Institut canadien de Montréal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'Institut canadien de Montréal a été fondé le 17 décembre 1844 par un groupe de 200 jeunes libéraux canadiens-français. L'institut est à la fois une bibliothèque publique et un lieu de débat et de conférence pour les sociétés littéraires et scientifiques de Montréal. La devise de l'institut est Justice pour nous, justice pour tous; Raison et liberté pour nous, raison et liberté pour tous.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Institut canadien deviendra la source des idées politiques défendues par le Parti rouge, successeur idéologique du défunt Parti patriote. La bibliothèque de l'institut était constituée d'œuvres d'auteurs de l'époque des Lumières tels Voltaire et Diderot et certains romantiques tels Victor Hugo et Alphonse de Lamartine. À cette époque, ces auteurs étaient mis à l'index (Index Librorum Prohibitorum) par l'Église catholique.

En 1858, 158 membres quittent l'institut d'un seul bloc et fondent l'Institut canadien-français de Montréal, qui lui obéira à la doctrine de l'église catholique et ne prêtera pas de livres « immoraux » dans ses bibliothèques[1],[2] L'évêque de Montréal condamne l'Institut canadien de Montréal en 1859, excommuniant ses membres, et le 7 juillet 1869, l'Annuaire de 1868 de l'Institut est mis à l'index par Rome[1].

Joseph Guibord, typographe du journal Le Pays, membre de l'Institut canadien, ancien vice-président, décède le 18 novembre 1869, et sa famille se fait refuser le droit d'inhumer sa sépulture dans la partie catholique du cimetière de la Côte-des-Neiges. Henrietta Brown, veuve de Guibord, n'accepte pas cette exclusion et porte l'affaire devant les tribunaux. C'est l'« Affaire Guibord ». L'avocat de Mme Brown, Joseph Doutre, gagnera finalement sa cause, portée jusque devant le Conseil privé de Londres, le 28 novembre 1874.

L'institut ferme ses portes en 1880. Seul l'Institut canadien de Québec, qui avait accepté de se débarrasser de ses livres jugés immoraux par l'Église catholique, existe toujours. L'Institut canadien-français d'Ottawa n'avait pas du tout souffert de cette crise. Il reste d'ailleurs le seul Institut canadien-français encore existant aujourd'hui[3].

De 1845 à 1871, quelque 136 conférences sont tenues dans ses murs[4].

Plusieurs membres de l'Institut avaient des liens avec la franc-maçonnerie, dont spécialement Honoré Beaugrand, Arthur Buies et Louis-Antoine Dessaulles.

En 2006, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) conclut une entente avec l'Institut Fraser-Hickson sur le don et le transfert de propriété de la collection de l’Institut canadien de Montréal[5]. Parmi les livres précieux de la collection conservée par l'Institut Fraser-Hickson depuis 1855 on compte deux éditions des Œuvres complètes de Voltaire (1785-1789), 36 volumes de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (1778-1781), 12 volumes de L'Esprit des journaux français et étrangers (1787-1792) et quatre volumes de Réunion des Tuileries au Louvre (1852-1857), don particulier du prince Napoléon à l'Institut canadien.

Membres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Le fonds d'archives de l'Institut canadien de Montréal est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Champagne. Le Québec des XVIIIe et XIXe siècles, p. 122
  2. Louis-Philippe Turcotte. Le Canada sous l'Union, 1841-1867, p. 433
  3. Pelletier, Jean-Yves. L'Institut Canadien-français d'Ottawa (1852-2002). Ottawa: 2006.
  4. Maurice Lemire. La vie littéraire au Québec, p. 151
  5. Marie Aguettant. « Collection de l'Institut canadien de Montréal », dans Univarts, 4 novembre, 2006
  6. Martin Saint-Louis, « Le prix Condorcet 1997 à l'Institut canadien », dans Laïcité, vol.18, numéro 1.
  7. Fonds Institut canadien de Montréal (P768) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Bibliographie[modifier | modifier le code]