Jack Levine

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Jack Levine

Nom de naissance Jack Levine
Naissance 3 janvier 1915
Boston, Massachusetts Drapeau des États-Unis (États-Unis)
Décès 8 novembre 2010
New York, NY Drapeau des États-Unis (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Activités Artiste-peintre
Formation École du musée des beaux-arts de Boston (en)
Harvard
Maîtres Denman Ross (en)
Mouvement artistique Expressionnisme figuratif new-yorkais
Réalisme social
Influencé par Soutine
Daumier
Titien

Œuvres réputées

Feast of Pure Reason
Welcome Home
Panethnikon

Jack Levine est un peintre américain né le 3 janvier 1915 dans le South End de Boston, Massachusetts et mort le 8 novembre 2010 à New York, NY[1]. À rebours des canons abstraits de l'époque, il a inscrit l'ensemble de son œuvre dans le courant réaliste.

Jack Levine est le père de la peintre Susanna Levine-Fisher.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Né de parents émigrés lituaniens, il est le cadet d'une famille de 8 enfants. Il débuta la peinture au sein de l'école du musée des beaux-arts de Boston (en) avec son ami Hyman Bloom (en). Il bénéficia par la suite du soutien de Denman Ross (en), professeur de peinture au département de peinture d'Harvard, qui organisa une exposition de ses premières œuvres au Fogg Art Museum.

Après quatre ans à Harvard, de 1929 à 1933, Jack Levine bénéficie du soutien de la Works Projects Administration, agence publique américaine mise en place en 1935 dans le cadre du New Deal soutenant, entre autres, les arts par ses commandes. Il émerge très vite comme le montre l'acquisition et l'accrochage de Feast of Pure Reason[2] (1937) par le Museum of Modern Art de New York, malgré les réticences des banquiers et industriels qui l'ont fondé et le financent[3]. Cet œuvre représente en effet un officier de police, un capitaliste et un politicien se congratulant cyniquement autour d'une table, le drapeau américain derrière eux.

La polémique Welcome Home[modifier | modifier le code]

Un guide montre à Jack Levine des pots contenant des organes humains prélevés sur des prisonniers à Buchenwald
Jack Levine au camp de Buchenwald en 1945

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale durant laquelle il servit dans l'U.S. Army de 1942 à 1945[4], Jack Levine reprend son combat contre l'etablishment avec Welcome Home (1946) s'attaquant cette fois-ci aux conflits d’intérêts des hauts-gradés américains qui ont contribué à l'enrichissement d'industriels durant la guerre. Lorsque la toile est présentée en 1959 dans une exposition sur la culture américaine à Moscou, Levine s'attire les foudres du Comité des activités anti-américaines puis l'attention de toute une nation grâce au président américain Eisenhower amené à prendre position dans la polémique naissante : "Il me semble que c'est plutôt un pamphlet que de l'art, pour autant que ce soit de mon ressort" dit-il en refusant d'intervenir. Cette soudaine popularité fit dire ironiquement à Levine qu'"être accusé par le président des États-Unis représentait la consécration".

Le réalisme social[modifier | modifier le code]

Satirique à l'image du peintre allemand George Grosz, Jack Levine n'a eu de cesse de s'engager sur des sujets tels que le racisme (Birmingham '63, 1963), la misère (Election Night, 1954) ou la géopolitique (The Spanish Prison (1959–62) sur le franquisme ou Panethnikon, 1978 au sujet de l'ONU). Levine se réclame également du caricaturiste Honoré Daumier[5] et de Rembrandt[6].

Alors que le style de l’expressionnisme abstrait prévalait, Jack Levine fut un acteur important du mouvement expressionniste figuratif new-yorkais : il fit partie du comité éditorial du journal Reality[7], lancé durant l'hiver 1953. Jack Levine ne put cependant pas résister au succès de Jackson Pollock et de Mark Rothko, les figures de proue de l'expressionnisme abstrait dont le succès le marginalisa peu à peu : "J'ai fait sensation dans le monde de l'art des années 1930, mais il semble que chaque année je tombe davantage dans l'oubli" reconnu-t'il en 1985[8].

La période hébraïque[modifier | modifier le code]

Jack Levine épousa en 1945 la peintre américaine Ruth Gikow (en), dont la mort en 1982 fut le déclencheur d'une nouvelle période pour son œuvre, cette fois-ci tournée vers ses racines juives. Il fut notamment l'auteur d'une série inspirée du Nouveau Testament, dont l'une des pièces, Cain and Abel (1961), fit son entrée en1973 au musée du Vatican sous l'impulsion du pape Paul VI qui l'appréciait[9]. Il avait eu l'occasion d'acquérir les techniques des grand maîtres de la Renaissance, comme Titien dont il reconnaissait l'influence, au cours d'un séjour à Rome entre 1950 et 1951 dans le cadre du programme Fulbright.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)William Grimes, « Jack Levine, Realist Artist, Dies at 95 - NYTimes.com », sur nytimes.com, The New York Times,‎ 11 novembre 2010 (consulté le 23 février 2012)
  2. Le titre de l'œuvre s'inspire d'une citation tirée du roman Ulysse de James Joyce (Chapitre XV, Circé)
  3. Philippe Dagen, 14-15 novembre 2010, Le Monde, p. 23
  4. (en)« Jack Levine Biography », sur jacklevine.net (consulté le 22 février 2012)
  5. (en)Robin Cembalest, « A ‘Child of Daumier’ Confronts the 1990s », sur forward.com, The Forward,‎ 10 novembre 2010 (consulté le 23 février 2012)
  6. (en) Joseph Podlesnik, « Jack Levine: Nothing New, Nothing Old, Just Good and Bad », Q: A Journal of Art, Cornell University,‎ 1991 (lire en ligne)
  7. (en)”Editorial”, Reality, A Journal of Artists’ Opinions (Spring 1954), p. 2 and p. 8
  8. Jack Levine: Feast of Pure Reason, documentaire de David Sutherland, États-Unis, décembre 2006
  9. (en)Michael McNay, « Jack Levine obituary », sur guardian.co.uk, The Gardian,‎ 16 novembre 2010 (consulté le 22 février 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]