Image pieuse

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Un image pieuse du Sacré-Cœur.

Dans la tradition catholique, les images pieuses sont des images de dévotion (noir et blanc ou couleur) de petit format (similaire à cette d'une carte à jouer), produites en masse à l'usage des fidèles.

La tradition catholique après le Concile de Trente[modifier | modifier le code]

L’Église, grâce à la propagation de la presse, s'est attachée à développer dès le XIVe siècle l'édition et la diffusion entre les fidèles de représentations moins artistiques mais tout aussi expressives que ses commandes de prestigieux chefs-d'œuvre religieux[1].

Même si les images pieuses sont dénuées de la valeur liturgique qu'on peut associer aux icônes et ne sont en origine qu’un simple objet de dévotion et support à la foi (parmi d’autres rites sacramentaux presque oubliés de nos jours comme médailles, scapulaires et statuettes), elles deviennent aussi auxiliaires actives dans la doctrine et une partie importante de la culture populaire visuelle des catholiques romains[2]. Situés à mi-chemin entre l’objet religieux – considéré comme une relique - et le souvenir touristique ou l'objet à consommer[3], ces images de petite taille ont donc connu une grande prolifération des années 1830 à la fin des années 1950 en devenant les articles de dévotion les plus répandus dans la nouvelle culture de masse de la société contemporaine.

Usages[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle se répandent les petites images que l'on peut insérer dans les textes imprimés, en particulier les missels, éventuellement comme marque-page ou comme support thématique.

L'habitude se développe aussi d'offrir des images en marge des cérémonies religieuses (baptême, communion, confirmation, funérailles, ordination), en tant que souvenirs : la famille achète avant le jour de la cérémonie un nombre suffisant d'images différentes et personnalisées avec un texte manuscrit ou imprimé rappelant l'identité, la nature de la cérémonie (sacrement), la date et lieu.

Les images dévotes sont aussi utilisées pour leur valeur de protection ("images de préservation"). Le fidèle qui porte souvent ses images épinglées sur ses vêtements ou dans ses poches s'en sert pour demander au saint personnage représenté sur l’image soit une faveur particulière soit une protection des accidents ou des maladies ou des petits maux (mal de gorge, crampes, insomnie)[4]. La protection apportée par les images pieuses s’étend aux biens matériels: une image de la Vierge, placée dans la maison et les bâtiments, protège des incendies, une image de saint Christophe, dans la voiture, prévient les accidents sur la route, le Sacré-Cœur bénit les maisons où l’image de son cœur est exposée et honorée[4].

Le dos contient généralement une prière, dont certains promettent une indulgence pour sa récitation[5] (par exemple la prière à Jésus crucifié), ou des litanies pour inciter les croyants à réciter les prières et à se recueillir (l’image de l’angélus, placée dans la maison familiale, rappelle à chacun son devoir de chrétien).

Le style graphique[modifier | modifier le code]

Pour leur reproduction massive et nature iconographique, ces petites images sont considérées comme des exemples d’anonymat stylistique.

Pour diversifier les images proposées aux fideles, les images rectangulaires ont été complétées par des images découpées selon une autre forme, par exemple en ogive évoquant les vitraux de certaines églises, ou pourvues d'un jour découpé selon un contour du sujet imprimé (le contour d'un vitrail encore) ; d'autres, de la famille dite des canivets, sont pourvues sur tout ou partie de leurs marges d'une délicate perforation imitant la dentelle. Il s'agit là d'une activité en soi, le découpage manuel au canif, qui sera ensuite réalisé industriellement.

Les thématiques[modifier | modifier le code]

Les thématiques de l'image pieuse sont innombrables. Elles dépeignent généralement:

  • épisodes de la Bible, surtout représentations saint-sulpiciennes;
  • représentation de la Vierge ou du Christ;
  • anges ou symboles religieux;
  • scènes religieuses de saints (hagiographie);
  • cérémonies religieuses (déroulement de la messe).

Collectionnisme[modifier | modifier le code]

Les images pieuses et, par extension, toutes les expressions de piété populaire, font l’objet de collection de la part des canivettistes[6].

Indépendamment de leur sujet qui fut l'expression d'une foi, on peut en apprécier la délicatesse et la richesse ornementale. La bibliothèque du Saulchoir à Paris, rue de la Glacière, en a recueilli un certain nombre qui firent l'objet d'une exposition à Paris, en 1984 au Musée-Galerie de la Seita, Un Siècle d’images de piété, 1814-1914.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://culture-et-debats.over-blog.com/article-877151.html
  2. http://books.google.it/books?id=KTPlxDxkcUoC&pg=PA263&lpg=PA263&dq=%22Images+pieuses+sont%22&source=bl&ots=nnqmJQlfT_&sig=mv5wu7D0lsBAgjI4AHnlvaZ676M&hl=it&sa=X&ei=MZoBT8a2O4_a4QSTsNCNCA&ved=0CE4Q6AEwBg#v=onepage&q=%22Images%20pieuses%20sont%22&f=false
  3. http://revues.unilim.fr/nas/document.php?id=375&format=print
  4. a et b http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca/fr/b/page_b_5a_c6_02.html
  5. http://www.penitenzieria.va/paenitentiaria/news.php?idnews=88
  6. http://www.lexpress.to/archives/2338/

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Lessard, Les petites images dévotes. Leur utilisation traditionnelle au Québec, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1981, 174 p.
  • Jean Comby, Diffusion et acculturation du christianisme : (XIXe-XXe siècle) : Vingt-cinq ans de recherches missiologiques par le CREDIC, Karthala, 670 p. (ISBN 2845866755)
  • Louis Schlaefli, « Guerres mondiales et images pieuses », in Cahiers alsaciens d'archéologie d'art et d'histoire, 2007, no 50, p. 165-184

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]