Jean Laronze

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Jean Laronze est un peintre français né à Génelard en 1852 et mort à Neuilly-sur-Seine en 1937, habitué du Salon de la Société des artistes français à partir de 1883. L'harmonie des œuvres de Jean Laronze est à l'image de sa carrière artistique. Après des débuts dans le commerce il étudie à Paris dans les ateliers de Jules Adler et William Bouguereau. Il sera vite reconnu par ses pairs pour ses paysages de Bourgogne nimbés de poésie. L'influence de Jean-François Millet est manifeste mais il développe un univers de nuances subtiles, de lignes souples au sein de compositions simples et dépouillées.

Sa palette qui emprunte le bleu et le jaune, mais étouffés par des tons gris peut évoquer certaines œuvres d'Alphonse Osbert ou Émile-René Ménard, la violence des ciels couchants de scènes paysannes, des œuvres naturalistes proches de Jules Dupré, enfin ce calme qui émane de cette œuvre doit aussi à Pierre Puvis de Chavannes. Jean Laronze peut être considéré dans certaines œuvres comme un descendant du mouvement Symboliste idéaliste égaré dans ses terres bourguignonnes.

Jeunesse (1852-1877)[modifier | modifier le code]

La vocation de Jean Laronze naît vers l’âge de 6 ans en visitant le musée d’Autun. En 1859, il entre comme élève au Lycée Lamartine de Mâcon. Ce n'est pas un élève brillant élève, mais son professeur de dessin, Eugène Chambellan (1821-1901), remarquant la qualité des caricatures qu’il effectue l’encourage dans la voie artistique. Jean Laronze fonde alors avec d’autres camarades un journal satirique, le Binocle où il signe ses dessins « Gustave Redoré ». Ce journal lui permet de développer sa passion pour l'art et l'aidera à surmonter ses études.

En 1872, à 20 ans, Jean Laronze quitte le Lycée Lamartine, sans son bac, mais récompensé de la médaille du meilleur camarade. Il part à l'armée l'année suivante où officiera un an dans l’infanterie. A son retour, Chambellan l’encourage à suivre les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Son père s’y oppose, afin qu'il puisse reprendre l'entreprise familiale. Celle-ci est spécialisée dans le transport sur eau  notamment de sable et terre réfractaire.

L'apprentissage (1877-1896)[modifier | modifier le code]

En 1878, Jean Laronze épouse Eugénie Mignot, fille d'un riche commerçant. En 1882, le jeune couple décide de s'installer à Paris dans une des demeures familiale. C'est à cette période que début réellement la carrière de l'artiste. La capitale et le soutien financier de sa belle famille, lui permettent de se consacrer entièrement à sa passion pour la peinture.

Son premier maître est Emile Dardoize (1826-1901), peintre de la nature par excellence. Il affectionne particulièrement les paysages champêtres et forestiers, dénués de personnage. L'artiste va apprendre à travailler le dessin et les nus. Durant cette période, Jean Laronze est marqué par l'influence de trois courants artistiques majeurs :

  • Des néoclassiques : école née à Rome après la découverte de Pompéi et d’Herculanum à la fin du XVIIIe siècle. Ce courant est diffusé grâce à l’Académie de France à Rome et au Grand Tour, il s’inspire de l’Antiquité et de l’époque classique (XVIe siècle). Jacques Louis David, Jean Auguste Dominique Ingres

Avec Dardoize, Laronze travaille d’abord le dessin et notamment des nus :

Il rentre ensuite aux ateliers de Tony Robert-Fleury (1837-1912) et de William Bouguereau (1825-1905), à l’Académie Julian. Là-bas, il réalise surtout des académies , des études de nus et travaille aussi l’anatomie et la perspective. Il est alors le plus vieil élève de l’atelier. Tony Robert-Fleury l’incite à visiter le Louvre pour y former son goût. En 1883, Il s'installe avec sa famille à Neuilly-sur-Seine et crée l’association « la feuillette » avec neuf autres artistes de Saône-et-Loire. Il en est le secrétaire général.

En 1887, il reçoit sa 1re récompense au Salon des artistes français avec L’Orpheline  qui obtient la mention honorable. Sa notoriété augmente et Jean Laronze développe son propre style sobre et apaisé, caractérisé par ces vastes et calmes paysages de la campagne charolaise, entourés de brumes. Sa prédilection pour l’eau qui n’est pas sans rappeler Daubigny, l’incite à chercher son inspiration le long des berges de l’Arroux, de la Bourbince et de la Loire. Son attachement au travail de Lamartine se retrouve dans la mélancolie de ses toiles.

Jean Laronze écrit également des chroniques et articles dans le Journal des Arts sous le pseudo "Jean Fusain".

Les années 1890 sont marquées par un grand vide, autant au niveau professionnel que personnel. Son beau père décède en 1890, tout comme ses deux filles à deux jours d'intervalle des suites d'une méningite foudroyante.

Ces événements tragiques stoppent la production de Jean Laronze durant deux ans.

La confirmation (1896-1918)[modifier | modifier le code]

 Son ami et maître Bouguereau le remotive et le fait entrer à l'association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et dessinateurs dont il est le président depuis 1883. Le but de cette association est de venir en aide aux artistes nécessiteux. Cette activité va permettre à Laronze de relativiser son malheur. Il va ainsi se remettre à peindre.  

En 1896, Jean Laronze expose à nouveau au Salon des Artistes Français. Il propose une toile par an au jury. En 1898, il reçoit la médaille de 3e classe grâce à "la Bourbine à Génelard". En 1899, il reçoit la médaille de 2e classe pour "le Calme". Cette toile sera exposée en 1900 à l'exposition universelle de Paris, achetée par l'Etat et exposée dès 1902 au Musée des Ursuline à Mâcon. En 1901, sa toile " le champ rose " est acquise par le Musée des Beaux Arts de Dijon. En 1903, "l'Angélus est acquise par l'Etat pour le Musée du Luxembourg. 

Les séquelles causées par la méningite sur son fils Jean pousse Jean Laronze et sa famille à faire des séjours réguliers au bord de la mer dès 1904. De ces voyages, l'artiste peint les plages de la manche entre 1904 et 1909. Il présente ainsi au Salon des ARtistes Français une série de pêcheurs, bateau, barque qui est accueillie chaleureusement. 

Bien que très attiré par la mer, il reste fidèle à sa Bourgogne natale en rédigeant en 1903, la préface de la réédition des Chroniques du Charolais, l’ouvrage de 1842, publié par Joseph Louis Havard, père de son ami Henry Havard (Inspecteur général des Beaux-Arts).  

le 22 juillet 1906, Jean Laronze est nommé Chevalier de la légion d'Honneur. Jean - Louis Chorel (peintre et sculpteur) réalise alors son buste actuellement exposé au Musée du Prieuré, à Charolles. 

Durant la première guerre mondiale, Jean Laronze arrête peindre jusqu'e 1919. Très patriote, il va écrire des chroniques très engagées et aider les blessés de guerre. Il va perdre plusieurs de ses élèves. Les seules réalisation au fusain, sont créées pour servir la cause patriotique. Jean Laronze perd également son fil, en 1918, des suites de la méningite qu'il avait contractée en 1894. 

L'accomplissement (1918-1937)[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Jean Laronze se remet à peindre et expose de nouveau au Salon des Artistes Français. Sa toile l'étang de Champcenot proposée en 1921, est acquise par la Mairie de Paris. Sur la plage de Berck en 1920 est acquise par le Baron de Rotschild qui l'offre au Musée de Tarbes.

Fasciné par la Loire, et les couleurs changeantes du ciel au petit jour ou au soir, les années 1920 seront marquées par de nombreuses productions sur ces thèmes. Il vend alors ses toiles à l'étranger.

En 1930, un projet d'ouverture d'un Musée Jean Laronze dans la ville de Charolles est évoqué. L'artiste donne alors une vingtaine de ses peintures et dessins ainsi que de nombreuses œuvres qu'il a achetée au cours de sa vie. Le site est inauguré en 1933 à la salle du bailliage de Charolles.

L'artiste décède le 12 février 1937.

Son travail[modifier | modifier le code]

La peinture de Jean Laronze, exprime toute la poésie de la nature dans laquelle l’Homme trouve harmonieusement sa place. La nature chez Laronze est toujours représentée comme un idéal d’ordre et de beauté simple. Il a toujours ignoré les bouleversements du monde moderne  industriel.

Ses premières œuvres représentent une nature omniprésente, dans laquelle il y a peu de contraste. Jean Laronze est alors un peintre du jour, qui ne peint ni aube, ni coucher de soleil. C'est sous l'influence de William Bouguereau que Jean Laronze se découvre une passion pour la couleur.

Jean Laronze fait presque systématiquement précéder ses toiles de dessins et études préparatoires. La plupart des fusains portent des rehauts de craie et de pastel. Le Musée du Prieuré à Charolles, dispose de nombreuses de ses études.

Jean Laronze a toujours été reconnaissant envers ses professeurs. Il fera d’ailleurs élever une statue à la mémoire de Chambellan dans la cour du Lycée Lamartine. Lui sera un professeur très généreux mais aussi très exigeant.

Tous ses élèves seront bourguignons :

  • Jacques Cancaret
  • Louis Charlot (1878-1951/ Ecole Française)
  • Edme Lex
  • Claude Rameau (1876-1955)
  • Jean Bonnet
  • Marie-Louise Lauféron
  • José Mingret

Le Musée Jean Laronze fermera sera transféré dans les années 80 au Couvent des Clarisses puis fermé. L'ensemble de la Collection est désormais regroupé au Musée du Prieuré à Charolles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]