il est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature chinoise et est généralement reconnu comme l'apogée de la fiction chinoise et fait à ce titre partie de la collection UNESCO d'œuvres représentatives. L'exégèse du Rêve dans le pavillon rouge représente un pan entier de l'étude littéraire appelé « rougeologie » (红学 / 紅學, hóng xué, « Études rouges »).

« Si bien qu'ayant maintenant laissé s'écouler la moitié de mon existence sans me rendre maître d'aucune technique, j'ai voulu, de toutes mes fautes, tirer un ouvrage en guise d'avertissement à l'universalité des humains[2]. »

Titre[modifier | modifier le code]

Gravure du Roc magique des communications transcendantes et de la merveilleuse plante aux perles pourpres

Le titre de l’œuvre a varié au cours de sa composition. Le Rêve dans le pavillon rouge est d'abord une suite de quatorze airs entendus, en rêve, par Jade Baoyu au récit V, dans une chambre rouge du Domaine illusoire de la Suprême Vanité. Le « pavillon rouge » désigne de plus le gynécée, appartements intimes des femmes de grande maison. En effet on peignait les riches résidences de rouge, symbolisant le luxe et le bonheur. L'auteur utilise le mot « rêve » dans le titre de l'ouvrage car comme il le déclare lui-même au début du roman, il a longtemps vécu les illusions d'un songe : « Les termes tels que « rêve », « songe », ou « illusion » qui figurent dans ce récit, sont destinés à attirer l'attention du regard des lecteurs, et à exprimer le véritable sens de la conception de l'ouvrage. »[3] Ainsi, André d'Hormon proposa la traduction suivante, moins littérale : Le Songe au gynécée.

Le titre originel de l'ouvrage semble avoir été Les Mémoires d'un roc (石头记 / 石頭記, shítóu jì, « Histoire de la pierre »), pour « souligner la contradiction du détachement bouddhiste de la désillusion et de la transmutation salvatrice qu’opère l’attachement amoureux. »[4] En effet, Cao Xueqin affirme n'avoir que retranscrit l'histoire gravée sur un bloc, trouvé par deux moines dans la montagne.

De nombreux titres ont été attribués à l'ouvrage. Ainsi, une version primitive du roman, préfacée par le frère de l'auteur, était intitulée Miroir magique des amours de brise et de clair de lune[5],[6]. L'auteur lui-même donne au début du récit les titres Relation du Moine d'Amour et Les Douze belles de Jinling (金陵十二钗 / 金陵十二釵, Jīnlíng shí'èr chāi, « Les douze épingles à cheveux de la montagne d'or »)[7], aujourd'hui tombés en désuétude. Le roman fut aussi désigné par la suite sous le nom de L’Union de l'or et du jade (金玉缘 / 金玉緣, jīnyù yuán ou 金玉良缘 / 金玉良緣, jīnyù liángyuán), faisant référence au mariage entre Jia Baoyu, né avec un abraxas de jade dans la bouche, et Xue Baochai, portant autour du cou un cadenas de sauvegarde et de maintenance vitale en or gravé d'inscriptions complémentaires de celles de Jia Baoyu.

Néanmoins, Le Rêve dans le pavillon rouge est un des titres primitifs de l'ouvrage. Il semble que Cao Xueqin l'avait choisi pour le roman dès le début de sa composition, mais dut le remplacer Mémoires d'un Roc à partir de 1747 qui avait la préférence de Zhiyanzhai, principal commentateur. Ce n'est devenu le titre définitif que vingt ou trente ans après la mort de Cao Xueqin, avec la publication des versions Cheng-Gao[6].

Langue[modifier | modifier le code]

Bien que maîtrisant parfaitement le chinois classique, l'auteur rédigea dès l'origine le Rêve dans le pavillon rouge en chinois vernaculaire, dans le plus pur dialecte de Pékin, qui devint plus tard la base du mandarin standard. Pourtant, avant le mouvement du 4-Mai la grande majorité des œuvres étaient écrites en chinois classique. C'est pourquoi au début du XXe siècle les lexicographes utilisèrent le roman pour établir le vocabulaire du nouveau mandarin standard et les partisans d'une réforme de la langue s'en servirent pour promouvoir l'écriture du chinois vernaculaire[8].

Présentation[modifier | modifier le code]

Avec ses 120 récits, c'est l'un des plus longs romans jamais écrits. Cependant, Cao Xueqin n'en aurait achevé que les quatre-vingts premiers, les quarante derniers ayant été révisés par Gao E (高鹗 / 高鶚, gāo è, 1738-1815) et Cheng Weiyuan sur des plans laissés par l'auteur[4]. Ce roman de mœurs sur la famille mandchoue des Jia est centré sur l'amour entre le héros Jia Baoyu (贾宝玉 / 賈寶玉, jiǎ bǎo yù, « Jia Jade magique ») et sa cousine Lin Daiyu (林黛玉, lín dài yù, « Lin Jade sombre »).

L’œuvre est considérée comme étant en partie autobiographique, reflétant la montée puis le déclin de la propre famille de l'auteur (comblée d'honneurs et de richesses sous le règne de l'empereur Kangxi puis tombée en disgrâce), et par extension, de la dynastie des Qing[9]. Comme l'auteur l'explique dans le premier récit, il cherche à commémorer les femmes qu'il connut dans sa jeunesse : amies, proches et servantes. Le roman est non seulement remarquable pour son nombre immense de personnages et pour sa portée psychologique, mais aussi pour sa description précise et détaillée de la vie et des structures sociales de l'aristocratie chinoise du XVIIIe siècle[10], ce qui conduisit la critique marxiste à qualifier l’œuvre d'« encyclopédie du monde féodal à son déclin »[4]. L'auteur dépeint en effet le faste des privilégiés tout en dénonçant l'hypocrisie des institutions impériales et l'exploitation de l'homme par l'homme, fondée sur le système de l'esclavage.

Résumé[modifier | modifier le code]

Scène du roman, peinte par Sun Wen

Un énorme roc sur lequel est gravé un récit et qui fut abandonné par la déesse Nuwa lorsqu'elle boucha la brèche de la voûte céleste supplie un prêtre taoïste et un moine bouddhiste de l'emporter avec eux afin de voir et découvrir le monde. Il est ainsi donné à la pierre l'occasion de découvrir l'existence humaine…
On découvre plus tard Jia Baoyu (贾宝玉 / 賈寶玉, jiǎ bǎo yù, « Jia Jade magique »), adolescent rêveur et insouciant, qui naquit justement avec un abraxas de jade dans la bouche. Personnage principal du roman, il est l'un des jeunes descendants de la puissante famille aristocratique des Jia ( / , jiǎ), qui se divise en deux branches : celle du Palais de la Paix de l’État (宁国府 / 寧國府, Níngguó fǔ) et celle du Palais de la Gloire de l’État (荣国府 / 榮國府, Róng guófǔ), qui vivent dans deux immenses résidences adjacentes situées dans « la capitale ». Les ancêtres des Jia se virent accorder le titre de duc par l'Empereur et au début du roman les deux familles figurent ainsi parmi les plus illustres de la ville en vertu de leurs titres de noblesse héréditaires. Jia Baoyu se révèle lui très différent des hommes de son temps, préférant, au grand dam de son père, la poésie à la lecture des textes confucéens et batifolant sans arrêt avec les femmes du gynécée. Il est tout spécialement lié à sa cousine Lin Daiyu (林黛玉, lín dài yù, « Lin Jade sombre »), qui partage avec lui l'amour de la musique et de la poésie. Néanmoins, Jia Baoyu est voué à se marier avec une autre de ses cousines, Xue Baochai (薛寶釵 / 薛宝钗, Xuē Bǎochāi, « Xue Merveilleuse Épingle de Coiffure »), femme idéale à la grâce et à l'intelligence inégalées mais qui n'est pas aussi proche de Jia Baoyu que Lin Daiyu. Il n'est pas non plus insensible aux charmes des autres Douze Belles de Jinling et de ses nombreuses soubrettes. Pour autant, son dégoût pour les garçons ne l'empêche pas d'avoir des rapports homosexuels avec son neveu Qin Zhong ainsi qu'avec le comédien Jiang Yuhan[11]. La rivalité amoureuse et l'amitié entre Jia Baoyu, Lin Daiyu et Xue Baochai constitue le thème central du récit, auquel il sert de fil conducteur avec en toile de fond le déclin progressif de la famille des Jia.

Personnages[modifier | modifier le code]

L'œuvre présente 448 personnages différents[4]. Les traductions proposées sont celle de l'édition la Pléiade.

Généalogie des Jia[modifier | modifier le code]

 
Mari et femme
 
 
* Enfant né d'une concubine
 
† Mort avant le commencement du récit ou peu après

Baoyu et les Douze Belles de Jinling[modifier | modifier le code]

Gravure de Jia Baoyu par Gai Qi
  • Jia Baoyu (贾宝玉 / 賈寶玉, Jiǎ Bǎoyù, « Jia Jade magique », récit II[N 1]), aussi appelé frérot Jade. Personnage central du roman, il a entre 12 et 13 ans au début de l’œuvre[12] et est l'héritier présomptif du Palais de la Gloire de l’État. Il est né avec un abraxas de jade dans la bouche, le Jade magique des communications transcendantes, qui le lie à Xue Baochai. Frustré par la morale confucéenne stricte de son père, il préfère lire le Zhuanzi et le Dit du pavillon de l'Ouest que les Quatre Livres de l'éducation classique chinoise. Il fait preuve d'une grande intelligence mais abhorre les bureaucrates flagorneurs qui fréquentent la maison de son père. Doté d'une sensibilité à fleur de peau et plein de compassion envers les autres, il entretient des relations privilégiés avec de nombreuses femmes des deux Palais.
  • Lin Daiyu (林黛玉, Lín Dàiyù, « Lin Jade sombre », récit II[N 1], aussi appelé sœurette Lin. Plus jeune cousine de Jia Baoyu, elle est aussi son premier amour. Fille d'un mandarin de Yangzhou nommé Lin Ruhai (林如海, Lín Rúhǎi, « Lin Tel que Mer ») et de Dame Jia Min (贾敏 / 賈敏, Jiǎ Mǐn, « Lin Tel que Mer »), tante paternelle de Baoyu. Elle est maladive (souffre notamment d'une maladie respiratoire) mais extrêmement belle. Le roman à proprement parler débute au récit III avec l'arrivée de Daiyu au Palais de la Gloire, peu après le décès de sa mère. Émotionnellement fragile, sujette aux crises de jalousie, Daiyu est néanmoins une poète et musicienne accomplie. Le roman la désigne comme l'une des Douze Belles de Jinling et fait d'elle une fille seule, fière et finalement une figure tragique. Daiyu est la réincarnation d'une fleur du récit-cadre : la merveilleuse plante aux Perles pourpres. Elle descend dans le monde des humains pour s'acquitter de sa dette (qu'elle paiera en larmes) envers le Roc déifié, Baoyu, pour l'avoir arrosée dans une réincarnation précédente.
Gravure de Lin Daiyu par Gai Qi
  • Xue Baochai (薛寶釵 / 薛宝钗, Xuē Bǎochāi, « Xue Merveilleuse Épingle de Coiffure », récit IV[N 1]), aussi appelée Grande Sœur Joyau. Seule fille de la tante Xue, Baochai sert de faire-valoir à Lin Daiyu. Alors que Daiyu est hypersensible, Baochai est raisonnable et pleine de tact, véritable parangon de la jeune fille féodale chinoise. Le roman la décrit comme belle et intelligente, mais aussi comme réservée et respectueuse des règles de la bienséance. Bien que réticente à montrer toute l'étendue de ses connaissances, Baochai semble assez cultivée. Elle n'est passionnée ni par la décoration de sa chambre ni par son propre habillement. Sa chambre est en effet dénuée de toute décoration, à l'exception d'une petit vase de chrysanthèmes. Baochai a une visage oblong, la peau claire et de grands yeux, ce qui rend son visage plus voluptueux que celui de Daiyu, à la gracile délicatesse. Baochai porte autour du cou un cadenas de sauvegarde et de maintenance vitale en or sur lequel sont gravés des mots prononcés par un moine bouddhiste dans son enfance pour la guérir. Ce cadenas et l'abraxas de jade de Baoyu portent des inscriptions complémentaires. Ainsi son mariage avec Baoyu semble prédestiné.
  • Jia Yuanchun (贾元春 / 賈元春, Jiǎ Yuánchūn, « Jia Printemps initial », récit II[N 1]), aînée des Demoiselles Printemps et sœur de Baoyu, elle est d'une dizaine d'années son aîné. Elle est au départ dame de compagnie d'une des princesses au palais impérial. Puis, au récit XVI, elle est élevée au rang d'Honorable Compagne de Sagesse vertueuse (贤德妃 / 賢德妃, xiándé fēi) par décret impérial, l'empereur ayant en effet été impressionné par sa vertu. Son éminente position de favorite de l'empereur marque l'apogée de la puissance des Jia. En dépit de sa prestigieuse position, Yuanchun se sent emprisonnée entre les quatre murs du palais impérial.
  • Jia Yingchun (贾迎春 / 賈迎春, Jiǎ Yíngchūn, « Jia Accueil au Printemps », récit II[N 1]), deuxième-née des Demoiselles Printemps. Femme au bon cœur, elle est aussi velléitaire, reste toujours de marbre et se montre indifférente aux évènements du monde. Bien que belle et cultivée, elle ne soutient pas la comparaison en sagacité avec ses cousines.
  • Jia Tanchun (贾探春 / 賈探春, Jiǎ Tànchūn, « Jia Désir du Printemps », récit II[N 1],[N 1]), tierce-née des Demoiselles Printemps, fille de la concubine Zhao et de ce fait demi-sœur cadette de Baoyu. Ell est presque aussi effrontée et directe que Wang Xifeng. Ce pourquoi cette dernière la félicité, déplorant néanmoins qu'elle soit née de la Seconde Dame Wang. Les enfants nés d'une concubine n'étaient en effet pas autant respectés que ceux nés de l'épouse officielle[13]. C'est aussi une poétesse talentueuse. Sa beauté et son caractère pour le moins épineux lui valurent le surnom de Rose.
  • Jia Xichun (贾惜春 / 賈惜春, Jiǎ Xīchūn, « Jia Regret du Printemps », récit II[N 1]), quarte-née des Demoiselles Printemps. Cousine issue de germain de Baoyu, elle est vient du Palais de la Paix mais fut élevée au Palais de la Gloire. Elle peint avec talent et c'est aussi une pieuse bouddhiste.
  • Wang Xifeng (王熙凤 / 王熙鳳, Wáng Xīfèng, « Wang Phénix triomphal », récit III[N 1]),aussi appelée Grande Sœur Phénix.
  • Jia Qiaojie (贾巧姐 / 賈巧姐, Jiǎ Qiǎojiě, « Jia Grande Sœur Opportune », récit VII[N 1]), nom donné par la mémé Liu à la fille de Jia Vase de Jade à Millet et de Wang Xifeng, auparavant appelée Grande Sœur l'Aînée. Elle est une jeune enfant pendant l'essentiel du roman.
  • Shi Xiangyun (史湘云 / 史湘雲, Shǐ Xiāngyún, « Shi Brume de Rivière », récit XX[N 1]).
  • Miaoyu (妙玉, Miàoyù, « Jade mystique », récit XVII[N 1]), prieure du Couvent enclos de Verdure. Originaire de Suzhou, issue d'une famille de mandarin, elle était dans son enfance constamment malade. Elle ne guérit qu'une fois rentrée au couvent, d'où son nom. Âgée de 18 ans au début du roman, elle est orpheline de père et de mère et à la différence des autres nonnes bouddhistes elle conserve sa chevelure. Elle est très belle et très érudite, mais se montre aussi distante, hautaine et peu sociable.
  • Li Wan (李纨 / 李紈, Lǐ Wán, « Li Soie blanche », récit IV[N 1]), aussi appelée veuve Li, son mari Jia Zhu est mort avant le début du roman. Sa principale occupation consiste à élever son fils Lan et à surveiller ses cousines. L'auteur dépeint cette jeune femme d'une vingtaine d'année comme douce, sans désirs particulier, faisant d'elle l'idéal confucéen de la veuve endeuillée.
  • Qin Keqing (秦可卿, Qín Kěqīng, « Qin Digne de Déférence », récit V[N 1]), nom de lait de la Dame Qin. C'est aussi le nom social de la sœur cadette de l'Immortelle veillant aux Mirages.

Autres personnages importants[modifier | modifier le code]

Scène du roman, peinte par Xu Baozhuan
  • Jia mu (賈母 / 贾母, Jiǎmǔ, « L'Aïeule Jia », récit II[N 1]), très vénérable Douairière de la famille des Jia, sa parole est respectée par tous. Elle aime s'amuser et organiser des beuveries. Elle chérie ses petits-enfants et tout particulièrement Jia Baoyu, qu'elle protège de son père.
  • Jia She (贾赦, Jiǎ Shè, Wade : Chia Sheh, « Jia le Clément », récit II[N 1]).
  • Jia Zheng (贾政 / 賈政, Jiǎ Zhèng, Wade : Chia Cheng, « Jia le Politique », récit II[N 1]).
  • Jia Lian (贾琏 / 賈璉, Jiǎ Lián, Wade : Chia Lien, « Jia Vase de Jade à Millet », récit II[N 1]).
  • Xiangling (香菱, Xiāng Líng, « Parfum de Corniole », récits I et VII[N 1]), nommé primitivement Charme de Lotus (甄英莲 / 甄英蓮, Zhēn Yīnglián, elle est la fille de Zhen Shiyin (甄士隐 / 甄士隱, zhēn shì yǐn, « Zhen Ombrage de Clerc ») et de son épouse née Feng et se fait enlever par un voleur d'enfants au début du roman puis est vendue à Xue Pan. Elle se voit attribuer son nouveau nom et devient la concubine de Xue Pan.
  • Ping'er (平兒 / 平儿, Píng Er, « Petite Quiète », récit VI[N 1]), camériste de Wang Xifeng.
  • Xue Pan (薛蟠, Xuē Pán, Wade : Hsueh Pan, « Xue Dragon Lové », récit III[N 1]), adolescent arrogant originaire de Jinling, il passe ses journées à boire, jouer, fréquenter les lieux interlopes de la ville, confiant les affaires sérieuses à ses commis. Il se rend au début du roman à la capitale, à son plus grand plaisir, pour présenter la candidature de sa sœur à la fonction de compagne d'étude d'une princesse impériale. Il s'entiche de nombreux jeunes garçons qu'il protège en l'échange de faveurs.
  • Granny Liu (刘姥姥 / 劉姥姥, Liú Lǎolao, « Vieille mémé Liu », récit VI[N 1]), belle-mère de Wang le Roquet, grand-mère de Petite Planche et de Petite Verte. Âgée de plus de 80 ans, elle est une lointaine parente de la famille des Jia. Sa propre famille étant dans le besoin, elle argue de cette parenté pour profiter des largesses de la famille des Jia.
  • Dame Wang (王夫人, Wáng Fūren, « Dame Wang », récit II[N 1]).
  • Tante Xue (薛姨妈 / 薛姨媽, Xuē Yímā, « Tante Xue », récit III[N 1]), âgée d'une quarantaine d'années, elle est déjà veuve au début du roman. Elle fait partie d'une très riche famille de Jinling.
  • Hua Xiren (花袭人 / 花襲人, Huā Xírén, « Bouffée de Parfum », récit III[N 1]), anciennement nommée Perle de Pollen (花珍珠, Huā Zhēnzhū, « Fleur Perle »), elle était attachée au service de l'Aïeule jusqu'à ce que cette dernière la donne à Jia Baoyu, dont elle devient la camériste. Âgée de deux ans de plus que lui, elle en est très proche.
  • Qingwen (晴雯, Qíngwén, « Nuée d'Azur », récit V[N 1]), soubrette attachée au service de Jia Baoyu.
  • Yuanyang (鸳鸯, Yuānyang, « Couple de Sarcelles », récit XXIV[N 1]), fille de Jin l’Éclat, sœur cadette de Jin Envol littéraire, elle est la camériste de l'Aïeule.
  • Mingyan (茗烟 / 茗煙, Míngyān, « Vapeur de Thé », récit IX[N 1]), ancien nom de Fumet de Thé (焙茗, Bèimíng), petit valet favori de Jia Baoyu.
  • Zijuan (紫鹃 / 紫鵑, Zǐjuān, Wade : Tzu-chuan, « Cri de Coucou », récit VIII[N 1]), camériste de Lin Daiyu.
  • Xueyan (雪雁, Xuěyàn, « Barnacle des Neiges », récit III[N 1]), soubrette de 10 ans attachée au service de Lin Daiyu.
  • Concubine Zhao (赵姨娘 / 趙姨娘, Zhào yíniáng, « Concubine Zhao », récit XX[N 1]), petite épouse de Jia Zheng, elle est la mère biologique Jia Tanchun et Jia Huan.

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

  • Qin Zhong (秦钟 / 秦鐘, Qín Zhōng, « Qin Cloche d'Or », récit VII[N 1]), fils de Qin Œuvre d'État, frère d'adoption de la Dame Qin, ami du frérot Jade, il fréquente avec ce dernier l'école des Jia.
  • Jia Lan (贾兰 / 賈蘭, Jiǎ Lán, « Jia l'Iris », récit IV[N 1]).
  • Jia Zhen (贾珍 / 賈珍, Jiǎ Zhēn, « Jia Joyau de Jade », récit II[N 1]).
  • Dame You (尤氏, Yóu shì, « Dame You », récit V[N 1]), belle-fille de la bonne-maman You, épouse de Jia Zhen, belle-mère de Jia Rong.
  • Jia Rong (贾蓉 / 賈蓉, Jiǎ Róng, « Jia l'Hibiscus », récit II[N 1]), fils de Jia Zhen et d'une première femme.
  • Deuxième-née des sœurs You (尤二姐, Yóu èr jie, « Seconde sœur You », récit [N 1]), fille aînée de la bonne-maman You, concubine de Jia Lian.
  • Dame Xing (邢夫人, Xíng fūrén, « Dame Wing », récit [N 1]).
  • Jia Huan (贾环 / 賈環, Jiǎ Huán, « Jia Anneau de Jade », récit XVIII[N 1]), fils de Jia Zheng et de la concubine Zhao, fils-de-droit de la dame Wang. Il nourrit avec sa mère une jalousie à l'encontre de Jia Baoyu.
  • Sheyue (麝月, Shèyuè, « Lune de Musc », récit V[N 1]), soubrette attachée au service de Jia Baoyu.
  • Qiutong (秋桐, Qiūtóng, « Sterculia d'Automne », récit [N 1]), soubrette attachée au service de Jia le Clément, donnée par ce dernier comme concubine à Jia Vase de Jade à Millet.
  • Grande Sœur l'Idiote (傻大姐, Shǎ dàjiě, « Grande sœur Sha », récit [N 1]), petite soubrette attachée au service de l'Aïeule.

Homophones[modifier | modifier le code]

La présences de nombreuses homophones est une des caractéristiques du roman. Cao Xueqin joue avec la richesse de la langue et offre ainsi une double significations à différents lieux et personnages, leur conférant alors une portée toute particulière. Certains sont indiqués par l'auteur dans le roman tandis que d'autres ont été mis au jour par les commentateurs de l’œuvre. Dans la version vermillon ces mots sont déjà annotés. En voici quelques exemples :

  • Huzhou (湖州, hú zhōu), nom d'une ville — 胡诌 / 胡謅, hú zhōu, « mentir ».
  • Feng Su (封肃 / 封肅, fēng sù, « Feng le Respectueux »), nom d'un personnage — 风俗 / 風俗, fēngsú, « Coutumes ».
  • Huo Qi (霍启 / 霍啟, huò qǐ, « Huo l'Informateur »), nom d'un personnage — 祸起 / 禍起, huò qǐ, « Désastre qui commence », 火起, huò qǐ, « Feu qui s'allume ».
  • Jia ( / , jiǎ), nom de la famille - , jiǎ, « faux ».
  • Zhen (, zhēn), nom d'une autre famille protagoniste — , zhēn, « Vérité ».
  • Zhen Shiyin (甄士隐 / 甄士隱, zhēn shì yǐn, « Zhen Ombrage de Clerc »), nom d'un personnage — 真事隐 / 真事隱, zhēn shì yǐn, « Véritables faits dissimulés »[14].
  • Zhen Yinglian (甄英莲, zhēn yīng lián, « Zhen Charme de Lotus »), nom primitif de Xiangling (香菱, xiāng líng, « Parfum de Corniole ») — 真应怜 / 真應憐, zhēn yīng lián, « Vraiment digne de pitié ».
  • Jia Hua (贾化 / 賈化, jiǎ huà, « Jia le Transformé »), ayant pour nom social 时飞 / 時飛, shí fēi, « Essor opportun » et pour pseudonyme 贾雨村 / 賈雨村, jiǎ yǔcūn, « Jia Village sous pluie » — 假话 / 假話, jiǎ huà, « Mensonge » ; 实非 / 實非, shí fēi, « N'est pas de fait » ; 假语存 / 假語存, jiǎ yǔ cún, « Propos artificieux conservés »[3].
  • Qing Keqing (秦可卿, qín kě qīng, « Qing Digne de Déférence ») — 情可倾 / 情可傾, qín kě qīng, « Le sentiment peut défaillir ».
  • Les quatre Demoiselles printemps (元迎探惜, yuán yíng tàn xī), prénoms mis à la suite de Jia Yuanchun, Jia Yinghun, Jia Tanchun, Jia Xichun — 原应叹息 / 原應嘆息, yuán yíng tàn xī, « À l'origine, devrait soupir »[15].
  • Dian'er (靛儿 / 靛兒, diàn er, « L'Indigo »), petite soubrette — 垫儿 / 墊兒, diàn er, « Bouc émissaire ».

Lieux[modifier | modifier le code]

Voir l’image vierge
Lieux du Rêve dans le pavillon rouge

Le début de l'intrigue se déroule à Suzhou, anciennement Gusu, où résident Zhen Shiyin et Jia Hua, ce dernier étant originaire de Huzhou[7],[16].
La famille des Lin, originaire de Suzhou, vit à Yangzhou où Zhen Shiyin les rencontre[17].
La famille des Jia est originaire de Jinling (金陵, Jīnlíng, « Colline d'or »), actuelle Nankin(南京, Nánjīng, « capitale du Sud »[18]), aussi appelée 石头成 / 石頭成, shítou chéng, « Enceinte de Pierre »[19]. C'est à Jinling que Jia Hua est nommé préfet[20] et c'est aussi dans cette ville que résident les Xue au début du roman[21].

La majeure partie du roman se déroule dans « la capitale » (, jīng ou 京都, jīng dū) et ses environs. Or la capitale de la Chine était Pékin sous les Qing. Néanmoins l'auteur n'en donne jamais le nom et situe son intrigue à Chang'an (长安 / 長安, cháng'ān)[22], actuelle Xi'an, aussi appelée capitale de l'ouest[18]. Il suit en fait un usage fréquent chez les auteurs chinois qui consiste à désigner Pékin sous le nom de Chang'an[23],[24]. Plus précisément, les Jia vivent dans deux immenses demeures adjacentes : le Palais de la Paix de l’État (宁国府 / 寧國府, Níngguó fǔ) et le Palais de la Gloire de l’État (荣国府 / 榮國府, Róng guófǔ). Une fois que Jia Yuanchun se voit attribuer le titre d'Honorable Compagne impériale un magnifique parc est aménagé sur les terrains desdits palais : le Parc aux Sites grandioses (大观园 / 大觀園, Dàguānyuán, « Jardin au panorama grandiose ». Sur l'ordre de l'Honorable compagne, Jia Baoyu, les autres demoiselles Printemps, Lin Daiyu, Shi Xiangyun et Xue Baochai sont installés dans les différents enclos. Les noms des enclos furent choisis initialement par Jia Baoyu, certains étant renommés par la suite par l'Honorable compagne.

Bâtiments des deux palais des Jia[modifier | modifier le code]

Gravure du Parc aux Sites grandioses
  • Chalet des Deux Rivières (潇湘馆 / 瀟湘館, Xiāoxiāng guǎn) : résidence de Lin Daiyu, dans le parc.
  • Enclos égayé de rouge (怡红院 / 怡紅院, Yí hóng yuàn) : résidence de Jia Baoyu, dans le parc.
  • Cour des Herbes odorantes (蘅芜苑 / 蘅蕪苑, Héng wú yuàn) : résidence de Xue Baochai, dans le parc.
  • Village aux Arômes de Riz (稻香居, Dào xiāng jū) : résidence de la veuve Li, dans le parc.
  • Ilot aux Cornioles pourpres (紫菱洲里的翠锦楼 / 紫菱洲里的翠錦樓, Zǐ líng zhōu lǐ de cuì jǐn lóu) : résidence de Jia Yingchun, dans le parc.
  • Cabinet des Fraîcheurs automnales (秋爽斋 / 秋爽齋, Qiū shuǎng zhāi) : résidence de Jia Tanchun, dans le parc.
  • Pavillon décoré de Brocart (缀锦阁 / 綴錦閣, Zhui jǐn gé) : résidence de Jia Yingchun, dans le parc.
  • Pavillon aux Arômes de Rhizomes de Lotus (藕香榭旁的蓼风轩 / 藕香榭旁的蓼風軒, Ǒu xiāng xiè páng de liǎo fēng xuān) ou Salle sur Terrasse à Brise de Renouées (蓼风轩又名暖香坞 / 蓼風軒又名暖香塢, liǎo fēng xuān yòu míng nuǎn xiāng w) : résidence de Jia Xichun, dans le parc.
  • Cour aux parfums de Poiriers (梨香院, Líxiāng yuàn) : résidence de la tante Xue, dans le Palais de la Gloire.
  • Couvent enclos de Verdure (陇翠庵 / 隴翠庵, Lǒng cuì ān) : résidence de Jade mystique, dans le parc.
  • Pavillon des Perspectives grandioses (大观楼 / 大觀樓, Dàguān lóu) : bâtiment principal du parc.

Versions[modifier | modifier le code]

Dès le préambule de l’œuvre, l'auteur, Cao Xueqin, se présente comme un simple réviseur d'une histoire qu'il a reçu et a choisi de publier. Ce n'est que plus tard que la parenté de l’œuvre lui fut attribuée. Les originaux rédigés par Cao Xueqin sont aujourd'hui disparus et il ne reste que douze copies anciennes, écrites entre 1754 et 1784. Ces dernières présentent des différences notables, notamment en ce qui concerne les quarante derniers récits du roman[25].

Version vermillon[modifier | modifier le code]

Les copies primitives des 80 premiers récits sont toutes commentés par des contemporains de Cao Xueqin. En particulier par Zhiyanzhai, Pierre à délayer le Vermillon, parce qu'il écrivait en rouge.

Versions Cheng-Gao[modifier | modifier le code]

Thèmes[modifier | modifier le code]

Le roman traite de nombreux thèmes propres à la culture chinoise tels que la médecine, la cuisine, la culture du thé, les proverbes, la mythologie, le confucianisme, le bouddhisme, le taoïsme, la piété filiale, l'opéra, la musique chinoise, la peinture chinoise, la littérature classique, les Quatre Livres, etc. En particulier, la poésie est omniprésente dans l'œuvre, les personnages faisant des bouts-rimés et autres jeux poétiques. Ainsi, Zhou Ruchang considère Le Rêve dans le pavillon rouge comme la « clé universelle » pour accéder à la culture chinoise.

La recherche de la Voie[modifier | modifier le code]

La religion est présente toute au long du roman, que ce soit à travers le bouddhisme, le taoïsme ou certaines pratiques confucéennes. Néanmoins, le roman présente de ces religions deux visages opposés. D'une part, la religion établie, associée à un clergé puissant et riche, possédant monastères et fermages et bénéficiant des largesses des familles nobles, telle celle des Jia. D'autre part, des individus isolés, s'appliquant pieusement à la recherche de la Voie, notamment à travers la pratique de la méditation, afin d'atteindre l'illumination. Ces derniers, adeptes du dhyana, sont présentés comme des parangons de vertu dans l’œuvre, souvent aussi dotés de pouvoir de guérison ou de prémonition, à l'inverse des premiers qui sont décrits comme des charlatans (lorsqu'ils prétendent exorciser le Parc) ou des profiteurs perfides[26]

L'éducation classique[modifier | modifier le code]

Tous les fils de bonne famille se voient, dès leur plus jeune âge, enseigner les textes classiques chinois, tout d'abord pour apprendre à lire et écrire les caractères chinois, puis pour apprendre à disserter afin de plus tard se présenter aux examens impériaux en vue du mandarinat, mais surtout afin de connaître les enseignements des sages qui permettent de mener une vie vertueuse. On enseigne ainsi aux enfants à respecter les « trois obligations fondamentales »[27] (celles qui lient réciproquement le souverain et les sujets, le père et les enfants, le mari et la femme[28]) ainsi que les « cinq vertus principales »[27] (le père doit être juste, la mère clémente, le frère aîné affectueux, le cadet respectueux, le fils pieux[28]).

Une société fondée sur l'esclavage[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Esclavage en Chine.

La vie des Jia s'appuie sur le système de l'esclavage. En effet, chaque membre de la famille dispose d'un nombre impressionnant de domestiques : certains sont achetés à l'extérieur tandis que d'autres appartiennent à des familles d'esclaves asservies au clan des Jia. Par exemple, Lin Daiyu, âgée d'une douzaine d'années à son arrivée au Palais, a huit soubrettes, une nourrice et quatre gouvernantes à son service[29], certaines n'étant âgées que de neuf ans. Ce nombre pléthorique de serviteurs entraîne pour les Jia des dépenses faramineuses. C'est pourquoi, lorsque les Jia se voient confisquer leur patrimoine, Jia Zheng décide de réduire le nombre de ses esclaves après avoir constaté que plus de trente foyers, totalisant deux cent douze hommes et femmes, étaient à sa charge[30]. De plus, comme le lui fait remarquer son intendant, ses esclaves ont aussi des esclaves[31]. Néanmoins, les domestiques sont particulièrement bien traités chez les Jia, à l'inverse des autres maisons[13]. Wang Xifeng ressent pourtant la haine qu'éprouvent les domestiques à l'égard de sa famille : « Si nous persistons à harceler tous ces gens, à leur faire si cruellement sentir le poids de notre domination, nous finirons par pousser leur ressentiment à l'extrême, et ce seront bientôt des glaives aiguisés à notre intention que nous dissimuleront leurs sourires »[32]. Cette prémonition se révèle vraie, lorsque des domestiques félons font pénétrer des voleurs dans la demeure des Jia. Jia le Politique, qui s'était déjà laisser abuser par ses esclaves en province, découvre alors qu'il n'est plus maître chez lui car non seulement les esclaves et domestiques lésinent et répondent à peine à ses ordres, mais surtout ils volent et pillent les ressources de la famille que ce soit dans les Palais ou en falsifiant les comptes des fermages des Jia.

Un roman féministe ?[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Féminisme en Chine.

Les femmes sont au cœur de l'intrigue, c'est d'ailleurs pour perpétuer leur souvenir que Cao Xueqin écrit l’œuvre :

« Demeurant à présent en proie aux vents et poussières de ce bas monde, sans avoir, en rien, réussi à rien, me revient brusquement le souvenir de toutes les filles ou jeunes femmes dont j'étais naguère entouré ; et je découvre, en les comparant consciencieusement les unes aux autres et à moi-même, que par leurs comportements et leur discernement, elle m'étaient toutes supérieures. »

— Cao Xuequin, (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit I, p. 3)

Certaines, telles que Wang Xifeng, dirigent d'ailleurs le gynécée avec autorité et se font craindre y compris des hommes. Néanmoins, leur condition reste inférieure à celle des hommes, ainsi, lorsque la Quarte-née des Demoiselles Printemps demande à une nonne ce qu'est une « bonne fin », cette dernière répond que ses pieuses pratiques lui permettront de se réincarner en homme et ajoute : « Ce qui, personnellement, me paraît un avantage satisfaisant, et bien différent de l'incarnation, comme dans le présent avatar, en embryon de fille condamnée à subir, quels qu'ils puissent être et sans jamais pouvoir s'en plaindre, toutes sortes de vexations, de déboires et de tourments »[33]. Bien plus, c'est lors du mariage que les femmes se rendent compte de leur infériorité. Toutes les unions étant arrangées, elles ne connaissent souvent pas leur futur époux et quittent leur foyer à regret. Ainsi, dans l’œuvre, tous les mariages conclut sont malheureux, soit parce que l'époux est brutal ou l'épouse trop jalouse, soit parce que la belle-famille vit trop loin des Jia ou parce que l'époux ou l'épouse tombe subitement malade ou neurasthénique après le mariage. C'est pourquoi d'un côté, Jia Baoyu considère les jeunes filles comme des fleurs, qui fanent lors du mariage, et de l'autre, la nonne tente de convaincre la Quarte-née de rentrer dans les ordres : « Vous-même, Mademoiselle, vous ne pouvez pas encore vous douter qu'à partir du jour où une fille quitte sa famille pour entrer chez des inconnus en ménage, c'est pour toute la durée de son existence qu'elle est mise à leur service, plus rigoureusement et avec encore moins de possibilités de défense qu'au foyer paternel »[34].

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Homosexualité en Chine.

De nombreux personnages sont ouvertement homosexuels dans l’œuvre. Le roman est en ce sens représentatif de la place de l'homosexualité dans la culture chinoise avant l’occidentalisation survenue à la fin de la dynastie Qing. En particulier, Jia Baoyu, Qin Zhong, le comédien Jiang Yuhan et Xue Pan ont des relations homosexuelles. On apprend aussi que la petite actrice du Palais de la Gloire Rectrice des Rhizomes de Lotus (藕官, Ǒu guān) a une relation avec sa camarade Rectrice des Graines de Lotus (菂官, Dì guān), puis après la mort de cette dernière avec Rectrice des Étamines (蕊官, Ruǐ guān)[35].

Diffusion[modifier | modifier le code]

Le Rêve dans le pavillon rouge a été traduit en vingt-sept langues.

Il a été traduit au Japon en 1793 et a eu sa version anglaise en 1830. Après la fondation de la République populaire de Chine, ce livre a été traduit en vingt-deux langues étrangères (anglais, allemand, français, japonais, etc.) et dans les cinq principales écritures des minorités nationales (tibétain, mongol, mandchou, ouïghour). Plus d'une centaine de millions d'exemplaires ont été imprimés à l'étranger.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Le roman donnera lieu à plusieurs adaptations, cinématographiques ou autres.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

En bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Cao Xueqin, Gao E (scénario), Wu HONGMIAO et Laurent BALLOUHEY (trad. et adaptation), Sun Wen (illustrations), Le Rêve dans le Pavillon rouge, Paris, Bibliothèque de l'image, 2009, 440 p., 25 x 25 cm, broché à la chinoise, couverture illustrée, étui illustré (ISBN 978-2814400085)

Opéra traditionnel chinois[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj, ak, al, am, an, ao et ap Récit où le personnage est mentionné pour la première fois

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Sur les dix grands rapports », Œuvres choisies de Mao Zedong, V, p. 329, Pékin, 1977
  2. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit I, p. 4)
  3. a et b (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit I, p. 5)
  4. a, b, c et d Cao Xueqin, sur le site de la Pléiade
  5. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Introduction, p. XXIII)
  6. a et b (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Introduction, p. XLVIII)
  7. a et b (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit I, p. 13)
  8. (en) Vale: David Hawkes, Liu Ts'un-yan, Alaistair Morrison, publié par China Heritage Quarterly de l'Université nationale australienne
  9. (en) Jonathan D. Spence, Ts'ao Yin [Cao Yin] and the K'ang-Hsi Emperor: Bondservant and Master (New Haven,: Yale University Press, 1966) is a study of Cao's grandfather.
  10. (en) CliffsNotes, About the Novel: Introduction, sur Cliffsnotes.com
  11. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Introduction p. LXX)
  12. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit XXIII)
  13. a et b (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit LV, p. 1314)
  14. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit I, p. 3)
  15. (zh) 原应叹息, sur Baidu Baike
  16. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit I, p. 21)
  17. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit II, p. 37)
  18. a et b (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Récit LXXXVI, p. 689)
  19. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit II, p. 43)
  20. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit III, p. 57)
  21. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit III, p. 86)
  22. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit XV, p. 332)
  23. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Notes et variantes, p. 1534, Page 26. 1)
  24. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Notes et variantes, p. 1556, Page 145. 1)
  25. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Introduction)
  26. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Récit CXV, p. 1423)
  27. a et b (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Récit CII, p. 1095)
  28. a et b (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Notes et variantes, p. 1621)
  29. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit III, p. 84)
  30. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Récit CVI, p. 1208)
  31. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Récit CVI, p. 1210)
  32. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit I, p. 1317)
  33. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Récit CXV, p. 1421-1422)
  34. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. II, Récit CXV, p. 1422)
  35. (Le Rêve dans le pavillon rouge, vol. I, Récit LVIII, p. 1409)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]