Bataille de Clavijo

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42° 21′ N 2° 25′ E / 42.35, 2.417 ()

saint Jacques en matamore.
Musée de Carrión de los Condes, sur le Camino francés

La bataille de Clavijo est une bataille légendaire qui opposa, le 23 mai 844, les troupes du roi Ramire Ier des Asturies à l'armée maure de d'Abd al-Rahman II.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 844, Ramire Ier, dixième descendant de Pelayo, vient de subir une sévère défaite à Albelda, face à l'armée de d'Abd al-Rahman II.

S'étant retiré sur la proche colline de Clavijo pour passer la nuit, saint Jacques lui apparaît en songe, l'encourage à reprendre les armes le lendemain et l'assure de sa protection. Au cours de ce nouveau combat, monté sur un destrier étincelant de blancheur, l'apôtre prête main forte à ses protégés, qu'il mène à la victoire, et libère du tribut les cent vierges que l'émir percevait chaque année depuis le règne de Mauregat des Asturies.

Le 25 mai 844, en signe de gratitude, le roi institue le Voto de Santiago, un tribut dû à la cathédrale de Compostelle, renouvelable chaque année, sur les céréales, par les agriculteurs du Nord de la péninsule Ibérique. Ce tribut n'est aboli qu'en 1812 par les Cortès de Cadix.

Il s'agit de la première manifestation historique de saint Jacques en matamore. Ces événements mythiques ont un large impact sur la population chrétienne de la péninsule. L’écho de la victoire de Clavijo, réelle ou non, mobilise tout un peuple et transforme un ensemble de combats régionaux en croisade nationale, la Reconquista.

Cette légende est créée dans les années 1160 au sein de la cathédrale de Compostelle, à partir d'une bataille gagnée par le roi Ramire II (931-951) à Simancas en 939, avant laquelle il aurait été à Saint-Jacques prier l'apôtre. Le "Privilège des Vœux", qui attribue une victoire à Clavijo au roi Ramire Ier un siècle plus tôt, avait pour but d'assurer à l'Église compostellane des revenus réguliers puisqu'en remerciement pour la victoire accordée, le roi promettait (le "vœu") que désormais tous les Espagnols paieraient un tribut annuel à l'apôtre. Sacrifiant à la mode des romans de chevalerie, le texte ajoutait la délivrance des "cent jeunes filles vierges" promises à un sort funeste. Les "Vœux" furent payés par les Espagnols jusqu'au XVIIe siècle, quand le roi décida que désormais il ferait chaque année, au nom de l'Espagne, l'"Offrande à l'Apôtre", tradition qui se poursuit toujours les 25 juillet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

M. Manzanares de Cirre, “Las cien doncellas: trayectoria de una leyenda”, Proceedings of the Modern Language Association, 8 (1966), pp. 179-184.

Ofelia Castelao Rey, La historiografía del Voto de Santiago. Recopilación crítica de una polémica histórica, Santiago de Compostela, 1985.

Margarita Torres Sevilla-Quiñones de León, Las batallas legendarias y el oficio de la guerra, Barcelona, Ediciones Debolsillo, 2003, pp. 99-114.

Adeline Rucquoi, "Clavijo : saint Jacques matamore?", Compostelle. Cahiers du centre d'Études Compostellanes, 10 (2007), pp. 48-58.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]