Ernest Desjardins

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Portrait d’Ernest Desjardins, 1883.
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Ernest Desjardins, ou Antoine Émile Ernest Desjardins[1] (nom d’état civil), né le 30 septembre 1823 à Noisy-sur-Oise (ancien département de la Seine-et-Oise), mort dans le 16e arrondissement de Paris le 22 octobre 1886, est un géographe et historien épigraphiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ernest est le fils de Jacques Guillaume Desjardins, chef de bureau au ministère de la Guerre, et de Catherine Abel Justine Beffroy de Reigny, fille du journaliste surnommé Le Cousin-Jacques ; il a un frère ainé, Abel et une sœur, Rose. Il fait ses études à Paris au collège Saint-Louis, puis au collège Bourbon. Reçu licencié, il commence une carrière dans l’enseignement.

En 1845, il est chargé d’enseigner l’histoire au collège d’Angers ; deux ans après, il est envoyé au collège de Dijon où il fait la connaissance de Charles Tissot. De 1850 à 1851, il enseigne successivement aux lycées d’Alençon et de Mâcon.

Au cours d’une première mission en Italie, en 1852, il étudie Parme et les ruines de Véléia.

En 1855, il est reçu docteur ès lettres à la Faculté des Lettres de Paris, après avoir présenté deux thèses, l’une géographique, Essai sur la topographie du Latium, l’autre épigraphique, De tabulis alimentariis. Élève favori de Léon Renier, il fait partie du cercle de savants groupé autour de madame Cornu, sœur de lait de l’empereur Napoléon.

En 1856, il est nommé professeur d’histoire au lycée Bonaparte.

De 1856 à 1871, il reçoit une dizaine de missions archéologiques : six en Italie ; en Égypte, dont le voyage le met en rapport avec Mariette, qui fit de lui le confident de ses travaux, et avec lequel il entretint une correspondance suivie ; en Provence où il étudie la campagne de Marius, en Valachie et en Bulgarie où il pratique des fouilles et approfondit la géographie comparée des bouches du Danube ; à Vienne et à Pesth afin de préparer une édition définitive de la Table de Peutinger et la publication des monuments épigraphiques du musée hongrois.

Le 19 février 1859, il épouse à Paris Pauline Marie Cécile Picot (agée de 45 ans au décès de son époux), fille de François Isidore Picot, notaire, dont il aura trois enfants : Louis Paul Abel le 22 novembre 1859, Louise en 1862 et Abel Émile Ernest le 2 septembre 1870.

Ernest Desjardins avait connu Borghesi, épigraphiste italien renommé, sur son rocher de Saint-Marin et avait souvent exprimé son admiration envers lui dans son enseignement et ses écrits. Il conseilla à Napoléon III d’acquérir les papiers inédits de Borghesi à sa mort, survenue le 16 avril 1860, afin de les faire publier aux frais de l’État. Il conclut l’acquisition des papiers en 1860, au prix de 30 000 francs payés aux héritiers de l’érudit. En tant que secrétaire de la commission de publication des œuvres de Borghesi, dont Léon Renier était le président, il travailla activement à cette publication, en même temps qu’il écrivait une biographie de Borghesi et dressait la bibliographie de ses travaux.

En 1861, une nouvelle chaire de géographie est créée pour lui à l’École normale supérieure ; il y professe pendant 25 ans la géographie ancienne et moderne, l’histoire ancienne de l’Orient et les institutions romaines. À partir de 1874, il enseigne l’épigraphie et les antiquités romaines à l’École pratique des hautes études.

En 1875, il est élu membre ordinaire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

En 1882, il supplée son maître Léon Renier à la chaire d’épigraphie et d'antiquités romaines du Collège de France ; il en devient le titulaire en 1886[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Atlas géographique de l’Italie ancienne, composé de sept cartes et d’un dictionnaire de tous les noms qui y sont contenus, par Ernest Desjardins, Paris 1852, L. Hachette
  • Essai sur la topographie du Latium. Thèse pour le doctorat, présentée à la Faculté des lettres de Paris, par Ernest Desjardins, Paris 1854, A. Durand
  • De Tabulis alimentariis, disputationem historicam Facultati litterarum Parisiensi proponebat, par Ernest Desjardins, Paris 1854, A. Durand
  • Voyage d’Horace à Brindes (Satires, I, 5), dissertation géographique, par Ernest Desjardins, Mâcon 1855, impr. de E. Protat
  • Parme, les antiquités, le Corrège, la table alimentaire, par Ernest Desjardins, Mâcon 1856, impr. de E. Protat
  • Le Pérou avant la conquête espagnole, d’après les principaux historiens originaux et quelques documents inédits sur les antiquités de ce pays, par Ernest Desjardins, Paris 1858, A. Bertrand
  • Deuxième mission en Italie. Veleia. Rome., par Ernest Desjardins, Paris 1858, P. Dupont
Vercingétorix se rend à César.
  • Alésia. 7e campagne de Jules César, par Ernest Desjardins, Paris 1858, Didier
  • Le grand Corneille historien, par Ernest Desjardins, Paris 1861, Didier
  • Du Patriotisme dans les arts, réponse à M. Vitet sur le musée Napoléon III, par Ernest Desjardins, Paris 1862, E. Dentu
  • Aperçu historique sur les embouchures du Rhône. Travaux anciens et modernes. Fosses Mariennes. Canal du Bas-Rhône, par Ernest Desjardins, Paris 1866, C. Lahure
  • Le Recensement de Quirinius, par Ernest Desjardins, Paris 1867 (extrait de la « Revue des questions historiques »), V. Palmé
  • Lettre à M. Henzen sur quelques inscriptions inédites de Valachie et de Bulgarie, provinces de Dacie, de Mésie et de Scythie, par Ernest Desjardins, Rome 1868, impr. Tibérine
  • Guide pour une excursion dans l'Égypte ancienne et moderne et au canal de Suez, par Ernest Desjardins, Paris 1869, Lanée
  • La Table de Peutinger, par Ernest Desjardins, Paris 1869, Librairie Hachette
  • Géographie de la Gaule d’après la Table de Peutinger, par Ernest Desjardins, Paris 1870, L. Hachette
  • Rhône et Danube. Nouvelles observations sur les Fosses-Mariennes et le canal du Bas-Rhône, port des Fosses-Mariennes, camp de Marius, réponse aux objections. Embouchures du Danube comparées à celles du Rhône. Projet de canalisation maritime du Bas-Danube, par Ernest Desjardins, Paris 1870, A. Durand, Pedone-Lauriel
La pyramide Mariette-Pacha, à Boulogne-sur-Mer.
  • Notice sur les monuments épigraphiques de Bavai et du musée de Douai, inscriptions, cachets d'oculistes, empreintes de potiers, voies romaines, par Ernest Desjardins, Douai 1873 (communication faite à la Société d'agriculture, sciences et arts de Douai. - extrait du t. XI, 2e série, de ses « Mémoires »), L. Crépin
  • Géographie historique et administrative de la Gaule romaine, par Ernest Desjardins, 3 volumes parus de 1876 à 1885
  • Acta musei nationalis Hungarici. Monuments épigraphiques du musée national hongrois, dessinés et expliqués, par Ernest Desjardins, Budapest 1873, impr. de l'Université royale hongroise par les soins de Dom Flóris Rómer
  • Desiderata du "Corpus inscriptionum latinarum" de l’Académie de Berlin. Notice pouvant servir de Ier [-Ve] supplément. Le Musée épigraphique de Pest. [Les Balles de fronde de la République. Guerre sociale, guerre servile, guerre civile.], par Ernest Desjardins, Paris 1873-1876, F. Vieweg
  • La Borne milliaire de Paris, par Ernest Desjardins, Paris 1880, impr. de Chaix
  • Les Monuments des thermes romains de Luxeuil, par Ernest Desjardins, Paris 1880 (extrait du « Bulletin monumental ». 1879-1880), Champion
  • Inauguration du monument élevé à Boulogne-sur-Mer en l’honneur de l’égyptologue Auguste Mariette,... le 16 juillet 1882, conférence d’Ernest Desjardins, Boulogne-sur-Mer 1882, impr. de Simonnaire
  • Tours de cartes anciens et modernes, par Ernest Desjardins, 1888

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

(cf section Annexes)

  • biographie : nécrologie de Salomon Reinach ; acte de décès d’Antoine Émile Ernest Desjardins
  • œuvres : notice bibliographique de la BNF

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Biographisches Jahrbuch für Alterthumskunde, 1886, pages 253-257 (nécrologie par Salomon Reinach)
  • Dictionnaire biographique d’archéologie 1798-1945, par Ève Gran-Aymerich, préface de Jean Leclant, Paris 2001, CNRS Éditions, 741 p., pages 218-219

Liens externes[modifier | modifier le code]