Della Scala

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Monument funéraire de Cansignorio della Scala.
L'échelle (parfois à quatre barreaux), emblème des Scaliger, au fronton du château de Sirmione.
Territoires contrôlés par la famille della Scala en 1336.

La famille Della Scala, appelée également en italien 'famiglia scaligera' ou les Scaligeri[n. 1], est une dynastie qui gouverne la cité de Vérone, en Italie, durant 125 ans, de 1262 à 1387. De nombreux membres de cette famille exercent des fonctions politiques et administratives dans les communes, puis les seigneuries de Vénétie dès le XIIIe siècle et imposent progressivement leur seigneurie à Vérone, puis à Vicence. À leur apogée, les Della Scala n'ont pas d'égal en puissance et en richesse parmi les princes d'Italie.

Origines de la famille[modifier | modifier le code]

Le premier membre de la famille qui laisse une trace écrite est Arduino della Scala, « possidente di riguardo e mercante di panni »[n. 2] qui se présente, dans un document datant de 1180, comme « d'origine latine ». Deux de ses fils sont connus : Leonardino et Balduino, qui a lui-même un fils, Jacopino (ou Giacomino), marchand de laine, considéré comme l'ancêtre des seigneurs de Vérone.

Contexte communal[modifier | modifier le code]

Prééminence de la classe marchande[modifier | modifier le code]

Mastino, fils de Jacopino n'est pas particulièrement riche et ne possède pas de titre de noblesse, mais il est un habile politique, compétent et plein d'autorité. Il est surtout partisan de la paix, un point fondamental pour les Véronais, qui sortent à l'époque de la brève mais sanglante parenthèse qu'a constitué pour eux la domination d'Ezzelino III da Romano.

Mastino assume des responsabilités croissantes au sein de la Domus Mercatorum de Vérone[n. 3], l'association des marchands de Vérone, qui est à l'époque l'élément clé de la vie politique de la cité. Les corporations y sont représentées par leurs maîtres, les gastaldoni, dont l'assemblée[n. 4] élit le podestat des Marchands et pèse de tout son poids sur les magistrats (juges et consuls) et les conseils (Grand conseil, conseil des Quatre-vingts, conseil des Anciens) qui animent la vie politique de Vérone. Les gastaldoni débattent sur tout ce qui peut leur sembler utile à la commune, dans le respect des statuts de la cité. Le podestat de la cité[n. 5], est tenu de présenter leurs délibérations au Grand conseil, qui ne fait que les approuver. Dans les deux semaines qui suivent sa nomination, le podestat de la cité, qui doit statutairement être étranger à la ville[n. 6], a l'obligation de reconstituer le Grand conseil avec l'aide des « anciens ». Avec son adjoint (le « vicario »), il exerce le pouvoir exécutif, tandis que le pouvoir judiciaire est exercé par les juges et les consuls, le pouvoir législatif étant confié au Grand conseil[1].

Succession, apogée et chute des della Scala[modifier | modifier le code]

Mastino I[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mastino della Scala.

À l'époque de Mastino I, le pouvoir réside donc principalement entre les mains des corporations. Les féodaux en sont exclus statutairement et ne peuvent assumer aucune fonction officielle. C'est l'importance donnée, à l'intérieur des corporations, à celle des marchands, à laquelle appartiennent les Della Scala, qui va leur permettre de concentrer le pouvoir au sein de la famille. En s'appuyant d'une part sur les marchands, riches et majoritaires au sein du Grand conseil, et sur l'argent du clergé local d'autre part, Mastino gagne en influence. Au moment de la chute d'Ezzelino III da Romano, il est podestat de la cité. Reconduit par acclamation par la population libérée de la tyrannie d'Ezzelino, il prend, pour se démarquer du mandat précédent, le titre de podestà del Popolo. En 1262, on le retrouve élu capitano del Popolo et solidement appuyé par deux de ses frères, Alberto et Bocca. C'est de la conjonction progressive des fonctions de podestat des Marchands avec celles de capitaine du Peuple que va naître la Seigneurie de Vérone[2].

À la tête de la cité, Mastino prend le parti de l'Empereur et range durablement Vérone dans le camp gibelin[3]. Il profite des conflits territoriaux qui opposent Vérone à ses voisins pour concentrer le pouvoir, s'imposer comme arbitre et sceller des alliances, dont la principale, passée avec Mantoue, va durer soixante ans[4]. Son parti pris pour l'Empire oblige Mastino à faire des concessions au Pape, avec lequel les relations restent toujours tendues, sans que cela influe par ailleurs sur le comportement bienveillant du clergé local[5].

Pendant quatorze ans, de 1263 à 1277, Mastino domine Vérone, sans y assumer, la plupart du temps, de charge officiellement reconnue par les statuts de la cité. Son emprise sur les affaires communales s'installe de facto et il procède à une refonte des statuts communaux préparant le terrain à son successeur, qui se voit reconnaître, à sa mort, des pouvoirs entérinés par un simple état de fait.

Le 26 octobre 1277, Mastino est assassiné alors qu'il traverse la piazza dei Signori[6]. Le lendemain du meurtre, c'est Alberto, le frère du défunt, que le podestat du moment propose à l'assemblée du peuple et aux notables pour devenir « capitaine général à vie », entérinant ainsi l'emprise des Scaliger sur Vérone[7].

Alberto I[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alberto I della Scala.

Alberto, frère de Mastino I, prend les rênes de la ville de 1277 à 1301, luttant incessamment contre la faction rivale des Sambonifacio soutenus par la Maison d'Este. Il meurt en 1301, laissant derrière lui trois fils (l'aîné Bartolomeo, le puîné Alboin, le cadet Cangrande) et une fille Verde di Salizzole (it), qui décède en 1306.

Apogée des Della Scala[modifier | modifier le code]

Bartolomeo I et Alboino[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Bartolomeo I della Scala et Alboino della Scala.

À la mort d'Alberto I, le pouvoir revient à son fils aîné, Bartolomeo, qui parvient à s'emparer de Riva del Garda et d'Arco (dans la région du Trentin), mais il meurt en 1303 sans laisser de descendance et c'est son frère Alboino qui lui succède. Il appelle à ses côtés son cadet Cangrande, avec lequel il prend le contrôle de la rive bresciane du lac de Garde, et remporte quelques batailles contre Ferrare, Brescia et Parme. En 1310 l'empereur Henri VII les nomme tous deux vicaires impériaux, mais Alboino décède peu après et le pouvoir revient entre les mains de Cangrande I, qui devient podestat en 1308. Homme de guerre, mais également bienfaiteur des arts et des lettres, il prend le contrôle de Padoue (1328), de Trévise (1329), et de Vicence.

Cangrande I[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cangrande della Scala.

Cangrande della Scala se comporte en seigneur éclairé. Il accueille Dante, exilé de Florence, dans le palais qu'il a fait édifier pour les réfugiés politiques, les savants, les poètes et les artistes de talent, qu'il couvre généreusement d'or et de cadeaux.

Padoue se ligue alors avec les Sambonifacio, Trévise et Aquilée, qui signent la paix en 1314. Mais dès l'année suivante, Padoue envahit le territoire de Vicence. Cangrande intervient, met l'ennemi en déroute et capture le chef de la Maison de Carrare. Il est retenu prisonnier et traité comme un hôte jusqu'à la paix de 1315. En 1318, à Soncino, Cangrande est nommé général de la Ligue gibeline.

En 1325 Cangrande est frappé par une grave maladie et la rumeur de sa mort se propage. Federico della Scala (it) se fait alors élire prince, mais il est banni, ainsi que toutes les familles qui l'ont soutenu, lorsque Cangrande se rétablit.

En 1328 un légat du Pape l'accuse d'hérésie et lance une croisade contre lui[n. 7]). De nombreuses cités guelfes se rallient à la croisade, mais elles sont toutes défaites et Cangrande parvient à conserver le contrôle de Padoue. Il met le siège devant Trévise, qui se rend peu de temps après. Cangrande est alors seigneur de Vérone, Vicence, Padoue, Trévise, Belluno, Feltre, Monselice, Bassano, vicaire impérial de Mantoue et chef des gibelins italiens[8]. Cangrande meurt brutalement de maladie à 38 ans. Sa mort prématurée et inattendue laisse la Seigneurie sans héritier direct (il n'avait eu que des filles et ses fils étaient illégitimes). Le pouvoir tombe entre les mains de son neveu Mastino II della Scala qui étend la seigneurie jusqu'à Pontremoli et aux rives de la Mer Tyrrhénienne.

Alberto II et Mastino II[modifier | modifier le code]

En 1328 les fils illégitimes de Cangrande organisent une conjuration pour se débarrasser des héritiers d'Alboino della Scala (Alberto II (it) et Mastino II), mais ils sont dénoncés et emprisonnés. Le 8 août 1331, Mastino II est élu Capitan generale de la ligue formée entre Vérone, la Maison d'Este, la Maison de Gonzague et la Famille Visconti (à laquelle se joindra ensuite Florence)[9], ligue mise sur pied pour faire pièce aux expéditions italiennes des souverains de Bohême qui, sollicités par le Pape, se sont déjà emparés de quelques cités lombardes. Mastino II, placé à la tête de l'armée, vient au secours de Ferrare assiégée, remporte la bataille et reçoit un accueil triomphal lors de son retour à Vérone. Il soumet Bergame, qu'il offre à ses alliés, et Brescia, Parme, Lucques, Massa et Pontremoli, qui restent à la famille della Scala.

Mal conseillés, les della Scala finissent par irriter Venise qui, les voyant d'un mauvais œil s'approcher de Chioggia, s'allie avec Florence (suivie en 1337 de Milan, Mantoue et Ferrare), avec des conséquences désastreuses pour la dynastie scaligère. Alberto II est fait prisonnier. En 1339, Mastino II parvient à négocier la paix avec le Saint-Empire et avec ses ennemis et sauve ainsi la Seigneurie et son frère, au prix d'une réduction territoriale conséquente. Ils conservent Vérone, Vicence, Parme (qu'ils perdront ensuite au profit d'Azzo da Correggio (it)) et Lucques (isolée et sans continuité territoriale avec le reste de leurs possessions, la ville sera plus tard vendue à Florence[10]).

Avec Mastino II (podestat de 1329 à 1351), la ville se trouve dans une position ambivalente : défaite, obérée par le coût de son redimensionnement territorial, à nouveau déchirée par les lutte intestines, Vérone reste pourtant un refuge pour les exilés qui pâtissent des luttes fratricides que se livrent les autres cités italiennes. Du fait des relations familiales qui lient la ville à Louis de Bavière, Vérone devient une sorte de protectorat. Les Scaliger y perdent peu à peu le pouvoir, tandis qu'ils font édifier les monuments qui témoignent encore aujourd'hui de leur puissance : Castelvecchio, le Pont Scaliger et les Tombeaux des Scaligeri où reposent leurs restes.

Cangrade II et Cansignorio[modifier | modifier le code]

Mastino II meurt en 1351 et la seigneurie passe à ses fils Cangrande II della Scala, Cansignorio (1359–75) et Paolo Alboino della Scala (Alberto II meurt peu de temps après s'être retiré de la vie publique). Le premier (podestat de 1351 à 1359), surnommé « Can rabbioso » (chien enragé) est le véritable maître de la cité. Cupide, cruel et tyrannique, il amasse des richesses à l'extérieur de la ville pour doter ses enfants illégitimes, monte les uns contre les autres, jusqu'à ce que son frère Cansignorio lui donne la mort en 1359. Cansignorio (podestat de 1359 à 1375) maintient ensuite une paix relative et embellit Vérone, qui y gagne le surnom de Marmorina en raison de l'usage surabondant du marbre et des statues. Il jette sur l'Adige le ponte Navi, et fait poser, sur la torre del Gardello (it), une horloge (la première d'Italie) dont le mouvement est alimenté par l'énergie hydraulique.

Avant sa mort, survenue en 1375, Cansignorio ordonne l'assassinat de son frère, Paolo Alboino, pour garantir la succession à ses fils illégitimes Bartolomeo II della Scala et Antonio della Scala, alors mineurs. Les deux enfants grandissent sous le protectorat de la Famille Visconti, qui profite de la faiblesse politique et de l'endettement de Vérone. Barnabé Visconti attaque Vérone et réclame l'héritage de sa femme, Reine della Scala, sœur de Cansignorio, mais les Véronais font une sortie et le contraignent à s'enfuir. La ville reste entre les mains des della Scala pendant encore 6 ans.

Chute des Scaliger[modifier | modifier le code]

Antonio delle Scala fait assassiner son frère pour pouvoir gouverner seul, faisant endosser le meurtre à la famille Malaspina, aux Nogarola (depuis toujours, pourtant, amis de la famille) et aux Bevilacqua, qui parviennent à trouver refuge à Milan. Ils poussent les Visconti à entrer en guerre contre Antonio della Scala. Ainsi se forme une alliance entre les Visconti, la Maison de Carrare, la Maison d'Este et les Gonzague, qui signe la fin de la seigneurie scaligère. L'armée véronaise livre deux grandes batailles[11] avant d'être définitivement vaincue. Ayant épuisé toutes ses ressources, Antonio quitte Vérone à minuit, le 19 octobre 1387, mettant un terme à la domination des della Scala sur la ville. Il meurt en 1388 à proximité de Florence, d'où il venait de partir, à la tête d'une petite armée, pour défier à nouveau Vérone.

C'est en vain que son fils Can Francesco tente de reprendre Vérone en 1390.

En 1404, Guglielmo fils naturel de Cangrande II, a plus de chance : avec l'aide de la population, il parvient à chasser les Milanais, mais meurt dix jours plus tard et, en 1405, Vérone tombe entre les mains de la république de Venise.

Les derniers Scaliger vivent à la cour de l'Empereur et cherchent, à plusieurs reprises, à reprendre le contrôle de Vérone, en s'appuyant sur la population.

L'église de Santa Maria Antica, à Vérone, est entourée par les tombes des membres de la famille, qui se présentent sous forme de petits temples (tempietti) d'inspiration gothique lombarde, contenant leurs sarcophages.

Seigneurs de Vérone[modifier | modifier le code]

Lignée allemande[modifier | modifier le code]

Guglielmo († 1404), fils naturel de Cangrande II della Scala, dont les descendants ont vécu en Bavière sous le nom de Von der Leiter (ou Von der Laitter).

Paolo († 1441)
Giovanni († 1490)
Giovanni († 1541), seigneur d'Amerang
Giancristoforo († 1544), condottiere
Giovanni Ermundo († 24 avril 1592)
Giovanna (1574-1654) baronesse de Lamberg, épouse de Siegmund II comte de Dietrichstein et mère de Massimiliano di Dietrichstein

Généalogie[modifier | modifier le code]

Généalogie sommaire des della Scala ayant exercé le pouvoir à Vérone

* Les dates de naissance et de décès entre parenthèses. Les dates pendant lesquelles ils exercent le pouvoir à Vérone : ʘ. Encadrement pointillé : enfants illégitimes.

 
 
 
Jacopino della Scala
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mastino I
(† 1277)
ʘ 1259-1277
Assassiné
 
 
Alberto I
(† 1301)
ʘ 1277-1301
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bartolomeo I
(† 1304)
ʘ 1301-1304
 
Alboino
(† 1311)
ʘ 1304-1311
Avec Cangrande à partir de 1308
 
Cangrande I
(1291-1329)
ʘ 1308-1329
Seul à partir de 1311
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Alberto II
(1306-1352)
ʘ 1329-1351
Avec Mastino II
 
Mastino II
(1308-1351)
ʘ 1329-1351
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cangrande II
(1332-1359)
ʘ 1351-1359
Surnommé Can rabbioso
Assassiné par Cansignorio
 
Cansignorio
(1340-1375)
ʘ 1351-1375
 
Paolo Alboino
(1343-1375)
ʘ 1351-1375
Assassiné par Cansignorio
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bartolomeo II
(1358-1381)
ʘ 1375-1381
Sous tutelle des Visconti
Assassiné par Antonio
 
 
Antonio
(1362-1388)
ʘ 1375-1387
Sous tutelle des Visconti
Dernier Della Scala à Vérone

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Étymologiquement, le terme scaligero est un adjectif créé à partir du mot Scala (échelle, emblème de la famille) et désigne un membre de cette famille. Il a été francisé en Scaliger par Jules César Scaliger, prétendu membre de la famille, venu s'installer en France en 1525. On trouve également la graphie De Scalis, De Scala.
  2. « Propriétaire d'importance et marchand de drap. »
  3. L'équivalent d'une chambre de commerce.
  4. Le Consiglio dei Gastaldoni dei Mestieri.
  5. À ne pas confondre avec le podestat des Marchands.
  6. L'interdiction est parfois respectée à la lettre pendant de longues années, parfois abandonnée.
  7. L'accusation d'hérésie et l'excommunication étaient les armes utilisées contre les gibelins, en raison de leur opposition à la papauté.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (it) « Verona scaligera ».
  2. Allen, 1910, p. 93.
  3. Allen, 1910, p. 97.
  4. Allen, 1910, p. 98-100.
  5. Allen, 1910, p. 101.
  6. Allen, 1910, p. 102.
  7. Allen, 1910, p. 124.
  8. Solinas,1981, p. 292.
  9. Solinas,1981, p. 305.
  10. Solinas,1981, p. 307-308.
  11. Solinas,1981, p. 312

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) G. Solinas, Storia di Verona, Vérone, Centro Rinascita,‎ 1981.
  • (it) Venturi, Compendio della storia sacra e profana di Verona, vol. II, Vérone, Pietro Bisesti editore,‎ 1825 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) A.M. Allen, A History of Verona, Londres, Methuen & C° Ltd.,‎ 1910 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Articles connexes[modifier | modifier le code]