Chemin de fer Matadi-Kinshasa

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5° 49′ 10.32″ S 13° 29′ 28.32″ E / -5.8195333, 13.4912

Matadi-Kinshasa
Ligne de Matadi à Kinshasa
⇒ Voir la carte de la ligne ⇐
Carte de la ligne
⇒ Voir l'illustration ⇐
Parcours dans le Bas-Congo oriental en 2003.
On remarque les couleurs des wagons qui sont toujours celles du Zaïre
Pays Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Historique
Mise en service 1898
Caractéristiques techniques
Longueur 366 km
Écartement Voie étroite (1 067 mm)
Électrification

Non électrifiée

Nombre de voies Voie unique
Trafic
Exploitant(s) Office national des Transports (ONATRA)
Trafic Expres & Omnibus
Schéma de la ligne
Schéma de la ligne
BSicon KDSTa.svg 0 Port de Matadi
BSicon BHF.svg Matadi
BSicon HST.svg Kuyi
BSicon BHF.svg Lufu
BSicon BHF.svg 111 Songololo
BSicon HST.svg Malanga
BSicon BHF.svg Kimpese
BSicon HST.svg Kimiala
BSicon BHF.svg Bangu
BSicon KBHFl.svgBSicon ABZgr+r.svg Mbanza-Ngungu (Thysville)
BSicon HST.svg Inkisi
BSicon BHF.svg Kisantu
BSicon BHF.svg 267 Madimba
BSicon HST.svg Kisembo
BSicon BHF.svg Kasangulu
BSicon HST.svg Kilembo
BSicon ABZrg.svgBSicon KBHFr.svg Aéroport international de Ndjili
exKDSTl eABZgr+r
Kitambo (Kinshasa Ouest)
BSicon KBHFe.svg 366 Kinshasa Est

La ligne de chemin de fer Matadi-Kinshasa est une ligne de chemin de fer qui fut construite de 1890 à 1898 entre le port de Matadi, dans le Bas-Congo, et Kinshasa (Léopoldville à l'époque). Sa longueur est de 366 kilomètres et elle est exploitée par l'Office national des Transports (ONATRA).

Historique[modifier | modifier le code]

Arrivée de la première locomotive à Léopoldville en 1898
La ligne en 1913
Avancement des travaux de transformation de la ligne le 25 juillet 1927.

Depuis les années 1880, l'exploration puis l'exploitation du territoire du Congo par l'État indépendant du Congo étaient réalisées en profitant du réseau hydrographique du fleuve. Mais, entre Matadi et Kinshasa, le fleuve n'était pas navigable, étant barré par les chutes Livingstone, puis les chutes d'Inga, qui se succèdent sur 300 kilomètres. Le transport se faisait dès lors par portage, système peu efficace et qui était devenu dangereux en raison de l'augmentation des charges et des cadences de transport de marchandises. Le portage était également extrêmement meurtrier pour les porteurs eux-mêmes, esclaves ou population locale enrôlée de force. Il est dès lors rapidement décidé de construire une ligne de chemin de fer sur ce parcours.

La Compagnie du Congo pour le Commerce et l'Industrie (CCCI) fut fondée le 27 décembre 1886 par devant Maîtres Van Halteren et Van Bevere, notaires à Bruxelles (Moniteur du 4 janvier 1887). L'assemblée générale constitutive eut lieu le 9 février 1887 au Palais de la Bourse. Ce n'est que deux ans plus tard, le 31 juillet 1889, que fut créée sa filiale la Compagnie du Chemin de Fer du Congo (CCFC). Les travaux de construction de la ligne entre Matadi et le Stanley Pool ont été dirigés par Albert Thys qui donnera son nom à l'une des étapes, Thysville. La réalisation du chemin de fer coûta la vie à 1932 personnes (1800 noirs et 132 blancs, d'après une inscription à la gare principale de Kinshasa).

La principale difficulté fut de permettre à la ligne de chemin de fer de sortir des gorges du Congo, par le canyon de la rivière M’pozo, puis le passage par les monts de Cristal.

Ce dur labeur, dont a été témoin Joseph Conrad alors qu'il travaillait pour l'État indépendant du Congo vers 1890, est évoqué dans son roman Au cœur des ténèbres.

Commencée en 1890, la ligne fut achevée en 1898. Des travaux d'aménagement furent entrepris de 1923 à 1931 avec changement d'écartement et de tracé (y compris un échange de terrain, dans la région de Matadi, avec le Portugal, qui contrôlait l'Angola)[1]. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, forçats et travailleurs réquisitionnés, furent employés pour cette rénovation. 7 000 y perdirent la vie[2].

Malgré les difficultés techniques et financières liées à la construction de cette ligne de chemin de fer, celle-ci s'avéra très rapidement rentable, principalement grâce à l'exploitation de l'ivoire et du caoutchouc.

1898-1932 1932-[3]
Écartement 0.765 m 1.067 m
Rails 21.5 kg/m 33.4 kg/m
Charge totale ±10 t par essieu ±15 t par essieu
Longueur 400 km 366 km[4]
Pente max. 45‰ 17‰
Rayon min. 50 m 250 m

Après le changement de voie, un train express avec des voitures de la CIWL circula entre Matadi et Léopoldville.. Il fut nommé Train Blanc.

Principales gares[modifier | modifier le code]

Actualité[modifier | modifier le code]

La ligne de chemin de fer et le port de Matadi sont actuellement le principal lien de Kinshasa avec le monde extérieur. La réhabilitation de la route de Matadi début des années 2000 a cependant quelque peu relativisé cette situation.

La ligne est sous-exploitée et dangereuse. Le 26 novembre 2003, un train a déraillé et s'est abîmé dans le fleuve, occasionnant officiellement 10 morts. Il reste à l'époque huit locomotives en état de marche.

Citation[modifier | modifier le code]

« Sans Chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny »

— Henry Morton Stanley

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René J. Cornet, La Bataille du Rail. La construction du chemin de fer de Matadi au Stanley Pool, L. Cuypers, Bruxelles, 1953
  • A Egoroff et J. Snel, Observations géologiques le long de la ligne de chemin de fer entre Léopoldville et Matadi, imp. de l'Institut géographique du Congo belge, Léopoldville, 195?
  • Louis Goffin, Le chemin de fer du Congo : Matadi-Stanley Pool, Weissenbruch, Bruxelles, 1907, 214 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Changement de voie de 765mm à 3½ pieds et renouvellement du tracé, ce qui n'était possible qu'après un échange de terrain entre le Congo Belge et le Portugal (Angola). cf. Blanchart Charles : Le Rail au Congo Belge. Bruxelles, 1999.
  2. source manquante; il semble incertain que meurent 1932 en XIX s. et 7000 dans les années 1930. Probablement chiffre du Congo-Océan au Congo-Brazzaville?
  3. Blanchart Charles : Le Rail au Congo Belge (2 tomes). Bruxelles : Blanchart, 1993/1999.
  4. 396 km avec les antennes pour Ango-Ango et Thysville