Jean Colobos

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Jean Colobos[N 1] (copte: Ⲁⲃⲃⲁ Ⲓⲱⲁⲛⲛⲏⲥ Ⲡⲓⲕⲟⲗⲟⲃⲟⲥ ; grec: Ιωάννης Κολοϐός ; arabe: ابو يحنّس القصير (Abū) Yuḥannis al-Qaṣīr), né vers 339 à Bubastis, en Égypte et mort vers 405 au Mont Colzim, près de Suez, encore appelé Jean le Nain, est un père du désert égyptien de l'Église primitive et un saint des Églises catholique et orthodoxe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean le nain naît dans une famille de chrétiens pauvres. À dix-huit ans, il part vivre dans le désert de Scété où il devient l'un des disciples de saint Pambo et l'ami de saint Països Christophore. Il mène une vie d'austérité et enseigne l'ascétisme à d'autres moines, parmi lesquels Arsène le Grand.

L'arbre de l'obéissance[modifier | modifier le code]

Jean le nain est surtout connu pour son obéissance[N 2]. La plus célèbre histoire à ce sujet raconte qu'un jour saint Pambo lui a donné un morceau de bois sec en lui ordonnant de le mettre en terre et de l'arroser. Jean obéit et arrosa le morceau de bois deux fois par jour, alors que le point d'eau se trouvait à environ 20 kilomètres de l'endroit où ils vivaient. Au bout de trois ans, le morceau de bois se mit à bourgeonner puis à grandir et devint finalement un arbre fruitier. Pambo prit quelques fruits de cet arbre et en fit une distribution à tous les anciens moines en disant : « Prenez, mangez du fruit de l'obéissance ». L'arbre de saint Jean le Nain, connu sous le nom d'arbre de l'obéissance, existerait encore aujourd'hui dans le monastère abandonné de Saint-Jean-le-Nain, dans le désert de Nitrie[réf. souhaitée].

L'épisode de la mort de Paésie[modifier | modifier le code]

Un autre histoire faisant intervenir Jean Colobos est celle de la rédemption d'une jeune femme nommée Paésie, citée dans ses œuvres complètes par Thérèse de Lisieux[1], celle-ci faisant elle-même référence à un passage de la Vie des Pères des Déserts d'Orient de Marie-Ange Marin, intitulé : « Histoire de la pécheresse convertie et morte d'amour »[2]. Cette jeune fille, ayant perdu tôt ses parent, emploie d'abord son héritage pour faire de sa maison un hospice où elle permet aux moines solitaires de Scété de vendre leurs marchandises. Au bout de quelque temps, regrettant les sommes investies dans cette œuvre de charité, elle décide de fermer sa maison aux moines et s'enfonce dans le crime et la débauche. Les solitaires de Scété lui envoient alors Jean le Nain qui parvient à obtenir son repentir et à la convaincre de quitter sa maison pour l'accompagner dans la désert, sans doute dans l'intention de la conduire à un monastère. Au cours de la nuit, Paésie meurt subitement dans son sommeil, par « trop plein d'amour » selon sainte Thérèse[N 3].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Après le départ de saint Pambo Jean est ordonné prêtre par le pape Théophile et devient l'abbé du monastère qu'il fonde autour de l'arbre de l'obéissance. Lorsque les Berbères envahissent Scété en 395, Jean s'enfuit pour s'installer sur le Mont Colzim, près de l'actuelle ville de Suez, où il meurt une dizaine d'années plus tard.

En 515, les reliques de saint Jean le Nain sont transférées au désert de Nitrie. Sa fête est célébrée le 17 octobre dans l'Église catholique romaine, le 20 phaophi dans l'Église copte orthodoxe et le 9 novembre dans l'Église orthodoxe orientale. Le monastère de Saint-Jean-le-Nain à Scété est aujourd'hui abandonné.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'adjectif grec « κολοϐός » (kolobos) signifie selon le dictionnaire de Bailly : tronqué, mutilé ; écourté, incomplet.
  2. Il ne doit pas pour autant être confondu avec un autre saint homonyme mais plus âgé d'une génération, et ayant été ermite en Haute-Égypte, Jean de Lycopolis (v. 305- v. 294), également appelé « Jean l'Égyptien » ou « Jean l'Obéissant ».
  3. Sainte Thérèse, dans les Novissima Verba, a dicté à sa sœur Pauline (Mère Agnès de Jésus) sa propre version de l'épisode en ces termes : « Il est rapporté dans la vie des Pères du désert, que l'un d'eux convertit un pécheresse publique, dont les désordres scandalisaient une contrée entière. Cette pécheresse, touchée par la grâce, suivait le saint dans le désert pour y accomplir une rigoureuse pénitence, quand, la première nuit du voyage, avant même d'être rendue au lieu de sa retraite, ses liens mortels furent brisés, par l'impétuosité de son repentir plein d'amour, et le solitaire vit au même instant son âme portée par les anges dans le sein de Dieu. Voilà un exemple bien frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s'exprimer ... »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Œuvres complètes : Textes et Dernières Paroles, Cerf - DDB,‎ 2004, p. 1037, Le Carnet Jaune, 11 juillet 1887
  2. R. P. Michel-Ange Marin, Vie des Pères des Déserts d'Orient : chap XVII : Le Vénérable Jean le Nain, vol. IV, t. III, Paris, Lyon,‎ 1824