HMS Agamemnon (1781)

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HMS Agamemnon
Image illustrative de l'article HMS Agamemnon (1781)
Duckworth's Action off San Domingo, 6 February 1806 de Nicholas Pocock. L'Agamemnon est visible au loin (3e navire à partir de la gauche).

Autres noms Eggs-and-Bacon
Histoire
A servi dans Pavillon de la Royal Navy Royal Navy
Commandé 8 avril 1777
Quille posée mai 1777
Lancement Bucklers Hard, le 10 avril 1781
Statut Échoué le 16 juin 1809
Caractéristiques techniques
Type Navire de ligne de classe Ardent
Longueur 49 m[1]
Maître-bau 13,51 m[1]
Tirant d'eau 5,8 m[1]
Tonnage 1 384 bm[1]
Propulsion Trois-mâts carré (voile)
Caractéristiques militaires
Armement 64 canons[1]
Autres caractéristiques
Équipage 500 hommes[2]
Coordonnées 34° 55′ 59″ S 54° 58′ 52″ O / -34.933055555556, -54.98111111111134° 55′ 59″ Sud 54° 58′ 52″ Ouest / -34.933055555556, -54.981111111111  

Le HMS Agamemnon, surnommé Eggs-and-Bacon (« Œufs-et-Bacon »), est un navire de ligne de 3e rang de classe Ardent possédant 64 canons. Appartenant à la Royal Navy, il participe à la guerre d'indépendance des États-Unis, aux guerres de la Révolution française et aux guerres napoléoniennes. Il est également notable comme étant le navire préféré d'Horatio Nelson. Nommé d'après le héros grec Agamemnon, il est le premier navire de la Royal Navy à porter ce nom.

Horatio Nelson, futur Lord Nelson, sert en tant que capitaine trois années et trois mois sur l'Agamemnon à partir de janvier 1793. Le navire est alors notamment actif en Méditerranée. Après le départ de Nelson, il est impliqué dans les mutineries de Spithead et du Nore en 1797, puis il est présent lors de la première bataille de Copenhague en 1801, bien qu'il s'échoue avant de pouvoir participer aux combats.

Malgré le penchant de Nelson pour ce navire, il nécessite des réparations régulières et aurait probablement été démoli en 1802 si la guerre avec la France n'avait pas recommencé. Le navire participe à la bataille de Trafalgar en 1805 dans l'esscadre de Nelson et parvient à capturer le navire espagnol de 1er rang Santísima Trinidad. Par la suite, l'Agamemnon sert dans les eaux d'Amérique du Sud au large du Brésil.

Sa faible condition contribue à sa déstruction suivant, lors d'une tempête, son échouage en juin 1809 sur un écueil dans l'embouchure du río de la Plata. Aucun mort n'est à déclarer et la plupart des provisions du navire sont sauvées, mais l'état du navire rend sa récupération impossible. Son capitaine est dégagé de toute responsabilité pour la perte grâce à des documents détaillant les défauts du navire.

L'épave de l'Agamemnon est localisée en 1993 dans la baie de Maldonado et plusieurs objets sont alors récupérés, dont un de ses canons.

Construction[modifier | modifier le code]

L'Agamemnon est commandé le 5 février 1777 auprès d'Henry Adams (en) à son chantier naval privé de Bucklers Hard sur la rivière Beaulieu (en). L'Agamemnon est construit sur les plans de la classe Ardent conçue par Thomas Slade. Sa quille est posée en mai 1777 et il est construit avec du bois provenant de la New Forest proche. Le coût total de construction est d'un peu plus de 38 303 £. Il est commissioné le 28 mars 1781 par le capitaine Benjamin Caldwell et est lancé le 10 avril[3].

Une peinture du lancement de l'Agamemnon par Harold Wyllie mointre un ciel bleu avec des dizaines de spectateurs[4], tandis que le Hampshire Chronicle décrit la journée comme étant venteuse avec de fortes pluies, ainsi qu'avec peu de spectateurs présents[3].

Gravure de Benjamin Caldwell, premier commandant de l'Agamemnon et futur amiral.

Le navire est nommé d'après le héros grec Agamemnon, roi de Mycènes et figure importante dans la mythologie grecque qui a participé à la guerre de Troie[5]. Il est le premier navire de la Royal Navy à porter ce nom. Horatio Nelson le considèrait comme son navire favori après son passage[3] et son équipage surnomme l'Agamemnon affectueusement Eggs-and-Bacon (« Œufs-et-Bacon »)[6] dont la sonorité est proche. Selon un article paru dans The Gentleman's Magazine, son équipage le renomme ainsi parce qu'il n'apprécie pas forcément les noms classiques qui sont en vogue à l'Amirauté au cours de cette période. Les équipages du Bellerophon et du Polyphemus ont par exemple aussi « renommés » leurs navires, respectivement en Billy Ruffian et Polly Infamous, pour la même raison[7].

Guerre d'indépendance des États-Unis[modifier | modifier le code]

En novembre 1781, l'Amirauté reçoit des renseignements qu'un grand convoi se prépare à appareiller de Brest sous le commandement de l'amiral Luc Urbain du Bouëxic de Guichen. Le convoi est composé de navire de transports chargés de fournitures navales à destination des Antilles et de la flotte française dans les Indes orientales. L'Agamemnon fait partie d'une escadre de dix-huit navires, dont onze sont montés de 64 canons ou plus. Celle-ci est commandée par l'amiral Richard Kempenfelt depuis son navire amiral, le HMS Victory. Kempenfelt reçoit l'ordre d'intercepter le convoi, ce qu'il fait dans l'après-midi du 12 décembre dans le golfe de Gascogne, à environ 241 kilomètres au sud-ouest d'Ouessant. Avec l'escorte de la marine française « sous le vent » du convoi, Kempenfelt attaque immédiatement enn parvient à capturer quinze navire de transports avant la tombée de la nuit. Le reste du convoi se disperse, certains navires retournant à Brest et seulement cinq atteingnat les Antilles[8],[9].

Au début de l'année 1782, l'Agamemnon navigue aux Antilles dans l'escadre de l'amiral George Brydges Rodney, avec le contre-amiral Samuel Hood comme commandant en second. Le 9 avril, la bataille des Saintes commence par une escarmouche indécise, dans lequel les navires de l'avant-garde commandée par Hood sont gravement endommagés et forcés de se retirer pour effectuer des réparations. Le 12 avril, l'Agamemnon prend part à la seconde partie de la bataille qui s'avère beaucoup plus décisive. Au cours de la bataille, l'Agamemnon perd deux lieutenants et quatorze membres d'équipage, et vingt-deux autres sont blessés[2].

Après la signature du traité de Versailles qui met fin à la guerre d'indépendance des États-Unis, l'Agamemnon quitte les Antilles pour Chatham où son équipage est libéré. Le navire est amarré le 29 octobre 1783 pour des réparations et le remplacement de son doublage en cuivre. Il quitte le chantier naval le 4 juin 1784 pour être ensuite intégrer la réserve navale[2].

Guerres de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Sous le commandement de Nelson[modifier | modifier le code]

Portrait d'Horatio Nelson en vice-amiral par Lemuel Francis Abbott.

En prévision de la participation britannique dans les guerres de la Révolution française après l'exécution du roi Louis XVI, l'Agamemnon est recommissionné le 31 janvier 1793 et placé sous le commandement du capitaine Horatio Nelson. Après approvisionnement, le navire rejoint la flotte à l'ancre dans le Nore puis navigue ensuite pour se joindre à la Mediterranean Fleet (« flotte de la Méditerranée ») sous le commandement du vice-amiral Samuel Hood qui fait le blocus du port français de Toulon[2]. Le 27 août, la ville de Toulon déclare son allégeance à la cause royaliste de la maison de Bourbon et la flotte de Hood prend le contrôle de l'arsenal et des trente navires de ligne français qui son à quai. Après avoir capturé dix-neufs de ces navires, l'Agamemnon est envoyé à Naples pour demander au roi Ferdinand IV des renforts pour sécuriser la ville. Le roi accepte de fournir 4 000 hommes mais lorsque, commandée par Napoléon Bonaparte, l'armée révolutionnaire lance son assaut contre Toulon, les troupes s'avèrent insuffisantes et ils sont contraints d'abandonner la ville[10].

En avril et mai 1794, les marins de l'Agamemnon, commandés par Nelson, participe à la capture de la ville corse de Bastia. La reddition des Français a lieu le 21 mai après un siège de quarante jours. Après, l'Agamemnon est contraint de rejoindre Gibraltar pour y subir des réparations d'urgence, le navire étant devenu très usé après seulement seize mois en mer malgré une refonte assez importante juste avant sa remise en service[2]. À la fin de ses réparations, l'Agamemnon retourne en Corse et s'ancre vers Calvi le 18 juin[10]. Après l'arrivée de Hood avec des navires supplémentaires, l'Agamemnon contribue avec ses hommes et ses canons au siège de 51 jours de la ville. Nelson perd la vue de son œil droit dans les combats. La ville se rend le 10 août, l'Agamemnon ayant perdu six hommes dans l'engagement[11]. Peu de temps après, les Corses se déclarent sujets de Sa Majesté le roi George III[12].

La Mediterranean Fleet, désormais commandée par le vice-amiral William Hotham qui avait remplacé Hood en décembre 1794, participe à la bataille de Gênes. Une flotte française comprenant quinze vaisseaux de ligne est aperçue le 10 mars 1795 et trois jours plus tard, les Français n'attaquant pas, Hotham ordonne une chasse générale. Le navire français Ça Ira est dématé quand il percute l'un des autres navires de la flotte française, le Victoire. Cela permet à l'HMS Inconstant de le rattraper et de l'attaquer. L'Agamemnon et le Captain viennent prêter main forte et tirent sur le Ça Ira jusqu'à l'arrivée de plusieurs navires français qui conduisent Hotham à ordonner la retraite des navires britanniques. Néanmoins, le Ça Ira est capturé le lendemain par le Captain et Bedford avec le Censeur qui le remorquait[11],[12].

Le 7 juillet 1795, en compagnie d'une petite escadre de frégates, l'Agamemnon est pris en chasse par une flotte française de 22 vaisseaux de ligne et six frégates. En raison de vents défavorables, l'amiral Hotham est incapable de lui venir en aide rapidement. La flotte française est aperçu à nouveau le 13 juillet, au large des îles d'Hyères. Hotham ordonne à ses 23 vaisseaux de ligne de donner la chasse et dans la bataille qui suit, la bataille des îles d'Hyères, l'Agamemnon est, avec le Blenheim, le Captain, le Culloden, le Cumberland, le Defence et le Victory[12], l'un des rares navires de la Royal Navy à engager la flotte ennemie. Le navire français Alcide « abât ses couleurs » lors de la bataille, mais prend feu et coule. La plupart des autres navires français sont également très endommagés. L'Agamemnon et le Cumberland attaquent un navire de 80 canons lorsque Hotham ordonne à sa flotte de se retirer, permettant aux Français de s'échapper dans le golfe de Fréjus[12]. Hotham est par la suite très critiqué pour cet arrêt de la bataille et est remplacé en tant que commandant en chef de la Mediterranean Fleet par l'amiral John Jervis à la fin de l'année[13].

Nelson est promu commodore le 11 mars et, le 10 juin 1796, il prend le Capitain comme navire-amiral, laissant le capitaine John Samuel Smith le remplacer en tant que commandant de l'Agamemnon. Ayant grand besoin de réparations, le navire retourne ensuite en Angleterre.

Mutinerie et mer Baltique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mutinerie de Spithead.

En mai 1797, alors sous le commandement du capitaine Robert Fancourt, l'Agamemnon est impliqué dans la mutinerie du Nore. Le 29 mai, l'escadre de la mer du Nord se trouvant près de Yarmouth reçoit l'ordre de reprendre la mer. Seuls trois navires de cette escadre, l'Adamant, l'Agamemnon et le Glatton obéissent au signal, mais l'équipage de l'Agamemnon se mutine plus tard et rebrousse chemin. Le navire rejoint le principal lieu de la mutinerie dans le Nore, avec l'Ardent, l'Isis et le Leopard. Les navires atteignent leur destination le 7 juin. Après un blocus de Londres par les mutins, plusieurs navires commencent à déserter la mutinerie et dans de nombreux cas en recevant des tirs des navires restants. L'ordre est finalement rétabli à bord de l'Agamemnon quand des marins loyaux et des Marines boutent les principaux mutins hors du navire. Le capitaine Fancourt réussi à obtenir un pardon pour l'équipage du navire restant[12],[14].

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Bataille de Trafalgar[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Trafalgar.
Carte de la bataille de Trafalgar montrant deux colonnes de navires britanniques couper la ligne des navires franco-espagnols.
Carte de la bataille de Trafalgar montrant les positions approximatives des deux flottes lorsque la flotte britannique aborde la ligne franco-espagnole. L'Agamemnon est situé dans la première colonne britannique emmenée par le HMS Victory.

Suite de sa carrière navale[modifier | modifier le code]

Perte du navire[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Localisation sur la carte d'Uruguay
l'épave de l'Agamemnon
Voir l’image vierge
Localisation sur la carte d'Uruguay : l'épave de l'Agamemnon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations originales[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Lavery 2003, p. 181.
  2. a, b, c, d et e Goodwin 2005, p. 123.
  3. a, b et c Goodwin 2005, p. 122.
  4. Goodwin 2002, p. 160-161.
  5. Deane 2003, p. 18.
  6. Deane 2003, p. 77.
  7. Deane 2003, p. 127.
  8. Goodwin 2002, p. 118.
  9. Goodwin 2005, p. 12.
  10. a et b Goodwin 2005, p. 124.
  11. a et b Goodwin 2005, p. 125.
  12. a, b, c, d et e (en) Michael Phillips, « Agamemnon », sur ageofnelson.org (consulté le 28 septembre 2014).
  13. Goodwin 2005, p. 126.
  14. Goodwin 2005, p. 127.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony Deane, Nelson's Favourite : HMS Agamemnon at War 1781–1809, Caxton Editions,‎ 2003 (ISBN 1-84067-430-X).
  • (en) Peter Goodwin, The Ships of Trafalgar : The British, French and Spanish Fleets October 1805, Londres, Conway Maritime Press,‎ 2005 (ISBN 1-84486-015-9).
  • (en) Peter Goodwin, Nelson's Ships : A History of the Vessels in which he Served, 1771–1805, Conway Maritime Press,‎ 2002 (ISBN 978-0-85177-742-9).
  • (en) Brian Lavery, The Ship of the Line, vol. 1 : The development of the battlefleet 1650-1850, Londres, Conway Maritime Press,‎ 2003 (ISBN 0-85177-252-8).

Lien externe[modifier | modifier le code]