Collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne

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Collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne
Chevet et flanc sud de l'édifice
Chevet et flanc sud de l'édifice
Présentation
Culte catholique romain
Type collégiale
Début de la construction 12e siècle
Fin des travaux 15e siècle
Style dominant roman et gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)[1]
 Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Marne
Commune Châlons-en-Champagne
Coordonnées 48° 57′ 28″ N 4° 21′ 50″ E / 48.957716, 4.363769 ()48° 57′ 28″ Nord 4° 21′ 50″ Est / 48.957716, 4.363769 ()  

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Collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne

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Collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne

La collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne est une église gothique construite du XIIe au XVe siècle. Au XIXe siècle, on lui a ajouté un carillon de cinquante-six cloches.

Historique[modifier | modifier le code]

Notre-Dame-en-Vaux possédait une relique vénérable qui attirait beaucoup de pèlerins et fit sa gloire : la relique du Saint Nombril du Christ, détruite en 1707 par Jean-Baptiste-Louis-Gaston de Noailles, évêque-comte de Châlons. Toutefois cette relique n’est attestée qu’au début du XVe siècle et le pèlerinage qui a favorisé la construction aux XIIe et XIIIe siècles, est plutôt un pèlerinage à la Vierge.

Architecture[modifier | modifier le code]

Notre-Dame-en-Vaux sur le Mau, cloitre derrière les arbres .

Avec ses deux flèches couvertes de plomb qui se reflètent dans le Mau, la collégiale Notre-Dame-en-Vaux est devenue l’emblème de la ville de Châlons-en-Champagne. Elle est implantée sur un site qui était déjà affecté au culte depuis le IXe siècle. On sait peu de choses de l’église qui l’a précédée. L’édifice actuel, dont la construction fut entreprise vers 1157 et achevée, pour le gros œuvre, vers 1217, est un grand monument gothique, avec tribunes et triforium, qui conserve dans ses parties les plus anciennes, des traces d’influence romane. La Collégiale — qui était à l’époque à la fois collégiale et église paroissiale — était un important centre de pèlerinage à la Vierge.

L’extérieur est encadré par quatre tours romanes (influence de la cathédrale de Toul), deux en façade, deux autres aux angles du transept et du chevet. Avant la Révolution, toutes quatre étaient surmontées de flèches. L’abside à déambulatoire et chapelles rayonnantes, échelonne ses volumes arrondis, que scandent des batteries superposées d’arcs-boutants.

Vitraux de Notre-Dame-en-Vaux

La douce lumière qui la baigne met en relief l’harmonie de ses proportions et la qualité de sa composition. Cette lumière est colorée par des vitraux, dont les plus remarquables furent posés au début du XVIe siècle, dans les fenêtres de style flamboyant qui venaient d’être percées dans les collatéraux. Elles racontent la Passion du Christ, la Vie de la Vierge, la vie de saint Jacques, etc. Parmi tous ces vitraux, il y en a un qui retient particulièrement l'attention ; c'est une œuvre du maître-verrier Mathieu Bléville de Saint-Quentin, réalisée en 1526, qui a représenté la glorification de la Vierge. Les généreux donateurs qui ont permis la réalisation de ce vitrail, Nicolas Collesson et son épouse Marguerite Lallemant, y sont présents, placés au bas de la composition, sur les côtés, introduits par saint Nicolas et sainte-Marguerite.

À l'intérieur, restes de nombreuses pierres tombales comme celle des époux Noisette, de Jean Menguy échevin de Chaalons, Miche Joly et de Jean Talon, premier intendant de Nouvelle-France (1695), et celle de Claude Chastillon, topographe du roi (1616).

Les chapelles ont des sols décorés de dalles qui sont rehaussées de scènes bibliques en fil de plomb. La collégiale accueille aussi tout un ensemble de peintures : un triptyque de l'Adoration des Mages issue de l'église de Saint-Loup, des œuvres de Claude François (peintre) .

Reliquaire de l'Ombilic du Christ. Vierge à L'enfant. Provient de l'église Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne. 1407. Musée de Cluny. Paris .

Le bras sud (qui date du tout début de la construction) est richement décoré et sculpté. Le portail latéral sud, à tympan sculpté et à statues-colonnes (vers 1170), a malheureusement été gravement endommagé sous la Révolution (il fut rasé, ainsi que trois des quatre flèches pour récupérer le plomb à des fins militaires). Cette merveille d’équilibre était accompagnée d’un cloître sans équivalent : ses supports étaient constitués de statues-colonnes, surmontées de chapiteaux, le tout sculpté par quelques-uns des plus grands artistes des années 1170 - 1180. Détruit au XVIIIe siècle, ses sculptures ont été retrouvées et sont maintenant présentées dans le Musée du cloître de Notre-Dame-en-Vaux inauguré en 1978 in situ rue Nicolas Durand. La collégiale a encore des maisons canoniales qui sont classés.

Orgues[modifier | modifier le code]

Le buffet d'orgue et la tribune sont inventoriés au patrimoine culturel[2]. Il est des traces de la présence d'un orgue depuis 1409[3] et se trouvait dans la tribune de la cinquième travée du collatéral sud. Après de longues hésitations quant à sa place, la décision d'un construire un nouveau au revers du portail occidental en mars 1634 . Le buffet fut réalisé par Nicolas Profinet et Jean Chandart et avait cinq tourelles, des dômes à écailles, des volets d'azur à fleurs de lys d'or. La partie instrumentale fut construite par Jehan de Villers qui devint l'organiste jusqu'en 1663. Il comptait 29 jeux, un pédalier et trois claviers. En 1680 René Daumouche de Reims ajoute un clavier, Nicolas Le Bé de Troyes effectue un relevage en 1713. Mais un orage de grêle brise la rosace et endommage l'orgue le 30 juillet 1720. De nouveau relevé en 1575 par Jacques Cochu puis restauration par son fils René en 1789 qui y ajoute aussi un clairon et une pédale de quinte en 1791. L'orgue compte alors 34 jeux. Le curé Paul Champenois décidait de modifier l'orgue, les travaux de 1856 à 1859 des frères Claude de Mirecourt renouvelaient totalement la soufflerie, modifiaient le meuble mais gardaient une partie de la tuyauterie. Le résultat ne donnait pas satisfaction et fut modifié en 1865 par Ferdinand Voigt de la maison Merklin. Cette maison proposait de modifier et d'électrifier les orgues en 1893 en reliant celui de tribune avec celui de chœur. En 1943 Gutschenritter ajoutait cinq jeux au positif, les tuyaux stockés furent coulés pour leur métal.

La Collégiale Notre-Dame-en-Vaux est classée depuis 1840[1] et, depuis 1998, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, parmi d’autres églises de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, au titre des « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France ».

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00078618 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « tribune et buffet d'orgue », base Palissy, ministère français de la Culture
  3. Orgues en Champagne-Ardenne, Jean-François Baudon, Ministère de l'Éducation nationale et de la Culture, 1993.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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