Voie moyenne

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La voie moyenne, voie médiante ou chemin du milieu sont des termes utilisées pour désigner une pratique bouddhique qui évite certains extrêmes.

Complaisance et mortification[modifier | modifier le code]

Le terme de voie moyenne s'enracine dans le récit de la vie de Gautama Bouddha. Celui-ci a connu deux excès : il a d'abord vécu, comme prince, dans un palais, et a observé la complaisance sensuelle, l'attachement aux sens. Cet extrême serait celui de la recherche avide de plaisirs matériels.

Puis, Gautama Bouddha pratiqua les austérités, l'ascétisme, équivalence du martyr dans le christianisme. Mais frôlant la mort, en réchappant de justesse, il abandonna également ces pratiques (ses compagnons d'alors comprirent ce revirement comme abandon, défaite, et le laissèrent seul).

Ce n'est qu'après que Gautama Bouddha aurait atteint l'illumination, le nirvāna. Le premier sermon du Bouddha annonce cette voie du milieu entre matérialisme et auto-destruction.

Au-delà d'éviter les extrêmes[modifier | modifier le code]

La voie moyenne fut par la suite reconnue comme critère de sagesse, par toutes les écoles, mais de manières fort différentes. Ses implications méritent d'être pensées.

Un exemple est celui de la méditation dite samatha bhavana : en s'adonnant à la concentration, le moine peut atteindre la sérénité. Mais cette seule pratique n'est pas considérée (pas dans une seule école) comme voie moyenne. Le méditant n'a pourtant recours ni au sensorialisme ni au sacrifice. Suivre la voie moyenne implique donc bien, dans toutes les traditions bouddhiques, un effort au-delà de celui d'éviter les extrêmes.

Pratiques bouddhiques[modifier | modifier le code]

Les pratiques du bouddhisme se réclament de cette voie moyenne : elles évitent tant la gratification des sens que l'austérité excessive. Notamment, les moines doivent respecter de nombreux préceptes comme ne pas avoir de relation sexuelle ; ces préceptes dépassent souvent le nombre de 200. Pour autant, les pratiques semblent interpréter de manière variée l'idée d'une voie moyenne.

Bouddhisme theravâda comme voie moyenne[modifier | modifier le code]

Le jeûne est parfois pratiqué ; le bouddhisme theravada recommande de s'astreindre aux dhutangas. La pratique du theravada, bien que détériorée dans bien des pays, se veut pratique austère, rigoureuse, à l'image de la méditation bouddhique elle-même.

Ajahn Chah présente l'expression de voie du milieu comme une image : le bouddhiste tend à abandonner le désir, tant amour que haine, ou, en termes plus précis, tant attachement que aversion. Les deux pratiques à éviter sont donc, avant tout, deux pratiques psychiques ; l'intention est bien l'extrême qu'il s'agit là de rejeter. On reconnait là l'enseignement du karma comme conséquence de la volonté - la pensée détermine la rétribution karmique de l'acte - ou, selon les mots d'enfant : c'est l'intention qui compte. La voie moyenne se fonderait donc sur une primauté du psychique héritée de la conception du karma dans l'hindouisme.

La voie médiane et le Mādhyamika[modifier | modifier le code]

Le madhymika étend le concept de voie médiane à sa conception du monde, rejetant les extrêmes qui consistent tantôt à affirmer l'existence intrinsèque du réel, tantôt à la nier. Il n'y a que « vacuité », c'est-à-dire coproduction en dépendance, ou coproduction conditionnée: non pas « cela est (dans l'absolu) » ou « cela n'est pas (dans l'absolu) », mais « si ceci apparaît, alors cela apparaît ». Ici la voie médiane dépasse le cadre de simple pratique, travail sur soi, effort de connaître son esprit, pour s'affirmer comme raison philosophique et non-dualité. La connaissance, comprise comme lucidité sur son propre aveuglement, est voie moyenne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]