Jean-Bernard Rousseau

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Jean-Bernard Rousseau
Biographie
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Sainte-MarieVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jean-Bernard Rousseau (frère Scubilion) est né le à Annay-la-Côte dans l'Yonne, et mort le à Sainte-Marie dans l'île de La Réunion. Jean-Bernard Rousseau est un frère des Écoles chrétiennes. Il a été béatifié le 5 février 1989.

Une jeunesse en France métropolitaine

Jean-Bernard Rousseau est né le 22 mars 1797 à Annay-la-Côte et passe son enfance à Tharoiseau en Bourgogne. Il meurt le 13 avril 1867 à La Réunion[1],[2]. D'une famille de catholiques ardents qui avait caché des prêtres réfractaires pendant la Révolution, il décide de consacrer sa vie à servir les autres. Il entre donc chez les Frères des écoles chrétiennes. Il arrive à Paris, entre au noviciat le 9 novembre 1822, pour y faire l'apprentissage de sa vie religieuse, et prend le nom de frère Scubilion. Après cinq ans d'étude et d'enseignement, Frère Scubilion prononce ses vœux perpétuels, le 27 septembre 1827[3].

À La Réunion avant l’abolition de l’esclavage

  • Le 14 juillet 1833, le navire Le Commerce arrive en rade de Saint-Denis de la magnifique île de La Réunion où l'esclavage n'est pas encore aboli avec à son bord le frère Scubilion et les frères Jean de Martha et Vétérins.
  • 1833-1843 : Jean-Bernard Rousseau enseigne aux enfants pauvres de Saint-Benoît et de Saint-Paul. Il se heurte à une réalité inconnue en métropole, l'esclavage. Il se fait le défenseur des esclaves[4]. Il lutte contre les mauvais traitements et les abus dont sont victimes les femmes esclaves. Il s’occupe notamment de Biney, une esclave originaire de Madagascar que son maître avait estropiée malgré les lois votées par la monarchie de Juillet interdisant les mauvais traitement envers les esclaves. Le cas Biney est resté célèbre car frère Scubilion obtint la condamnation du maître cruel.
  • Le 17 novembre 1843, Jean-Bernard Rousseau est nommé à Saint-Leu. Les Noirs y sont nombreux. Il devient l'enseignant, le défenseur et l'avocat de leur communauté. Il prépare plus d'un millier d'esclaves au baptême et à la première communion.
  • Frère Scubilion inaugure les classes du soir pour les esclaves et est surnommé le « catéchiste des esclaves »[4].

À La Réunion après l’abolition de l’esclavage

  • Le 20 décembre 1848, Sarda Garriga le gouverneur de l’île proclame l’abolition de l'esclavage. La transition de servitude à la liberté s'accomplit sans violence, aboutissement d’un dur combat pour la liberté. Le Frère Scubilion, en lien avec son évêque et les curés de l’île, y a beaucoup contribué par l’instruction et l’évangélisation. Frère Scubilion pense que les anciens esclaves doivent continuer à travailler dans les plantations, seule façon de maintenir une activité économique dans l'île et une dignité des anciens esclaves par le travail. La résignation des uns et le paternalisme des autres peuvent permettre à chacun de continuer à vivre. Ses positions sont combattues par les premiers socialistes de l'île qui réclament le partage de plantations.
  • En septembre 1850, Jean-Bernard Rousseau est nommé à La Possession et se dévoue sans compter, convertissant en foule les Noirs.
  • En 1856, Jean-Bernard Rousseau enseigne à Saint-Denis, à Salazie et à Sainte-Marie. Sa flamme apostolique l’amène à la rencontre des ouvriers des plantations de cannes à sucre et de leurs usines, fondant avec eux une mutuelle ouvrière.
  • 1866 : Jean-Bernard Rousseau fait un bref séjour de missionnaire à Madagascar afin d’y ouvrir une école.
  • 1867. De retour à La Réunion, frère Scubilion meurt à Sainte-Marie, le 13 avril 1867. Jusqu'à sa mort, il a œuvré à réconcilier anciens esclaves et anciens maîtres. La ville de Sainte-Marie est plongée dans le deuil et la consternation. Un défilé ininterrompu de fidèles vient prier auprès du défunt. Le corps du religieux devient aux yeux de chacun, une relique. Les funérailles ont lieu le 14 avril 1867, une foule immense accourt de toute l'île. De son vivant, déjà frère Scubilion était vénéré comme un saint par la population de son quartier.

Au-delà de la mort

À sa mort, on transporte sa dépouille mortelle dans un sanctuaire commémoratif, un sarcophage de marbre abrite ses restes.

On vient se recueillir de loin sur sa tombe. Des guérisons ou conversions inespérées se produisent, parmi lesquelles la guérison du petit Octave sourd et muet qui a pu réentendre et parler. Sur le lieu de sa sépulture, poussait un hibiscus. Les pèlerins en arrachent les feuilles, puis l'écorce, puis la racine[5]...

  • 1902 : Devant cette ferveur populaire, les autorités religieuses décident l'ouverture d'un procès de béatification en 1902 qui n'aboutit pas[6].
  • En 2014, le bienheureux frère Scubilion est toujours très présent dans les chambres des malades hospitalisés, sous forme d’image pieuse. Il est fait appel à lui pour obtenir la guérison ou le soulagement.

Notes et références

  1. « Bienheureux Jean-Bernard Rousseau (1797-1867) Frère Scubilion », La France des Saints,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « Jean-Bernard Rousseau Frère Scubilion, Frère des Écoles Chrétiennes, Bienheureux 22 mars 1797 - 13 avril 1867 », Nouvelle Évangélisation,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. « Renseignements sur un Frère », sur www.archives-lasalliennes.org (consulté le )
  4. a et b « Une célébration en souvenir de Jean-Bernard Rousseau avait lieu dimanche à Avallon », L'Yonne Républicaine,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. Frère Scubilion et le journal d'un apôtre à La Réunion, collection "Les grandes heures des Chrétiens", Univers-Media, 1980, 47 pages, (ISBN 2-85974-032-5)
  6. André Fermet, À l'île de la Réunion un évangile de liberté: Jean-Bernard Rousseau, Frère Scubilion, 1797-1867, Desclée de Brouwer, Paris, 1985.
  7. Frère Scubilion Qui es-tu ? Nouvelle Imprimerie Dionysienne, 1987, 87 pages.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes