Jean-Baptiste Scalabrini

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Bienheureux Jean-Baptiste Scalabrini
Image illustrative de l'article Jean-Baptiste Scalabrini
Monseigneur Jean-Baptiste Scalabrini
Apôtre du catéchisme, père des migrants
Naissance 8 juillet 1839
Fino Mornasco
Décès 1er juin 1905  (à ans)
Plaisance
Nationalité Flag of Italy.svg Italienne
Béatification 9 novembre 1997
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 1er juin

Jean-Baptiste (Giovanni Battista) Scalabrini 1839 - 1905, évêque, apôtre du catéchisme, fondateur de congrégations, est considéré comme le Père des migrants.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Né le 8 juillet 1839 à Fino Mornasco, dans le diocèse de Côme en Italie, troisième d'une famille de huit enfants, dont le père était marchand de vin.

En 1863, à l'âge de 23 ans, il est ordonné prêtre et rêve de devenir missionnaire. Son évêque lui ayant refusé cette orientation (« Vos Indes sont l'Italie », il passe sept ans au Petit Séminaire de Côme, comme professeur, sous-directeur, et enfin directeur. Durant l'épidémie de choléra, en 1867, il se distingue par son dévouement pour soigner les malades et reçoit à ce titre la médaille du mérite civil.

De 1870 à 1875, il est curé de San Bartolomeo à Côme, où il crée un jardin d'enfants. Il écrit un "petit catéchisme" novateur, s'occupe des sourds-muets à l'aide d'une nouvelle méthode phonique, fonde la Société de Secours Mutuel pour lutter contre le chômage endémique dans sa région.

Pendant ce temps, en 1872, il donne une conférence à la cathédrale Santa Maria Assunta de Côme, sur le dogme de l'Infaillibilité pontificale récemment promulgué, ce qui lui vaut les félicitations de Pie IX. Conseillé par Don Bosco, le pape le nomme évêque de Plaisance. Jean-Baptiste Scalibrini avait 37 ans. Sur sa crosse d'évêque figurait la mention suivante : Charitatis potestas (puissance de la charité), tandis que son blason représentait l'échelle de Jacob, avec la devise, inspirée de la Genèse (28,12-13), Vidi Dominum innixum scala (J'ai vu le Seigneur appuyé sur l'échelle).

Soutenu par une vie spirituelle profonde et intense, Jean-Baptiste Scalabrini a œuvré toute sa vie pour son diocèse, ses frères les plus pauvres, la promotion des laïcs chrétiens pour la plus grande gloire de l'église et du pape. Il répétait souvent : « Si seulement je pouvais me sanctifier et sanctifier toutes les âmes qui me sont confiées! ».

Il s'est éteint le 1er juin 1906, jour de l'Ascension à Plaisance, après une intervention chirurgicale, suite à une grave maladie contractée durant ses longs voyages sacerdotaux.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Le cadre[modifier | modifier le code]

La situation économique de la région de Côme n'était guère florissante. La population manquait de travail. Les ouvriers étaient obligés de migrer ailleurs dans le pays selon les saisons, pour aller en Piémont ou en Lombardie afin d'y trouver de l'embauche. Certains migraient définitivement à l'étranger. La vie religieuse y était aussi très pauvre. Les fidèles restaient ignorants et les prêtres insuffisamment formés. Toutes ces observations locales orientèrent l'apostolat de Jean-Baptiste Scalabrini.

Visites diocésaines[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Scalabrini tenait tout particulièrement à visiter ses paroisses dont certaines n'avaient pas vu l'évêque depuis 300 ans. Il en profitait pour consacrer des églises, régulariser des mariages, confesser les fidèles et apaiser les querelles.

Formation des prêtres[modifier | modifier le code]

Constatant le manque d'instruction et de formation des séminaristes, il entreprit de réformer leur enseignement, en créant des laboratoires d'études, en introduisant une retraite annuelle pour y discuter des problèmes moraux et matériels qui pouvaient se poser dans les paroisses. Enfin, il réinstaura les Synodes diocésains, tombés en désuétude depuis plusieurs siècles.

Promotion des laïcs[modifier | modifier le code]

Pour lutter contre le manque de connaissances religieuses de ses paroissiens, Jean-Baptiste Scalabrini a travaillé à la conception de livres de catéchisme depuis le petit catéchisme à l'usage des enfants, jusqu'au manuel pour adultes. Il fonde aussi une revue Le catéchisme catholique. Le pape Pie IX l'y encourage vivement : « Aujourd'hui on se préoccupe trop du 2e étage des maisons, mais trop peu du 1er qui est aussi fondamental. Le catéchisme est précisément le fondement par où toute prédication et toute œuvre pastorale devrait commencer. Avec de bons catéchistes, on sauve la société. ». Peu de temps après, Monseigneur Scalabrini publie un ouvrage intitulé : Le catéchisme catholique. Considérations, qui sera l'un des premiers traités sur la catéchèse. Le pape Léon XIII l'en félicite et déclare Plaisance ville du catéchisme. L'évêque tient à Plaisance le premier Congrès catéchistique national. Parmi les nombreux cardinaux et évêques présents figurait Monseigneur Giuseppe Sarto, le futur Pie X.

Prédication[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Scalabrini fut un remarquable prédicateur. Il a publié plus de 60 lettres pastorales, diverses brochures, et même un quotidien intitulé L'ami du peuple à partir de 1896.

Lutte contre la misère[modifier | modifier le code]

Durant l'hiver 1879-1880, la province de Plaisance fut la proie d'une importante famine. L'évêque crée cinq comités pour lutter contre le fléau, vend carrosse, chevaux, jusqu'à la croix et le calice offerts par Pie IX pour venir en aide aux victimes de ce fléau.

Le Père des Migrants[modifier | modifier le code]

Le pays, encore peu industrialisé, et la terre cultivée selon des méthodes traditionnelles, ne suffisaient plus à faire vivre correctement les habitants qui durent émigrer en grand nombre : huit millions pendant les trente années de l'épiscopat de Jean-Baptiste Scalabrini. Ces populations pauvres étaient exploitées par des agents sans scrupules à tel point que Monseigneur Scalabrini parlait de traite des blancs. Il décida donc de leur apprendre à lire, et de leur donner des rudiments d'instruction afin qu'ils ne perdent pas leur racines dans leur pays de destination.

Le corps de Mgr Scalbrini, dans le Dôme de Plaisance. Le cercueil fut ouvert au cours de l'année 2004 à l'occasion du centenaire de sa mort.

À cet effet, il fonde en 1887 la Congrégation des Missionnaires de Saint Charles (branche masculine). Par ailleurs, il demande à Sainte Françoise-Xavière Cabrini d'envoyer des religieuses parmi les italiens partis aux États-Unis. Cette dernière sera ultérieurement déclarée Patronne des émigrants par Pie XI.

En 1895, il fonde la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Saint Charles. Parallèlement, il donne des conférences dans toute l'Italie pour éveiller les esprits à ce problème. Enfin, en 1901, il part à son tour aux États-Unis où il rencontre le Président Theodore Roosevelt.

Sur le conseil du pape Pie X, en 1901, il part pour le Brésil, qui sera un voyage triomphal. C'est à cette date qu'il rédige un mémoire adressé au cardinal Rafael Merry del Val, secrétaire d'État de Pie X, dans lequel il demande que soit instituée une Commission centrale pour tous les émigrés catholiques. En réponse, un « Bureau pour le Soin spirituel des Émigrants » sera mis sur pied à la Congrégation Consistoriale. Il verra son importance et son domaine d'action augmenter progressivement, avant d'être érigé en dicastère en 1988 par Jean-Paul II : c'est l'actuel Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, responsable de l'accompagnement des migrants par l'Église[1].

Le 13 avril 2013, son cercueil a été violé par des voleurs qui ont emporté l'anneau, la croix, un rosaire en or et le calice[2]. Le 2 mai, l'évêque Gianni Ambrosio a présidé une veillée de réparation[3] puis, le 1er juin, il a présidé une liturgie à l'occasion de la remise du cercueil dans la cathédrale[4]. Si deux des trois voleurs sont en résidence surveillée, les reliques par contre n'ont pas été retrouvées[5].

Béatification[modifier | modifier le code]

Le 9 juillet 1955, le patriarche de Venise, Monseigneur Roncalli, futur pape Jean XXIII, écrivait déjà à Pie XII : « Saint Père, j'ai eu la chance de voir de mes yeux et d'écouter de mes oreilles la parole de ce vénérable évêque. De ces très brèves rencontres et de la parole et des jugements de mon évêque, je me fis de Mgr Scalabrini une haute et claire idée : c'était un évêque très pieux, érudit, zélé et généreux dans le service de Dieu et des âmes. »

Il sera béatifié le 9 novembre 1997 par Jean-Paul II en même temps qu'un autre évêque, martyr, Vilmos Apor.

Fête[modifier | modifier le code]

Le 1er juin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]