Joseph Chabran

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Officier général francais 3 etoiles.svg Joseph Chabran
Son portrait, peint par Jean-Baptiste Reboul, se trouve au musée Calvet d'Avignon et a été prêté au musée Jouve de Cavaillon
Son portrait, peint par Jean-Baptiste Reboul, se trouve au musée Calvet d'Avignon et a été prêté au musée Jouve de Cavaillon

Naissance 21 juin 1763
Cavaillon (Vaucluse)
Décès 28 janvier 1843 (à 79 ans)
Avignon (Vaucluse)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17921814
Distinctions comte
commandeur de la Légion d'honneur
chevalier de Saint-Louis
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(27e colonne).

Joseph Chabran, né à Cavaillon (Vaucluse), le 21 juin 1763, et décédé le 28 janvier 1843 à Avignon, est un général français de la Révolution et du Premier Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1763 à 1790[modifier | modifier le code]

Joseph Chabran nait le 21 juin 1763 à Cavaillon.

Il est professeur de mathématiques[1] chez les Prêtres de la doctrine chrétienne[2] et habite Draguignan à plusieurs reprises.

À une date indéterminée, il épouse une habitante de Draguignan, Louise Colla, fille d'Antoine Colla, médecin et lieutenant particulier de sénéchaussée. Louise Colla habitait 41 rue de l'observance à Draguignan.[réf. souhaitée]

Armée d'Italie[modifier | modifier le code]

Il embrasse avec chaleur la cause de la liberté, et entre dans la carrière des armes au moment où les puissances coalisées menacent de franchir les frontières françaises. Élu capitaine au 5e bataillon de volontaires des Bouches-du-Rhône le 4 août 1792 à l'âge de 29 ans[2],[3], il fait en cette qualité sa première campagne à l'armée d'Italie. En mai 1793, il obtient le grade de capitaine-adjoint provisoire à l'état-major de cette armée, combat avec distinction à l'affaire de Pérus, à celle de Lignières[2], et devient chef de bataillon adjudant-général provisoire le 8 ventôse an II, puis adjudant-général chef de brigade, le 27 prairial an III.

Chabran se signale surtout au passage du pont de Lodi le 22 floréal suivant. Il est, avec les généraux Masséna, Dallemagne, et le chef de bataillon Dupas, un des officiers de l'armée française qui décident du succès de cette journée. Après avoir donné de fréquentes preuves de valeur à la bataille de Lonato, à la prise de Corona, au combat de Montebaldo, il mérite d'être cité honorablement dans les rapports du général en chef pour sa brillante conduite à Roveredo. Élevé au grade de général de brigade provisoire à la suite de cette affaire, le 18 fructidor an IV, il combat ensuite vaillamment à la prise de Bassano.

Le 26 ventôse an V, il se distingue de nouveau au passage du Tagliamento, et y soutient, avec deux bataillons de grenadiers, les mouvements du corps de cavalerie commandé par Murat. Le gouvernement confirme sa nomination provisoire au grade de général de brigade, le 4 prairial suivant.

Lors de l'insurrection de Vérone, le général Chabran se porte rapidement sur cette ville, s'en empare de vive force, fait un exemple sévère du chef de l'insurrection ; mais il se montre aussi modéré que généreux envers les habitants, que les lois de la guerre livraient à sa discrétion. L'habileté dont il fait preuve en cette circonstance difficile détermine le gouvernement à lui confier une mission plus épineuse encore.

Armée d'Helvétie[modifier | modifier le code]

Le 26 vendémiaire an VI, il fut chargé de réprimer les désordres qui éclatèrent dans le département des Bouches-du-Rhône, ainsi que dans celui des Alpes. Il parvint à calmer les passions auxquelles ces malheureuses contrées étaient en proie, en alliant la fermeté aux moyens de conciliation. Le gouvernement lui décerna un sabre d'honneur sur la lame duquel étaient gravés ces mots : À l'adjudant-général Chabran, avec le brevet de général de brigade, pour les batailles de Lodi, Lonato, Roveredo et Trente, le 10 vendémiaire an VI.

En l'an VII, il eut ordre de se rendre à l'armée d'Helvétie, sous les ordres de Masséna, concourut, le 7 ventôse, au passage du Rhin, se porta sur l'ennemi qui se retirait dans la direction de Coire, culbuta d'abord ses colonnes à la baïonnette, et, secondé par la charge brillante que fit le 7e régiment de hussards, acheva ensuite de mettre les Autrichiens dans une déroute complète ; il prit le général Auffemberg qui les commandait, 3 000 prisonniers, 3 drapeaux, 16 pièces de canon, un grand nombre de caissons, les magasins considérables de farine et de fourrages furent les trophées de cette journée, dans laquelle le général Chabran fit des prodiges de valeur.

Le 12 floréal suivant, il engagea une action qui ne fut pas moins heureuse. Il occupait la position de Lucisteig, dans la gorge de la Lanquart, lorsque 2 000 Autrichiens, qui avaient débouché par Flaich cherchèrent à tourner cette position. Chabran les laissa s'engager dans ces lieux difficiles, puis, se mettant à la tête d'un bataillon de la 409e demi-brigade d'infanterie de ligne, il attaqua impétueusement cette colonne, la força de mettre bas les armes, et fit 1 300 prisonniers.

Promu le 5 messidor au grade de général de division, il fut chargé, quelques mois plus tard, de favoriser l'attaque générale entreprise par la droite de l'armée française sur la gauche de l'archiduc Charles. Cette attaque avait pour objet de s'emparer du massif du Saint-Gothard et de forcer les Autrichiens d'évacuer les cantons de Schweitz et d'Uri. Le 27 thermidor, Chabran franchit la Haute-Sild, surprit, repoussa les postes avancés sur la rive occidentale du lac de Zurich, s'empara des hauteurs de [Zichtenschwyl] et d'Hirzel, puis battit et détruisit presque en entier une forte colonne ennemie qui gardait la position entre Larken et Notre-Dame-des-Ermites. Ces opérations favorisèrent les attaques du général Lecourbe sur tout le cours de la Reuss, depuis Aliorff jusqu'au Saint-Gothard ; mais les Autrichiens occupaient encore le camp retranché qu'ils avaient établi à Wohand. Chabran l'attaqua, l'emporta à la baïonnette, et y fut grièvement blessé. Ce fut dans cette journée que le prince Charles, général en chef de l'armée autrichienne, dit, en parlant du général Chabran à ses officiers : « Ce général se mire dans ses grenadiers.» En effet, Chabran s'enorgueillissait de la bonne tenue de ses troupes.

Seconde campagne d'Italie[modifier | modifier le code]

À l'époque de la formation de l'armée de réserve, destinée à se porter en Italie, le premier Consul lui confia le commandement de la 5e division, composée de 4 à 5 000 hommes.

Chabran pénétra dans la vallée d'Aoste par le petit Saint-Bernard. Arrivé devant le château du Bard, on le chargea du soin de faire le siège de cette place. Il fit monter dans le clocher d'une église des pièces de canon qui battaient violemment l'enceinte du fort et déterminèrent le commandant à capituler. C'est ainsi que fut assurée la libre communication de l'armée avec la France. Le général Chabran marcha aussitôt sur Ivrée, puis sur la rive gauche du , et opéra une diversion qui contribua puissamment au succès de la bataille de Marengo, gagnée par les Français le 20 prairial an VIII.

Après la paix de Lunéville, il obtint le commandement du Piémont, et se fit remarquer dans ce nouveau poste par toutes les qualités qui distinguent l'habile administrateur ; il rétablit la tranquillité, fit renaître la confiance dans les esprits, protégea la sûreté des routes, et empêcha qu'aucun abus, aucun acte arbitraire, ne provoquât de nouvelles révoltes. Appelé, au commencement de l'an XII, à la présidence du collège électoral du département de Vaucluse, il fut nommé membre et commandeur de la Légion d'honneur les 19 frimaire et 25 prairial de la même année.

Campagne en France et en Espagne[modifier | modifier le code]

Une nouvelle coalition des puissances du Nord s'étant formée contre la France, Napoléon Ier, prêt à soutenir une guerre dont les résultats devaient être décisifs pour le pays, confia au général Chabran le soin de surveiller les mouvements des Anglais, et le chargea de pourvoir à la défense des côtes de l'Océan et des îles qui en dépendent, depuis Nantes jusqu'à la Gironde.

Lorsqu'il se fut acquitté de cette importante mission, l'Empereur lui donna le commandement du camp qu'il avait établi à Saintes, puis, en 1808, celui de la 10e division militaire. La sagesse et la modération avec laquelle il exerça ses nouvelles fonctions, le firent vivement regretter des habitants de Toulon, à l'époque où il fut obligé de les quitter pour se rendre à l'armée de Catalogne ; c'était en 1808.

Chabran entra dans cette province à la tête de cette division, et reçut l'ordre de réprimer l'insurrection qui avait éclaté à Tarragone, il sortait de cette ville où il était parvenu à rétablir la tranquillité, lorsqu'il trouva au village de l'Arboç une foule d'insurgés qu'il attaqua et mit en déroute. Il rencontra de nouveau les ennemis, au nombre de 20 000, à Molins de Rei, sur le Llobregat. Quoiqu'il n'eût que 4 000 hommes à leur opposer, il marcha aussitôt contre eux, les culbuta et les mit en pleine déroute. Nommé peu de temps après gouverneur de Barcelone, le général Chabran se concilia l'affection des habitants de cette ville par une conduite pleine à la fois de sagesse et de fermeté, de courage et de modération. Aussi, à l'époque où il se disposait à rentrer en France, le conseil municipal de Barcelone lui vota-t-il une lettre de remerciement.

Allégeance aux Bourbons[modifier | modifier le code]

Le général Chabran reçoit sa retraite après le rétablissement des Bourbons et est nommé chevalier de Saint-Louis le 19 juin 1814, avant d'obtenir le titre de comte le 23 décembre suivant.

Retiré depuis cette époque à Avignon, dans le département de Vaucluse (il a alors 52 ans), il y vit honoré et estimé.

Il est nommé maire de Cavaillon.

Il meurt le 28 janvier 1843 à Avignon, à l'âge de soixante dix neuf ans.

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Un quartier de la ville de Draguignan porte son nom. En effet, la ville a compté deux casernes dans son histoire : d'une part la caserne Abel Douay, située en plein centre-ville ; d'autre part la caserne Chabran. De 2005 à 2010, d'importants travaux de rénovation et de réhabilitation ont transformé cette dernière caserne en locaux d'habitation de standing vendus « à la découpe » à des particuliers.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Six, Les généraux de la Révolution et de l'Empire : Étude, Bernard Giovanangeli Éditeur,‎ 2002 (ISBN 2-909034-29-1), p. 32
  2. a, b et c *Colonel Michel Molières (dir.) et Natalia Griffon de Pleineville, Dictionnaire des Braves de Napoléon, vol. A-L, Paris, Le livre chez vous,‎ mai 2004 (ISBN 978-2-914288-17-0), p. 156
  3. *Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, vol. A-H, Fayard,‎ octobre 1999 (ISBN 978-2-213-60485-5), p. 414