Jacques Alexandre Bixio

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Jacques Alexandre Bixio
Image illustrative de l'article Jacques Alexandre Bixio
Fonctions
Ministre de l'Agriculture et du Commerce
20 décembre 184829 décembre 1848
Président Louis-Napoléon Bonaparte
Premier ministre Odilon Barrot
Gouvernement Odillon Barrot I
Prédécesseur Charles Gilbert Tourret
Successeur Louis Joseph Buffet
Vice-président de l'Assemblée constituante
Député du Doubs
23 avril 18482 décembre 1851
Chef du cabinet du gouvernement provisoire
1848
Biographie
Date de naissance 20 novembre 1808
Lieu de naissance Chiavari (Italie)
Date de décès 16 décembre 1865
Lieu de décès Paris (France)

Jacques Alexandre Bixio, né le 20 novembre 1808 à Chiavari (Italie) et mort le 16 décembre 1865 à Paris, est un agronome et homme politique français d'origine italienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Venu jeune en France, il fit ses études au collège Sainte-Barbe, étudia ensuite la médecine et fut reçu docteur ; mais il n'exerça point et se livra à des publications scientifiques et littéraires.

Il publia divers ouvrages relatifs à l'agriculture et écrivit dans Le National sous Louis-Philippe Ier. Il participa avec Buloz à la création de la Revue des deux Mondes, fonda avec Barral le Journal d'agriculture pratique en 1837, reprit avec Ysabeau la direction de la Maison rustique au XIXe siècle, puis publia l’Almanach du jardinier, l’Almanach du cultivateur, l'Annuaire de l'horticulteur, etc. Bixio dirige la Maison rustique du XIXe siècle (Paris, Librairie agricole de la maison rustique, 1834-1837, 4 grands vol. in-8° à 2 col.), avec Charles-François Bailly de Merlieux et Malepeyre ; il s'occupe seul de l'édition de 1844[1]. Il dirige aussi le Journal d’Agriculture pratique, de Jardinage et d’Économie domestique de 1837 à 1848 (Paris, au Bureau de la Maison rustique), et le périodique continue jusqu’en 1879 sous le titre de Journal d’agriculture pratique[2].

Au moment de la révolution de février 1848, il présidait le comité électoral du 10e arrondissement de Paris ; le 23 février, défenseur de l'ordre, il se porta à la tête de 200 hommes contre les barricades de la rue Saint-Jacques ; après l'abdication de Louis-Philippe, il se prononça pour la régence, et fut même chargé, a-t-on dit, par les membres les plus modérés du gouvernement provisoire d'aller retirer de l'imprimerie royale la proclamation de la République destinée au Moniteur. Mais, lorsque les événements se furent précipités, Bixio accepta les fonctions de chef du cabinet du gouvernement provisoire ; puis, l'Italie s'étant soulevée contre l'Autriche, il fut envoyé, en qualité de chargé d'affaires près la cour de Sardaigne. Il y était encore lorsque le département du Doubs le nomma représentant à l'Assemblée constituante. À la nouvelle de la tentative du 15 mai, il envoya au ministre des affaires étrangères une protestation contre les promoteurs de l'envahissement de l'Assemblée, et, prévoyant d'autres événements, sollicita son rappel. Le désir de Bixio ne fut exaucé que dans les premiers jours de juin.

De retour à Paris, il prit part avec les députés partisans de Cavaignac à la répression de l'insurrection de juin, qu'il combattit les armes à la main. II se trouvait auprès du général Bedeau, lorsque cet officier fut blessé rue Saint-Jacques et obligé de s'éloigne. Bixio ramena alors a l'attaque les troupes, fort ébranlées par la résistance opiniâtre des défenseurs de la barricade, et à son tour fut frappé d'une balle qui lui traversa la poitrine. La blessure étant moins grave qu'on ne l'avait cru d'abord, Bixio reprit bientôt sa place à l'Assemblée, qui le nomma son vice-président, et le confirma cinq fois de suite dans cette fonction. Bixio vota à la Constituante : le 26 août 1848, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière ; le 18 septembre, pour l'abolition de la peine de mort ; le 25 septembre, contre l'impôt progressif ; le 7 octobre, contre l'amendement Grévy ; le 21 octobre, pour l'abolition du remplacement militaire (amendement Deville) ; le 2 novembre, contre le droit au travail ; le 25 novembre, pour l'ordre du jour de félicitations au général Cavaignac ; le 28 décembre, contre la réduction de l'impôt du sel ; le 12 janvier 1849, pour la proposition Rateau ; le 16 avril, pour le crédit de 1 200 000 francs pour l'expédition de Rome ; le 2 mai, pour l'amnistie des transportés.

Caricature de Bixio en 1848-49, par Cham.

Dans le premier cabinet formé par Louis-Napoléon Bonaparte, après son avènement à la présidence de la République, Bixio avait accepte le portefeuille de l'Agriculture et du Commerce le 20 décembre 1848 ; il le déposa huit jours après, et fut remplacé le 29 décembre par Buffet.

À la séance du 30 mars 1849, sous le coup de l'émotion produite par la nouvelle de la défaite de l'armée piémontaise et du roi Charles Albert, à Novare, Bixio fut chargé par le comité des Affaires étrangères de proposer à l'Assemblée la résolution suivante : « L'Assemblée nationale, jalouse d'assurer la conservation des deux plus grands intérêts qui lui soient confiés, la dignité de la France et le maintien de la paix fondée sur le respect des nationalités ; s'associant au langage tenu, dans la séance du 28 mars courant, par M. le président du conseil ; confiante, d'ailleurs, dans le gouvernement du président de la République (Bruits divers), déclare que, si, pour mieux garantir l'intégrité du territoire plémontais et mieux sauvegarder les intérêts et l'honneur de la France, le pouvoir exécutif croyait devoir prêter à ses négociations l'appui d'une occupation partielle et temporaire de l'Italie, il trouverait dans l'Assemblée nationale le plus sincère et le plus entier concours. » (Mouvements en sens divers).

Après une longue discussion à laquelle prirent part le ministre des Affaires étrangères Drouyn de Lhuys, MM. Billault, Thiers, Ledru-Rollin, Cavaignac, Odilon Barrot, président du Conseil, et Dupont (de Bussac), l'ordre du jour pur et simple, réclamé par le général Baraguey d'Hilliers fut rejeté, et l'ordre du jour Bixio, appuyé par Jules Favre et amendé par le représentant Payer (des Ardennes), fut adopté à 444 voix de majorité contre 320 (la droite tout entière vota pour l'ordre du jour.).

Réélu par le Doubs à l'Assemblée législative, le 13 mai 1849, en même temps que par le département de la Seine, Bixio opta pour le Doubs, suivit jusqu'au bout l'inspiration de Cavaignac. C'est vers cette époque qu'il fit, avec Barral, une ascension aérostatique assez périlleuse, et qu'il eut un duel, sans conséquence sérieuse, avec Thiers, au sujet d'un propos attribué à ce dernier, concernant l'élection du 10 décembre.

Au coup d'État du 2 décembre 1851, il fut un des représentants qui se rendirent à la mairie du 10e arrondissement de Paris et y prononcèrent la déchéance du prince-président. Il portait le décret à l'imprimerie, lorsque ses collègues furent arrêtés ; il alla aussitôt réclamer sa place parmi eux. Après un mois de captivité, Bixio rentra dans la vie privée, et ne s'occupa plus que de science et d'entreprises industrielles.

À la cérémonie civile de ses obsèques, le 18 décembre 1865, le prince Jérôme Napoléon, arrivé de Frangins tout exprès dans la nuit, marchait à côté de Nigra, ambassadeur d'Italie à Paris.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille à l'effigie de Bixio a été réalisée par le graveur Émile Rogat en 1848, après les journées de juin. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 184).

Il est le père de Maurice Bixio qui donna son nom à la rue Bixio à Paris.

Source[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. autre éd., 1847 ; Paris, Libraire agricole de la Maison rustique, 1849 ; Paris, id., 1854-1855, 5 vol. in-4°, 1859-1862, 5 vol. in-4°, 1863-1868, 3 vol. in-8°, et 1878-1881, 5 vol. in-4° / v. Florian Reynaud, Les bêtes à cornes dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, 2009, annexe 2 (4. 1834)
  2. Florian Reynaud, Les bêtes à cornes dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, Caen, thèse de doctorat en histoire, 2009, annexe 2 (périodiques)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]