Ernst Busch (acteur)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Busch et Ernst Busch.
Ernst Busch en 1946.

Friedrich Wilhelm Ernst Busch[1],[2] (né le à Kiel ; mort le à Berlin) est un chanteur, acteur et metteur en scène allemand engagé à gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1915 à 1920, Ernst Busch reçoit une formation de mécanicien ajusteur (Maschinenbauschlosser). En novembre 1918, il participe au soulèvement des matelots de Kiel et devient membre du Parti Communiste (K.P.D.) en 1920.

Il suit un cours de chant et d’art dramatique et travaille ensuite pour différents théâtres. En 1927, il s’installe à Berlin dans la Colonie des Artistes (Künstlercolonie) et joue dans des pièces de Friedrich Wolf, Bertolt Brecht et Ernst Toller. À partir de 1929, il travaille pour le cinéma, avec, notamment, un rôle assez important dans L’Opéra de quat’sous de Georg Wilhelm Pabst (1931) et le rôle principal du film de Slatan Dudow, Kühle Wampe (Ventres glacés). Il joue aussi dans La Zone de la mort de Victor Trivas, où il interprète la chanson Der heimliche Aufmarsch.

Après la prise du pouvoir par les nazis, Ernst Busch est recherché par les S.A., mais réussit à leur échapper. Il quitte l’Allemagne avec sa femme Eva[3], d’abord pour la Hollande. Par la suite, il séjourne en Belgique, en Suisse, à Paris, à Vienne et finalement en Union Soviétique, où, en 1935, il collabore au film Kämpfer de Gustav von Wangenheim. En 1937, il part en Espagne rejoindre les Brigades internationales. Il combat le fascisme par ses chansons, devant les membres des Brigades ou à Radio Madrid. Après la dissolution des Brigades[4], il retourne en Belgique en 1938.

Il est arrêté à Anvers en 1940 et déporté en France, où il est interné jusqu’en 1943, notamment au camp de Gurs. Il réussit à s’évader mais est de nouveau arrêté[5] et livré à la Gestapo. Transféré à la prison de Berlin-Moabit, il est accusé de "préparation à la haute trahison". Il encourt la peine de mort, mais grâce à une intervention de Gustaf Gründgens, il n’est condamné qu’à 4 ans de réclusion.

À la fin de la guerre, il est libéré par l’Armée Rouge du pénitencier de Brandenburg. Il récupère son logement à la Colonie des Artistes[6]. Il adhère de nouveau au Parti Communiste (K.P.D./S.E.D.). Il travaille pour le Berliner Ensemble, le Deutsches Theater et la Volksbühne, jouant dans des pièces de Brecht, ainsi que de Shakespeare (Iago dans Othello) ou de Goethe (Mephisto dans Faust). En même temps, il interprète des chansons de Hanns Eisler et des chants de travailleurs.

En 1961, il se retire de la scène, officiellement pour raisons de santé ; en fait, ses relations avec le régime sont tendues, en raison des reproches de manque de démocratie qu’Ernst Busch fait aux dirigeants de la R.D.A.

De 1963 à 1975, il enregistre 200 de ses chansons pour la société de disque Aurora.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1938 : Cancionero de la Brigadas Internacionales, Barcelone, 1938 (réédition : Madrid, Nueva Cultura, 1978)

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernst Busch – ein Jahrhundertleben. ernst-busch.net.
  2. Karl Siebig. "Ich geh' mit dem Jahrhundert mit" : Ernst Busch - eine Dokumentation. Rowohlt, 1980. ISBN 9783499251498. p. 13.
  3. Eva Busch, née Zimmermann (née en 1909 à Berlin; décédée le 25 août 2001 à Munich) : chanteuse et artiste de variété (Kabarettistin) allemande ; Ernst Busch et elle divorcent en 1934, tout en conservant de bonnes relations ; elle mène ensuite une carrière aux États-Unis (Source : page Eva Busch-de)
  4. Wikipédia-de indique : "après la victoire de Franco", mais, au sens strict, celle-ci intervient en 1939 et cela ne cadre pas avec un retour en Belgique en 1938 ; les Brigades Internationales ont été dissoutes en septembre 1938 au cours de la bataille de l'Ebre. POINT A VERIFIER.
  5. selon les sources : "en Suisse" (Wikipédia-de) ou "à la frontière suisse" (site Ernst-Busch.com) ; la première hypothèse (arrestation et extradition vers l'Allemagne par la police suisse) demanderait à être vérifiée ; la seconde (arrestation par la police française) est plus vraisemblable. POINT A VERIFIER.
  6. 11, Bonner Strasse : il y demeurera jusqu’en 1951 ; on y trouve maintenant une plaque commémorative

Sur les autres projets Wikimedia :