Ernest François Cambier

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Ernest François Cambier

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Ernest François Cambier

Naissance 21 juin 1844
Flag of Belgium (state).svg Ath, Belgique
Décès 23 juillet 1909 (à 65 ans)
Flag of Belgium (state).svg Schaerbeek, Belgique
Nationalité Belge
Profession Explorateur

Ernest François Cambier (Ath, 21 juin 1844 - Schaerbeek, 23 juillet 1909) [1]est un explorateur belge du Congo où il créa le premier chemin de fer.

Cambier fit d'abord une carrière militaire dans les services topographiques de l'armée avec le grade de major du deuxième régiment de ligne[2]. En tant que chef de la première expédition depuis la côte orientale, il a fondé Karéma (entre 1877 et 1880). Il fut ensuite l'agent de l'Association internationale africaine de 1882 à 1884. Entre 1887 et 1888 il a été le chef de l'expédition d'étude du chemin de fer du Congo. Il assuma le rôle d'inspecteur d'état de l'État indépendant du Congo de 1890 à 1891. L'année suivante, il fut Délégué des Compagnies belges dans le Bas-Congo.

Il fut un des premiers à répondre à l'appel de Léopold II pour la colonisation du Congo.

L'exploration vers le lac Tanganyka[modifier | modifier le code]

En 1878, il accompagna la première expédition de l'Association Internationale Africaine, dirigée par le capitaine Crespel, comme astronome et géographe et avec le grade de lieutenant d'infanterie.

À la mort de Crespel (le 24 janvier 1878), suivie très rapidement par le décès d'Arnold Maes quelques jours plus tard, Cambier rentra de son exploration préparatoire et prit le commandement de l'expédition. Afin de pallier la perte de ses compagnons, l'Association Internationale Africaine lui adjoignit le lieutenant Wautier et le docteur Dutrieux. La caravane (composée de 407 hommes) prit la direction de la région des Grands Lac le 28 juin 1878. Après la désertion de plus de trois cents porteurs en une seule journée, Ernest Cambier fut contraint de réoganiser l'expédition. Il partit ensuite en avance avec quatre-vingts hommes en laissant le gros des bagages aux bons soins de Wautier et Dutrieux[3].

Le 30 septembre, il entra triomphalement au pays de Thierra-Magazy. Le chef local, Mirambo, lui proposa un traité d'alliance en devenant frères de sang. Ernest Cambier échangea en vue d'obtenir de nouveaux porteurs. Il dut attendre jusqu'au 22 décembre dans le village des nouvelles de Wautier et Dutrieux, il était en outre "retenu" par Mirambo qui lui soutirait nombre de cadeaux. Il dut cependant faire demi-tour au bout d'une dizaine de lieues à cause d'une forte fièvre. Après avoir reçu une lettre annonçant la mort de Wautier, il prit la route pour retrouver le gros de l'expédition à Kwa-Karoumbo le 6 janvier 1879 et rejoindre le docteur Dutrieux qui, pour des raisons de santé, repartit vers l'Europe[3].

Alors qu'il peinait a recruter des porteurs fidèles, Ernest Cambier reçut un courrier de l'Association Internationale Africaine qui indiquait, selon les conseils de Henry Morton Stanley, que la station devrait être installée au sud-est du lac Tanganyka. Cambier accepta ses nouvelles instructions et se dirigea vers ce qui deviendra Karéma. Après de nombreuses défections, Cambier put se mettre en relation avec le sultan de Karéma et s'en fit un ami. Il atteignit les rives du lac Tanganyka le 11 août 1879 et commença les travaux de la station de Karéma[3].

Il fut le seul Européen de son expédition à atteindre les rives du lac[4].

C'est à cet endroit qu'il fonda le premier poste scientifique de l'Association Internationale Africaine. Pour cela, il avait acheté un territoire d'environ 20 km2 à des princes locaux. Ce territoire peut être considéré comme le point de départ de ce qui sera l'État indépendant du Congo. En 1885, ce territoire fut cédé à un établissement missionnaire des Pères Blancs[5].

Au départ de Bagomojo, il explora l'intérieur du pays Bagamojo, accompagné de deux agents belges. Le 4 juillet, après de grandes difficultés, il parvint à atteindre Unjmawesi où l'un des accompagnateurs mourut de diphtérie.

Les chemins de fer du Congo[modifier | modifier le code]

Ernest Cambier, monument du parc Josaphat à Schaerbeek.

Suite aux voyages d'Henry Morton, il apparaissait clair que sans un chemin de fer qui éviterait les chutes du fleuve Congo, le développement économique serait impossible[6]. Ernest Cambier, qui fut l'un des membres fondateurs de la CCCI, a été chargé par Albert Thys de diriger une analyse topographique du Bas-Congo. Son objectif principal sera d'étudier le meilleur tracé pour la voie ferrée future.

Son équipe est notamment composée d'ingénieurs et de topographes déjà expérimentés dans la construction de chemins de fer[7].

Les premières estimations pour la construction du chemin de fer furent évaluées par Ernest Cambier à 25 millions de francs belges. Il en coûta le double. Le chemin de fer reliant Matadi à Léopoldville (aujourd'hui : Kinshasa) fut construit entre 1890 et 1898. Le parcours se déroulait en environ 24 heures dans des conditions difficiles.

Lorsqu'Ernest Cambier rentra en Europe, il s'établit à Schaerbeek où il mourut le 23 juillet 1909.

La commune de Schaerbeek a dénommé une de ses artères avenue Ernest Cambier. De même la ville d'Ath possède une rue Ernest Cambier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Reflexcity consulté le 30 avril 2012
  2. Le Congo Illustré : voyage et travaux des Belges, vol. 1,‎ 1892, 285 p. (lire en ligne) page 23
  3. a, b et c Adolphe Burdo, Les Belges dans l'Afrique Centrale : Voyages, aventures et découvertes de Zanzibar au lac Tanganika, P. Maes,‎ 1886, 570 p. (lire en ligne)
  4. Paul Briart, Aux sources du fleuve Congo : Carnets du Katanga (1890-1893), l'Harmattan,‎ 2003, 371 p. (lire en ligne) page 18
  5. Paul Briart, Aux sources du fleuve Congo : Carnets du Katanga (1890-1893), l'Harmattan,‎ 2003, 371 p. (lire en ligne) page 345
  6. Georges Defauwes, ALBERT THYS, de Dalhem au Congo : “Les facettes méconnues d’un personnage d’exception”, Collection Comté de Dalhem, 72 p. (lire en ligne) page 14
  7. Jan Vandersmissen, Les ingénieurs et la construction de l’État Indépendant du Congo, Université de Louvain,‎ 2003, 20 p. (lire en ligne) page 14