Ernst Toller

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Ernst Toller (3e en partant de la droite) lors d'une discussion publique avec Max Weber (premier plan, au centre).

Ernst Toller (1er décembre 189322 mai 1939) est un écrivain, dramaturge et poète allemand surtout connu pour ses pièces expressionnistes. Militant socialiste révolutionnaire, il fut proche du mouvement libertaire[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Toller naît à Samotschin, dans la province de Posen, à l'époque en Prusse, aujourd'hui en Pologne, en 1893, dans une famille juive. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il s'engage comme volontaire dans l'armée, combat treize mois sur le front de l'ouest, avant de subir un effondrement physique et moral. Son premier drame, Transformation (Die Wandlung), est directement inspiré de ces expériences de guerre.

Toller se mêle en 1919 à la république des Conseils de Bavière avec d'autres figures anarchistes, comme B. Traven, le Ministre-Président Kurt Eisner et Gustav Landauer, et des communistes. Cette république a une existence brève, avant d'être écrasée par l'intervention des corps francs. Il est arrêté pour sa participation à la révolution. Condamné à mort, sa peine est commuée en cinq ans de prison[2].

Pendant son emprisonnement, il achève Transformation, qui est jouée pour la première fois à Berlin en septembre 1919, sur une mise en scène de Karlheinz Martin. Pour la 100e de Transformation, le gouvernement bavarois offre son pardon à Toller qui le rejette en solidarité avec les autres prisonniers politiques. Toller a écrit la plupart de ses textes les plus célèbres en prison, notamment les drames L'Homme des masses (Masse Mensch), Les Briseurs de machine (Die Maschinenstürmer), Hinkemann, l'Allemand (Der deutsche Hinkemann) et nombre de poèmes. Il ne voit aucune de ses pièces avant son élargissement, en juillet 1925. Cette année-là, le plus célèbre de ses drames, Hoppla, nous sommes vivants! (Hoppla, wir leben!), mis en scène par Erwin Piscator, est joué à Berlin. C'est l'histoire d'un révolutionnaire qui, après avoir passé huit ans dans un hôpital psychiatrique, découvre que ses anciens camarades sont devenus suffisants et se sont désespérément compromis avec le système auxquels ils étaient opposés. De désespoir, il se tue.

En 1933, Toller s'exile d'Allemagne. Sa citoyenneté est annulée par le gouvernement national-socialiste à la fin de l'année. Il part pour Londres et participe comme co-metteur en scène à la production de sa pièce Retire les tisons du feu (Feuer aus den Kesseln) à Manchester en 1935. Il engage une série de conférences aux États-Unis et au Canada en 1936-1937, avant de s'installer en Californie, où il travaille à des scénarios qui ne sont pas produits. Toller s'installe en 1936 à New York, où il vit au milieu d'un groupe d'artistes et d'écrivains en exil comme Klaus et Erika Mann, Therese Giehse... Enfoncé dans une profonde dépression (sa femme[3] l'a quitté pour un autre homme) et des soucis financiers (il a donné tout son argent aux réfugiés de la guerre d'Espagne), il se pend dans sa chambre d'hôtel, le 22 mai 1939.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Die Wandlung, 1919
  • Masse Mensch, 1921
  • Die Maschinenstürmer, 1922
  • Hinkemann (à l'origine Der deutsche Hinkemann), Uraufführung 19 septembre 1923
  • Hoppla, wir leben, 1927
  • Feuer aus den Kesseln, 1930
  • Eine Jugend in Deutschland, 1933 (Autobiographie), Amsterdam
  • Briefe aus dem Gefängnis, 1935, Amsterdam
  • I was a German, 1934, (Autobiographie), New York

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Éphéméride anarchiste : notice.
  2. René Lévy, Les écrivains de langue allemande sous le nazisme : 1933-1945, L'Harmattan, 2014, (ISBN 978-2-343-02515-5), page 59.
  3. Christiane, fille de l'historien d'art Otto Grautoff.