Classe Victoria (sous-marin)

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Classe Victoria
Image illustrative de l'article Classe Victoria (sous-marin)
Le Corner Brook entrant dans le port de Saint-Jean de Terre-Neuve
Classe Upholder
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin d'attaque conventionnel (SSK)
Longueur 70,28 m
Maître-bau 7,62 m
Tirant d’eau 5,39 m
Déplacement 2 168 t en surface, 2 455 t en plongée
Propulsion 2 x moteurs diesel Paxman Valenta 1600 RPA SZ de 3,03 MW, 1 x Moteur électrique GEC de 5 MW, 1 hélice
Vitesse 20 nœuds en plongée, 12 nœuds en surface
Profondeur 260 m
Caractéristiques militaires
Armement 6 x tubes de 533 mm pour 18 torpilles Mk.48 ou 6 missiles antinavire UGM-84D Sub Harpoon
Rayon d’action 8 000 milles à 8 nœuds
Autres caractéristiques
Équipage 7 officiers de marine et 42 hommes d'équipage
Histoire
Constructeurs Vickers Shipbuilding and Engineering Ltd, Barrow-in-Furness (Chicoutimi, Victoria, Cornerbrook)
Cammell Laird (Windsor)
A servi dans Pavillon de la Royal Navy Royal Navy
Naval Ensign of Canada.svg Marine royale canadienne
Période de
construction
1983 - 1992
Période de service Royaume-Uni : 2 juin 1990 - octobre 1994
Drapeau du Canada Canada: De décembre 2000 - en cours
Navires construits 4
Navires prévus 10
Navires en activité 4
Précédent classe Oberon

La classe Victoria, à l'origine connue comme classe Upholder ou type 2400, est une classe de quatre sous-marins d'origine britannique. Il s'agit de la 3e génération de sous-marins britanniques à propulsion diesel-électrique. Ils ont été construits par Vickers Shipbuilding and Engineering Ltd pour la Royal Navy. Depuis 2000, ils opèrent pour la Marine royale canadienne des Forces canadiennes.

Historique[modifier | modifier le code]

La place, mineure, du sous-marin dans la structure des Forces canadiennes fait l'objet dans les années 1980 d'un débat dans le milieu universitaire et au niveau politique. En 1983, le sous-comité sénatorial de la défense préconise l'acquisition de 17 autres sous-marins diesel-électriques, alors que les Forces canadiennes n'arment que 3 Oberon. En 1987, le Livre blanc sur la défense préconise l'annulation de l'achat prévu de quatre à 12 sous-marins à propulsion classique et favorise l'acquisition sous transfert de technologie au cours des 20 années suivantes d'une flotte de 10 à 12 sous-marins nucléaires d'attaque[1] de classe Rubis française ou de classe Trafalgar britannique. Le plan vise à instaurer une marine capable de manœuvrer dans les trois océans et, notamment, à assoir les revendications territoriales canadiennes sur les eaux et le sous-sol de l'Arctique[2],[3]. Le projet, qui doit être confirmé avant l'été 1988 par le choix du type de bâtiment[4], est finalement abandonné lors du vote du budget en avril 1989.

En 1992, après la chute de l'Union soviétique, le nombre de sous-marins est revu à la baisse : au maximum six nouveaux bâtiments conventionnels remplaceront les Oberon[5]. Ce choix est recommandé l'année suivante par le comité conjoint spécial puis est acté par le Livre blanc sur la Défense de 1994, qui évoque le rachat à la Royal Navy de ses 4 sous-marins de classe Upholder[6], disponibles à ce qui semblait être un prix très intéressant, d'origine récente et bien équipés, en échange de la mise à disposition d'infrastructures militaires canadiennes aux profit des forces armées britanniques. Ce n'est cependant qu'en 1998 que les Forces canadiennes acceptent en leasing de 8 ans les Upholder afin d'opérer dans les océans Pacifique depuis Esquimalt (un bâtiment) et Atlantique depuis la Base des Forces canadiennes Halifax (trois bâtiments). Ils sont renommés classe Victoria et commissionnés respectivement le (Victoria)[7], en mars (Corner Brook) et juin 2003 (Windsor) et septembre 2004 (Chicoutimi).

Bien que le gouvernement canadien affirme alors que l'achat pour 750 millions de dollars canadiens est une affaire, certains observateurs estiment que leur remise à niveau nécessiterait au moins la même somme. L'opposition canadienne demande à la Royal Navy (RN) de supporter les coûts supplémentaires, étant donné qu'il serait largement acquis que l'état des Upholder se serait détérioré durant leur stockage et que la RN n'aurait pas communiqué suffisamment sur leur condition. Ainsi, Stephen Saunders, auteur de Jane's Fighting Ships, estime que : « Intrinsèquement, il y a quelque chose qui ne va pas avec cette classe de sous-marins. »

En 2011, le coût de ce programme est estimé à 900 millions de dollars canadiens[8]. À cette date réapparaît l'option d'achat de SNA en remplacement de la classe Victoria[9].

Service actif[modifier | modifier le code]

Cette classe de sous-marins conventionnelle, la 3e génération de sous-marins britanniques à propulsion diesel-électrique, est la dernière de ce type construite au Royaume-Uni par les chantiers navals de la Vickers Shipbuilding and Engineering Ltd. Aujourd'hui les chantiers navals britanniques ne fabriquent plus que des sous-marins à propulsion nucléaire. Leur construction a débuté dans les dernières années de la guerre froide à partir de 1983 et à l'origine dix étaient prévus au rythme d'une mise en chantier annuelle[10].

Ils ne servirent à partir du 2 juin 1990 que quelques années dans la Royal Navy qui depuis opère seulement avec des sous-marin nucléaire d'attaque, leur mission était le contrôle de la zone stratégique du GIUK entre le Groenland et les îles Britanniques. Ils ont été retirés du service pour raisons budgétaires entre avril 1993 et octobre 1994 et remisés à quai, sans entretien, avec de l'eau dans leurs réservoirs de carburant jusqu’à ce que le Canada les rachète en 1998. Ils rentrèrent en service en 2000, permettant le retrait des Oberon dont le NCSM Onondaga qui avait 33 ans de service.

Ces quatre navires avaient passé un total de 720 jours en mer depuis la signature du contrat le 2 juillet 1998 et fin janvier 2008 dont 254 ont été consacrés à des patrouilles ou des exercices, les 466 autres jours furent consacrés à la formation, à des essais et à la traversée de l'Atlantique depuis la Grande-Bretagne jusqu'au Canada.

Les deux navires qui ont été opérationnels avant fin 2011 sont le NCSM Corner Brook (81 jours entre octobre 2006 et la fin janvier 2008) et le NCSM Windsor (173 jours entre juin 2005 et décembre 2006)[11].

Début 2011, seul le Corner Brook est en service, les trois autres étant amarrés pour des réparations et des remises à niveau qui posent d'énormes problèmes à la marine canadienne qui fait face, entre autres, à des fissures sur la coque[12].

Les quatre sous-marins de classe Victoria ne valent plus en 2008 que 343 millions de dollars, selon un inventaire des actifs des forces armées canadiennes réalisé par le chef du Service d'examen du ministère de la Défense nationale.

Ainsi, le Chicoutimi n'a jamais été mis en service et fut placé sous cocon depuis juin 2005 après son incendie du qui, lors de son voyage inaugural entre le Royaume-Uni et le Canada, a fait un mort et neuf blessés suite au manque d'étanchéité du réseau électrique[13]. Sa reconstruction n'a débuté qu'en fin 2010 et devrait être terminée en 2013[14]. Le Victoria est en cale sèche depuis 2005 et jusqu'à la mi-2009[15] et n'a comptabilisé entre 2000 et 2010 que 115 jours en mer[16]. Le Windsor est en travaux de 2007 jusqu’à début décembre 2012 et ses réparations en 2010 ont coûté 45 millions de dollars canadiens au lieu des 17 millions prévus[17].

Le NCSM Corner Brook est début 2011 le seul en maintenance normale et qui effectue des missions en mer mais il est endommagé lorsqu’il a heurté le fond de l’océan pendant un entrainement en juin 2011. Il va être réparé et modernisé pendant une période d’entretien programmée jusqu’en 2016[8].

En avril 2011, ces bateaux ne sont toujours pas en état de combattre, et ils ne le seront pas tant que leurs tubes lance-torpilles n’auront pas été convertis pour lancer des torpilles Mk 48, ce qui n'a été fait qu'en 2012/2013[18]. Le Victoria est le premier d'entre eux à effectuer des tirs de torpilles à partir de mars 2012 et coulera un navire lors des manœuvres RIMPAC le 18 juillet 2012 au large d'Hawaï[19].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Écorché d'un sous-marin de classe Victoria.

Généralités[modifier | modifier le code]

Cette classe est très silencieuse avec son revêtement anéchoïque constitué de 22 000 tuiles et ses moteurs auxiliaires suspendus. Sa coque simple en forme de goutte classique est construite avec un acier haute résistance NQ1, un dérivé de l'acier HY80, introduit en 1969 et toujours employé de nos jours dans la construction navale[20]. Elle peut plonger officiellement 200 m, 260 m selon l'almanach flottes de combat, et demeurer en immersion pendant 90 heures[7]. L'autonomie annoncée est de 49 jours.

Équipage[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grades des Forces canadiennes.

L'équipage normal comprend 49 personnes soit 25 matelots, 17 officiers mariniers et 7 officiers[21]. Il peut comprendre 5 stagiaires et a la capacité de comprendre 3 femmes par bâtiment.

L'équipage est divisé en quatre grands départements mais les membres d'un équipage réduit se doivent d'être polyvalents :

  • Combat : 16 personnes dont 3 officiers, 4 officiers mariniers et 9 matelots ; responsables des sonars, radars et systèmes de communications[22].
  • Ingénierie des systèmes de combat : 10 personnes dont 1 officier, 4 officiers mariniers et 5 matelots ; responsables du système d'arme, torpilles et systèmes électroniques[23].
  • Ingénierie : 18 personnes dont 1 officier, 9 officiers mariniers et 8 matelots ; responsables de la salle des machines, de la maintenance, des systèmes électriques[24].
  • Exécutif : le Executive Officer est responsable du bien-être, du moral et de la discipline de l'équipage ainsi que de l'administration du sous-marin. Il est secondé par le capitaine d'armes, le médecin du bord et le greffier en chef[25].

Électronique[modifier | modifier le code]

Armement[modifier | modifier le code]

Comme indiqué plus haut, ils ne purent utilisé les torpilles Mark 48 mod 7 américaines en service dans la marine canadienne[26] qu'à partir de 2012/2013 après travaux, les tubes ayant été conditionnés à l'origine pour tirer des torpilles britanniques Tigerfish et Spearfish. Ils ont la capacité de lancer des missiles antinavires UGM-84 Sub Harpoon, mais si le Royaume-Uni possédait cette munition, ce n'est pas le cas du Canada.

Le système de direction de lancement des armes provient des Oberon canadiens désarmés[27].

Bâtiments[modifier | modifier le code]

NCSM Victoria (SSK 876)[modifier | modifier le code]

Le Victoria près de Bangor, État de Washington.

NCSM Windsor (SSK 877)[modifier | modifier le code]

Windsor au large de Faslane, Écosse. Le mât devant le périscope est celui du radar Kelvin-Hughes 1007.
  • Constructeur : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (Cammell Laird à Birkenhead)
  • Quille posée : février 1989
  • Lancement : 16 avril 1992
  • Armé : 25 juin 1993 Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy sous le nom de HMS Unicorn (S43)
  • Retiré du service : octobre 1994 Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
  • Renommé : juillet 2001 comme HMCS Windsor SSK 877
  • Armé : octobre 2003 Naval Ensign of Canada.svg Marine royale canadienne
  • Opérateur : Naval Ensign of Canada.svg Marine royale canadienne
  • Indicatif canadien/britannique : CZWR/GACD
  • Statut: En cale sèche à partir de 2007 et objet de radoub, les réparations devraient être terminées à l’origine en 2011 et le retour en service opérationnel estimé à début 2012[8]. Il retourne finalement en mer le 13 décembre 2012 et doit rentrer en service en 2013 après essais.
  • Affectation : Forces maritimes de l'Atlantique en 2013[29]

NCSM Corner Brook (SSK 878)[modifier | modifier le code]

Article principal : NCSM Corner Brook (SSK 878).
Corner Brook ammaré à la Naval Submarine Base New London.

NCSM Chicoutimi (SSK 879)[modifier | modifier le code]

Article principal : NCSM Chicoutimi (SSK 879).
Chicoutimi à bord du Tern à Odgen Point, Victoria, Colombie-Britannique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Défis en engagements : une politique de défense pour le Canada,‎ juin 1987 (lire en ligne)
    p. 52-54
  2. (en)Keith Spicer, « Canada's Arctic claims », Ottawa Citizen,‎ (lire en ligne)
  3. (en)Michael Byers, « Arctic sovereignty: Another threat runs silent and deep », The Globe and Mail,‎ (lire en ligne)
  4. Le point sur les questions de défense 1988-89, Ministère de la Défense nationale canadien,‎ mars 1988 (ISBN 0-662-55733-6, lire en ligne)
    p. 12
  5. Politique de défense 1992, Ministère de la Défense nationale canadien,‎ avril 1992 (lire en ligne)
    p. 25
  6. (en) White Paper on Defence 1994, Ministère de la Défense nationale canadien,‎ 1994 (lire en ligne)
    p. 8
  7. a, b et c « Sous-marins de la classe Victoria », sur Marine royale canadienne, Forces maritimes du Pacifique (consulté le )
  8. a, b, c et d (en) David Pugliese, « All Canadian submarines now out of commission », [[The Vancouver Sun|The Vancouver Sun]],‎ 4 septembre 2011 (lire en ligne)
  9. « Ottawa n'exclut pas l'achat de sous-marins nucléaires », sur www.radio-canada.ca, Radio Canada,‎ (consulté le )
  10. Jean Labayle-Couhat, Flottes de combat 1986, Édition maritimes & d'outre-mer,‎ 2 novembre 1985 (ISBN 2-7373-2887-X), p. 421
  11. (en) [Christina Mackenzie, « Canada's subs stay warm and dry », Aviation Week & Space Technology,‎ 14 février 2008 (consulté le 19 avril 2011)]
  12. Vincent Groizeleau, « La Marine Canadienne face au désastre des Upholder britanniques », sur meretmarine.com, Mer et Marine,‎ (consulté le )
  13. « La marine canadienne rencontre un nouveau problème sur un sous-marin », sur www.meretmarine.com, Mer et Marine,‎ (consulté le )
  14. « La réparation du sous-marin canadien Chicoutimi débute enfin », sur www.meretmarine.com, Mer et Marine,‎ (consulté le )
  15. (en)Rob Shaw, « Submarine overhaul extended to 2009 », Victoria Times-Colonist,‎ (lire en ligne)
  16. (en) « Military helicopter delays », [Victoria Times-Colonist],‎ 23 février 2010
  17. « Réfection coûteuse du sous-marin Windsor », sur http://www.radio-canada.ca, Radio-Canada,‎ (consulté le )
  18. (en) « Canadian Peacekeeper Boats », sur www.strategypage.com, Strategy Page,‎ (consulté le )
  19. « Un sous-marin canadien torpille un vieux bâtiment américain », sur Mer et Marine,‎ 12 septembre 2012 (consulté le 16 décembre 2012)
  20. « The Beginnings And Development Of Pressure Hull Welding Of United Kingdom Submarines », Welding Design & Fabrication,‎ 20 juillet 2007 (consulté le 21 avril 2011)
  21. (en) « History of HMCS Windsor », Commandement de la Force maritime des Forces canadiennes,‎ 7 juillet 2010 (consulté le 20 avril 2011)
  22. (en) « Combat », Commandement de la Force maritime des Forces canadiennes,‎ 7 juillet 2010 (consulté le 20 avril 2011)
  23. (en) « Combat Systems Engineering », Commandement de la Force maritime des Forces canadiennes,‎ 7 juillet 2010 (consulté le 20 avril 2011)
  24. (en) « Engineering », Commandement de la Force maritime des Forces canadiennes,‎ 7 juillet 2010 (consulté le 20 avril 2011)
  25. (en) « Executive », Commandement de la Force maritime des Forces canadiennes,‎ 7 juillet 2010 (consulté le 20 avril 2011)
  26. (en)[PDF]« Canada – 36 MK-48 Mod 7 Advanced Technology (AT) Torpedo Conversion Kits », sur www.dsca.mil, Defense Security Cooperation Agency,‎ (consulté le )
  27. Bernard Prézelin, Flottes de combat 2002, Rennes, Ouest-France,‎ novembre 2001 (ISBN 2-7373-2887-X), p. 213
  28. Jerry Proc, « Victoria Class Submarines With Focus on the Electronics Fit », The Web Pages Of Jerry Proc,‎ 21 novembre 2008 (consulté le 20 avril 2011)
  29. Jacques N. Godbout, « Sous-marins canadiens: 3 sur 4 seront opérationnels pour 2013 », sur 45e Nord,‎ 14 décembre 2012 (consulté le 16 décembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ken Macpherson, The ships of Canada's naval forces 1910-2002, Sainte-Catharines, Ont., Vanwell Publishing,‎ 2002, 3e éd., 324 p. (ISBN 1551250721)
  • (en) J. David Perkins, The Canadian submarine service in review, Sainte-Catharines, Ont., Vanwell Publishing,‎ 2000, 208 p. (ISBN 1551250314)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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