Cubozoa

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Le cubozoaire (Cubozoa), appelé aussi méduse-boîte est une classe de cnidaires, un invertébré qui se distingue des autres méduses par la forme de son ombrelle en forme de cube. La méduse-boîte est connue pour son venin extrêmement puissant produit aussi par certaines espèces : Chironex fleckeri, Carukia barnesi et Malo kingi qui sont parmi les créatures les plus venimeuses au monde. Les piqûres de ces espèces ainsi que quelques autres de cette classe sont extrêmement douloureuses et souvent mortelles pour les humains.

Nom vernaculaire[modifier | modifier le code]

« Méduse-boîte » est un nom vernaculaire pour le notoirement dangereux Chironex fleckeri. La « guêpe de mer », plus ambigu, est aussi couramment utilisé pour désigner toutes les espèces venimeuses de méduses.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Cubomedusae d'Ernst Haeckel dans le Kunstformen der Natur(1904).

La plus grande différence visuelle de la méduse-boîte est que leur ombrelle a la forme d'un cube contrairement à la « vraie » méduse ou Scyphozoa qui a plutôt une forme de dôme ou de couronne. À l'intérieur de l'ombrelle se trouve un volet ou « velarium » qui sert à concentrer et augmenter l'écoulement de l'eau expulsée par l'ombrelle. En conséquence, la méduse-boîte peut se déplacer plus rapidement que les autres méduses. Des vitesses jusqu'à six mètres par minute ont été enregistrées[1].

Le système nerveux de la méduse-boîte est plus développé que celui des autres méduses. Elle possède notamment un anneau nerveux autour de la base de l'ombrelle qui coordonne ses mouvements de pulsations; une caractéristique qui n'existe que chez la méduse Coronatae. Alors que d'autres méduses ont simplement un pigment oculaire, les méduses-boîtes sont uniques du fait de la possession de vrais yeux avec rétines, cornées et lentilles. Leurs yeux (en grappes) sont situés sur chacun des quatre côtés de leur ombrelle. Ceux-ci permettent de voir les points spécifiques de la lumière, plutôt que de simplement distinguer la lumière ou l'obscurité. Les méduses-boîtes ont aussi des yeux de type « inférieur », parce que les gros yeux (visuellement « forts ») ne sont qu'un des quatre sous-ensembles. Au total, elles ont 24 yeux[2]. Une autre particularité intéressante est que la méduse-boîte a quelque chose dans son organisme que l'on peut considérer comme un cerveau. Des tests ont montré qu'elle a une mémoire et une capacité à apprendre limitée.

Les tentacules de certaines méduses-boîtes peuvent atteindre jusqu'à 3 mètres de longueur. Suivant l’espèce, une méduse-boîte peut peser jusqu'à 2 kg[3].

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Bien que les espèces notoirement dangereuses de méduse-boîtes sont en grande partie, ou entièrement, limitées à la zone tropicale indo-pacifique, diverses espèces de méduse-boîte peuvent être largement répandues dans les océans tropicaux et subtropicaux, y compris l'Atlantique et l'est du Pacifique, avec des espèces que l'on peut trouver aussi jusque dans le nord de la Californie, la Méditerranée (par exemple, Carybdea marsupialis)[4], le Japon (par exemple, Chironex yamaguchii)[5], et aussi loin que l'Afrique du Sud (par exemple, Carybdea branchi)[6] et la Nouvelle-Zélande (par exemple, Carybdea sivickisi)[7].

Mécanismes de défense et d'alimentation[modifier | modifier le code]

Panneau d'avertissement de méduse-boite (appelée Box Jellyfish en anglais) sur la plage de Cap Tribulation dans le Queensland, en Australie.

La méduse-boîte a été appelée « l'animal le plus venimeux au monde[8] », mais seules quelques espèces de la classe ont été impliquées dans des décès d’êtres humains. Certaines espèces ne sont pas des menaces réellement sérieuses. Par exemple, le résultat d'une piqure de bart Chiropsella donne seulement des démangeaisons et une légère douleur[9]. Chaque tentacule possède environ 500 000 cnidocytes, contenant des nématocystes, un mécanisme en forme de harpon microscopique qui injecte le venin dans la victime[10]. Il existe de nombreux types de nématocystes différents trouvés dans les cubozoas[11]. En Australie, les envenimations mortelles sont le plus souvent perpétrées par les plus grandes espèces de cette famille de méduses Chironex fleckeri, en raison de la forte activité du venin transporté dans leurs nématocystes. On a découvert récemment que la très similaire Chironex yamaguchii peut être tout aussi dangereuse, car elle a été impliquée dans plusieurs morts au Japon[5]. Il est actuellement incertain de savoir laquelle de ces espèces est la plus souvent impliquée dans la mort d’êtres humains en Malaisie[5],[12]. En 1990, un enfant de 4 ans est décédé après avoir été piqué par Chiropsalmus quadrumanus dans l'île de Galveston dans le Golfe du Mexique. Même cette espèce Chiropsoides buitendijki est considérée comme l'auteur probable de deux décès en Malaisie occidentale[12]. Au moins deux morts en Australie ont été attribuées à la méduse miniature Irukandji[13],[14]. Les victimes de ces méduses-boîtes peuvent souffrir de graves symptômes physiques et psychologiques connus sous le nom syndrome d'Irukandji[15]. Néanmoins, la plupart des victimes survivent. Sur 62 personnes traitées pour une piqure de méduse-boîte irukandji en Australie en 1996, près de la moitié ont été renvoyées à la maison avec très peu ou pas de symptômes au bout de 6 heures, et seulement deux sont restées hospitalisées environ une journée après avoir été piquées[15].

En Australie, C. fleckeri a causé au moins 64 morts depuis le premier rapport en 1883[16], mais même pour cette espèce la plupart des rencontres semblent n'aboutir qu'à une envenimation légère[17]. La plupart des décès récents en Australie touchent les enfants, qui ont une masse corporelle plus faible[16]. En avril 2010, en Australie, une fillette de 10 ans a survécu à de multiples piqûres de méduse-boîte et sa survie a été considérée comme un miracle médical[18]. Dans certaines parties de l'archipel malais, le nombre de cas mortels est beaucoup plus élevé. Rien qu'aux Philippines, on estime qu'environ 20 à 40 personnes meurent chaque année de piqûres de Chirodropid, décès probablement dus à un accès limité aux services médicaux et au sérum anti-venimeux, contrairement à de nombreuses plages australiennes qui sont sécurisées par des filets de protection limitant l’accès des méduses-boîtes ainsi que du vinaigre placé et réparti sur les plages de manière à être accessible rapidement permettant des premiers secours très rapides[17],[19]. Le vinaigre est aussi utilisé comme traitement par les habitants des Philippines[12].

Filet de protection anti méduses à Ellis Beach, Queensland, Australie.

La méduse-boîte chasse ses proies (zooplancton et de petits poissons) en nageant, plutôt que de dériver comme le font les autres méduses. Elle est même capable d'atteindre des vitesses allant jusqu'à 4 nœuds (1,8 m / s)[20]. La méduse-boîte est difficilement « détectable » car elle est pratiquement transparente. Généralement, on a déjà été piqué lorsqu'on la voit[21]. Le venin des cubozoas est différent des scyphozoas. Les cubozoas l'utilisent pour capturer des proies (poissons, petits invertébrés, comprenant crevette, anchois et autres poissons dits « d’appât ») ainsi que pour se défendre contre les prédateurs, tel que le stromateidae, platax, picots, crabes (crabe bleu nageur) et diverses espèces de tortue de mer (tortue imbriquée, tortue à dos plat). Les tortues de mer, ne sont apparemment pas du tout affectées par les piqûres des méduses-boîtes lorsqu'elles les mangent. Dans le nord de l'Australie, la période à haut risque pour rencontrer la méduse-boîte se situe entre le mois d'octobre et le mois de mai, mais des piqûres et des spécimens sont signalés tout au long de l'année. On considère aussi que les risques augmentent lorsque la mer est calme avec une brise venant de la terre, mais des piqûres et des spécimens ont été signalés dans toutes les conditions. À Hawai, le nombre de méduse-boîtes est très important 7 à 10 jours après la pleine lune, quand elles viennent près du rivage pour frayer. Parfois, l'afflux est tellement important que les sauveteurs ferment les plages infestées, comme à Hanauma Bay, jusqu'à ce qu'elles repartent[22],[23].

Traitement des piqûres[modifier | modifier le code]

Une fois que le tentacule de la méduse-boîte adhère à la peau, elle y injecte avec ses nématocystes du venin, provoquant de multiples micro-piqûres et une douleur atroce. L'utilisation réussie de sérum antivenimeux contre la méduse-boîte Chironex par les membres de la brigade de transport ambulancier du Queensland en Australie (Queensland Ambulance Transport Brigade) a montré que l'acide acétique, présent dans le vinaigre, désactive les nématocystes de la méduse-boîte qui n'ont pas encore été déversées dans la circulation sanguine (cela ne soulagera en aucun cas la douleur). La pratique la plus courante consiste donc à appliquer de généreuses quantités de vinaigre avant et après que le tentacule soit retiré. L'enlèvement des tentacules se fait généralement avec une serviette ou à la main (avec un gant), afin de prévenir des piqûres supplémentaires. Les tentacules continueront de piquer même s'ils sont séparés de l'ombrelle, ou si la méduse est morte. L'enlèvement de tentacules, sans avoir au préalable été généreusement arrosé de vinaigre, peut provoquer de nouvelles piqûres des nématocystes qui n'ont pas encore injecté leur venin, et ainsi entraîner une plus grande envenimation.

Bien souvent recommandé dans les croyances populaires et même dans certains « écrits » sur les traitements des piqûres de méduses[24], et malgré le manque de preuves scientifiques, certaines personnes pensent que l'application ou l'utilisation d'urine, ammoniaque, attendrisseur de viande, bicarbonate de sodium, acide borique, jus de citron, eau fraiche, crème à base de stéroïde, alcool, pack de glaçons, papaye, ou peroxyde d'hydrogène vont neutraliser les piqûres de méduses. Il faut savoir que dans certains cas, ces actions vont au contraire faciliter l'injection de venin[25]. Dans tous les cas il ne faut jamais appliquer un bandage d'immobilisation, de l'alcool dénaturé ou encore de la vodka sur des piqûres de méduses [26],[27],[28],[29]. Dans les cas les plus sévères tels qu'avec la méduse Chironex fleckeri, un arrêt cardiaque peut survenir très rapidement. La réanimation cardio-pulmonaire peut alors sauver la vie et prend la priorité sur toutes les autres options de traitement.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

En 2007, au moins 36 espèces de méduses-boites ont été reconnues[30]. Celles-ci sont regroupées en deux ordres et sept familles[31]. Quelques nouvelles espèces ont été décrites depuis, et il est très probable qu'il reste encore des espèces à découvrir[5],[6],[9] .

Classe Cubozoa

Liste des ordres[modifier | modifier le code]

Selon ITIS (12 mars 2012)[32] & NCBI (12 mars 2012)[33] :

Selon Animal Diversity Web (12 mars 2012)[34] & Catalogue of Life (12 mars 2012)[35] :

Liste des familles[modifier | modifier le code]

Selon ITIS (12 mars 2012)[32] :

Selon NCBI (12 mars 2012)[33] :

Selon Animal Diversity Web (12 mars 2012)[34] :

Selon Catalogue of Life (12 mars 2012)[35] :

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Barnes, Robert D., Invertebrate Zoology, Philadelphie, PA, Holt-Saunders International,‎ 1982, 139–149 p. (ISBN 0-03-056747-5)
  2. (en) Andrea Thgompson, « Jellyfish Have Human-Like Eyes »,‎ 1er avril 2007 (consulté le 1er avril 2007)
  3. (en) « Box Jellyfish Cubozoa », sur National Geographic (consulté le 8 juin 2012)
  4. (en) Carybdea marsupialis « The Jellies Zone. » (consulté le 28 avril 2010)
  5. a, b, c et d (en) Lewis, C. and B. Bentlage (2009). Clarifying the identity of the Japanese Habu-kurage, Chironex yamaguchii, sp nov (Cnidaria: Cubozoa: Chirodropida). Zootaxa 2030: 59–65
  6. a et b (en) Gershwin, L. and M. Gibbons (2009). Carybdea branchi, sp. nov., a new box jellyfish (Cnidaria: Cubozoa) from South Africa. Zootaxa 2088: 41–50
  7. (en) Gershwin, L., Staurozoa, Cubozoa, Scyphozoa (Cnidaria), vol. 1: Kingdom Animalia., New Zealand Inventory of Biodiversity., Gordon, D.,‎ 2009
  8. (en) « Girl survives sting by world's deadliest jellyfish », sur DailyTelegraph, Londres, Royaume-Uni,‎ 27 avril 2010 (consulté le 11 décembre 2010)
  9. a et b (en) Gershwin, L.A. et P. Alderslade, « Chiropsella bart n. sp., a new box jellyfish (Cnidaria: Cubozoa: Chirodropida) » [PDF], Territoires du Nord, Australie, The Beagle, Records of the Museums and Art Galleries of the Northern Territory, 2006 22: x–x,‎ 2006
  10. (en) Williamson JA, Fenner P J, Burnett JW, Rifkin J., Venomous and poisonous marine animals: a medical and biological handbook, Surf Life Saving Australia and University of New North Wales Press Ltd,‎ 1996 (ISBN 0-86840-279-6)
  11. (en) Gershwin, L., « Nematocysts of the Cubozoa. Zootaxa 1232: 1–57 » [PDF],‎ 2006
  12. a, b et c (en) Fenner, P. J., The Global Problem of Cnidarian (Jellyfish) Stinging. PhD Thesis,, Université de Londres,‎ 1997
  13. (en) [PDF] Fenner P, Hadok J, Fatal envenomation by jellyfish causing Irukandji syndrome, vol. 177,‎ 2002, 362–63 p. (PMID 12358578, lire en ligne)
  14. (en) Gershwin, L., Malo kingi: A new species of Irukandji jellyfish (Cnidaria: Cubozoa: Carybdeida), possibly lethal to humans, from Queensland, Australia. Zootaxa 1659,‎ 2007, 55-68 p.
  15. a et b (en) Little M, Mulcahy R, A year's experience of Irukandji envenomation in far north Queensland, vol. 169,‎ 1998, 638–41 p. (PMID 9887916, lire en ligne)
  16. a et b (en) Northern Territory Government (2008). Department of Health and Families. Chironex fleckeri.. Centre for Disease Control.
  17. a et b (en) Daubert, G. P. (2008). Cnidaria Envenomation. eMedicine.
  18. (en) « Girl survives deadly box jellyfish stings - doctors amazed », sur The Sydney Morning Herald,‎ 2010
  19. (en) Fenner, P. J. and J. W. Williamson, « Worldwide deaths and severe envenomation from jellyfish stings. », sur The Medical Journal of Australia 165(11-12):658-61.,‎ 1996
  20. (en) « Box Jellyfish Cubozoa » (consulté le 7 août 2011)
  21. (en) « Facts About Box Jellyfish », sur iloveindia.com (consulté le 28 avril 2010)
  22. (en) « Jellyfish: A Dangerous Ocean Organism of Hawaii » (consulté le 10 juillet 2010)
  23. (en) « Hanauma Bay closed for second day due to box jellyfish » (consulté le 10 juillet 2010)
  24. (en) Zoltan T, Taylor K, Achar S, Health issues for surfers, vol. 71,‎ 2005, 2313–7 p. (PMID 15999868)
  25. (en) Fenner P, Marine envenomation: An update – A presentation on the current status of marine envenomation first aid and medical treatments, vol. 12,‎ 2000, 295–302 p. (DOI 10.1046/j.1442-2026.2000.00151.x)
  26. (en) Hartwick R, Callanan V, Williamson J, Disarming the box-jellyfish: nematocyst inhibition in Chironex fleckeri, vol. 1,‎ 1980, 15–20 p. (PMID 6102347)
  27. (en) Seymour J, Carrette T, Cullen P, Little M, Mulcahy R, Pereira P, The use of pressure immobilization bandages in the first aid management of cubozoan envenomings, vol. 40,‎ 2002, 1503–5 p. (PMID 12368122, DOI 10.1016/S0041-0101(02)00152-6)
  28. (en) Little M, Is there a role for the use of pressure immobilization bandages in the treatment of jellyfish envenomation in Australia?, vol. 14,‎ juin 2002, 171–4 p. (PMID 12164167, DOI 10.1046/j.1442-2026.2002.00291.x)
  29. (en) Pereira PL, Carrette T, Cullen P, Mulcahy RF, Little M, Seymour J, Pressure immobilisation bandages in first-aid treatment of jellyfish envenomation: current recommendations reconsidered, vol. 173,‎ 2000, 650–2 p. (PMID 11379519, lire en ligne)
  30. (en) [PDF] Daly, Marymegan, et al., The phylum Cnidaria: A review of phylogenetic patterns and diversity 300 years after Linnaeus,‎ 2007, 127–182 p. (lire en ligne)
  31. (en) Bentlage, B., Cartwright, P., Yanagihara, A.A., Lewis, C., Richards, G.S., and Collins, A.G. 2010. Evolution of box jellyfish (Cnidaria: Cubozoa), a group of highly toxic invertebrates. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 277: 493-501.
  32. a et b ITIS, consulté le 12 mars 2012
  33. a et b NCBI, consulté le 12 mars 2012
  34. a et b Animal Diversity Web, consulté le 12 mars 2012
  35. a et b Catalogue of Life, consulté le 12 mars 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

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