Jean Roger-Ducasse

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Jean Roger-Ducasse

Compositeur français, Jean Jules Aimable Roger-Ducasse est né le à Bordeaux et mort au Taillan-Médoc (Gironde), le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Il termine ses études au Conservatoire de Paris où il devient l’élève d’André Gedalge et de Gabriel Fauré, dont il demeurera le disciple « préféré », en quelque sorte l’héritier spirituel et l’ami très cher. En 1902, il obtient le Premier Second Prix de Rome. Son Premier Quatuor à cordes, sa Romance pour violoncelle et piano, son Allegro appasionato et ses œuvres symphoniques traduisent sa personnalité.

Il écrit de 1901 à 1905 Au Jardin de Marguerite – où il a su faire passer l’essentiel de la poésie de Goethe – et un poème symphonique avec chant : la Sarabande. En 1909, la Suite française triomphe aux Concerts Colonne, puis Orphée sur un livret écrit par lui-même et qui suit fort bien le mythe. Ce mimodrame est monté par Léo Staats et interprété par Ida Rubinstein en .

Cantegril (personnage représentatif du Midi, entouré d’un monde extrêmement vivant) fut une œuvre moins heureuse car elle demandait beaucoup d’interprètes (32 noms) dont les rôles sont écrits avec beaucoup d’exigences. Il en fait son véritable chef-d’œuvre, qui est représenté le à l’Opéra-Comique sous la direction de Masson et Ricou avec Roger Bourdin en Cantegril d’une vérité remarquable[1]. Il écrit Ulysse et les Sirènes en 1938.

Aux ouvrages déjà cités il convient d’ajouter des pièces de piano et de musique de chambre : Petite suite, Variations sur un thème grave. En 1919, il compose une Marche française où l’on peut entendre un chant funéraire d’une rare émotion, puis Nocturne de printemps (1920) dédié à "ma chère maison des champs" au Taillan-Médoc. Il ne faut pas oublier qu'il a écrit une seule pièce pour orgue, Pastorale, rarement jouée en France de nos jours, d'une part à cause de sa difficulté. En effet, écrite en 1909, elle est une des pièces de virtuosité du début du XXe siècle. D'autre part, elle a été éclipsée par d'autres styles d'écriture plus récents. Cette œuvre jouit néanmoins d'une grande popularité aux États-Unis. Elle est éditée chez Durand.

Il succède en 1935 à Paul Dukas comme professeur de composition au Conservatoire de Paris (Tony Aubin lui succédera en 1946). Il a eu pour élèves Jehan Alain, André Lavagne.

En 1937, il écrit Ulysse et les Sirènes : l’œuvre tout entière sera d’une poésie pénétrante, avec au fond les voix du chœur dans l’orchestre. Un Deuxième Quatuor à cordes - son testament - est créé à Bordeaux le , au château de la Brède.

Il aura exercé son art simplement avec franchise. Pour certains, il pratiquait le « culte de l’impopularité ». En effet, il ne cherchait pas à plaire mais il était très scrupuleux, n’hésitant pas à détruire des œuvres qui ne lui convenaient pas.

Références[modifier | modifier le code]

  • Roger-Ducasse par Jacques de Feytaud (1958 - Musica n°46)
  • Roger-Ducasse, un élève fervent de Gabriel Fauré par Jacques Depaulis (1992 - Thèse en histoire de la musique)
  • Lettres à Nadia Boulanger présentées par Jacques Depaulis (1999 - Mardaga)
  • Lettres à son ami André Lambinet présentées par Jacques Depaulis (2001 - Mardaga)
  • Roger-Ducasse (1873-1954) - Jacques Depaulis (2001 - Séguier)
  • Lettres à Marguerite Long et à son mari, Joseph de Marliave par Jacques Depaulis (2007 - Université de Paris-Sorbonne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]