Doris Pack

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Doris Pack
Image illustrative de l'article Doris Pack
Fonctions
Députée européenne
18 juin 198925 mai 2014
Élection 18 juin 1989 (Allemagne)
Réélection 12 juin 1994), 13 juin 1999
13 juin 2004
7 juin 2009
Biographie
Date de naissance 18 mars 1942 (72 ans)
Lieu de naissance Schiffweiler
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Nationalité allemande
Parti politique CDU

Doris Pack, née le 18 mars 1942 à Schiffweiler en Sarre, est une femme politique européenne de nationalité allemande.

Elle a été députée européenne pour la CDU de 1989 à 2014. Elle est spécialiste des Balkans et des questions culturelles et éducatives.

Formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Doris Pack termine ses études secondaires en 1962. Elle obtient un diplôme de l'Institut supérieur de pédagogie en 1965. Elle parle allemand, français et anglais.

Elle enseigne jusqu'en 1974 dans des écoles primaires (Grundschule) et secondaires (Hauptschule). Entre 1983 et 1985, elle est directrice au ministère de l'Enseignement et des Affaires culturelles de la Sarre.

Premiers mandats[modifier | modifier le code]

Entre 1967 et 1974, elle est membre du conseil municipal de l'arrondissement de Bübingen à Sarrebruck. Elle est ensuite membre du conseil municipal de Sarrebruck jusqu'en 1976.

Entre 1974 et 1983, elle est députée de la Sarre au Bundestag. À partir de 1981, elle est déléguée à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et à l'Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale.

Elle est réélue au Bungestag en 1985. Elle démissionne en septembre 1989 suite à son élection au Parlement européen[1].

Députée européenne[modifier | modifier le code]

Doris Pack est députée européenne depuis 1989. Elle fait partie du groupe parlementaire du Parti populaire européen (démocrate-chrétien). Elle travaille notamment sur les questions relatives aux pays des Balkans occidentaux et sur les questions culturelles et éducatives. Elle est également présidente de l'association des femmes du Parti populaire européen[2].

Travaux parlementaires sur les Balkans[modifier | modifier le code]

Entre 1989 et 1994, Doris Pack fait partie de la délégation parlementaire pour les relations avec la Yougoslavie, qui devient délégation pour les relations avec les Républiques de Yougoslavie, puis délégation pour les relations avec les Républiques de l'ex-Yougoslavie. En 1994, le groupe devient Délégation pour les relations avec les pays de l'Europe du Sud-Est ; Doris Pack en prend la présidence, qu'elle conserve jusqu'en 2009[3].

Albanie[modifier | modifier le code]

En février 2010, Doris Pack déclare que l'Albanie a fait des progrès importants en termes de démocratisation. « C'est un fait et personne ne peut le nier. La dernière élection a été considérée comme libre et régulière, et c'est la première fois. Après cette élection, le parti au pouvoir, le Parti démocrate, et le parti d'opposition, le Parti socialiste, ont formé un gouvernement. C'est exceptionnel dans ce pays, c'est une très large majorité, et ils le font car tous deux veulent rapprocher le pays de l'Union. »[4]

Doris Pack réitère ses positions en juin 2010, et approuve la résolution adoptée par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, qui demande la suppression des visas pour les citoyens albanais dans l'Union européenne. « Malgré tous les problèmes intérieurs, l'Albanie est sur la bonne voie. L'Union européenne ne doit pas laisser le pays isolé, mais elle doit envoyer un signal fort pour que le processus des réformes soit renforcé. Ceci implique de permettre aux ressortissants albanais de circuler dans l'Union européenne sans visa, afin de renforcer l'adhésion aux principes démocratiques et à l'État de droit. »[5]

Bosnie[modifier | modifier le code]

En mars 2009, dans un débat sur la situation des Balkans occidentaux au sein de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, Doris Pack considère que l'institution par le traité de Lisbonne d'un Haut représentant pour la politique extérieure constitue une opportunité pour renforcer l'action européenne pour la Bosnie-Herzégovine. Elle déclare : « Il est grand temps de trouver un réel compromis pour aller plus loin et renforcer l'État. S'ils veulent vraiment faire quelque chose pour la population, pour leur peuple, pour leur électorat, ils devraient vraiment transformer la Bosnie en un État fort et efficace. Les politiciens en ont la possibilité, mais ils ne le font pas. »[6]

En mars 2010, Doris Pack rédige le rapport du Parlement européen sur la Bosnie-Herzégovine. Elle y exprime son inquiétude quant à l'évolution politique du pays, dont les progrès en vue de l'adhésion à l'Union européenne sont insuffisants[7].

Serbie et Kosovo[modifier | modifier le code]

Le 17 février 2008, le Kosovo proclame son indépendance de la Serbie. Doris Pack exprime l'acceptation par l'Union européenne de cette décision : « Attendre davantage n'aurait fait qu'empirer les choses. Depuis huit ans, le Kosovo vit en léthargie. (...) Nous pouvons nous réjouir de voir enfin ce petit pays prendre son destin entre ses mains. » Elle précise que l'Union européenne prendra ses responsabilités dans la région en envoyant une mission civile, EULEX Kosovo, pour consolider le système judiciaire et l'État de droit[8].

Concernant la Serbie, elle appelle celle-ci à poursuivre sa coopération avec l'Union européenne en vue d'une adhésion la plus rapide possible : « L'avenir de tous les pays des Balkans occidentaux se trouve au sein de la famille européenne. »[8]

En février 2010, elle critique le soutien financier massif que Belgrade continue à apporter aux Serbes du Kosovo. « Je demande à la Commission et au Conseil d'être plus fermes sur le sujet, de dire à la Serbie : laissez les autorités du Kosovo faire leur travail, et faites le vôtre dans votre pays. »[9]

En décembre 2010, Doris Pack participe à la mission d'observation des élections législatives au Kosovo. Elle évoque de « sérieuses accusations » de fraude électorale dans la région de la Drenica, où le taux de participation est anormalement élevé par rapport à la moyenne nationale[10].

Macédoine[modifier | modifier le code]

En mars 2009, Doris Pack exprime le souhait que la Grèce lève son veto à la candidature de la Macédoine à l'entrée dans l'Union européenne. Elle rappelle que la tenue d'élections libres et démocratiques est une condition pour l'adhésion, mais que le Conseil des ministres doit aussi approuver la candidature à l'unanimité, et que le Parlement ne peut pas contraindre un gouvernement à l'accepter. « Le comportement de la Grèce n'est ni très juste ni très compréhensible. (...) La question du nom pourrait être résolue, peut-être avec un double nom, mais la Grèce ne peut pas retirer à la Macédoine son identité. »[11]

Monténégro[modifier | modifier le code]

Le 21 mai 2006, le Monténégro proclame son indépendance de la Serbie par référendum. Doris Pack commente ce résultat : « C'est une bonne nouvelle pour la région, car le référendum s'est bien passé. Ce n'est pas à nous de décider si les Monténégrins veulent rester ou non avec la Serbie, c'est leur droit de faire sécession. Beaucoup de Serbes comprennent et acceptent cette solution. Les politiciens l'acceptent et sont assez mûrs pour travailler avec le Monténégro. (...) Le Monténégro peut à présent travailler sur ses propres problèmes, notamment les problèmes économiques et la corruption. »[12]

Concernant l'adhésion du Monténégro à l'Union européenne, Doris Pack déclare en février 2010 : « Le Monténégro n'a pas autant de problèmes [que les autres États des Balkans]. Il n'a pas les problèmes de coopération avec le TPIY de la Serbie, il n'a pas de problèmes interethniques, et il fait des progrès rapides. Je pense que la situation est prometteuse, même si les problèmes restent nombreux. Le respect des droits, l'administration, la justice doivent être améliorés, mais je pense que le Monténégro est un pays moderne et qu'il peut le faire plus vite que les autres car il a moins de problèmes résultant de la dislocation de la Yougoslavie. »[13]

Travaux parlementaires sur les questions culturelles et éducatives[modifier | modifier le code]

Depuis le début de sa carrière au Parlement européen, Doris Pack est membre de la Commission de la culture et de l'éducation[3]. Elle en est élue présidente le 20 juillet 2009[14].

Création artistique[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 2007, elle remet le Diplôme de docteur honoris causa(Université de Zadar, Croatie).

En février 2010, Doris Pack représente le Parlement européen au Festival d'Hiver organisé chaque année à Sarajevo[15].

Le 17 mai 2010, elle participe aux côtés de la nouvelle commissaire européenne à la Culture Androulla Vassiliou, au Rendez-Vous Européen du Festival de Cannes, qui est un forum de discussion consacré cette fois-ci aux fonds de soutien au cinéma européen.

Le 18 novembre 2010, elle remet le Prix européen de littérature contemporaine, financé par l'Union européenne et qui vise à promouvoir la circulation des œuvres littéraires en Europe[16].

Le 20 novembre 2010, elle participe à la conférence de Berlin organisée par l'association A Soul For Europe, qui réunit des personnalités du monde culturel et des médias, du secteur économique et des personnalités politiques pour discuter de l'avenir culturel de l'Europe[17].

Programme Grundtvig[modifier | modifier le code]

Doris Pack est considérée comme l'une des principales initiatrices du programme Grundtvig, qui vise à renforcer la coopération au sein de l'Union européenne dans le domaine de la formation continue et de l'éducation des adultes. En octobre 2010, dans une conférence à Copenhague pour les dix ans du programme, elle prononce un discours demandant le maintien de son financement : « Tant de projets sont une réussite, ils doivent être pérennisés. »[18]

Sport[modifier | modifier le code]

Doris Pack cherche à développer les actions à l'échelle européenne dans le domaine du sport, même si l'Union européenne n'a pas de compétence législative propre dans ce domaine. En 2004, elle est à l'initiative de l'Année européenne de l’éducation par le sport, qui a pour but de créer un réseau européen d'associations sportives et de soutenir des projets associatifs. 1600 demandes sont déposées et 160 d'entre elles obtiennent un financement de l'Union européenne.

En 2009, suite à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne qui reconnaît la « spécificité » du sport par rapport aux autres activités économiques, le Parlement européen obtient de consacrer une partie du budget de l'Union européenne aux actions dans le domaine du sport[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Abgeordnete der 1.-13. Wahlperiode", Bundestag.
  2. Europäische Frauen Union, Frauen Union.
  3. a et b Fiche sur le site du Parlement européen
  4. « Albania made a big progress in the last years. That is a fact and nobody can deny it. The last election was seen as free, fair and correct, and it is the first one. After this election, the former ruling party, the Democratic Party, and the Socialist Party, the other opposition party, formed a government. It is amazing in such a country. This is a high majority and they are doing this because both want to bring the country closer to the Union. », traduction libre, "MEP Doris Pack on BiH, Serbia, Albania, Montenegro", South East Europe TV, 15 février 2010.
  5. Communiqué de presse du Groupe du Parti populaire européen, 23 juin 2010.
  6. Interview of Doris Pack, South East Europe TV, 31 mars 2009.
  7. "Doris Pack : Le Parlement européen très inquiet pour la BH", bhinfo.fr, 23 mars 2010.
  8. a et b "Faire des Balkans occidentaux le prochain succès de l’Union européenne", europesworld.org, été 2008.
  9. « I would ask the Commission and the Council to be stronger on this way, to say to them : Let them do their own work, and do your work in your country. », traduction libre, "MEP Doris Pack on BiH, Serbia, Albania, Montenegro", South East Europe TV, 15 février 2010.
  10. "Kosovo : la commission électorale annonce la victoire d'Hashim Thaçi", Le Monde, 13 décembre 2010.
  11. « The behaviour of Greece is not very fair and not very understandable.(...) The name question could be solved, perhaps with a double name, but they can not take away the Macedonian identity. », traduction libre, "Interview with Doris Pack: "Greece can not take the ethnic identity of the Macedonians", youtube.com, 8 mars 2009.
  12. Interview de Doris Pack, RFI, 23 mai 2006.
  13. « Montenegro does not have all the problems of the others. It does not have the problems of Serbia with the cooperation with ICTY, it has no interethnic problems, and it is going fast forward, so I think they are promising, even if they have a lot of problems. The situation of rights, administration, jurisdiction have to be improved. But I think that they are a modern country and they can do it faster than the others, because they have less problems after the dissolving of Yugoslavia. », traduction libre, "MEP Doris Pack on BiH, Serbia, Albania, Montenegro", South East Europe TV, 15 février 2010.
  14. "EP-Kulturausschuss wählt Doris Pack MdEP zur neuen Vorsitzenden", Groupe du Parti populaire européen, 20 juillet 2009.
  15. Message by Doris Pack, Sarajevskazima, 1er février 2010.
  16. Cérémonie de remise des prix 2010, Prix européen de littérature contemporaine, 2010.
  17. The Berlin Conference 2010, A Soul For Europe, 2010.
  18. "Doris Pack: Beneficial projects have to be continually financed !", European Infonet Adult Education, 6 octobre 2010.
  19. "Doris Pack : le sport reflète beaucoup de valeurs européennes", touteleurope.eu, 30 juin 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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