Opéra chinois

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L'Opéra chinois ou opéra traditionnel chinois 戲曲 xìqǔ est synonyme de théâtre chinois jusqu'au XXe siècle. Le 話劇 huaju est le théâtre parlé d'inspiration occidentale introduit au XXe siècle. Il existe une troisième forme de spectacle théâtral populaire, le quyi 曲藝, l'art des conteurs, des chanteurs et des bateleurs qui a souvent inspiré le xiqu. Le terme de xiju 戲劇 désigne le théâtre en général (xiqu et huaju) ; il se divise en plusieurs formes principalement marquées par leur origine géographique ou culturelle. La langue ou le dialecte et la forme de musique est la caractéristique principale qui différencie ces différentes formes d'opéra.

Le cinéma chinois a adapté plusieurs opéras au format cinématographique, l'opéra chinois étant comme le cinéma une forme d'art partagée par les classes populaires et les classes les plus aisées.

Généralités[modifier | modifier le code]

Rôles[modifier | modifier le code]

Il existe dans l'opéra chinois des "catégories de rôles" (en chinois 行当hangdang)[1] comparables à nos type de "jeune premier", "confidente", "bouffon", "vieillard amoureux" ou "mari trompé" que l'on trouve parmi d'autres dans les dramaturgies occidentales. Deux classifications existe cependant en Chine, l'ancienne, qui différencie :

  • le mo 末 ou zhengmo 正末 ; le rôle masculin principal, le jeune premier, susceptible dans un zaju (voir plus bas) de tenir la partie chantée.
  • la zhengdan 正旦; le rôle féminin principal, la jeune première susceptible d'avoir la partie chantée dans un zaju.
  • le waimo 外末 et la waidan 外旦 les rôles masculinS et féminins secondaires.
  • le jing淨 ou fujing 副淨 ; le "visage peint", les rôles d'hommes violents ou de clown.

et la moderne :

  • le sheng 生  : les rôles masculins ni jing ni chou dont font partie les xiao sheng 小生, les hommes jeunes, les laosheng 老生 ou xusheng 須生, les vieillards et hommes mûrs, les wusheng 武生 les hommes martiaux et les wawasheng 娃娃生 pour les enfants. Le hong sheng 红生 (littéralement "homme rouge") désigne uniquement le rôle de Guan Yu et le housheng 猴生 (littéralement "homme singe") désigne le rôle de Sun Wu Kong le Roi-Singe.
  • la dan 旦 : les rôles fémininS qui ne sont pas des chou, dont font également partie les huadan花旦, les soubrettes, les qingyi青衣, les femmes sérieuses ou tragiques, les laodan 老旦, les vieilles femmes et les daomadan刀馬旦 les femmes martiales.
  • le jing 淨 ou hualian 花臉  : les rôles de "visages peints", les personnages au caractère fort ou emporté. Les couleurs et les apparences générales des maquillages sont plus ou moins standardisés au fil du temps et donnent des informations assez précises sur l'identité du "visage peint"  : le blanc est toujours un traître, le Dieu de la mort possède souvent un Yin-Yang sur le front et un teint noir, etc.

Genres théâtraux et musicaux[modifier | modifier le code]

  • Le Nuo 儺戲 ou Nuoxi 儺戲 désignait à l'origine le "grand exorcisme" de l'époque Han et est utilisé par extension pour désigner tous les théâtres exorcistes et rituels de la Chine rurale et notamment les mulianxi目連戲, dixi 地戲, etc. C'est probablement une des formes les plus anciennes de théâtre chinois, encore observable aujourd'hui[2].
  • L'opéra canjun(參軍戲 canjunxi) littéralement : "le jeu du sous-officier" daterait de l'époque Tang et serait une sorte de dialogue comique ancêtre du xiangsheng (相聲) moderne ; malheureusement nous n'avons conservé aucun texte.
  • Les zaju 雜劇 et Yuanben 院本 sont des jeux théâtraux, vraisemblablement des farces relativement brèves, en vogue sous les Song et lesJin. Pas de textes conservés.
  • Les ci 詞, abréviation de quzici 曲子詞, "paroles et chansons", auraient été, à l'origine, des mélodies "étrangères" (d'Asie centrale peut-être ?). En vogue à partir de la fin des Tang, le ci allait devenir une des formes poétiques chinoises majeures à partir des Song. Au théâtre à proprement parler, la présence du ci est discrète mais certains nanxi (voir plus bas) anciens comptent des ci parmi leurs mélodies.
  • Le Qu 曲 comme les ci est apparu vers le XIIe siècle ; ce sont des chansons comportant un nombre de vers variable, de longueur inégale. Chaque air a des rimes obligées sur certains vers (ou partie de vers) et des contraintes tonales sur certaines syllabes. À la différence des ci, on peut ajouter des "doublures" (en chinois chenzi衬字), des passages non-chantés au milieu de l'air. On peut écrire des qucomme des pièces isolées appelées sanqu 散曲 -leur vogue fut grande vers 1250-1350- ou réunir une suite de qu sur un même mode musical (taoshu套數). Cette dernière forme va faire du qu un des composants de base de l'art dramatique chinois.
  • Les zhugongdiao 諸宮調 ou "ballade sur plusieurs modes" (XIIe-XIIIe siècle, Jin et Yuan) sont d'une composition très complexe qui réunit plusieurs suites de qu (taoshu) pour raconter une histoire, souvent une histoire d'amour à la tonalité satirique. On trouve notamment parmi les zhugongdiao une des plus anciennes versions du Xixiang ji 西廂記. Ce genre encore non pleinement théâtral (il n'est pas mis en scène mais chanté et récité par un conteur et ses musiciens) est l'ancêtre du zaju des Yuan qui le supplantera au XIIIe siècle.
  • Le zaju雜劇 réapparaît sous les Yuan comme le premier vrai genre dramatique chinois. Il apparaît d'abord en Chine du nord sous domination mongole. Il compte toujours quatre actes (appelés zhe折), éventuellement complétés par un acte intercalaire, en général un prologue. À chaque acte correspond une suite qu' sur le même mode, comme dans les zhugongdiao. Un seul personnage (le rôle principal, masculin ou féminin) peut chanter pendant un même acte ; c'est parfois le même personnage qui tient la partie chantée tout au long de la pièce. Les autres personnages se contentent de lui donner la réplique. La présence d'indications scéniques nous montre que nous avons déjà affaire à une forme dramatisée. Certains des Zaju des Yuan qui nous ont été transmis comptent parmi les chefs-d'œuvre de la littérature chinoise. La pièce très célèbre en Chine, La Romance de Liang Shanbo et Zhu Yingtai (Liang Shanbo yu Zhu Yintai, ou les amants papillons) et adaptée dans divers films est un des plus célèbres opéra de ce style. Pourtant, si l'on écrira des zaju jusqu'à l'époque moderne, le genre sera, après les Yuan, délaissé des comédiens et du public pour poursuivre une existence avant tout littéraire.
  • Le nanxi 南戲 (appelé aussi Xiwen 戲文 ou Wenzhou zaju 溫州雜劇) se distingue du zaju des Yuan tant par son lieu d'origine (le sud-est de la Chine) que par ses caractéristiques formelles : nombre d'actes (appelés ici des chu) illimité -et les pièces nanxi peuvent être parfois fort longues- possibilité est laissée à tous les acteurs de chanter, usage du ci et des mélodies du sud, etc. Des auteurs chinois modernes voudraient voir dans le nanxi un genre apparu sous les Song du Sud, donc avant les zaju des Yuan, mais cette ancienneté demeure problématique puisque tous les textes transmis datent des Ming. En tout cas, même s'il n'est pas la forme la plus ancienne, le nanxi finit par s'imposer en évoluant dans la forme du chuanqi (voir ci-dessous) qui devient la forme vedette du début des Ming au milieu des Qing.
  • Le chuanqi 傳奇 est un genre dramatique (à ne pas confondre avec les nouvelles en chinois classique qui portent exactement le même nom) dont les caractéristiques formelles dérivent directement du nanxi et qui domina la scène jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Les premiers chuanqi au langage simple et direct, aux thèmes volontiers ouverts au folklore, laissèrent peu à peu place à des compositions plus raffinées. À partir du XVIe siècle, le chuanqi adopta les mélodies de Kunshan崑山 près de Suzhou 蘇州.
  • Le kunqu崑曲, kunqiang 崑腔 ou kunju崑劇 : le style musical de Kunshan fut si étroitement associé au chuanqi que les termes chuanqi et kunqu devinrent presque synonymes. De fait, bien des chefs-d'œuvres du chuanqi, dont la plupart de ceux qu'on représente encore aujourd'hui, le sont dans le style kunqu. La musique du kunqu se distingue par une certaine douceur (l'instrument qui domine l'orchestre est la flûte). Pourtant, à partir du milieu du XVIIIe siècle, l'écriture de plus en plus raffinée des pièces entraîne la perte du caractère dramatique, et avec elle, de l'intérêt du public qui se tourna vers des genres plus populaires, utilisant une prosodie plus simple et des mélodies plus rythmées.
  • Le Yiyang qiang 弋陽腔. Comme les mélodies de Kun, la musique de Yiyang (au Jiangxi) est un système à "séquences de mélodies" (voir ci-dessous) avec des séries chantées en vers irréguliers (qu). Il se différencie du kunqu par sa composition orchestrale originellement à base de percussion puis laissant entrer peu à peu des cordes. Un autre trait distinctif est l'emploi d'un chœur pour "aider au chant" (bangqiang 帮腔) du soliste. Ces caractéristiques sont constitutives du système dit du gaoqiang 高腔, dont dérivent plusieurs opéras régionaux encore vivants aujourd'hui, dont l'opéra sichuanais Chuanju 川剧 ou l'opéra hunanais Xiangju 湘剧. Le Yiyangqiang, plus rustique et moins sophistiqué que le kunqu, fut un des premiers concurrents de celui-ci à la capitale au XVIIIe siècle.
  • Le Jingqiang 京腔 "la musique de la capitale". Ce genre du XVIIIe siècle n'est pas encore notre actuel Opéra de Pékin mais il s'agissait probablement d'un mélange de kunqu et de Yiyang qiang.
  • Le Luantan亂彈 "cordes pincées en désordre". Le terme à l'origine péjoratif désigne un nouveau style musical qui devait s'imposer peu à peu au cours du XVIIIe siècle. Depuis le théâtre des Yuan jusqu'au Kunqu et le Yiyang qiang inclus, la musique des opéras reposait sur le système dit des "séquences de mélodies", en chinois qupai liantao ti 曲牌聯套體 : l'auteur de la pièce choisissait dans un répertoire strictement réglementé des suites d'airs sur un même mode, celle qui selon lui correspondait le mieux à la tonalité du drame. À côté de ces genres raffinés au style strictement codifié apparurent divers Opéras Locaux ou difangxi 地方戲, genre beaucoup moins sophistiqué, à la musique souvent fondée sur un nombre réduit de chansons en vers réguliers. L'expression dramatique, dans ces genres, ne reposait plus sur l'art subtil d'agencer des suites de mélodies, mais sur des modifications du rythme d'un même air (ou groupe d'airs). Cela s'appelle banshi bianhua ti 板式變化體 "système à variations rythmiques". C'est alors que le rôle des percussions devint plus important.
  • La différenciation entre yabu 雅部 et huabu 花部 en usage à Yangzhou (un des principaux centres du théâtre chinois au XVIIIe siècle) visait à différencier la "partie noble", yabu, le théâtre élégant, c'est-à-dire de style kunqu, de la "partie ornée" huabu autrement dit les genres musicaux des "cordes pincées en désordre". Ce sont les derniers qui finiront par être les plus à la mode.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période impériale[modifier | modifier le code]

estampes d'une pièce Zaju jouée par des acteurs Yuan sous le règne de Wanli (1572–1620).

La Dynastie des Tang voit la fondation par l'empereur Xuanzong (712-755) d'une institution palatiale spécialisée dans l'organisation de spectacles musicaux et chorégraphiques, le "Jardin des Poiriers" ( 梨園líyuán)[3] dans laquelle les comédiens d'aujourd'hui voient encore l'origine de leur art en se désignant volontiers eux-mêmes comme "disciples du Jardin des Poiriers"(梨園弟子 líyuán dìzi). C'est sous la dynastie d'origine Mongole, les Yuan (1279–1368) qu'apparaît la première forme théâtrale proprement dite, le zaju (雜劇, zájù, littéralement  : saynètes diverses). Le comédien principal (rôle masculin zhengmo 正末ou rôle féminin zhengdan 正旦 principal) chante à lui seul tous les arias du livret, les autres membres de la troupe (rôles masculins et féminins secondaires et emploi de jing 净, regroupant les personnages violents ou clownesques) lui donnant la réplique via des dialogues parlés. La musique de ces opéras est faite de suite fixes de mélodies qu 曲, les arias d'un même acte devant être tous sur le même mode musical. Les pièces, composées invariablement de quatre actes auxquels il était loisible d'ajouter un prologue, racontent des histoires à la fin souvent tragique qui mettent en scène, de façon assez nouvelle dans l'histoire littéraire chinoise, toutes les couches de la société[4]. Sous les Ming (1368–1644) et au début desQing la forme dominante est le kunqu 昆曲 originellement développé dans la zone culturelle du Royaume de Wu puis qui évolua vers la forme du chuanqi传奇. A partir du XVIIIe siècle, de nombreux genres provinciaux apparaissent et rencontrent la faveur du public. Le plus fameux d'entre eux est l'opéra de Pékin qui adopta sa forme actuelle au milieu du XIXe siècle et connut sa plus grande popularité vers la fin des Qing (1644–1911).

un cracheur de feu dans l'opéra du Sichuan.

Dans l'opéra de Pékin, les instruments traditionnels à cordes et à percussion fournissent un accompagnement rythmique marqué aux comédiens. Le jeu de scène est basé sur l'allusion : les gestes, les pas, tout le jeu d'expression corporel mime de façon conventionnelle des actions comme monter à cheval, sortir d'une maison, monter un escalier, ouvrir une porte ou manœuvrer un bateau. Les parties parlées sont divisées entre partie scandées et parlées simplement, la première étant souvent employée par les personnages sérieux et la seconde par les clowns mais cette distinction n'est pas absolue. Les rôles cependant sont strictement définis et un maquillage élaboré vient parfaire la définition des personnages de "visages peints" (hualian 花脸 ou jing 净) les plus célèbres permettant de reconnaitre sinon immédiatement qui est le personnage en question au moins s'il fait partie des héros ou des traîtres par un code coloré. Le répertoire de l'opéra de Pékin comprend plus de 1000 pièces pour la plupart issues de romans historiques à propos de conflits politiques ou militaires.

Période républicaine : 1912-1949[modifier | modifier le code]

Dans les théâtres traditionnels aucune pièce n'était présentée sans accompagnement de chant, dont les arias s'inspiraient de la poésie classique, seuls les dialogues parlés employant la langue courante. Des maquillages d'opéras multicolores recouvraient le visage des acteurs. Au tournant du XXe siècle, les étudiants chinois qui reviennent de l'étranger commencent à s'essayer au théâtre occidental. Suivant le Mouvement du 4 mai de 1919, un grand nombre de pièces occidentales furent représentées sur des scènes chinoises et certains dramaturges s'inspirèrent de l'écriture théâtrale de l'occident. Le plus connu d'entre eux est Cao Yu ; ses œuvres majeures comme L'Orage (雷雨), La plaine sauvage (原野) et L'Homme de Pékin (北京人) ont connu un large public en Chine. Dans les années 3O, des productions théâtrales représentées par les troupes culturelles de l'Armée Rouge dans les zones contrôlées par les Communistes sont consciencieusement utilisées pour promouvoir leurs objectifs et leurs idéaux politiques. Dans les années 1940, les théâtres étaient parfaitement établis dans les bastions du Parti Communiste Chinois.

Période Communiste et Moderne : 1919 à nos jours[modifier | modifier le code]

Costume informel dans l'opéra de Huangmei

Dans les premières années de la République populaire de Chine, le développement de l'opéra de Pékin était encouragé. Ainsi la réalisatrice Sun Weishi, de retour de Moscou, peut propager les idées de Constantin Stanislavski[5]. De nombreux opéras nouveaux sur des thèmes modernes et historiques ont été écrits et les anciennes pièces continuaient d'être représentées. En tant qu'art populaire, l'opéra chinois a toujours été le premier à être affecté par les changements politiques et sociaux. Au milieu des années 1950 par exemple, il fut le premier à bénéficier de la Campagne des Cent Fleurs avec notamment la naissance de l'opéra Jilin.

De la même manière, l'attaque de novembre 1965 contre Wu Han, le maire de Pékin, et sa pièce historique, La Destitution de Hai Rui, est l'annonce de la Révolution culturelle. Pendant la Révolution culturelle, la plupart des troupes furent dissoutes, acteurs et dramaturges furent poursuivis, et tous les opéras bannis exception faite pour les huit « opéras modèles » approuvés par Jiang Qing et sa« bande ». Les pièces de style occidental était condamnées comme "drames morts" et "mauvaises herbes" et bien sûr interdites de représentation. Il faut signaler que la haine de Madame Mao, Jiang Qing, pour les comédiens en général venait du fait qu'elle-même venait de ce milieu du spectacle Shanghaïen où, entre actrices et courtisanes, la délimitation n'était pas toujours très claire ; et plus proches avaient été ses collaborateurs de l'époque, plus farouche la haine qu'elle leur portait sous couvert de défendre la refonte culturelle du pays voulue par son tout-puissant époux le président Mao ZeDong. Mais après la chute de laBande des Quatre en 1976, l'opéra de Pékin connut son renouveau et continua d'être une forme très populaire de divertissement aussi bien au théâtre qu'à la télévision.[réf. nécessaire]

Après la Révolution Culturelle, les anciens comme les nouveaux textes réapparurent. Toutes les pièces de Chine ou d'ailleurs révisées ou bannies furent réintégrées dans le répertoire national. Nombre de nouvelles pièces poussées à l'extrême limite des libertés créatives avaient été soit commandées soit condamnées suivant l'atmosphère politique. Une des plus encensées des nouvelles recrues de la dramaturgies chinoise du XXe siècle était Sha Yexin. Sa pièce controversée 'l'imposteur' qui traite assez rudement du favoritisme et des avantages accordés aux membres du parti fut représentée pour la première fois en 1979. Au début des années 1980, la pièce fut rondement critiquée par le secrétaire général du parti Hu Yaobang - la première intervention de l'État dans le domaine artistique depuis la révolution culturelle. Dans la campagne contre le libéralisme bourgeois en 1981 et la campagne contre la pollution spirituelle de 1983 Sha Yexin et son travail furent à nouveau critiqués. Malgré tout, Sha continua d'écrire pour la scène et de défendre ses œuvres dans la presse. À la fin de l'année 1985, Sha Yexin fut accepté au Parti Communiste Chinois et nommé chef du Théâtre de l'Art Populaire à Shanghaï où il continua de produire un théâtre de controverse. Depuis cependant il est retombé en défaveur.

Six principales formes[modifier | modifier le code]

un comédien grimé en Roi-Singe accomplissant un exercice martial

Les six principales formes (中國六大劇種, 6 grandes sortes d'opéra chinois) sont :

Formes régionales[modifier | modifier le code]

Hebei bangzi[modifier | modifier le code]

Le Hebei bangzi est un des genres les plus importants de Chine du nord, appartenant à l'ensemble plus vaste des genres dont la musique se rattache au système musical du Bangziqiang.

Hanju[modifier | modifier le code]

L'opéra Hanju (漢劇) comporte trois sous styles :

  • Hubei (湖北 húběi) originaire de la province de Hubei
  • Kejia (客家 kèjiā), est un style de la minorité des Hakkas, chanté en mandarin, mais avec un fort accent hakka.
  • Shannan (陝南 shǎnnán)

Huaguxi[modifier | modifier le code]

Le Huaguxi (花鼓戲 huāgǔxì) opéra des fleurs et tambours est un opéra originaire de la province de Hunan, également joué dans les provinces de Hubei, Anhui et Guangdong.

Jingju[modifier | modifier le code]

L'un des plus connus est l'Opéra de Pékin (京劇 jīngjù), venant de la capitale de ce pays, il est aussi parfois appelé opéra national (國劇 guójù).

Kunju ou Kunqu[modifier | modifier le code]

L'Opéra Kunju (崑劇 kūnjù) plus généralement appelé kunqu (崑曲 kūnqǔ), originaire, sous la dynastie des Ming (1368-1644), de la province du Jiangsu il est aussi joué dans les provinces du Anhui ou du Zhejiang. Cette forme d'opéra est inspirée du Kunshanqiang développé dans la même région[6]. Cette forme inspira l'opéra de Pékin (京劇 jingju).

Liyuanxi[modifier | modifier le code]

Le Liyuanxi de la province du Fujian

Lüju[modifier | modifier le code]

Le Lüju (呂劇 lǚjù) de la province du Shandong

Pingju[modifier | modifier le code]

Le Pingju dans le nord-est.

Puju[modifier | modifier le code]

Le Puju dans la province du Shanxi,

Opéra de Shaoxing (Yueju)[modifier | modifier le code]

Le Yueju (越劇, yuèjù) ou Opéra de Shaoxing, répandu à Shanghai et dans les provinces du Zhejiang et Jiangsu.

Opéra cantonais (Yueju)[modifier | modifier le code]

Le Yueju (粤劇, yuèjù) ou Opéra cantonais, à Canton, Hong Kong et Macao, et dans beaucoup de communautés de Chinois d'outre-mer.

Opéra du Shanxi[modifier | modifier le code]

Le jinju (zh), appelé aussi opéra de Shanxi, est joué principalement dans la province du Shanxi, ainsi qu'en Mongolie-intérieure et dans le Hebei[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Darrobers, Roger. Le théâtre chinois. PUF, 1995 (Que sais-je)
  • Durand-Dastès, Vincent, « Le fantôme d’une belle ou le théâtre chanté chinois (xiqu戲曲) au tournant du millénaire », in Eve Feuillebois-Pierunek (dir), Théâtres d’Asie et d’Orient : traditions, rencontres, métissages. Bruxelles : Peter Lang, 2012 (collection «  Dramaturgies », 30), p. 91-120.
  • Idema, Wilt, West, Stephen. Chinese theater, 1100-1450 : a source book. Wiesbaden : Harrassowitz, 1982.
  • Liao Ben 廖奔 Zhongguo xiqu shi 中國戲曲史 (Histoire du théâtre chanté chinois). Shanghai renmin chubanshe, 2004 (zhuantishi xilie congshu 專題史系列叢書)
  • Mackerras, Colin (ed.) Chinese theater : from its origin to the present day. Honolulu : University of Hawai’i press, 1983.
  • Pimpaneau, Jacques. Promenade au jardin des poiriers : l’opéra chinois classique. Paris : Kwok-On, 1983 (réédition: Paris: Les Belles Lettres, 2013).
  • Pimpaneau, Jacques. Chine : littérature populaire : chanteur, conteurs, bateleurs, Arles : Picquier, 1991.
  • Riley, Jo. Chinese theater and the actor in performance. Cambridge : Cambridge University press, 1997.
  • Scott, A.C., The Classical Theatre of China, London, 1957.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pimpaneau, Jacques. Promenade au jardin des poiriers, p. 80-82.; Darrobers, Le Théâtre chinois, p. 80.
  2. Pimpaneau, Jacques. Promenade au jardin des poiriers, p. 5-16.
  3. Darrobers, Le théâtre chinois, p. 7.
  4. Pimpaneau, Promenade au jardin des poiriers, p; 29-43. Darrobers, Le théâtre chinois, p. 27-31
  5. Ning Zhang, L'appropriation par la Chine du théâtre occidental
  6. www.radio86.fr
  7. The Origins of Other Forms of Traditional Opera, sur taiwan.gov.tw

Voir aussi[modifier | modifier le code]