Association internationale africaine

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Drapeau de l'Association internationale africaine (détails)

L'Association internationale africaine (AIA) fut une organisation créée par Léopold II de Belgique avec des ambitions affichées humanitaires pour l'Afrique centrale en la région qui allait devenir l'État indépendant du Congo, et de nos jours la République démocratique du Congo.

L'organisation fut créée en 1876 lors de la Conférence géographique de Bruxelles, à laquelle Léopold II avait invité une quarantaine d'experts, généralement pour leur connaissances géographiques ou leurs engagements philanthropes. Ils provenaient de nombreux pays européens. À l'origine, l'association était donc le fait de plusieurs personnes, avec des intérêts économiques et humanitaires, mais elle devint rapidement dominée par Léopold II et des préoccupations de profits en Afrique. Les objectifs originels de l'Association étaient la découverte des terres inconnues du bassin du Congo et la mission de civiliser leurs habitants ainsi que de supprimer la traite des Noirs (esclavage). L'association fut envisagée comme devant être le réceptacle des idéaux philanthropes des nations européennes présentes à la Conférence pour l'Afrique sub-saharienne. Chaque état établit cependant ses propres associations, qui ne rendirent jamais compte de leurs actions à l'AIA. Les intérêts économiques nationaux prirent rapidement le pas sur les idéaux humanistes et civilisateurs. Chacun de ces comités mis en place des expéditions nationales pour l'exploration de l'intérieur de l'Afrique, avec plus de compétition que de coopération entre elles, avec le but non avoué de prendre possession des terres découvertes pour le compte de leur propre état.

De 1879 à 1884, l'explorateur Henry Morton Stanley retourna au Congo, pas cette fois-ci en tant que reporter à la recherche de David Livingstone, mais en tant qu'agent de Léopold II devant, sous couvert de l'Association internationale africaine, établir en secret un État au Congo. À cette époque, le Français Pierre Savorgnan de Brazza explorait la rive occidentale du fleuve Congo et fit hisser le drapeau français sur la station nouvellement baptisée de Brazzaville en 1881. Le Portugal, qui avait également des revendications en la région issue de ses anciens traités avec l'Empire Kongo, conclut un traité avec le Royaume-Uni le 26 février 1884 pour bloquer l'accès de l'Océan Atlantique à l'AIA.

À la même époque, plusieurs pays européens tentaient de prendre pied en Afrique. La France occupait la Tunisie et le territoire de l'actuelle République du Congo en 1881, et la Guinée à partir de 1884. En 1882, la Grande-Bretagne occupait l'Égypte ottomane, et pénétrait au Soudan et en Somalie. En 1870 et 1882, l'Italie avait pris possession de l'Érythrée, pendant que l'Allemagne s'établissait au Togo, au Cameroun et au Sud-Ouest africain en 1884.

L'importance des intérêts nationaux divergents causa la ruine de l'association en tant qu'organisme philanthrope multinational. La Conférence de Berlin de 1884-1885 consacra la fin de cette conception de l'Association, la Conférence se terminant par ce qui devint connu sous le nom de Partage de l'Afrique. Malgré la faillite de la première conception de l'Association, la section belge continua de promouvoir des missions humanitaires en Afrique. L'AIA fut rebaptisée Comité d'Études du Haut-Congo' puis Association internationale du Congo en 1878. Le colonel Maximilien Strauch présida ces deux associations. L'Association internationale du Congo avait des orientations économiques affichées, mais gardait certaines des ambitions humanitaires de l'A.I.A.. Léopold II commença cependant à faire venir discrètement des investisseurs privés au sein de l'Association, avec des ambitions de profits. Il amena ainsi peu à peu l'Association à devenir une entreprise commerciale privée. L'Association cédera sa place en 1885 à l'État indépendant du Congo, qui héritera de ses structures.

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