Albert Thys

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Albert Thys

Description de l'image  Monument au Général Thys 02.JPG.
Naissance 28 novembre 1849
Dalhem
Décès 10 février 1915 (à 66 ans)
Bruxelles
Nationalité Belge
Profession Militaire
Autres activités
homme d'affaire
Descendants
Odilon-Jean Périer (petit-fils)
Famille

Albert Thys (1849-1915) est un homme d'affaires belge actif dans l'État indépendant du Congo. Promoteur de la principale ligne de chemin de fer du pays, et l'un des principaux artisans du développement économique du pays, mais aussi de son exploitation par le travail forcé, ainsi que l'explique Jules Marchal dans son travail sur Edmund Dene Morel [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Albert Thys naît à Dalhem le 28 novembre 1849.

Après avoir obtenu les diplômes de l'École royale militaire et de l'École de guerre à l'âge de 27 ans, en 1876[2], il entre au service de Léopold II de Belgique pour assurer le secrétariat pour les affaires coloniales.

En novembre 1877, il épouse Julie Mottin, fille d’un ingénieur des chemins de fer, qui lui donne six enfants[3].

Au retour de Henry Morton Stanley, le roi l'envoie en Angleterre pour lui proposer une nouvelle expédition en Afrique centrale pour le compte de l'Association internationale africaine. Il prend une part active à l'organisation des premières expéditions qui conduisent à la constitution de l'État indépendant du Congo.

Monument au Général Thys, à l'entrée du parc du Cinquantenaire à Bruxelles

En octobre 1883, le capitaine Albert Thys est nommé officier d’ordonnance du roi Léopold II, avec "l'autorisation spéciale d’approcher Sa Majesté à n’importe quel moment"[4]. En 1885, l'année de la création de l’Etat indépendant du Congo, Thys est chargé de mettre au point un emprunt de cent millions de francs belges permettant de financer les projets de Léopold II.

D'après l'historien belge Pierre Salmon [5] "à l’époque où un groupe anglais, le « Syndicat de Manchester » propose de construire le chemin de fer du Bas-Congo (Congo Railway Co) avec une clause selon laquelle l’E.I.C lui accorde un droit de police sur la voie ferrée et sur une bande de terrain de chaque côté de celle-ci, Thys se déclare hostile à cette concession et en fait part au Roi lui-même en toute franchise. Il lui propose de créer la «Compagnie du Congo pour le Commerce et l’Industrie » (C.C.C.I.) et d’aller sur place au Bas-Congo pour se forger une opinion personnelle et y installer des brigades d’ingénieurs chargés d’étudier le projet de chemin de fer. »

Arrivé au Congo en 1887, Thys est le promoteur[2] de la ligne de chemin de fer Matadi-Léopoldville, construite de 1890 à 1898. Il impose un itinéraire par le sud, s'écartant du fleuve Congo. Il est l'un des principaux artisans de la mise en valeur et du développement économique de l'État indépendant du Congo et du Congo belge. Il crée notamment la Compagnie du Congo pour le Commerce et l'Industrie (27 décembre 1886) et de ses nombreuses filiales : le Chemin de fer du Congo, la Compagnie des Magasins généraux, la Société anonyme belge pour le Commerce du Haut-Congo, la Compagnie des¨Produits, la Compagnie du Katanga[6]

D'après l'historien belge René J. Cornet, Albert Thys était "l'initiateur de l'action privée au Congo et l'âme de l'effort financier belge dans les entreprises africaines. Il fut véritablement le créateur de la richesse coloniale belge."[7]

Il meurt à Bruxelles le 10 février 1915[2] à 66 ans. Parmi ses descendants, on compte son gendre Henry Le Boeuf et son petit-fils Odilon-Jean Périer. Il a donné son nom de Thysville à la station de Sona Qongo, actuelle Mbanza-Ngungu dans le Bas-Congo.

Citations[modifier | modifier le code]

« La création de l’État du Congo est, comme je le disais plus haut une conception coloniale absolument nouvelle et, à proprement parler, ce n’est pas une colonie, celle-ci dépossédant l’indigène de son sol et considérant l’indigène comme la race conquise. En fait, ici, les indigènes ce sont les citoyens du nouvel Etat et les blancs envoyés au Congo par le gouvernement seront des tuteurs provisoires à la population noire qui ne sera appelée à la gestion des affaires publiques que quand son éducation sera suffisamment faite. Fatalement jusqu’ici toute occupation coloniale a abouti, non seulement à l’asservissement de la race aborigène, mais encore, et presque fatalement, à la suppression de cette race et à son remplacement par la race conquérante. C’est notamment ce qui s’est passé dans les Amériques et même plus ou moins dans les Indes anglaises et néerlandaises. Ici, il ne peut pas un seul instant être question d’agir ainsi. Le Nègre est le citoyen de l’Etat Indépendant du Congo ; nous devons, non l’asservir, mais l’éduquer et l’élever, socialement parlant, jusqu’à ce qu’il puisse se gouverner lui-même, quitte à être même flanqué à la porte par les Nègres de l’avenir. » lettre à son épouse écrite lors de son premier voyage au Congo le 6 décembre 1887 :

"Jamais notre action coloniale ne fut plus belle qu’au moment de la campagne arabe. Vous souvenez-vous du mouvement d’indignation qui secoua le monde civilisé quand Livingstone et Stanley dépeignirent les horreurs de la traite, dans le centre africain ? Comme une nuée de sauterelles qui dévastent en une nuit, une région entière, des bandes d’Arabes pillards tombaient sur les villages, massacraient sans pitié tous les malheureux qui ne représentaient pas une valeur marchande et se retiraient ensuite, poussant à coup de bâton vers la côte un lamentable troupeau de bétail humain, dont un dixième à peine arrivait au but." in "Conférence sur L’expansion coloniale belge donnée à Liège, le 3 novembre 1905". Fonds Thys, Dalhem. Vol. VII p 35 et 36.

Monument au général Albert Thys à Dalhem
Tombe du général Albert Thys à Dalhem

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. : "(…) les sociétés de Thys, qui faisaient du caoutchouc, appliquaient le travail forcé comme tout le monde". Jules Marchal, E.D. Morel contre Léopold II, Editions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 2738428568, lire en ligne), p. 59, 301
  2. a, b et c Site archives.lesoir.be, Liégeois évanoui dans le temps : Albert Thys : Le Congo par le Rail, article de Marie-Pierre Fonsny du samedi 13 juillet 1991. lire (consulté le 9 juin 2011).
  3. Georges Defauwes, Albert Thys de Dalhem au Congo, p.10
  4. Georges Defauwes, Albert Thys de Dalhem au Congo, p.11
  5. Pierre Salmon "Malamou - Lettres d’Albert Thys à son épouse, 1887-1888", introduction
  6. : "(…) en récompense de ses expéditions vers le sud du Congo dans les années 1891-1892, le roi avait attribué un tiers du sol katangais en propriété à Albert Thys".E.D Morel contre Léopold II par Jules Marchal (1996), collection Zaïre — Histoire & Société chez L'Harmattan vol 1 p.62.
  7. René J. Cornet, Katanga, Ed. L. Cuypers, 1944, page 86

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Dusart, Albert Thys : créateur de la ligne de Chemin de fer Matadi-Léopoldville, Bibliothèque de l'Étoile, 1948, 55 pages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]