Eustochium

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Sainte Eustochium (° vers 368 - + vers 419) est la sœur de sainte Blésille et la fille de sainte Paule à laquelle elle succéda à la tête du monastère de Bethléem.

Sa fête est le 28 septembre

Sainte Paule, sa fille sainte Eustochium et saint Jérôme, peinture de Francisco de Zurbarán

Vie[modifier | modifier le code]

Eustochium est née à Rome aux environs de 368. Elle était la fille de sainte Paule, et du sénateur romain Toxotius. Sa sœur était sainte Blésille. À la mort de son père, en 380, Paule et Eustochium vécurent à Rome, menant une vie austère, à l'image de celle des Pères du Désert.

Quand saint Jérôme vint à Rome depuis la Palestine, toutes deux en firent leur guide spirituel. Hymettius, un oncle d'Eustochium, ainsi que sa femme, Prætextata, essayèrent vainement de persuader Eustochium de quitter cette vie de pauvreté et de mortifications et de jouir des plaisirs du monde. Au contraire, aux environs de 384, la jeune fille fit vœu de virginité perpétuelle. À cette occasion saint Jérôme lui adressa une lettre intitulée De custodia virginitatie (Ep. xxii in P.L., XXII, 394-425).

Saint Jérôme retourna en Palestine un an plus tard, et fut rapidement suivi par Paula et Eustochium.

En 386, Eustochium et sa mère accompagnèrent saint Jérôme en Égypte, où ils visitèrent les ermites de Nubie, pour étudier et ensuite imiter, leur mode de vie. Ils retournèrent ensuite en Palestine, et s'installèrent définitivement à Bethléem.

Là, Paule et Eustochium érigèrent quatre monastères et un hôpital près du lieu de naissance du Christ. Tandis que les monastères se bâtissaient, dans les années 386-389, elles habitaient à proximité, dans une toute petite maison.

Un des monastères fut occupé par des moines, sous la direction de saint Jérôme. Les trois autres furent dirigés par Paula et Eustochium, et accueillirent de nombreuses vierges rassemblées autour d'elles. Pour ces trois établissements, il n'y avait qu'un seul oratoire, où les moniales se retrouvaient plusieurs fois par jour pour prier et chanter des psaumes.

Eustochium et sa mère étudiaient longuement les Saintes Écritures avec saint Jérôme. Eustochium parlait le latin et le grec couramment et lisait la Bible en hébreu. De nombreux commentaires de saint Jérôme furent écrits sous son influence, et il lui dédicaça ses commentaires des prophètes Isaïe et Ézéchiel, ainsi que de nombreuses lettres pour son édification spirituelle[1].

À la mort de sainte Paule, en 404, Eustochium assuma seule la direction des monastères, malgré les lourdes difficultés aussi bien spirituelles que matérielles qu'elle devait affronter. saint Jérôme, par ses conseils avisés et sa sollicitude lui fut d'un grand secours.

En 417, les monastères de Bethléem furent attaqués par des bandits qui les pillèrent, et en incendièrent un, blessant ou tuant les moniales. On supposa qu'ils n'étaient que les sbires du patriarche de Jérusalem et des Pélagiens contre lesquels saint Jérôme avait écrit quelques pamphlets virulents. Ensemble, saint Jérôme et Eustochium envoyèrent une lettre au Pape Innocent Ier, qui réprimanda vertement le patriarche.

Peu de temps après, Eustochium mourait, et fut remplacée dans sa tâche par sa nièce, Paula.

Citation[modifier | modifier le code]

De saint Jérôme :

  • « Paule et Eustochium, puisse le travail de ma pauvre vie vous être agréable, utile aussi à l'Église, et digne de la postérité; quant aux contemporains, leur jugement me touche peu »
  • « Servantes du Christ, opposez le bouclier de vos prières à mes aboyeurs »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Un autre personnage porte le nom d'Eustochium : la Bienheureuse Eustochium de Padoue (morte en 1468), fille d'une religieuse de Padoue qui avait eu un moment d'égarement. Elle devint religieuse à son tour, mais fut accusée d'être possédée par le démon, à cause de ses origines. À sa mort, à l'âge de 24 ans, on découvrit que le nom de Jésus était gravé sur sa poitrine. Elle est toujours vénérée à Padoue et sa fête est le 13 février.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. De viris illustribus, cap. cxxxv