Le Péril jeune

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Péril jeune

Réalisation Cédric Klapisch
Scénario Cédric Klapisch
Santiago Amigorena
Alexis Galmot
Daniel Thieux
Acteurs principaux
Sociétés de production Caméras Continentales
La Sept-Arte
Vértigo Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie-Drame
Sortie 1994
Durée 101 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Péril jeune est un film français réalisé par Cédric Klapisch sorti en 1994. Il est considéré comme un film culte des années 1990[1],[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ce film retrace les retrouvailles après cinq ans de quatre amis qui furent lycéens de terminale au printemps 1976. Ils se retrouvent à l'hôpital pour l'accouchement de la femme de celui qui fut le cinquième de la bande et qui est mort quelques semaines plus tôt d'une overdose. C'est l'occasion pour eux de se remémorer les souvenirs des années de lycée, sur fond de révolte étudiante, de drogues, d'amour et de rock, des domaines pas forcément au programme…

Ils se souviennent des années au lycée Montesquieu. Ils se rappellent la rencontre de Tomasi avec sa future femme, Sophie, qui était en seconde à l'époque. Le groupe veut se politiser et forme le G.A.G (Groupe Anarchiste contre la Pensée Molle). Lors d'une séance de sport, Tomasi monte sur un panneau de basket pour amuser la galerie en déclarant qu'il veut une femme. Le surveillant général, Moroni, intervient et lui donne un avertissement. Dans la cours, le lycée commence une bagarre de pommes pour s'amuser. Jean-Louis, le frère de Léon, surveillant, leur dit d'arrêter et leur fait la morale en mentionnant la famine au Bangladesh. Tomasi se moque de lui. Puis une nouvelle étudiante, Barbara arrive de Londres pour animer le cours d'anglais. Elle est très jolie et les garçons tombent sous son charme. On assiste ensuite à une Assemblée Générale, où le groupe G.A.G. s'oppose aux organisateurs.

Chabert, dans sa chambre, se met à réviser son interrogatoire d'Histoire. Il s'accorde une pause où il mime de jouer au basket, de jouer au foot puis prend une raquette de badminton pour mimer un match de tennis. Zareiba révise aussi dans le salon de la maison. Son père boulanger et muet veut qu'il aide dans la boulangerie. Il refuse. Dans la famille de Léon, on assiste à un repas de famille où il discute avec son frère de Mai 68 et de la lutte des classes. Léon demande à son frère quelle est la réelle définition de la lutte des classes, celui-ci se moque de lui. Bruno, quant à lui, s'exerce à la guitare et croyant avoir trouvé quelques accords, se met à écouter un disque de Ten Years After. Il se rend du compte du fossé entre lui et l'artiste. Tomasi appelle Bruno et il lui propose d'aller acheter de la drogue. Ils s'en vont à Barbès et font la rencontre de Jo, un dealer un peu mystique. Ils vont dans un bar de hippies et Jo commence à les baratiner sur l'Inde, Katmandou et la philosophie. Tomasi et Bruno s'impatientent, les dealers leur donnent gratuitement de la poudre. Revenu en 1981 à l'hôpital, Bruno s'isole dans les toilettes pour pleurer et se rend compte de son erreur.

Le film revient en 1976, durant un cours de biologie des bac C, le groupe G.A.G fait le tour des classes pour une manifestation contre le chômage, puis ils vont dans le cours d'anglais avec Barbara. Un autre groupe va informer les sixièmes durant un cours de musique. L'après-midi, le lycée se prépare à la manif. Le cortège va jusqu'à la place de la République. On voit le groupe chanter. La police arrive et se met à charger avec les bombes lacrymogènes. On voit les manifestants s'enfuir dans le métro. La bande se retrouve dans un parc. Chabert raconte ses exploits et Marie se met à se moquer de lui. Chabert vexé, tord le bras de Marie et s'en va énervé. Tomasi et Sophie se retrouvent et discutent seul à seul. Chabert revient, dit à Marie de se raser la moustache et Marie s'en va à son tour vexée.

Zareiba se rend chez Christine, croyant qu'elle est une fille facile et se fait rembarrer. On assiste à un cours de biologie où est diffusé un accouchement filmé. La classe chahute. Puis, Bruno demande à Barbara de lui apprendre l'anglais pour pouvoir chanter ses chansons préférées. Elle est d'accord et lui propose de passer chez elle. Bruno s'y rend avec Tomasi. Il s’avère qu'elle vit dans un squat de hippies. Durant la soirée, Bruno couche avec Barbara.

Ils arrivent en retard au cours de maths, ils ont un contrôle et le prof, un peu hippie, entreprend de les détendre en les faisant s'allonger sur le sol. Lorsque l'exercice se termine, Bruno et Tomasi restent endormis. La bande se retrouve au café et discute de la veille et du fait que Bruno sorte avec Barbara. Le tenancier veut que la bande re-consomme. Tomasi l'insulte et ils se font jeter dehors. Durant le cours d'anglais, Chabert et Léon se mettent à vanner Bruno. À la fin du cours, Bruno embrasse Barbara. Puis le groupe se retrouve à l'extérieur et parle de leurs avenirs dans les cinq ans. Ils se voient ouvrir un restaurant. Chabert voit Tomasi fumeur de joint dans un square, Tomasi se voit travailler dans un cirque, Zareiba ne veut pas travailler dans une boulangerie et Chabert veut être champion du monde.

Ils se retrouvent à nouveau en 1981 et font le bilan : Zareiba bosse dans un bureau, Chabert est kiné, Bruno ne fait rien et Léon est architecte.

La trame narrative revient en 1976, la bande est invitée à manger par Gérard, le chef du squat. A la fin du repas, Gérard proposent un acide à tout le monde. Zareiba se retrouve dans la baignoire de la salle de bain en plein trip. Tomasi et Léon se moquent de lui. Bruno et Barbara se retrouvent au lit. Pendant ce temps, une partie du squat fait une partouze. Tomasi et Léon veulent partir. Chabert est en train de lancer sa balle contre le mur, ce qui agace Tomasi, il lui dit d'arrêter, ils se battent. Barbara intervient, les sépare et Tomasi couche avec Barbara. Sur le chemin du retour, la bande se chamaille. Bruno en veut beaucoup à Tomasi.

Puis vient le conseil de classe, la prof de bio veut que Chabert aille voir la psychologue scolaire et le conseil de classe lui dit de faire ses preuves à l'examen. Pour ses professeurs, Léon a des facilités. Quand vient le cas de Tomasi, qui n'a que des notes en mathématiques, doit faire ses preuves à l'examen et qu'au prochain écart, il sera renvoyé.

À la sortie du conseil, Léon raccompagne Christine. Ils discutent et Christine lui propose de monter sur les toits avec elle. Ils se mettent à l'écart et l'on sent que Christine souhaiterait que Léon l'embrasse. Il ne se passe rien. Le film revient en 1981 dans le hall de l'hôpital, ils commentent les faits et se rendent compte qu'ils se mentaient les uns aux autres à propos des filles (Chabert, au début des retrouvailles, dit qu'il a couché avec Christine, ce qui n'est pas vrai).

Le film revient en 1976, on voit Barbara préparer ses affaires avec Bruno à ses côtés. Il s'en va fâché. On voit la bande réviser, Bruno est dérangé par sa sœur qui écoute Sheila. Bruno va voir Zareiba, qui ne peut pas le voir car il travaille avec son père à la boulangerie. Bruno appelle Léon qui lui dit qu'il ne peut le voir car Mao, président de la Chine, est mort. Il appelle Tomasi qui lui dit d'aller rejoindre Barbara à la gare. Les deux arrivent trop tard au squat. On voit Gérard préparer un acide et invite les deux jeunes à rester. Tomasi reste et Bruno repart chez lui. Mal, il décide de faire ses bagages et de partir. Le film revient en 1981, dans le hall de l'hôpital, Bruno raconte qu'il est arrivé 1/2 heures après le départ du train et qu'il se sont revus deux ans plus tard, mais qu'ils avaient changé tous les deux.

Retour en juin 1976, bac blanc, Tomasi reste de plus en plus au squat à se droguer. Bruno décide de ne plus passer le bac et de partir sur la côte jouer à la guitare dans une boite. Tomasi se retrouve seul. Il se rend au lycée, se fait réprimander par Moroni car il est en retard. Il va en permanence, demander à ses potes, qui révisent, d'aller faire un flipper. Ces copains refusent, il s'énerve. C'est la rupture. Tomasi erre dépité dans le lycée, puis va au foyer et se met à tout casser. Jean-Louis, le frère de Léon surveillant, le ceinture et Moroni le met à la porte du lycée. Ses potes retournent travailler, seule Sophie va à sa poursuite. Le film revient en 1981, dans le hall de l'hôpital, les quatre amis ont des remords et se disent qu'ils l'ont laissé tomber. Ils se rendent au chevet de Sophie et du fils de leur copain Tomasi. Ils éclatent en sanglots. À la sortie de l'hôpital, ils se promettent de se revoir et vont quand même prendre un café.

Le film se termine sur un plan en contre-plongée de Tomasi souriant à la caméra, les cheveux au vent, à la fois fragile et libre, puis on le voit fermer les yeux et s'écrouler, symbolisant sa mort.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyses[modifier | modifier le code]

Le film tire son titre d'une remarque d'une personne du troisième âge entrant dans une boulangerie : « C'est plein de jeunes ici, c'est le péril jeune » par référence au « péril jaune ».

Bien que le synopsis ne donne aucune date, on peut penser que le film se déroule en 1976 car vers la fin du film, Léon prévient Bruno de la mort de Mao Zedong, le 9 septembre 1976, ce qui est incohérent, car l'action est censée se passer lors du passage du baccalauréat, donc fin juin. Ceci dit, des références dans le film portent à croire que l'action se déroulerait plutôt en 1977  :

  • Bruno révise son bac alors que sa sœur écoute un succès du disco Love me baby, or ce titre est sorti au printemps 1977 ;
  • Chabert demande à Tomasi s'il a regardé le match de Saint-Étienne contre Liverpool la veille, match qui eut lieu le 16 mars 1977.

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Le Péril jeune est à l'origine un téléfilm issu d'une collection commanditée par la chaîne Arte, intitulée Les Années Lycée. Le succès du long-métrage lui permettra de sortir au cinéma en 1995. 645 639 entrées seront comptabilisées.

Plusieurs des téléfilms de la collection Les Années Lycée présentent un cadre et des protagonistes communs  : ainsi, le Lycée Montesquieu sert de théâtre aux événements du Péril jeune, d’Un Air de Liberté, de Sa Vie à Elle et d’Attention Fragile. Certains personnages également apparaissent d'un film à l'autre. Ainsi, parmi les personnages secondaires du Péril Jeune, on retrouve notamment Jean-Louis Rouvel, frère aîné de l'un des héros, qui était le protagoniste d’Un Air de Liberté, téléfilm réalisé par Éric Barbier (qui joue lui-même un petit rôle dans Le Péril Jeune).

Distribution[modifier | modifier le code]

Ce sont les premiers grands rôles pour de futurs grands acteurs comme Romain Duris dans le rôle de Tomasi et de Vincent Elbaz pour le rôle d'Alain Chabert. Le rôle de Tomasi pour Duris marquant durablement tout son début de carrière avec des rôles de jeunes rebelles ou marginaux durant toute la seconde moitié des années 1990. Coutumier des brèves apparitions dans ses films, Cédric Klapisch signe encore un caméo dans ce film dans le rôle du jeune père sortant de la maternité.

De très nombreuses détails à propos du Lycée Montesquieu et de ses enseignants rappellent le Lycée Rodin à Paris où Cédric Klapisch a mené une partie de ses études. Ce lycée est connu pour avoir eu dans ses rangs deux protagonistes du film ainsi que de nombreux autres artistes.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paris match numéros 3060 à 3069 2008 - Page 144 : « Ensuite, ce fut Le Péril jeune. film devenu culte pour toute une génération. Mais cela a pris un moment. Le film est passé à la télé. Puis les gens l'ont vu en cassette. Cela s'est fait progressivement. » C'est l'immense succès d'« Un air de … »
  2. Première - Numéros 335 à 340 2005 - Page 150  : « Le Péril jeune, chronique des années lycée 75-76, devient quasi culte pour toute une génération, comme plus tard L'Auberge espagnole, du même Klapisch, qui fera exploser les demandes de programme d'échange universitaire Erasmus. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]