Chicago Cultural Center

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chicago Cultural Center
Le Chicago Cultural Center
Le Chicago Cultural Center
Présentation
Période ou style Architecture néoclassique
Architecte Shepley, Rutan and Coolidge
Date de construction 1893-97
Destination initiale Bibliothèque centrale
Propriétaire Ville de Chicago
Destination actuelle Centre d'art et de culture
Protection Chicago Landmark
National Register of Historic Places
Géographie
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Illinois
Localité Chicago
Adresse 78 East Washington Street
Localisation
Coordonnées 41° 53′ 02″ N 87° 37′ 30″ O / 41.8838, -87.62541° 53′ 02″ Nord 87° 37′ 30″ Ouest / 41.8838, -87.625  

Géolocalisation sur la carte : Chicago

(Voir situation sur carte : Chicago)
Chicago Cultural Center

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Chicago Cultural Center

Le Chicago Cultural Center est un bâtiment situé au 78 East Washington Street à Chicago. Construit en 1893, dans le secteur du Loop (Downtown), il abritait à l'origine la bibliothèque centrale de la ville, qui devint après sa rénovation en 1977, un centre d'art et de culture grâce au Commissioner of Cultural Affairs (en français: « commissaire aux affaires culturelles ») de la ville, Lois Weisberg[1]. Il est aussi le lieu des réceptions officielles de la ville, où le maire accueille les présidents, rois, diplomates et dirigeants politiques en visite dans sa ville. En 2006, le centre a accueilli plus de 839 000 visiteurs[2]. Il est aujourd'hui la 5e destination culturelle de la ville. Le bâtiment est inscrit sur la liste des Chicago Landmarks et National Register of Historic Places.

En tant que premier centre culturel municipal gratuit aux États-Unis, le Chicago Cultural Center est l'une des attractions les plus populaires de la ville et est considéré comme l'une des vitrines artistiques les plus complètes des États-Unis. Chaque année, le Chicago Cultural Center propose plus de 1000 programmes et des expositions couvrant un large éventail des arts de la scène, visuels et littéraires. Il sert également de lieu de prédilection pour la chorale des enfants de Chicago.

Histoire[modifier | modifier le code]

Chicago a été incorporée en 1837 en tant que ville. Trente-trois ans plus tard, en octobre 1871 un incendie fait rage dans le cœur de la ville, tuant 250 personnes, laissant 100 000 personnes sans abri et détruisant 18 000 bâtiments sur une superficie totale de 10 km²[3]. Chicago a été littéralement ravagée par le feu, le centre-ville, ainsi que les quartiers environnants ont été presque totalement détruits.

Dans l'esprit de dévouement et de détermination si représentative de ses citoyens, la ville fut bientôt reconstruite. Un an après l'incendie, de nouveaux bâtiments apparaissaient chaque semaine. En 1875, de nombreuses rues animées sont bordées de hauts bâtiments, certains possédant plus de neuf étages, ce qui est rendu possible avec l'ascenseur récemment inventé. Les constructions étaient partout et la ville s'est développée rapidement. Même dans cet environnement accidenté, les citoyens ont commencé a manifester un intérêt grandissant pour la culture, l'apprentissage et le savoir.

Bibliothèque centrale de Chicago[modifier | modifier le code]

À l'époque, le bâtiment servait de bibliothèque centrale, aujourd'hui il abrite le Chicago Cultural Center

La première bibliothèque de Chicago remonte à 1834, lorsque le Chicago Lyceum gère une bibliothèque de prêt de 300 volumes pour ses membres. Le Lyceum ferme ses portes et, en 1841, certains de ses membres forment un nouveau centre culturel appelé association de l'AOS. L'association possède une salle de lecture publique avec une collection de plus de 30 000 livres, qui ont tous été détruits dans l'incendie de 1871.

Peu de temps après l'incendie, la ville de Chicago et l'AOS reçoivent environ 8 000 livres de la part d'auteurs britanniques, éminents hommes d'État, qui ont fait donation à la ville afin qu'elle puisse reconstituer la collection qui fut totalement détruite. De nombreux volumes ont été autographiés par des bailleurs de fonds, comme la reine Victoria, John Stuart Mill, Charles Darwin, Robert Browning, John Ruskin et Alfred Lord Tennyson entre autres. Avec tous ces livres comme base pour commencer une nouvelle collection, la ville de Chicago et les leaders de l'AOS établissent la première bibliothèque publique de Chicago en avril 1872.

En 1873, n'ayant plus assez de place pour entreposer la collection toujours plus grande de livres, le conseil d'administration des bibliothèques de la ville organisent une collecte de fonds afin qu'une bibliothèque puisse être installée provisoirement dans un ancien réservoir d'eau. Durant de nombreuses années, la bibliothèque occupe divers espaces temporaires pendant que les membres du conseil d'administration cherchent un lieu pour qu'elle puisse s'établir de façon permanente.

En 1874, la collection est mise gratuitement en circulation pour tous les Chicagoans, et deux ans plus tard, 120 000 volumes sont venus compléter la collection. Au début des années 1890, la ville projette de faire construire ce qui allait devenir l'une des plus importantes bibliothèque du pays. La ville récolta des fonds du gouvernement fédéral pour construire le bâtiment. Les travaux commencent en 1893 et s'achèvent en 1897. Le bâtiment (aujourd'hui connu comme le Chicago Cultural Center) ouvre ses portes la même année et devient la première bibliothèque centrale de la ville jusqu'en 1977. Son intérieur comprend des mosaïques ornées, des dômes de marbre, et bronze et de vitrail conçus par la Tiffany Glass and Decorating Company[4].

Rénovation et reconvertion[modifier | modifier le code]

Le Preston Badley Hall, avec vue sur le dôme en vitrail.

Comme la population de Chicago explose à partir de 1890, passant d'1 million d'habitants à plus de 3,6 millions en 1950, les ressources de la bibliothèque deviennent bientôt insuffisantes pour la demande croissante des Chicagoans. En 1974, la bibliothèque commence son déménagement dans des locaux provisoires dans l'attente d'une nouvelle installation définitive. En 1991, la Harold Washington Library devient la bibliothèque centrale de la ville, avec plus de neuf millions d'ouvrages[5] répartis sur 9 étages. La firme d'architectes Holabird and Root termine la reconvertion et la restauration de l'édifice en 1977. La cour en U sur son côté ouest est amménagée avec des rampes d'accès et d'autres services.

Rebaptisé Chicago Cultural Center, le bâtiment devient un centre culturel majeur et fait aujourd'hui partie des principales destinations culturelles de la ville. Le Département des affaires culturelles de Chicago l'a classé 5e destination culturelle de la ville par le nombre de visiteurs. Le Chicago Cultural Center comprend des galeries d'arts, des lieux dédiés aux performances artistiques, un centre de conférence, de vastes espaces où l'on peut trouver une grande collection de film, des centres de loisirs pour les personnes âgées, une cafétéria, un Musée de la communication et de la radiodiffusion, des accès internet, et les bureaux du Département des affaires culturelles de la ville (Chicago Department of Cultural Affairs). Des conférences internationales y sont régulièrement tenues au Chicago Cultural Center.

Architecture[modifier | modifier le code]

Dôme en vitrail de George Louis Healy et Louis Julian Millet[6].

Une fois le financement établi en 1891, par la récolte de fonds du gouvernement fédéral et de la ville de Chicago, le Conseil municipal a soumis des demandes à des firmes d'architectes à travers le pays afin d'abriter la bibliothèque centrale de la ville et le musée de la Grand Army of the Republic. Les instructions pour les architectes précisaient que la nouvelle bibliothèque devait "transmettre au visiteurs l'idée que le bâtiment est un monument publique et durable digne d'une ville majeure".

En février 1892, la firme de Boston Shepley Rutan and Coolidge (connue aujourd'hui sous le nom de Shepley Bulfinch Richardson and Abbott) a obtenue le contrat pour la conception de la bibliothèque. Ces trois jeunes architectes étaient les successeurs du bureau de Henry Hobson Richardson, l'un des cabinets d'architectes les plus avancés du XIXe siècle en Amérique. Talentueux et populaires, ils venaient de terminer le bâtiment d'origine de l'Institut d'art de Chicago.

Le concept final des architectes pour la bibliothèque était d'en faire un bâtiment de style néoclassique, qui comprendrait des colonnes grecques et des arcs romains massifs. Adhérant à des spécifications rigoureuses et détaillées du Département des Buildings (DOB) de Chicago pour la structure, la conception des architectes présentait un extérieur unifié avec un intérieur raffiné dans le style Beaux-arts. Outre son style néoclassique, l'édifice possède quelques éléments néoromans. Il est coiffé de deux dômes de vitrail disposés symétriquement sur chaque aile. L'édifice s'organise autour de l'aile nord haute de 4 niveaux (entrée au 77 East Randolph) et de l'aile sud sur 5 niveaux (entrée au 78 East Washington), haut de 31 mètres, ses murs extérieurs en maçonnerie d'un mètre d'épaisseur sont surfacés de Bedford bluestone montés sur une base en granite. Les travaux furent achevés en 1897, leurs coûts s'élevaient à deux millions de dollars.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Discover the Chicago Cultural Center. ; Chicago Dept. of Cultural Affairs, 1993. (OCLC 29895748)
  • The people's palace : the story of the Chicago Cultural Center ; Nancy Seeger; Rolf Achilles; Chicago : The Cener, 1999. (OCLC 45734464)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Six Degrees of Lois Weisberg », The New Yorker; 11 janvier 1999 ; sur Gladwell.com (consulté le 16 septembre 2007)
  2. (en) Matthew Carmichael, « Chicago's Largest Cultural Attractions », Chicago Business (consulté le 16 septembre 2007)
  3. 1/3 de la ville fut détruite selon Pap Ndiaye, Caroline Rolland, « La saga d'une forteresse démocrate », dans L'Histoire (ISSN 0184-2339), no 339, février 2009, p. 41 ; 3/4 selon Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, Paris, Presses universitaires de France,‎ 2007 (2e éd.) (ISBN 978-2-13-056074 6), p. 323
  4. (en) « Chicago Public Library/Cultural Center », City of Chicago Department of Planning and Development, Landmarks Division,‎ 2003 (consulté le 2007-07-16)
  5. (en) « The Development of a Central Library », Harold Washington Library,‎ 2003
  6. (en) stained glass, Healy and Millet à propos de Healy et Millet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]